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par Emmanuel Jarry
EVIAN (Reuters) - Après avoir lancé l'idée d'un nouveau "Bretton Woods" avant fin 2008 pour réformer le système financier mondial, Nicolas Sarkozy a proposé un sommet pour remettre à plat la sécurité en Europe en 2009.
Le président français a ainsi rallié la proposition de son homologue russe Dmitri Medvedev d'un nouveau pacte de sécurité "de Vancouver à Vladivostok".
Il concluait avec le président russe la première World Policy Conference, organisé par l'Institut français des relations internationales à Evian, en Haute-Savoie.
"Pourquoi ne pas remettre à plat, tous ensemble, institutions et pays concernés, tout ce qui concerne la sécurité de notre continent ?" a déclaré le président français en présence de son homologue russe Dmitri Medevedev, devant la World Policy Conference à Evian.
"Nous pouvons le faire dans le cadre de l'OSCE, seule enceinte qui rassemble sur un pied d'égalité tous les acteurs de la sécurité paneuropéenne", a-t-il ajouté. "Je propose qu'un sommet de l'organisation soit spécialement convoqué à cet effet à la fin de l'année 2009."
La crise géorgienne a enfoncé un "coin profond" dans la relation entre la Russie et l'Union européenne.
"Entre nous, il faut rétablir la confiance qui est la condition d'un partenariat stratégique ambitieux", a dit le président français. "J'ai fait le pari du dialogue".
Il a souligné que le départ des troupes russes de Géorgie, confirmé quelques instants auparavant par Dmitri Medvedev, était un pas dans la bonne direction.
Dmitri Medvedev avait pour sa part dénoncé auparavant un système de sécurité international "monopolaire", reposant sur la puissance militaire des Etats-Unis - un système, a-t-il dit, qui "n'est pas du tout fiable".
Il a condamné pêle-mêle l'installation par les Etats-Unis d'éléments d'un bouclier anti-missiles en République Tchèque et en Pologne et l'indépendance du Kosovo.
"Le long des frontières russes, on voit le déploiement de bases militaires", a-t-il dit. "L'élargissement de l'Otan se fait avec une hâte particulière. On discute sérieusement de l'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine à l'Otan (...) On dresse de nouvelles lignes de division en Europe."
A l'heure où les bourses s'effondraient un peut partout dans le monde, Nicolas Sarkozy n'a que très peu évoqué la crise financière internationale, si ce n'est pour annoncer des décisions imminentes.
Dmitri Medvedev s'est pour sa part prononcé pour un renforcement de la gestion internationale des risques et apporté son soutien à la proposition du président français d'un sommet du G8 d'ici la fin de l'année pour remettre à plat le système financier et monétaire international.
Emmanuel Jarry










