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6 août 2008
PARIS (Reuters) - La France a dénoncé les accusations du rapport rwandais sur son implication directe dans le génocide de 1994 tout affirmant sa volonté de construire une nouvelle relation avec les autorités de Kigali.
Dans un rapport rendu public mardi, une commission d'enquête rwandaise met en cause des hauts responsables français et demande à ce qu'ils soient traduits en justice.
Au total, 33 responsables politiques, diplomatiques et militaires français sont cités, dont l'ancien président François Mitterrand, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur ou l'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.
"Il y a dans ce rapport des accusations inacceptables portées à l'égard de responsables politiques, militaires et diplomates français", a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
La publication de ce rapport rwandais survient au moment où les relations entre les deux pays semblaient s'améliorer, près de deux ans après la rupture des liens diplomatiques par Kigali.
"Nous ne pouvons bien sûr pas être surpris des conclusions de cette commission compte-tenu de son intitulé" (commission indépendante chargée par les autorités rwandaises de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994), a ajouté le porte-parole français.
La France s'en tient aux conclusions de la mission d'information parlementaire de 1998.
Dans son rapport, la mission présidée par Paul Quilès écrivait que la France n'avait "en aucune manière incité, encouragé, aidé ou soutenu ceux qui ont orchestré le génocide et l'ont déclenché".
Le rapport Quilès concluait également que les militaires français sur place n'avaient pas participé à la formation et à l'encadrement des milices rwandaises impliquées dans les violences.
Le porte-parole du Quai d'Orsay a néanmoins souligné que "notre détermination de construire une nouvelle relation avec le Rwanda, au-delà de ce passé difficile, reste intacte".
Le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France en novembre 2006 après la décision du juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière de demander la comparution du président Paul Kagame dans l'enquête sur l'assassinat de son prédécesseur, le Hutu Juvénal Habyarimana.
La destruction le 6 avril 1994 par un missile de l'avion transportant le président Habyarimana est considérée comme l'élément déclencheur du génocide, qui a fait quelque 800.000 morts au Rwanda, essentiellement des Tutsis et des Hutus modérés.
Jean-Baptiste Vey et Laure Bretton, édité par Pascal Liétout










