Une rentrée littéraire : à quoi ça sert ?
|
|
INTERVIEWPourquoi Maurice G. Dantec boycotte la rentrée littérairePANORAMATendances de la rentrée 2008lire le dossier |
LES ARTICLES LES PLUS :
Economie
Pour surmonter la crise, Messier et Madelin misent sur le web porno !
lire l'article
Politique
Pourquoi je pense qu'Obama ne sera pas élu
lire l'article
THEMES :
- Afghanistan
- Afrique
- banques
- Berlusconi
- Betancourt
- Bush
- capitalisme
- changement climatique
- Chine
- chômage
- cinéma
- climat
- Clinton
- conflit
- crise du journalisme
- crise financière
- crise économique
- croissance
- Delanoë
- droits de l'homme
- démocratie
- Elections
- emploi
- environnement
- Etats-Unis
- Europe
- finance
- France
- guerre
- génocide
- géopolitique
- histoire
- humanité
- immigration
- immobilier
- Inde
- inflation
- Internet
- Islam
- Israël
- Italie
- Jeux Olympiques
- justice
- laïcité
- libéralisme
- littérature
- mafia
- marchés financiers
- McCain
- mondialisation
- monnaie
- médias
- nucléaire
- Obama
- Occident
- OTAN
- Palestine
- pauvreté
- philosophie
- politique économique
- politique étrangère
- Primaires américaines
- prison
- PS
- pétrole
- Recherche
- religion
- retraites
- Royal
- Russie
- Rwanda
- réformes
- santé
- Sarkozy
- surveillance
- Taiwan
- technologie
- terrorisme
- Tibet
- écologie
- élections américaines
- énergie
Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?
|
ANALYSEPolitique étrangère : que peut changer Obama ?POLEMIQUE"Obamania" : la fête sera bientôt finielire le dossier |
Culture
L'espèce humaine appartient sans conteste au règne vivant en général et animal en particulier, mais elle s'en distingue au point d'avoir inauguré dans la Nature et sur Terre un règne inédit, exclusivement humain. Quels sont le ou les caractères qui mettent l'espèce Homo sapiens à part de toutes les autres, sans pour autant la détacher de leur règne commun ? Les contre-offensives menées à travers les siècles contre la thèse cartésienne de l'animal-machine et de la radicalité ontologique de la distinction humaine ont conduit les éthologues à disqualifier tous les critères avancés successivement. Même le meurtre en bande organisée, qui paraissait assuré de demeurer une exclusivité humaine, a pu être observé il y a quelques années chez les chimpanzés vivant en liberté.
L'historicité est la marque de l'humain
En fait, l'originalité fondatrice de l'espèce ne doit pas être recherchée dans tel ou tel caractère séparé, car, du moment que nous appartenons au règne vivant, des esquisses et des prémisses en sont à coup sûr repérables dans d'autres espèces. Le caractère original est total, à savoir que nous sommes la seule espèce engagée dans une et des histoires. L'historicité est la marque de l'humain. Le vivant et l'univers peuvent évoluer et être entraînés dans un devenir, mais ils ne vivent pas des histoires à la manière humaine, marquées par la diversité, la contingence, l’imprévisibilité, le chaos, le tâtonnement, même si, rétrospectivement, elles apparaissent intelligibles aux yeux de l'historien, du sociologue et du philosophe. Or l'historicité humaine a pour condition de possibilité la non programmation génétique. Plus précisément, le génome humain définit des virtualités, mais il ne précise pas les actualités. Nous sommes programmés pour parler, non pour parler français ou chinois. On naît virtuellement humain et on le devient actuellement dans un milieu humain, qui a réussi à quitter la virtualité pour l'actualité. On apprend à parler sa langue maternelle au contact de locuteurs de cette langue.
