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12 août 2008
par Dmitry Solovyov
TSKHINVALI, Géorgie (Reuters) - Des chars et des soldats russes patrouillent dans les rues désertes de la capitale sud-ossète Tskhinvali, où l'on commence à enterrer les morts après cinq jours de combats contre la Géorgie.
Près d'un groupe en deuil rassemblé autour d'un cercueil ouvert sur une colline proche de Tskhinvali, un convoi militaire chargé d'eau, de vivres et d'armes roule sur la route principale menant à la ville.
Il y a une semaine, 35.000 personnes vivaient à Tskhinvali. La plupart ont fui pour l'Ossétie du Nord, en Russie, sur l'autre versant du Caucase.
"C'est comme un petit Stalingrad, n'est-ce pas ?", lance Teimouraz Pliyev, 62 ans, en sortant du sous-sol où lui et sa famille ont trouvé refuge trois jours durant.
"Barbares! Regardez, la voilà la démocratie géorgienne. Sans la Russie, nous aurions déjà été enterrés ici."
De nombreux morts ont été inhumés à la hâte dans leurs jardins, ajoute-t-il, en raison de la chaleur intense qui décompose rapidement les corps.
Au carrefour de la rue de Moscou et de la rue des Soldats de la paix gisent deux carcasses démantibulées de chars géorgiens T-72, leurs roues projetées à plusieurs mètres.
BANDAGES ENSANGLANTÉS
La majeure partie des combats déclenchés vendredi entre la Géorgie et la Russie ont frappé Tskhinvali, capitale de la province d'Ossétie du Sud autoproclamée indépendante en 1992 mais faisant officiellement toujours partie de la Géorgie.
La majorité des Sud-Ossètes n'appartiennent pas à la même ethnie que les Géorgiens. Soutenus par Moscou, ils sont nombreux à détenir un passeport russe et utilisent le rouble comme devise.
L'armée russe a escorté mardi un petit groupe de journalistes étrangers autour de Tskhinvali à bord d'un transport de troupes blindé, contrôlant soigneusement l'itinéraire et l'emplacement des haltes.
Selon un colonel russe, qui n'a pas souhaité être nommé, les combats dans la ville ont pratiquement cessé. "Il y a toujours des tireurs isolés, mais nous les éliminons lentement et sûrement", affirme-t-il.
Plus de 200 blessés étaient soignés à l'hôpital de la République. Les salles du sous-sol, désormais abandonnées, sont jonchées de bandages ensanglantés et sentent fortement les déchets hospitaliers.
"Cet endroit est trop sale et infecté, nous ne pouvons plus y emmener les patients", constate le dr Tina Zakharova, médecin de garde à l'accueil de l'hôpital. Des chambres temporaires ont été installées.
L'hôpital, assure-t-elle, a été frappé par des missiles géorgiens. Plusieurs fenêtres sont brisées et les murs sont constellés d'impacts, mais rien ne montrait d'attaque à l'artillerie lourde, selon un journaliste de Reuters.
"Voilà le genre d'aide humanitaire que nous envoie la Géorgie", accuse Zakharova, montrant une poignée d'éclats d'obus.
"Grâce à Dieu et aux soldats de la paix russes, nous avons survécu."
Version française Gregory Schwartz










