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par Andrea Hopkins
CINCINNATI (Reuters) - Alors que la primaire démocrate s'étire en longueur, le républicain Jack Schmidt pense la même chose que bon nombre de conservateurs: c'est tout bon pour le parti de l'éléphant.
"Ils se battent entre eux au profit de McCain", estime cet ancien courtier à la retraite âgé de 79 ans.
Selon lui, le candidat "présomptif" des républicains, le sénateur de l'Arizona John McCain, a aussi des choses à dire, "mais personne n'y fait attention".
Bien que McCain ne reçoive pas l'attention médiatique dont bénéficient Hillary Clinton et Barack Obama, en compétition pour l'investiture du parti de l'âne, les partisans de l'ancien pilote de l'aéronavale se réjouissent du duel parfois violent entre les démocrates.
"Plus ils font traîner les choses, mieux ce sera pour notre candidat. Plus ils se battent entre eux et moins ils s'attaqueront à notre candidat. C'est totalement à notre avantage et c'est super", résume Chelsea Chapman, comptable et présidente des jeunes républicains de Houston.
La bataille entre Obama et Clinton, dont les candidatures sont fortes en symbole - pour la première fois, un métis et une femme sont partis en campagne avec une chance d'entrer à la Maison blanche - suscite un fort intérêt dans les médias alors qu'il ne reste plus que cinq primaires pour les départager.
Pour McCain, qui a battu lui ses principaux adversaires il y a déjà plusieurs semaines, les primaires sont devenues une formalité qui ont lieu souvent dans la plus grande indifférence.
UNE BONNE CHOSE POUR LES DÉMOCRATES AU DÉBUT
Pour Andrew Taylor, professeur de sciences politiques à l'université de Caroline du Nord, le duel épique entre les deux démocrates était à l'origine une très bonne chose pour le parti de l'âne et un handicap pour les républicains.
Clinton et Obama ont collecté plus d'argent que les candidats républicains, tous des hommes blancs. Le nombre d'électeurs inscrits sur les listes et la participation a été beaucoup plus forte chez les démocrates de même que l'engouement suscité par la compétition.
Mais, poursuit-il, lorsque McCain a remporté le nombre de délégués requis pour l'investiture, la tendance a commencé à s'inverser. Loin de l'attention médiatique, les républicains ont eu le temps d'effectuer un travail d'unification après une primaire certes courte mais porteuse de divisions.
"McCain essayait d'ériger des ponts à l'intérieur du parti, de collecter de l'argent, de mettre l'organisation en branle", explique le professeur de sciences politiques. Pendant ce temps, la compétition commençait à tourner à l'affrontement chez les démocrates.
Pourtant les républicains n'ont pas que des raisons de se réjouir.
"Au bout d'un moment, vous devez obtenir un peu d'attention. (McCain) a effectué une tournée sur les lieux qui ont marqué sa vie à travers le pays et il n'a pas obtenu l'attention qu'ils auraient pu souhaiter", souligne Taylor.
Les républicains redoutent également la vague de soutien dont devrait bénéficier Obama, le jeune sénateur de l'Illinois, s'il est désigné par les démocrates. Face à lui, la candidature de McCain risque d'apparaître comme moins séduisante.
"McCain est assez réaliste pour avoir conscience qu'il sera distancé par M. Obama une fois que l'investiture démocrate sera décidée. Lui et son équipe se sont préparés à ce moment", écrit Karl Rove, ancien conseiller du président George Bush, dans une tribune publiée la semaine dernière dans le Wall Street Journal.
AU-DESSUS DE LA MÊLÉE
McCain semble être impatient d'engager ce duel.
"Je suis prêt. Je suis prêt à parler au peuple américain des défis auxquels nous faisons face, que ce soit l'augmentation des impôts, comme souhaite le faire le sénateur Obama (...) ou les décisions que le gouvernement devra prendre sur le système de santé pour les familles, ou certainement les questions de sécurité nationale", déclarait-il à la presse la semaine dernière à Houston.
Jack Schmidt, l'ancien courtier de Cincinnati, n'est pas certain que McCain soit préparé à ce que les médias se penchent sur certaines de ses idées controversées, comme son soutien à l'envoi de renforts militaires en Irak. Il espère que le sénateur de l'Arizona choisira un bon vice-président afin de rendre sa candidature plus solide.
Mais pour Laura Cernock, qui soutient McCain, l'ancien héros de la Guerre du Viêtnam n'a pas trop souffert de l'épisode des primaires alors que ses adversaires démocrates en font encore aujourd'hui les frais. Pour l'enseignante, c'est plutôt de bon augure pour l'élection présidentielle de novembre.
"Cela améliore son image", explique Cernock. "Il a une stature plus présidentielle parce qu'il n'est pas impliqué dans le duel."
Avec Tim Gaynor à Houston, version française Gwénaelle Barzic











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