Tout ce qui est humain, intègre, par nécessité, trois niveaux de réalité
L'espèce humaine est la seule à avoir une nature virtuelle et à devoir l'actualiser culturellement, si l'on entend par " culture" une manière parmi d'autres de devenir humain. Le langage est naturel, mais les langues sont culturelles en ce sens. Ce statut singulier de l'espèce dans le règne vivant a pour conséquence spectaculaire que tout ce qui est humain, intègre, par nécessité, trois niveaux de réalité et que l'identité humaine reçoit de cette trinité une réalité mouvante. L'application à l'individu permet d'en saisir le plus facilement la complexité et la vérité. Les démographes estiment que peut-être cent milliards d'humains ont vécu et vivent encore depuis l'apparition de l'espèce sur l'arbre buissonnant du vivant. Il n'est pas douteux que tous ont appartenu et appartiennent à la même espèce et en partagent la même nature, au moins au sens où ils ne sont ni des chimpanzés ni des rats ni des fourmis. Chacun est défini par un niveau spécifique de réalité, le même pour tous, puisqu'il exprime l'appartenance à l'espèce en tant que telle. Le caractère fondateur du niveau est la non programmation, que l'on peut convenir d'appeler la liberté. L'espèce est libre en ce sens et chacun de ses représentants avec elle, sauf à être exclu de la virtualité acculturable par un vice de conformation biologique, par un traumatisme ou par une dégénérescence.
L'acculturation permet l'actualisation d'un niveau culturel de réalité, toujours pluriel
Chaque humain demeurerait virtuellement humain, s'il ne bénéficiait pas d'une acculturation dans un milieu culturel. Cette exigence équipe tout être humain d'un niveau culturel de réalité. En fait, ce niveau est toujours pluriel, car un individu fréquente toujours, même dans les sociétés les plus simples, plusieurs cercles culturels, depuis le couple et le ménage jusqu'à la civilisation. Il en reçoit des impressions plus ou moins vives et plus ou moins exprimées selon les circonstances. La pluralité culturelle fait de toute tentative, pour l'attribuer à un cercle culturel exclusif, un biais idéologique et déshumanisant de fondation. Aucun Français n'est exclusivement français, il est aussi et tout autant de sa famille, de sa condition, de sa résidence, de sa province, de l'Europe et de la civilisation européenne, pour le moins.
Chacun est défini par un niveau idiosyncrasique de réalité
La non programmation, enfin, et son fondement biologique dans une complexité neuronale défiant l'imagination ont pour conséquence un degré de liberté inédit dans le vivant et le fait que deux êtres humains ne sont jamais rigoureusement identiques. Chacun est ainsi défini par un niveau idiosyncrasique de réalité, par la manière irréductiblement singulière et unique qu'il a d'être humain et acculturé. Chacun parle le langage humain et une langue maternelle, mais chacun le fait à sa façon reconnaissable entre toutes. Ces trois niveaux de réalité se retrouvent dans tout ce qui est humain, sans exception. Tout y est toujours, à la fois et sans contradiction, humain général, culturel particulier et idiosyncrasique singulier.
|
auteur: Jean Baechler en savoir plus sur l'auteur |
Créez votre profil
pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com
|
Pour trois réalités, une même nature : la culture
La dernière phrase de l'article me fait penser à une citation de Hegel : "L'en-soi (l'humain général) se phénoménalise et devient pour-soi (idiosyncrasique singulier) par la médiation du chez-soi (culturel particulier." | |||
répondre à  cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|
|
L'homme sans contradiction n'est pas l'homme
Il me semble tout à fait pertinent de rapprocher la sainte trinité hégélienne à la thèse formulée par Jean Baecher et de tirer les conclusions qui s'imposent. Vouloir nier la contradiction en implantant trois tendances en l'homme de manière simultanément c'est peut-être passer à côté d'une définition à la fois dynamique et exclusive de ce qui fonde l'homme. Rousseau montre à travers ces écrits politiques - mais aussi esthétiques - que c'est justement la création d'artifice qui est la nature profonde de l'homme, et c'est à travers ces créations sans cesse renouvelées, qu'il reconnaît en lui et en autrui, l'homme. Passer par l'Homme pour définir l'homme, c'est vouloir rationaliser un mouvement qui est toujours individuel et contradictoire. | |||
répondre à  cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|







