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Jérusalem-est by day

Les samedis à Jérusalem-ouest, c'est shabbat et la ville s'endort complètement. Alors, il n'y a plus rien à faire à part se promener dans les parcs, faire une sieste, lire ou regarder la télé pour les non-pratiquants. On peut aussi retrouver des rues vivantes en se rendant à Jérusalem-est, le côté arabe de la ville sainte.

 

Le souk arabe de la vieille ville est alors rutilant. Tous les habitants sont dehors, les commerçants crient les prix en arabe, les femmes viennent faire leurs courses alimentaires. On vend des baskets, des téléphones portables, les CD des derniers chanteurs libanais à la mode, des coupe-ongles, des voiles pour les femmes. Si on a un petit creux, les falafels sont partout et bien moins cher que du côté israélien. Les badauds repèrent tout de suite les touristes. C'est vrai qu'on croise souvent des têtes blondes, débardeurs, shorts, sac à dos et appareils photo à la main, on se dit alors "tiens, un Allemand ou un Américain".

 

Un homme nous interpelle "Hello! How are you ?". Il nous propose un jus de fruit frais. On se laisse tenter, il fait tellement chaud dans le souk bondé où les minuscules ruelles gardent comme une serre, la chaleur de l'après-midi. Deux petits tabourets nous font de l'œil, l'homme prépare ses jus, il mélange tous les fruits qui lui tombent sous la main : banane, fraise, pomme, orange…. "Je vous ai fait une surprise, j'ai mis une boule de glace en plus", dit-il très fier et souriant. S'ensuit une conversation typique entre un local et deux pseudo touristes.

 

On sirote en discutant. A la fin l’homme nous annonce que le prix du jus est de 10 shekels. L'après-midi est belle, pas envie de marchander. "Oh bon, vous êtes tellement gentilles mesdemoiselles, je vous le fais à 8 shekels. Mais vous devez revenir m'apprendre le françès !". Sympa le monsieur des jus de fruit.

 

Le ciel s'obscurcit, plus de soleil. Nous sommes maintenant à l'intérieur du souk, là où les rues sont fermées, recouvertes d'un toit.

 

Ici on vend des draps, des tenues de danseuses du ventre, des bijoux en toc. Plus on monte, plus les échoppes se remplissent d'articles spécialement destinés aux touristes. Il y a même des étoiles de David, pourtant, peu de Juifs viennent s'aventurer dans le quartier arabe de la Vieille ville. Tous les magasins se ressemblent, ils sont comme clonés. Notamment les échoppes à bonbons. On y trouve les mêmes qu'en France : bonbons gélatineux comme les "dauphins bleus" ou acides et sucrés comme les "lassos". On se demande alors : mais comment font-ils pour vendre alors qu'ils ont tous les mêmes bonbons ? Cela laisse songeur.

 

Dans un magasin de bijoux, il y a une femme typée arabe d'une cinquantaine d'années qui furète de ses yeux, tout le toc étincelant qui s'étale devant elle. Elle est littéralement captivée. Une paire de boucles me plaît, le responsable du magasin déclare, "c'est 15 shekels" et je me réponds à moi-même, fort, "super, 3 euros la paire, ça m'évite de marchander comme ça !....tiens elle est pas mal la bleue là....". La femme se retourne "oui, bleue twe belle". S'en suit une conversation hautement féminine entre la jeune occidentale que je suis et la femme arabe plus âgée, sur les avantages et inconvénients de porter des boucles d'oreille bleues au lieu des vertes.

 

A la sortie du souk, c'est porte de Damas. Il fait toujours aussi chaud. Les taxis klaxonnent, tout le monde traverse n'importe comment et au milieu de la foule d'anonymes, une jeune et belle arabe d'une vingtaine d'années marche aux côtés de sa mère entièrement voilée. Jean serré taille basse, talons, ceinture, jambes de top model, et chevelure noire lui tombant jusque dans le bas des reins. Elle marche fièrement, dodeline des hanches et tout le monde la regarde. Un groupe de jeunes hommes, assis, tournent tous leur tête au même moment de la gauche vers la droite. Pour le peu, on se croirait à Roland Garros. Elle n'en a que faire, la belle arabe aux jambes de top model, elle continue sa marche voluptueuse à travers les regards masculins, apportant un peu de modernité parmi la multitude de hijab et de costumes noirs des femmes de Jérusalem-est...

auteur: Julia Van Aelst
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de 2b26111984 le 05/09/2008 à 19h01
Très beau post

Bravo, la rédaction est superbe, elle est très entrainante. Ce post reflète très bien la situation.

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