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ANALYSEPolitique étrangère : que peut changer Obama ?POLEMIQUE"Obamania" : la fête sera bientôt finielire le dossier |
26 juin 2008
par David Morgan
WASHINGTON (Reuters) - La politique étrangère et la sécurité nationale sont les deux cartes maîtresses dans le jeu de John McCain, mais cette force pourrait devenir faiblesse si Barack Obama parvient à dépeindre son adversaire en tenant du néoconservatisme ou en symbole de contradictions.
Ancien pilote de l'aéronavale prisonnier de guerre au Vietnam, élu depuis 25 ans au Congrès, le candidat républicain a fait de son expérience la force motrice de sa campagne pour l'élection présidentielle du 4 novembre aux Etats-Unis.
Depuis qu'il s'est assuré de l'investiture de son parti, il a tenté de pousser l'avantage face à Barack Obama, qui ne fréquente pour sa part le Capitole que depuis trois ans.
Mais les démocrates, Obama en tête, s'efforcent eux d'enfermer McCain dans une continuité de la politique menée par George Bush, à commencer par le dossier irakien qui a fait sombrer la cote de popularité de l'actuel président républicain.
"Nous avons l'occasion de porter le combat contre les républicains, de ne pas nous contenter d'être dans une posture défensive sur la politique étrangère et la sécurité nationale mais d'être offensifs", estime Joseph Biden, président démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat.
Selon un sondage du Pew Researh Center, McCain l'emporte assez largement sur Obama sur la validité de leurs propositions en matière de politique extérieure (51% contre 43%). La même étude souligne que 43% des électeurs jugent le sénateur démocrate de l'Illinois "pas assez dur" dans la sphère diplomatique; ils ne sont que 16% à en penser de même à l'égard de McCain.
Mais Ted Galen Carpenter, du Cato Institute, un cercle de réflexion libertaire opposé à la guerre en Irak, est persuadé que la candidature de McCain pourrait être sérieusement malmenée si les démocrates se lancent dans une campagne visant spécifiquement les liens qu'entretiennent de longue date républicains et cercles néoconservateurs, à l'origine de la doctrine de guerre préventive reprise à son compte par Bush.
"En matière de politique étrangère, John McCain est pratiquement une filiale détenue à 100% par le mouvement néoconservateur", affirme-t-il. "Les démocrates doivent donc passer à l'offensive. Et le message doit être: John McCain et son équipe de conseillers en politique étrangère sont très, très dangereux pour l'Amérique."
CONTRADICTIONS ?
Dans l'équipe de campagne du sénateur républicain, on réfute cette influence. "McCain sait ce qu'il veut, on ne peut pas le taxer uniformément de tel ou tel trait", dit l'un de ses proches sous couvert d'anonymat.
Mais certains analystes, pointant ce qu'ils qualifient de contradiction dans des déclarations de McCain, y voient des tensions entre "néoconservateurs" et "réalistes" dans l'entourage du sénateur.
L'appel à l'exclusion de la Russie du G8 lancé en octobre porterait ainsi la marque des cercles néoconservateurs et entrerait en contradiction avec sa volonté plus modérée d'engager avec Moscou des discussions pour réduire les arsenaux militaires.
L'idée de constituer une "Ligue des démocraties" qui s'occuperait de la marche du monde, relevant elle aussi de l'idéalisme néoconservateur, se heurte à la nécessité "réaliste" de coopérer avec des régimes autoritaires comme l'Egypte ou l'Arabie saoudite, notent-ils encore.
McCain, partisan de l'intervention militaire en Irak, a également fredonné un "bomb Iran" (bombarder l'Iran) sur un air des Beach Boys. Mais il a semblé rectifier le tir en affirmant par la suite qu'"(il) haïssait la guerre".
En fait, résume Norman Ornstein, de l'American Enterprise Institute, un think-tank conservateur, "il y a un John McCain réaliste qui tente de coexister pacifiquement avec un John McCain néoconservateur". "Ces deux camps sont à la manoeuvre pour avoir l'oreille de McCain et pour que leur approche l'emporte", ajoute-t-il.
Aussi Derek Chollet, du Center for a New American Security et ancien conseiller du démocrate John Edwards, considère-t-il que "les démocrates sont mieux préparés et plus confiants sur les questions de politique étrangère qu'à n'importe quel moment depuis la fin de la Guerre froide".
Version française Henri-Pierre André










