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Nasreen et Fourest "Libres de le dire" sans langue de bois
Ces "conversations mécréantes autour de la religion, de l’intégrisme, des femmes et de la liberté d’expression" annoncées en bandeau doivent être lues par tous ceux, idiots utiles ou militants de gauche, traqueurs d’ "islamophobes", que tout méfait relatif à l’islam voue au silence ou à la langue de bois.
Des deux féministes, la plus intransigeante est comme toujours celle qui a grandi dans la culture incriminée. Taslima Nasreen, née au Bangladesh d'un père éclairé et d'une mère attachée à ce "refuge" que constituait pour elle sa religion, ne comprend pas la complaisance européenne envers ce qui, affirme-t-elle, l'a révoltée "dès 5-6 ans": l'obligation d'apprendre l'arabe à seule fin de réciter des versets (cités et répertoriés dans l'essai) dont la teneur misogyne lui fut immédiatement insupportable.
Interdiction de poser des questions sur le Coran
-Si le Coran avait été révélé comme un message de paix, comment se faisait-il que Mahomet ait commandé de tuer toute une tribu juive ? Pourquoi la survenue de mes règles allait-elle me rendre "impure" "comme un chien", contrainte de me cacher ?
Des questions, parmi d'autres, qui valurent à la petite Taslima des coups ("On ne pose pas de questions sur le Coran!"), puis, plus tard, des menaces de mort, la manifestation de centaines de milliers de grévistes exigeant la pendaison de "la pute" (terme si systématiquement employé lorsqu'une femme se libère du patriarcat qu'il en devient, note Caroline Fourest, "un titre de gloire")... Elles lui valurent même, de son lointain exil, la douleur de savoir refusée à sa mère, pourtant religieuse, une cérémonie de funérailles.
Islamophobie, "mot - piège"
La franchise de l'exilée ne s'encombre pas des précautions d'usage en Europe, propres à épargner à qui se permet une critique du dogme le qualificatif d' "islamophobe" : "un mot, selon Caroline Fourest (certainement blessée de l'avoir entendu à son propos), qui crée une confusion terrible. (...) Un véritable piège (...) qui sert aussi bien à faire passer des laïques pour des racistes que des esprits libres de culture musulmane pour des traîtres".
"Islamophobie", "jeu de la droite", "racisme": il faut pourtant se confronter à ces mots clés, si habiles à culpabiliser qu'ils sont parvenus à museler la gauche, laissant à une extrême droite moins complexée l'exclusivité de la critique et le gain en électeurs qui en découle.
Y avoir baigné pour mieux le rejeter
Taslima Nasreen, qui fut avec Rushdie la première à subir l'étiquette, n'en paraît pas impressionnée. Qu'on l'appelle comme on veut ne lui fera pas ménager sa cible, décrite en quelques mots : "Lorsque des juifs, des bouddhistes, des chrétiens ou des hindous me critiquent, ils ne mettent pas ma tête à prix. C'est toute la différence."
Quand son interlocutrice concède à Mahomet d'avoir "modéré certaines pratiques contre les femmes", elle dément : "Les femmes avaient plus de droits dans l'histoire préislamique !" De quoi dérouter notre modératrice.
Caroline Fourest aimerait tant que les intégrismes se valent ! Quel poids en moins pour cette ennemie des discriminations, qu'on sent presque gênée de devoir admettre que ce qu'elle a vécu chez les sœurs, avec baillements à la messe, ne soutient pas la comparaison...
Le salut par les apostats ?
Un souci de diplomatie compréhensible, quand l'impossible éradication ne laisse d'espoir qu'en un dogme allégé. Mais par quel moyen, l'alléger ? Que faire de ces versets ne laissant guère de place à l'interprétation ? Des coupes offenseraient son Auteur, et surtout ses chatouilleuses ouailles. Sommes-nous donc condamnés à l'hypocrisie qui consiste à jouer d'une prétendue différence - niée par T. Nasreen et par ses sœurs en rébellion - entre le dogme et le fondamentalisme ?
Le salut viendra-t-il de ces rebelles à leur culture d'origine, étrangères aux calculs, aux faux-semblants et même à l'honorable crainte de stigmatiser, quand leur liberté et celle d'une bonne moitié de la Terre dépend de leur combat ?
Libres de le dire est publié chez Flammarion
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auteur: Julie de Pardailhan en savoir plus sur l'auteur |
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Réponse à votre article
Je suis une jeune femme française de confession musulmane. Tout d'abord, je pense qu'il n'est pas interdit de se poser des questions sur le CORAN. Honnêtement, qui n'a jamais connu le doute ? Les réponses concernant le Coran sont dans ses sourates et ses versets. Les savants sont là pour nous aider à accéder à la compréhension des textes coraniques et à la lumière, à répondre à nos questions et nous aider à nous améliorer. Ils ne sont pas juges mais conseils. Les reactions excessives doivent être condamnées car ne reflètent pas notre belle religion. 2nd point. Je pense qu’il est important d’apprendre l’Arabe car c’est la langue du Coran et de préférence dès le plus jeune âge. L’apprentissage de la langue Arabe met le croyant en relation directe avec Allah (swa). Je pense que les traductions sont parfois imprécises, et assurément ne permettent pas d’accéder à la beauté originelle des textes. La notion de responsabilité face au savoir est importante en islam. Il est un devoir pour le musulman d’aller vers le savoir, vers la connaissance, y compris la connaissance scientifique. Tout en gardant à l’esprit ce que nous dit Rabelais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (nous parlons ici de conscience morale). L’imposition de « la langue arabe à partir de l’âge de 5/6 ans » ne me choque pas, il ne s’agit pas d’une imposition dans le sens d’imposer contre le gré de la personne mais d’éduquer nos enfants dans le respect des valeurs qui sont les nôtres et des principes islamiques à travers sa langue. Je ne comprends pas bien ce qui dérange ?
