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L'ONU sert-elle à quelque chose ?
La question revient trop souvent. C'est un signe avant coureur, la réponse ne peut être que négative. Et, en effet, il suffit de parcourir internet pour s'apercevoir que l'organisation internationale gouvernementale la plus célèbre du monde ne fait pas l'unanimité. On trouve même des critiques acerbes qui considèrent l'organisation comme inefficace, voire néfaste. Pourquoi une telle animosité ? L'Organisation des Nations Unies est-elle inutile ?
Une organisation incomprise et mal aimée par l'opinion publique
Selon l'opinion majoritaire, l'ONU a échoué à sa mission de départ. Alors qu'elle devait empêcher la guerre et perpétuer la paix, on a observé des conflits tout au long du 20ème siècle - guerre froide, combats à l'orée des frontières israéliennes, Tchétchènie ou Rwanda, et on en observe encore : Côte d'Ivoire, Bolivie, Darfour... A cela, les détracteurs ajoutent une bureaucratie et des jeux politiques sclérosants, une domination marquée par les fondateurs (membres permanents du conseil de sécurité), très éloignée des rapports de force actuels. Ils estiment que l'ONU est le reflet des rivalités interétatiques et non pas une gouvernance mondiale autonome. Cependant, ils en oublient au passage que l'ONU n'est pas la coupable mais la victime de ces velléités politiques.
La théorie à l'épreuve des faits
Au moment de la signature de la charte des Nations unis, les États sont très emprunts des idéaux d'Erasme, de Kant ou de Wilson. Mais quand arrivent les premiers événements, beaucoup d'entre eux rechignent à envoyer des troupes qui risquent d'être tuées pour des conflits qui ne les concernent pas. A ce propos, l'auteur Ghassan Salamé souligne un paradoxe fondateur : les États veulent établir la paix mais ils respectent le principe d'ingérence dans les affaires intérieures. Les termes de la Charte sont donc contradictoires et parfois subjectifs. Par exemple, le mot liberté ne recouvre pas le même sens selon qu'on habite en Europe ou dans un pays du Monde arabe. Dernier élément, les risques ont changé depuis la création. La promesse de sécurité collective dans un monde de guerres classiques a laissée place à une lutte face à des risques asymétriques (terrorisme, guérilla) et des dangers systémiques.
Une organisation pourtant nécessaire
Si elle ne remplit pas pleinement le rôle que lui offre sa dimension, l'ONU est présente partout sur le globe et quasiment tous les États y ont une tribune. Ceux qui la décrient ont sûrement les idées trop courtes pour imaginer un monde sans l'organisation. Elle s'est pourtant rendue indispensable. L'ONU est d'abord un espace de dialogue qui oblige les États à se rencontrer, à confronter leurs idées. Qu'en serait-il sans cet espace de discussion ? Elle oblige, avec son agenda, à prendre des décisions (résolutions de l'ONU) qui, si elles ont parfois du mal à être appliquées, sont tout de même adoptées, recouvrant une autorité juridique. L'action de l'ONU et de ses ramifications (Unicef, Unesco, Pnud) est donc incontestable et utile. Déjà son poids économique, avoisinant les 3 milliards de dollars, ne peut laisser indifférent. Concrètement l'ONU mène des missions de paix, intervenant dans une quinzaine d'États, par l'intermédiaire de ses casques bleus. Elle promeut les Droits de l'homme, le respect de l'environnement, la lutte contre la maladie et la pauvreté ainsi que le développement. Elle a reçu huit Prix Nobel de la paix.
Un besoin de changements
On vient de le dire, l'ONU sert à quelque chose mais elle pourrait devenir plus efficace en modifiant sa bureaucratie et en transformant son conseil de sécurité. Elle pourrait introduire les puissances économiques et démographiques de notre temps : L'inde, le Pakistan, l'Allemagne, le Japon, le Brésil, l'Afrique du Sud, le Nigéria ou l'Egypte. Enfin, l'ONU mériterait un secrétaire général plus charismatique, moins partisan des États dominants. Elle pourrait continuer l'ouverture aux acteurs privés entamée par Kofi Annan ou envisager une décentralisation. Pourquoi ne créerait-elle pas des relais régionaux et étatiques sur le modèle des États fédéraux ?
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auteur: Guillaume Capelle en savoir plus sur l'auteur |
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L'ONU sert-elle à quelque chose ?
Bien sur que l’ONU a une très grande utilité dans ce monde, il suffirait de donner plus d’importance à l’éducation, faire la différence avec l’instruction. La supériorité se donnant tous les droits de bousculer, la Terre en écrasant tout ce qui le gêne
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