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Culture
La domination culturelle américaine est-elle totale ?
Un cliché fort répandu voudrait nous persuader que les Etats-Unis ne représentent pas une culture de haut niveau, ancienne et complexe comme celles de l'Europe. Un examen attentif révèle au contraire un dynamisme culturel impressionnant, dont l'Europe pourrait s'inspirer avec profit.
La culture américaine ne se révèle pas uniquement puissante du seul fait de la force commerciale de sa culture populaire et de l'Entertainment qu'elle exporte avec succès aux quatre coins du globe. Ce succès, fondé sur l`importance de la langue anglaise, impose de la désigner comme la seule culture qui a su construire et répandre un imaginaire à usage vraiment mondial. Les diverses cultures n'y sont pas séparées de façon étanche, mais sont habilement récupérées dans le secteur commercial en agissant entre elles et en se côtoyant beaucoup plus qu'en Europe. Mais ce n'est pas seulement à travers ses films et ses séries télévisées, ni de sa musique que les Européens et les publics du monde entier consomment avec boulimie, que la culture américaine se distingue.
Les Etats-Unis sont en vérité, même si on feint de l'ignorer, le territoire d’une haute culture d'excellence
Elle est produite dans et par des institutions d'une indépendance farouche. On ne saurait par où commencer : les grands orchestres symphoniques, les musées, les compagnies de danse, les universités, avec leurs presses universitaires modèles - tout cela irriguant les salles des spectacles, les centres culturels et les bibliothèques du monde entier. On oublie souvent ou on ignore la réalité extrêmement vivante de cette culture du plus haut niveau. D'abord soulignons le nombre extraordinaire des artistes qui n'y sont pas moins de 3 millions (!), et la capacité du système culturel américain d'engendrer, mais aussi de faire vivre plus de 2 millions d'entre eux.
Autres chiffres étonnants à retenir : on y compte 200.000 écrivains et autant d'architectes et de musiciens, 120.000 bibliothèques, 20.000 musées et 4.000 universités, avec leurs 110 maisons d'édition de haut niveau. Chaque année trois milliards de livres sont publiés. Comme le souligne le précieux livre de Frédéric Martel (De la culture aux Etats-Unis, Gallimard), la révolution culturelle en cours aux Etats-Unis, contrairement à ce que l'on croit, est même plus prononcée au cœur du pays (Midwest par exemple) que dans ses villes-phare.
Ajoutons le nombre inouï des chercheurs que le pays a su attirer en leur offrant des conditions de travail qui parfois font honte aux pays européens les plus riches, ses innombrables prix Nobel, la meilleure presse du monde - journaux et magazines - sans oublier le nombre d'artistes majeurs qu'il a pu produire rien qu'au siècle dernier. Et terminons par rappeler le taux phénoménal de scolarisation universitaire : 81% d'une classe d'âge poursuit des études supérieures aux USA, contre 54% en France et 48% en Allemagne. Mais cela n'est pas tout.
Grâce au dynamisme des avant-gardes, de la contre-culture et des cultures "alternatives", elle influence les avant-gardes de cinq continents
Le nombre des artistes innovants et alternatifs n'a certainement pas son égal au monde - ils jouissent de la diversité, d'un véritable pluralisme et d'une liberté d'expression quasi sacralisée et témoignent d'une passion du nouveau bien américaine. Ceci n'est pas uniquement vrai pour les festivals de films de cinéma indépendant ou les "experiments" musicaux ; c'est vrai aussi pour des courants politiques. L'alter mondialisme y compte ses plus fervents défenseurs, mais l'Amérique est également la terre d'une puissante contre-culture conservatrice, religieuse, puritaine (celle des évangélistes, reprise et imitée partout dans le monde, surtout en Amérique latine).
N'oublions pas également la puissance des cultures communautaires, de la diversité culturelle et de "subcultures" de toutes sortes
Leur influence semble être encore plus décisive auprès de toutes les minorités de la planète, qui les imitent ou les détournent à leur façon, et où ils symbolisent la libération noire ou latino, les luttes féministes ou gays du monde entier. Les Etats-Unis sont dotés de la richesse - unique au monde - d'une immigration et d'une diversité des minorités en contact permanent. La forte démocratisation de la culture qu'on observe ces dernières décennies, l'importance de l'affirmative action depuis des années, la mise en valeur de plus en plus visible des cultures ethniques régionales, et les attaques contre l'élitisme WASP qui n'arrive plus à s'imposer, en sont les signes clairs de cette réalité. Au lieu d'être isolées et méprisées, les communautés occupent de plus en plus le terrain - alors que l'influence européenne ne cesse de baisser. Rappelons qu'il y a désormais 45 millions de Latinos, 35 millions de noirs, 12 millions d'asiatiques et au moins 15 millions d'étrangers illégaux.
