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3 mars 2008
par Matt Robinson
PRISTINA (Reuters) - L'Eglise orthodoxe et des employés des chemins de fer se sont associés au boycott serbe du Kosovo dans la foulée de sa proclamation d'indépendance du 17 février.
L'Eglise a donné pour consigne à tous les popes officiant en territoire majoritairement albanais de couper tout contact avec la capitale Pristina, avec la mission de l'Union européenne qui supervise le Kosovo et avec les représentants de pays qui ont reconnu sa sécession d'avec le reste de la Serbie.
L'Eglise orthodoxe ne "doit pas avoir de contacts, pas plus que des discussions avec les représentants de ces institutions ou de ces pays, et ne doit pas non plus répondre à leurs invitations", écrit l'évêque Artemije, cité par l'agence de presse serbe Tanjug.
Soutenue par la Russie, la Serbie rejette la sécession du Kosovo et demande aux 120.000 Serbes du nouveau pays de faire de même.
Plus de 200 agents de police serbes du Kosovo ont été suspendus et ont remis leurs armes, leurs insignes et leurs radios après avoir refusé d'obtempérer aux ordres du commandement central de la police à Pristina et demandé à ne dépendre que de la police des Nations unies.
Des postes-frontières du nord du Kosovo, secteur dominé par les Serbes, ont été attaqués, empêchant la collecte des droits de douane, et les Serbes envisagent de prendre le contrôle du principal tribunal onusien dans le nord du Kosovo en empêchant le personnel albanais d'y pénétrer.
L'émissaire de l'Union européenne au Kosovo, le diplomate néerlandais Pieter Feith, a accusé vendredi la Serbie de chercher à rompre les relations entre la majorité albanaise du Kosovo (plus de 90% de la population) et la minorité serbe. Selon lui, on est tout près d'une tentative de partition.
Aux premières heures de lundi, le train reliant Kosovo Polje, dans le centre du Kosovo, à Lesak, dans le nord, a été bloqué à la gare de Zvecan, alors qu'il venait de pénétrer dans une poche de territoire où les Serbes sont majoritaires.
Une cinquantaine d'employés serbes des chemins de fer du Kosovo ont alors annoncé avoir "fait sécession" avec leur direction installée à Pristina.
"Nous avons décidé, en tant que département du nord, de nous séparer des chemins de fer du Kosovo à Pristina parce que, pour nous, Zvecan est toujours la Serbie et restera la Serbie", a déclaré l'un des employés.
Version française Eric Faye










