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27 juillet 2008
Elections législatives sans suspense au Cambodge

par Ed Cropley

PHNOM PENH (Reuters) - Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin au Cambodge pour des élections législatives qui devraient reconduire au pouvoir le Premier ministre Hun Sen, chef du gouvernement depuis 23 ans.

Le vote a commencé à 7h00 et s'achèvera à 15h00 (00h00 GMT à 08h00 GMT). Les premiers résultats devraient parvenir en cours de soirée.

L'ouverture du scrutin s'est déroulé sans incident majeur jusqu'à ce que le Parti Sam Rainsy (SRP) d'opposition fasse savoir que les noms de près de 10.000 habitants de Phnom Penh étaient absents des listes électorales.

Le SRP, dont les partisans sont très nombreux dans la capitale cambodgienne, a vivement critiqué cette erreur administrative.

L'issue du vote fait peu de doute et relègue au second plan le différend frontalier avec la Thaïlande sur un territoire autour du temple de Preah Vihear.

A quelques jours du scrutin, le Parti du peuple cambodgien (CPP) au pouvoir et le SRP se sont tous les deux saisis du conflit avec le voisin thaïlandais.

Mais le regain de ferveur nationaliste suscité par ce différend n'influencera probablement pas le résultat des élections, à l'issue desquelles Hun Sen, ancien membre de la guérilla des Khmers rouges âgé de 57 ans, devrait être réélu pour cinq ans.

"Le résultat ne fait aucun doute", juge Kek Galabru, directeur du groupe de défense des droits de l'homme LICADHO, selon qui le CPP, ancien parti communiste converti à l'économie de marché, devrait remporter une large majorité des 123 sièges au parlement.

UN PAYS SUR LA VOIE DE LA CROISSANCE

Hun Sen se félicite d'avoir ramené la paix et la stabilité au Cambodge après plusieurs décennies d'instabilité pendant la Guerre froide et les ravages causés par le régime des Khmers rouges de Pol Pot. Le gouvernement s'appuie en outre depuis cinq ans sur un taux de croissance économique proche de 10%.

Le recul des violences électorales témoigne également de l'amélioration du quotidien pour les quelque 14 millions de Cambodgiens, même si les organisations locales de défense des droits de l'homme ont signalé l'assassinat de quatre membres du CPP et deux militants du SRP dans le mois précédant le scrutin.

Le parti au pouvoir est si confiant qu'il a déjà programmé des discussions lundi, au lendemain des élections, avec les dirigeants thaïlandais. Elles se tiendront à Siem Reap, ville touristique qui abrite le célèbre temple d'Angkor.

Le différend frontalier porte sur un territoire escarpé et couvert de jungle de 4,6 km2 attribué au Cambodge en 1962 par la Cour internationale de justice. Cet espace entoure le temple de Preah Vihear et dessine une frontière naturelle entre les deux pays.

La tension s'est accrue au cours des derniers jours, les deux pays ayant déployé des troupes et des pièces d'artillerie lourde près de la frontière.

Les discussions prévues lundi sont "un bon point de départ", a déclaré le porte-parole du ministère thaïlandais des Affaires étrangères, Tharit Charungvat, mais les chances de trouver une solution sont minces "en raison de la complexité du dossier".

Des analystes imputent principalement le différend aux tensions politiques internes à la Thaïlande, où le classement du temple au patrimoine mondial de l'humanité, soutenu initialement par le gouvernement de Bangkok, a suscité un tollé.

Les mouvements hostiles au gouvernement y ont trouvé un argument supplémentaire pour tenter de faire tomber le Premier ministre Samak Sundaravej et ont déjà obtenu la démission du ministre des Affaires étrangères.

Version française Grégory Blachier, Jean-Stéphane Brosse et Olivier Guillemain

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