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28 février 2008
LE CAP (Reuters) - Nicolas Sarkozy et son épouse Carla sont arrivés jeudi matin à 07h00 (05h00 GMT) au Cap, première étape d'une visite d'Etat de deux jours en Afrique du Sud.
Le président français et son épouse venaient du Tchad où ils ont effectué une escale de quelques heures mercredi.
Nicolas Sarkozy devait avoir un entretien avec le président Thabo Mbeki en milieu de matinée et prononcer un discours devant le parlement sud-africain en début d'après-midi.
Dans une interview accordée au quotidien sud-africain Star, il revient sur le discours qu'il a prononcé en juillet à Dakar et qui a irrité nombre de responsables et d'intellectuels africains qui y ont vu au mieux des "propos d'un passé révolu", au pire des "parfums de racisme".
Nicolas Sarkozy avait notamment déclaré que le "drame de l'Afrique" était que "l'homme africain (n'était) pas assez entré dans l'histoire et que le "paysan africain" vivait dans un "éternel recommencement" qui ne laissait pas de place à "l'idée de progrès".
"Il est sûr que si vous réduisez le discours que j'ai prononcé à Dakar à ces deux citations partielles, il ne peut que susciter critiques et interrogations", déclare le président français au Star.
"L'adjectif 'raciste' est certainement celui qui s'applique le moins pour qualifier ce discours", poursuit-il. "J'y ai en effet évoqué les crimes passés de la colonisation et leurs conséquences sur les relations entre l'Afrique et l'Europe, dont les destins sont liés. J'y ai aussi évoqué les défis que je perçois comme étant ceux de l'Afrique aujourd'hui.
"LES TEMPS ONT CHANGÉ"
"J'ai dit à Dakar ma profonde conviction que l'Afrique doit prendre toute sa place dans la mondialisation, qu'elle doit être un acteur de cette mondialisation et ne plus se considérer comme un objet ou une victime de la mondialisation", ajoute-t-il. "C'est la condition de la renaissance africaine que j'appelle de mes voeux."
Nicolas Sarkozy est accompagné par des patrons de grandes entreprises, dont la PDG d'Areva Anne Lauvergeon et le président d'EDF Pierre Gadonneix, dont les sociétés font partie d'un consortium français qui a remis une offre pour la construction de deux réacteurs nucléaires EPR en Afrique du Sud.
Ce consortium est en concurrence avec l'américain Westinghouse.
"Il est (...) naturel que je souhaite que l'offre française (...) soit retenue", déclare le chef de l'Etat français.
Enfin, Nicolas Sarkozy estime que l'attitude de la France dans la crise que traverse actuellement le Tchad démontre une "nette évolution des relations" françaises avec l'Afrique.
"La position de la France, de soutien aux autorités légales du Tchad, est parfaitement conforme à la position prise dès le 2 février par l'Union africaine, qui a condamné avec la plus grande fermeté (la) tentative de renversement par la force d'un gouvernement légal, en violation flagrante des principes de l'Union africaine", déclare-t-il en faisant allusion à l'attaque avortée de rebelles contre N'Djamena.
Nicolas Sarkozy estime cependant que la présence militaire française en Afrique, notamment au Tchad, pose une question de fond. "Je pense que les temps ont changé et que la France n'a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique", dit-il.
"La France souhaite aider l'Union africaine et ses organisations à jouer un rôle plus actif et plus décisif dans le règlement des crises et le maintien de la paix en Afrique.
"C'est dans ce but que j'ai décidé de revoir le cadre de cette présence militaire (française) et ses objectifs", ajoute-t-il.
Emmanuel Jarry