Il semble par ailleurs superflu de rappeler la place qu'occupent les USA dans tout le domaine du développement des nouvelles technologies, et leur influence constante et décisive dans le secteur en plein essor des techniques numériques, les Visual arts, la musique électronique, le nouveau cinéma, pour ne rien dire d'Internet.
Pour finir, et de façon presque irritante, rappelons que l'Amérique produit même mieux que quiconque la critique, souvent très virulente, de sa propre domination culturelle
C'est la que se trouvent les militants les plus sévères à l'égard de Hollywood et de la culture de masse, les défenseurs les plus acharnés des cultures du monde, ceux qui dénonceront le sort des Indiens, les militants écologistes sans parler de véritables guerres contre le puritanisme, contre la censure, contre les guerres… C'est d'ailleurs sur Noam Chomsky ou, à un tout autre niveau, sur Michael Moore que les Européens prennent exemple pour critiquer les Etats-Unis.
Les excès et les lacunes de cette culture sont certes nombreux. Mais le rappel de toute cette vivacité culturelle devrait nous inciter à réfléchir plus sérieusement quand on se félicite du déclin annoncé des Etats Unis, que l'annonce soit faite avec vraie délectation ou fausse tristesse. Au lieu de l'envier sans bornes sans jamais l'avouer, ou de l'imiter tristement voire de la mépriser, l'Europe pourrait avec profit s'inspirer partiellement de ce qui fait la réussite culturelle et le dynamisme des Etats-Unis tout en mettant mieux en valeur sa propre histoire culturelle.
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auteur: Emmanuel Guérin en savoir plus sur l'auteur |
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Une domination culturelle américaine ou new-yorkaise ?
Parfaitement d'accord !! Cet article résume à merveille les contradictions prolifiques du nouveau continent. Pour ce qui est de leur politique, bien évidemment, c'est un autre sujet. Concentrons nos critiques, au lieu de rejeter tout en bloc, nous n'en serons que plus pertinent et que mieux écouté. En même temps, la culture dont parle cet article semble très new-yorkaise, et, aux dire des new-yorkais eux-mêmes, influencée par l'Europe. | ||
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L'anti-américanisme post 11 septembre ?
Déjà, post Irak serait plus juste et plus précis. Le 12 septembre, nous étions tous étatsuniens, non ? Ensuite, l'anti américanisme, y compris au niveau actuel, ne date pas d'hier. Contrairement à ce qu'on imagine souvent, il était déjà fort dans les années 50. Il s'est tassé après... en ce moment il revient... Et j'imagine qu'avec un Obama convivial on les trouvera de nouveau fréquentables. On en crève d'envie, à ce qu'il me semble... | |||
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Mais qu'est ce que c'est que cet article ?
... je suis désolé, je n'arrive pas à aller au bout. L'auteur mélange tout : culture, éduction, recherche... Tout celà me semble des choses bien distinctes :P Evidement que la culture US est vivace, qu'on peut considérer le pays comme leader dans la diffusion de sa culture, et ce également dans les disciplines "nobles". Car oui, Chomsky n'est pas breton. Et oui, c'est un pays qui valorise beaucoup mieux ses artistes que nous ici. C'est lié à la culture où être musicien, c'est "great, it's a job", alors qu'en France, ça fait de vous un saltimbanque. Certes certes. Mais ce qu'il faudrait dire ici et maintenant, c'est que la culture US est très visiblement en déclin sur tous les fronts. Le cinéma à défaut d'empirer se fait concurrencer par les marchés locaux sur ses chasses gardées (action à grand spectacle, fantastique). Musique, littérature, BD, jeux vidéos, partout le marché comme la production US quittent leur place centrale (souvent, d'ailleurs, au profit de l'Europe). Bref, j'ai du mal à voir l'à propos de panagérique qui a quelques années de retard et qui fait feu de tout bois. On dirait une lettre de fan... | |||
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D'accord avec Maklès
Moi non plus, je n'arrive pas à finir... Ce n'est plus un article, c'est un catalogue panégyrique, qui apporte peu. Et surtout, qui ne répond pas du tout à la question posée en titre. C'est frustrant. | |||
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Bof, les américains auraient ils pu faire un chef d'oeuvre absolu comme "Bienvenue chez les chtis" ! lol Je pense que oui, et avec plus de moyens. la différence entre eux et nous : Ils ont plus de sous. | |||
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la culture américaine, et bientôt une culture européenne !!!!
Sans envier les américains, ils nous donnent l'exemple qu'est la culture dans un immense continent. | ||
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Les monstres, ça n'existe pas.
La domination culturelle américaine... avez-vous des exemples précis? | ||
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