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Justice répressive contre les mineurs, vraiment ?

Parfois, je me demande si on vit dans le même monde, ou si les juges et militants associatifs n'ont pas un prisme social déformant qui leur fait voir uniquement ce qu'ils ont envie de voir, ou ce que leur idéologie leur dicte de voir.

 

J'ai bondi en lisant cet article résumant les craintes de ces honnêtes gens, qui à l'occasion des journées nationales prison, s'inquiètent de voir la justice devenir de plus en plus répressive à l'égard des mineurs.

 

Le mineur multirécidiviste

 

Sans blague ! Je vous le donne en mille. "L'idée du mineur que l'on veut faire passer, c'est celle du multirécidiviste", explique Claude Doyen, vice-présidente du tribunal pour enfant du TGI de Strasbourg, alors que "le juge pour enfants ne revoit quasiment jamais la plupart des mineurs pour lesquels il est saisi".

 

Une minorité sont des ultra-récidivistes certains d'échapper à toute sanction

Ajoutons que "selon des chiffres du ministère de la Justice, 673 mineurs sont actuellement incarcérés en France, pour un total de 1.100 places disponibles". 673 mineurs détenus en France, alors qu'il y a un potentiel d'un peu moins du double, est-ce un scandale ? Et cette juge, ignore-t-elle, ou fait-elle exprès d'ignorer que s'il existe à l'évidence une écrasante majorité de mineurs (passez-moi l'expression) qui se tiennent tranquilles, une petite minorité d'entre eux sont des ultra-récidivistes de la violence de rue, qui sont certains d'échapper à toute sanction jusqu'à leur majorité ?

 

Des cas qui ont besoin d'une réponse judiciaire

 

Mon travail me fait côtoyer de près les questions de délinquance. Et des mineurs arrêtés pour des délits graves, et qui sont relâchés et remis à leurs parents en dépit de tout bon sens, c'est hebdomadaire. Sans même que le juge soit saisi, d'ailleurs ! Je vais prendre deux exemples concrets survenus récemment dans le Nord.

 

Le premier, c'est le cas d'un mineur de 12 ans, qui s'est fait arrêter en compagnie de cinq ou six voyous après qu'un étudiant a été rossé de coups... dans l'unique objectif de lui piquer son iPod et ses lunettes. L'étudiant a été jeté à terre et a reçu des coups de pieds au visage de la part de toute une bande d'individus. Nez cassé, c'est dire. Dans les heures qui ont suivi, la police a arrêté des suspects qui traînaient encore dans le coin, et qui correspondaient au signalement donné par l'étudiant. Parmi eux, ce gamin de 12 ans, sur lequel sont retrouvées les lunettes. Il est désigné par l'étudiant comme par ses amis comme étant le "meneur" de la bande. Eh bien non seulement il ne sera pas placé en garde à vue (c'est interdit en-dessous de 13 ans), mais il sera remis à ses parents le soir-même, sans même être "déferé" au parquet des mineurs, qui de toute façon, l'aurait relâché.

 

Elle est où, la réponse judiciaire, dans ce genre de cas ?

 

Séance de gros yeux et remise de l'enfant aux parents

Deuxième exemple, qui correspond mieux au problème de la délinquance des mineurs. Un ado de 14 ans, dont la fiche de délinquance déborde d'un écran d'ordinateur, est arrêté pour avoir racketté plusieurs collégiens. On lui reproche également des vols à l'arraché, et il a déjà été pris il y a quelques mois pour avoir organisé avec des amis un ingénieux système de vols de portables avec violences : juchés sur des vélos, ils attendaient leur proie avant de fondre sur elle et d'arracher le téléphone. Plus grave, le père d'un des élèves rackettés, qui avait porté plainte, a été menacé avec un revolver par ce jeune homme.

