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Populisme et décence ordinaire

Les "affaires" récurrentes, qui dévoilent conflits d’intérêts, abus et connivences dans les plus hautes sphères, font craindre à certains une flambée de "populisme". Représentants des partis, éditorialistes ou politologues notamment nous mettent doctement en alerte. Le péril qui nous guetterait, qui menacerait la démocratie serait annoncé par cette considération générale pour le personnel politique : "Tous pourris !" Prudence donc à révéler, faire savoir ces pratiques attentatoires à une éthique élémentaire, voire à la loi, de la part des élus qui ont à en être les garants ? Prudence et crainte. Il conviendrait de taire, minimiser ou relativiser, pour sauver la démocratie menacée par l’ire, le désarroi populaire, dispositions dominantes et que seul le Front national saurait prendre en charge en l’état actuel des choses.

 

Où perçoit-on que l'opinion générale serait tentée par une aventure autoritaire ?

Mais où perçoit-on qu’une opinion générale – celle des classes moyennes et populaires – à l’égard de ces "affaires", dans le contexte actuel, tend à se détourner des valeurs démocratiques et serait tentée par une aventure autoritaire, une forme de césarisme voire de fascisme, via ce populisme agité à l’envi (le définit-on d’ailleurs ?) Qu’est-ce qui donne foi à cette appréhension ? Les sondages, leur analyse, une présence attentive, une immersion dans villes, quartiers et campagnes ?

 

Où repère-t-on les raccourcis, la démagogie, l’exploitation des peurs, les menaces qui mettent à profit l’ignorance ou le déni ? De part et d’autre ! Visiblement chez les porte-paroles de ceux qui ont rompu tout véritable lien avec cette opinion générale et populaire  – en tout cas sa "common decency" telle que la définissait George Orwell (1) et par delà une vulgarité, un rejet de l’autre et les lieux communs qui s’y expriment comme ailleurs, encore faut-il la sonder sérieusement – ainsi que chez ceux qui ont intégré politiquement les pratiques en question, soit qu’ils les instrumentalisent à dessein, soit qu’ils en soient réellement captifs.

 

Probité et intégrité ne sont pas beaucoup mieux distribuées dans telle catégorie de population plutôt que dans telle autre

S’ils restent des forces vives, des ressources à la démocratie, n’ont-elles pas à compter justement sur la capacité de discerner notamment ces privilèges et abus de pouvoir de la part de nombre de mandataires du suffrage universel ou de gouvernants ? La probité, l’intégrité ne sont, peut être, pas beaucoup mieux distribuées dans telle catégorie de population plutôt que dans telle autre, dans la "France d’en bas", celle "qui se lève tôt", dans les soi-disant "territoires perdus de la République" ou parmi ses dites élites. La solide perception, l’attachement à ces notions et valeurs comme à des principes cardinaux, cessent donc de valoir ? Mieux vaut agiter des épouvantails quitte à les crédibiliser ? Pour défendre un régime qu’il conviendrait alors de qualifier comment ?

 

 

(1) Décence ou honnêteté ordinaire, commune. L’expression se traduit difficilement. Orwell fait valoir une forme de sens commun populaire. Il faut avoir en tête, avec ses écrits (Hommage à la Catalogne, La Ferme des animaux et 1984 parmi d’autres), certaines expériences de vie d’Orwell : en Birmanie avec les coolies, à Londres et Paris avec clochards, dockers, mineurs, en Espagne dans les rangs républicains de la gauche antistalinienne.

 

Dans un ouvrage intitulé De la décence ordinaire : court essai sur une idée fondamentale de la pensée politique de George Orwell, publié en 2008, Bruce Bégout précise : "Cette honnêteté ordinaire s’exprime sous la forme d’un penchant naturel au bien et sert de critère du juste et de l’injuste, du décent et de l’indécent. Elle suppose donc, avant toute éducation éthique et pratique, une forme de moralité naturelle qui s’exprime spontanément sans faire appel à des principes moraux, religieux ou pratiques. L’homme ordinaire n’a pas besoin de se tourner vers certaines autorités pour agir moralement. Il possède en lui-même une faculté sensible d’évaluation morale qui précède toute norme morale." Voir également les ouvrages de Jean-Claude Michéa.

 

auteur: Roland Vasic
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de Longjohn le 29/07/2010 à 18h00
Populisme pour faire peur

Qui crie au populisme ? A la démagogie ? Il semble que ce soient les personnes ayant fait le choix du soutien à la "victime" qui hurlent leur désapprobation et leur indignation. La première question est donc bien : "Qui crie ? ". Et la deuxième, pourquoi ces personnes crient au populisme ?
Si l'on considère qu'il existe une connivence entre le pouvoir politique, le pouvoir de la finance et les médias de masse (relire la liste des journalistes ayant reçu la légion d'honneur ces trois dernières années. Troublant), alors les cris d'orfraie prennent sens. En effet, ces affaires sont comme une mise en lumière d'un ordre établi qui se voulait discret, comme les prémisses au désordre, c'est-à-dire un transfert de pouvoirs potentiel.
Faisant parti du commun des citoyens, il me paraît légitime de penser que les personnes mandatées directement ou indirectement pour gouverner, pour gérer le bien public et pour agir dans le sens de l'intérêt général aient un minimum d'éthique et de morale. Bien entendu, il est probablement naïf de voir les choses ainsi, mais je crois qu'il est sain, pour qu'un système démocratique fonctionne, de l'espérer. Si "l'élite" de la Nation ne se sent pas investie d'un certain devoir envers celle-ci, alors effectivement on glisse vers ces affaires (qui finissent toujours par être révélées) et la déconsidération du mandant pour le mandaté.
Les individus de la France d'en-bas ne sont ni plus ni moins honnêtes que ceux composant la France d'en-haut, mais les premiers ne sont pas investis d'une reponsabilité collective à l'échelle d'un pays. Et cette responsabilité, faut-il le rappeler (?), n'est en aucun cas subie mais bien choisie par tel ou tel homme ou femme politique. Il est intéressant d'ailleurs de remarquer que l'exigeance n'est pas la même envers les médias et les financiers. Eux, ils ne représentent qu'eux-mêmes et agissent dans leurs intérêts exclusifs. Quelque part, c'est dans l'ordre des choses. Il n'en va pas de même pour un élu, un ministre ou un individu faisant profession le service de l'intérêt général.
Pour en revenir aux aboiements contre le populisme, je renvoie chacun et chacune à la lecture d'un ouvrage particulièrement pertinent : "Les nouveaux chiens de garde" de Serge Halimi.

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de Christian DELARUE le 17/10/2010 à 05h55

il ne faut pas dire tous pourris ce serait donner dans l'amalgame. En même temps il y une contagion des affaires et de sa délinquance au sommet de l'Etat. L'équipe Sarkozy-Woerth est bien atteinte.
Outre l'aspect dégénérescence du au fric accumulé il y a la pente raciste Hortefeux ne fait pas semblant et il s'est fait coincé. Le pire est que ce monde-là reste en poste. Mais ils sont frappés d'une grave crise de légitimité. Il est sain que le peuple veuille couper la branche pourrie . Populisme moral contre élite enrichie et cupide.
CD

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