Plus généralement , je pense que l’Islam véhicule un message de paix mais pas à n’importe quel prix, pas au prix de l’injustice. Si « Mahomet a commandé de tuer une tribu juive » (aucune sourate ni verset n’est précisé dans l’article), ce message doit être nécessairement remis dans son contexte. Par ailleurs, on ne peut pas dire d'après moi, tout et n’importe quoi au nom de la liberté d’expression. La preuve en est par exemple que les propos racistes sont condamnés par la loi. Mais je pense, que les réactions excessives face à certains propos de Taslima Nasreen sont des anomalies liées à une lecture non fidèle aux textes islamiques. Le sujet est tellement sensible pour les croyants. Ils répondent parfois à la violence par la violence. Mais l'Islam c'est aussi « répondre à l'injustice par la justice ». Les savants connaissent les faiblesses de notre communauté et nous accompagnent afin de nous améliorer.
Je suis d’accord sur le fait que tout ceci profite à l’extrême droite mais à qui la faute ? Les faux débats et faux prétextes (burqa – identité nationale) lancés par le gouvernement français, les procès d’intention, les amalgames, le mélange des genres (social, politique, religieux) par des dirigeants incapables de résoudre les vrais problèmes (qui sont SOCIAUX), et dont l’emprise sur les médias n’a jamais été aussi fort, tout cela participe au développement du phénomène. La montée de l’Islamophobie résulte à mon humble avis de l’ethnocentrisme dont fait preuve les dirigeants français face à leur diversité. Incapable d’intégrer socialement leur diversité, ils s’orientent vers une politique d’imposition de leur culture "dominante" à celle de leurs « minorités visibles » pour un peu plus encore les stigmatiser. Il y a dans les discours des dirigeants et de certains médias l’expression franche d’une volonté d’aller vers l’assimilation de cette diversité, de négation de cette diversité dans ses valeurs. Ceci n’est pas acceptable, ceci n’est pas respectueux de ce que nous sommes : citoyen français de religion musulmane. Et c’est ici à mon sens, en cela que la « France se trahie » (pour reprendre les propos de M. Ramadan), il ne faut cesser cela. Les réponses sociales doivent être proposées pour répondre à des questions d'odre sociale (le chômage particulièrement important dans notre communauté, la discrimination à l’emploi, la délinquance…), c’est vraiment un procès injuste que l’on fait à notre communauté, vraiment, sans sombrer dans la victimisation (que je refuse personnellement). Mais qui déroge aujourd’hui à la loi de 1905 ? C’est à mon humble avis l’état Français en intervenant sur le terrain religieux. Ce n’est pas la communauté musulmane, qui selon les textes Islamiques doit se soumettre aux autorités du pays dans lequel elle se trouve, dans lequel elle vit, de respecter ses valeurs, les valeurs de la république. La communauté musulmane est citoyenne. Et ce n’est pas une nouveauté, il n’y a aucun antagonisme entre l’Islam et la république. Aucun antagonisme entre le fait de respecter les lois de la république et notre religion ou alors qu'on me prouve le contraire. Vous nous dites : "Le salut viendra-t-il de ces rebelles à leur culture d'origine, étrangères aux calculs, aux faux-semblants et même à l'honorable crainte de stigmatiser, quand leur liberté et celle d'une bonne moitié de la Terre dépend de leur combat ?" Je ne partage pas cet avis et vous renvoie à l’appel de M. Ramadan aux musulmans et à leurs concitoyens du 28 septembre 2006 : http://www.tariqramadan.com/spip.php?article738 Je voudrai juste ajouter que l’Islam n’est pas la religion de la peur, de la bêtise, de la faiblesse intellectuelle. L’islam est la religion de l’intelligence, de l’amour, de la tolérance, le respect, de l’humilité et de la dignité. Le savoir, par un retour aux textes sacrés nous libérera nos doutes et de nos peurs. En espérant que ce message atteigne votre coeur et votre esprit. Cordialement Samira de Lille | |||
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comme vous êtes courageuse Julie, lol, vous brisez le silence, lol
Elle dit : "tout méfait relatif à l’islam voue au silence ou à la langue de bois." Samira tu remarques bien qu'elle se trompe. Nous savons pertinemment qu'on ne montre souvent que ce qu'on entend de mauvais sur l'Islam et elle participe à ce jeux en essayant de se faire passer pour un courageuse. Soit disant elle n'a pas peur de critiquer l'Islam. | |||
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