 

Que croyez-vous qu'il lui est arrivé ? Lui, il sera déféré au parquet des mineurs. Séance de gros yeux, et ni une ni deux, remise de l'enfant (parce que c'en est un) aux parents. Rendez-vous dans trois mois pour passer devant le juge des enfants, qui le mettra en examen et envisagera une mesure éducative.

 

Elle est où, là encore, la réponse judiciaire ? C'est bien simple : elle n'existe pas. Comme lui, nombre de gamins vont de convocation en convocation, et entre les deux, continuent leur parcours délictuel sans le moindre problème. Ils peuvent même rire au nez des policiers, en garde à vue : ils connaissent très bien la législation et savent que jusqu'à leurs 18 ans, l'impunité leur est garantie. Ils sont donc tranquilles.

 

Intervenir au plus tôt

 

Quand ils auront 18 ans, ils écoperont d'une peine plancher

Sauf cas extrême, bien sûr. Mais une fois qu'on en arrive à des délits très graves, ou à des crimes, n'est-il pas déjà trop tard ? Lorsque ces mineurs auront 18 ans, et qu'ils écoperont d'une peine plancher qui les remerciera pour l'ensemble de leur oeuvre, ils partiront pour deux, trois ans de prison ferme, et leur vie sera mal partie. Ne serait-ce pas plus intelligent, pour la société comme pour eux, d'intervenir plus tôt ?

 

Cette juge des enfants décrit sans doute la réalité lorsqu'elle dit que la plupart ne récidivent pas. Oui, mais les autres ? Que fait-on, pour eux, qui vivent dans des conditions déplorables, dont les grands frères sont truands et dont les parents sont absents ou trop fragiles pour les éduquer correctement ? Que fait-on pour eux, alors que dans les foyers de placement pour mineurs, la victime côtoie le délinquant (considéré comme victime), qui lui-même côtoie le psychopathe dont les établissements spécialisés ne veulent plus ?

 

L'ordonnance de 1945 privilégie l'éducatif sur le répressif, et c'est tant mieux. Mais il y a un moment où on doit arrêter de prendre les mineurs pour des saintes nitouches, et leur coller une bonne vieille sanction, qui ne doit d'ailleurs pas forcément être la prison.  Une séance de ramassage de feuilles mortes, peut-être ?

 

Vous pourrez égalemement retrouver cet article sur le blog du chafouin, Pensées d'outre-politique.

auteur: Le Chafouin
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de valentini le 02/12/2008 à 12h25
L'orange mécanique de la liberté

"Le chafouin" est maigre, de petite taille et il a la mine basse et sournoise, d'après wikipédia. Sauf que le Chafouin a une tout autre idée de lui-même: il n'est ni de droite, ni de gauche, il est catholique. Voilà une équation dont la logique est à coup sûr farcie de mots. Aussi "le Chafouin" devrait se faire appeler Nini crocs-mots, plus approprié à sa situation.
Cela dit, étant catholique, la justice l'interpelle quelque part, entre la bouche et l'oreille, dans son cerveau qui sait "la doctrine sociale de l'église". Cette doctrine fait d'elle une entité politique particulière, parce que si tout n'est pas politique, tout est social. Le social du social, étant justement le politique.
En matière de justice injustifiable, le Chafouin en sait long. Il sait les bons mauvais exemples que toute démonstration trouve immédiatement. La vie est si riche et complexe, que chacun en a pour son argent. Les "honnêtes gens" ont le leur. Et "Les gens honnêtes" aussi. Le monde est ainsi le mieux du monde partagé, à pile ou face.
Après force gros yeux à l'égard des âmes molles de gauche, "juges et militants associatifs" à la monotone idéologie qui s'apitoient sur le sort des "ultra-récidivistes de la violence de rue" et les remettent tout bêtement à leurs parents, après les avoir à peine grondés, que propose-t-il? Une séance de ramassage de feuilles mortes.
Poétiquement, cela suffit sans doute à faire le bonheur de quelque âme noyautée par la nostalgie d'un renouveau futur. Mais, en ce qui me concerne, je ne sais pourquoi, l'impression en moi prévaut que l'article de notre journaliste en herbe, eh! bien! oui! n'est ni de droite, ni de gauche, c'est de la crotte! Les pattes des chiens, se dressant humainement, en tremblotent.

