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par Aung Hla Tun
BOGALAY, Birmanie (Reuters) - Po Aung préférerait retourner dans son village en ruines du delta de l'Irrawaddy, dévasté par le cyclone Nargis, plutôt que de rester dans un camp pour réfugiés mis en place par les autorités.
Ce Birman de 57 ans, qui a perdu sa mère et son fils, dit entendre et entendre encore des histoires concernant les victimes regroupées dans des camps établis par la junte. "Nous ne savons pas quoi faire", ajoute-t-il.
Près de deux semaines après le passage dévastateur du cyclone, plus de 500.000 personnes seraient dans des abris temporaires.
Les plus chanceux ont été pris en charge par des moines ou des volontaires. Les moins fortunés se retrouvent dans des centres d'hébergement de la junte, où nombre d'entre eux se plaignent de rations alimentaires trop justes ou de travail forcé.
"Ils doivent casser des pierres sur des chantiers de construction. Ils sont payés l'équivalent d'un dollar par jour, mais on ne leur fournit pas de vivres", dit Ko Hla Min, qui a pu rester chez lui, dans un village proche de Bogalay, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Rangoun.
"La plupart des gens ne veulent pas vivre dans ces lieux étranges et faire un nouveau travail. Ils veulent rentrer là où ils vivaient avec leurs êtres chers et reprendre leur métier, l'agriculture", poursuit-il.
Ko Hla Min a perdu neuf membres de sa famille dans la catastrophe. Six autres seulement ont survécu au passage de la vague soulevée par la violence du cyclone qui a submergé son village en remontant le delta.
Il affirme que les opérations humanitaires mises en oeuvre par la junte à Bogalay, où 10.000 personnes au moins auraient péri, ont été négligeables.
Le long des berges du fleuve, des corps achèvent de se décomposer, enchevêtrés dans les broussailles. Les villageois rescapés continuent eux de pêcher et de laver leurs affaires dans le même cours d'eau.
"Nous voyons l'aide d'urgence fournie par des donateurs qui est entreposée dans certains endroits. Je me demande quand ils nous la distribueront."
Po Aung, qui a survécu en se hissant au sommet d'un arbre où il a passé trois jours entiers, espère lui que les moines bouddhistes s'occuperont de lui. Ensuite, il veut rentrer chez lui, où 80 habitants seulement auraient survécu sur une population qui dépassait les 500 personnes.
"Si c'est possible, la plupart d'entre nous aimerions rentrer dans notre village, quel que soit son sort. Les morts sont partis, mais les survivants veulent rentrer et reprendre leur métier normal, l'agriculture et la pêche", dit-il.
Version française Henri-Pierre André











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