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de Le Chafouin le 02/12/2008 à 15h32

A part tergiverser et exposer à grands traits qu'être ni de droite, ni de gauche, c'est être stupide, que proposez-vous?

Le ramassage de feuilles mortes est bien sûr un trait d'humour, d'humeur.

L'idée, c'est qu'il faut une réponse, qui n'est pas forcément la prison.

Ne caricaturez pas, essayez plutôt de répondre sur le fond, svp, plutôt que par l'ironie. Cela vous honorera.

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de Bruno Lemaire le 03/12/2008 à 08h34
le problème est posé, les faits sont têtus

Cet article a le mérite de ne pas cacher la réalité. Même marginaux - dans tous les sens du mot - les mineurs multi-récidivistes existent, le nier serait de la pure idéologie.
Il ne s'agit pas non plus de gonfler leur chiffre, là encore ce serait pure idéologie.
La question est donc celle-ci: que faudrait-il faire, que peut-on faire, et qu'est ce que la société actuelle veut faire?
Ne rien faire ne semble pas la bonne réponse.
Je n'ai évidemment pas LA réponse.
Bien sûr, ces mineurs récidivistes sont en partie des victimes, de leur environnement, de la défaillance ou l'absence de leurs parents et de véritables éducateurs auprès d'eux.
Mais de nombreux mineurs ne virent pas à la délinquance caractérisée. Faut-il se contenter de plaindre, voire d'ignorer, ceux qui passent à l'acte, même s'ils ont des circonstances atténuantes? Je ne le pense pas.

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de valentini le 03/12/2008 à 10h29
Le nucléon atteint de tribunalite aiguë


Que faut-il faire de « la petite minorité » de mineurs « ultra-récidivistes de la violence de rue »? C'est la question chafouine, lancée à l'adresse des naïfs associatifs et aux juges à leur botte, la gauche. La question donne la réponse: les enfermer. Se poser, après ça, la question des origines politiques et de l'emploi manipulateur d'un tel vocabulaire, c'est tergiverser. Cela dit, à la différence des grandes-gueules de prétoire, je ne me demande jamais si eux qui bondissent et moi qui prends mes distances vivons dans des mondes différents. Il n'y a, hélas! qu'un seul et même monde et je n'en connais pas d'autre, pas même éclairé par un ciel philosophique.
Maintenant, dans ce monde-là, réel, qui m'occupe, force est de constater qu'on peut se targuer de volonté de justice et de vérité, tout en escamotant son propre parti pris derrière des faits donnés pour bruts, sans parler de se planquer derrière un loup-chafouin, sous prétexte de respect envers son patron. Cette déférence modèle dont s'honore monsieur X, attaché au marronnier, là-bas, chez les ch'tis, s'octroie sans état d'âme des droits qui chez moi lui font ombrage. Sans doute, est-ce un juste hommage a son sens aigu de la justice qui tout à la fois dénonce, instruit, et dissout l'ordonnance pédagogique de 45, celle qui « privilégie l'éducatif sur le répressif », dès qu'on la lit avec un puissant « prisme social », à verres roses.
Car l'ordonnance en question, contrairement à l'opinion complaisamment véhiculée, donne les moyens d'agir pour incarcérer un mineur dès 13 ans, si le juge le juge bon. « L'idée, c'est qu'il faut une réponse, qui n'est pas forcément la prison », comme dit du ballot qui déballe tout. Seul le rusé naïf veut faire accroire à une politique, privilégiant l'éducatif. Mais alors, dans ce cas, pourquoi, sous couvert « d'exemples concrets », s'en prendre au laxisme idiot d'« une juge », si elle respecte l'esprit du doux législateur d'une époque si douce qu'elle en devient comme un âge d'or de la délinquance. Voilà concrètement une caricature de justice, menée par un nucléon journalistique atteint de tribunalite aiguë! Et tout dans son article est du même ordre: sérieux s'abstenir!
Mais monsieur qui charge, caricature et ironise a un « travail » qui lui « fait côtoyer de près les questions de délinquance », alors, tu penses! C'est quelqu'un qui sait de quoi il parle! Pas comme ce branleur de cloches de Valentini qui tourne le dos à la réalité pour s'en prendre à l'Opinion incarnée, sans proposer aucune « réponse judiciaire ». Me voilà Dandin comme ci-devant, raccourci par un honorable plaideur qui s'étonne d'obtenir une réponse conforme à son manque de sérieux, fruit d'une émotion sur commande, elle-même fruit d'un noyau dur et de droite ouverte à tous les bons coups, histoire de gagner à tous les coups. Car justice doit être rendue à « l'écrasante majorité , en stoppant net l'extrême minorité. L'esprit souverain en charge de sa propre caricature, tout à fait! Aussi n'ai-je rien d'autre à proposer, hic et nunc, que d'agir pour rétablir la liberté d'expression du citoyen, contre la presse capitaliste et ses coups de gueule démagogiques.
Et d'où vient ce droit d'expression inqualifiable? Du travail, tout bêtement, monsieur le citoyen professionnel qui délivre des mandats d'amener à répondre selon son bon vouloir! Et non d'une quelconque bonté présidentielle ou largesse patronale, ayant la volonté de remettre sur pied un monde tuyau-de-poêle où « la victime côtoie le délinquant (considéré comme victime), qui lui-même côtoie le psychopathe », etc. Monde nôtre, rappelons-le, produit par cette volonté. C'est dire le sans queue ni tête de cette libre société dont le Chafouin se fait le juge, le procureur et l'avocat. Normal! Etant médium, n'est-il pas le monde en totalité.

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de Le Chafouin le 03/12/2008 à 11h21
Répondez au lieu de gémir

Que répondre à une réaction aussi agressive et délirante, qui écarte toute possibilité de débat par sa forme bête et méchante pleine d'ironie?

Est-ce qu'une minorité, parce qu'elle est minorité, doit avoir tous les droits? La majorité, parce qu'elle est majorité, doit n'en avoir aucun?

Vous me faites le procès de la droite, mais moi, la droite, je m'en moque!

Vous me faites le procès de l'anonymat : mais je n'ai pas à me justifier devant vous, mon bon monsieur.

Vous me faites le procès de la volonté d'enfermement des mineurs : mais où ai-je parlé de cela?

Vous partez du principe que n'étant pas d'accord ave le laxisme ambiant à l'égard des mineurs auteurs d'infractions (et à la fois victimes, comme le précise M. Lemaire), je suis un odieux et infâme supporter de Sarkozy.

Vous osez même l'amalgame avec cette histoire ridicule de convocation d'un journaliste de Libération.

Restez donc avec vos certitudes.

J'aurais aimé qu'au lieu de tenir des propos pontifiants et lénifiants, au lieu de faire la morale, vous entriez dans le débat, et exposiez votre poitn de vue sur le sujet en cause : la justice est-elle vraiment si répressive à l'égard des mineurs?

Non, non, non. En effet, on peut d'après la législation existante incarcérer un mineur de 13 ans. On peut. Dans la pratique, quoi que vous en disiez, on privilégie quasi-toujours l'éducatif sur le répressif, sauf quandl'affaire est un peu médiatique et que le parquet veut se la jouer sévère. Alors arrêtons de jouer les inquiets!

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de valentini le 03/12/2008 à 11h52
Adieu au perroquet de dépôt

T'as raison coco!
Comment Rendre Service:
engage-toi dans la police
t'auras du lolo!

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de Le Chafouin le 03/12/2008 à 14h40
Bravo!

Merci pour ce bel exemple de dialogue argumenté.

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