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Culture


L'individu humain
L’unicité de l’individu
Tout individu a quelque chose d'unique. On ne peut pas démontrer en toute rigueur que pas deux des cent milliards d'humains qui ont jusqu'ici accédé à l'existence ne sont rigoureusement identiques. Pourtant, la proposition est très probablement vraie, car elle repose sur une succession d'arguments convaincants.

Dans la dimension biologique, deux individus ne sont jamais identiques

 

Et ce même parmi les bactéries et les algues bleues, si, du moins, ils sont saisis au niveau atomique, voire moléculaire, car la probabilité que deux arrangements soient parfaitement identiques s'évanouit d'autant plus sûrement qu'ils ne cessent de se modifier. Pour un organe aussi complexe que le cerveau humain, la probabilité est nulle, non seulement entre deux individus, mais encore entre deux états successifs du cerveau d'un même individu.

 

Dans la dimension culturelle, l'unicité est maintenue

 

Car chaque individu a sa manière bien à lui d'être acculturé. En effet, la transition de la virtualité à l'actualité, en quoi consiste précisément l'acculturation, repose sur une dialectique entre des dotations et des expériences, et ce tout au long de la vie. La complexité du dispositif biologique est telle qu'il n'y a aucune chance que les dotations de chacun soient identiques. Il y a encore moins de chance que leur mise en oeuvre à l'occasion d'expériences produise exactement les mêmes résultats en termes de configuration de la personnalité.

 

La diversification serait déjà extrême, si l'apprentissage s'effectuait en une seule fois et s'imprimait dans une individualité définitive. Il n'en est rien, car les expériences ne cessent de se succéder et les apprentissages de s'enchaîner. L’être humain passe par cinq stades successifs : l'enfance, l'adolescence, la maturité, la sénescence et la sénilité. Selon les milieux et les péripéties, chaque stade est transcrit en termes culturels variables, que chacun a sa manière de vivre et de ressentir, en fonction de ce qu'il est devenu en transitant par les stades antérieurs.

 

Dans la dimension anthropique, l'individu est investi des capacités humaines à agir, faire et connaître

 

La probabilité est nulle que deux individus agissent de manière rigoureusement identique en toutes circonstances

Agir, c'est poursuivre des objectifs, en mobilisant les moyens du bord et en affrontant l'incertitude, et ce au cours d'épisodes qui se succèdent tout au long de la vie dans des circonstances toujours changeantes. La probabilité est nulle que deux individus agissent de manière rigoureusement identique en toutes circonstances, voire que le même individu agisse deux fois de suite exactement de la même manière, car il aura changé entre-temps et aura pu tirer un enseignement de la première fois. Faire, c'est informer une matière ou matérialiser une forme. Chacun passe sa vie à faire en ce sens, ne serait-ce qu'en imprimant en lui-même les expériences vécues ou en transformant en habitudes des actions répétitives, mais également en participant aux productions sans lesquelles l'existence humaine deviendrait impossible.

 

La chance est également nulle que deux individus fassent identiquement et se présentent comme ‘facteurs’ interchangeables de "factions" identiques, pas plus que deux acteurs ne produisent des actions identiques. Connaître, c'est trouver des réponses à des questions. Pour les mêmes raisons, deux cogniteurs ne connaissent pas de la même façon et ne produisent pas les mêmes cognitions. Chacun est unique comme acteur, facteur et cogniteur, et ne cesse de renouveler son unicité tout au long de la vie.

 

Enfin, dans la dimension psychique, la même conclusion s'impose

 

Chaque individu atteint à l'unicité par trois voies. Le psychisme humain est composé de trois départements fondamentaux, la sensibilité, l'intelligence et la volonté, chacune à son tour démontable en dispositifs et processus. Les degrés de liberté ouverts à chaque élément à tous les niveaux d'intégration sont tels que la probabilité est très faible qu'ils atteignent exactement les mêmes valeurs chez deux individus. Elle devient nulle sur la deuxième voie, où le psychisme se présente comme une totalité fonctionnelle intégrée, d'une complexité telle qu'il est exclu que deux psychismes humains soient identiques.

 

L'unicité est parachevée sur la troisième voie, où le psychisme se révèle soumis à un réaménagement permanent, par le fait qu'il participe à des expériences toujours nouvelles, qu’il s'ingénie constamment à résoudre les problèmes qu’il se pose à lui-même, et qu’il doit incessamment se reprogrammer, en raison de la labilité des connexions neuronales qui sont sa version biologique. Les trois voies sont parcourues tout au long de l'existence, si bien que chacun est unique par rapport aux autres et à lui-même à travers le temps.

 

Dans toutes ses dimensions, l'individu apparaît toujours unique. Tous les contextes sociaux et culturels accueillent-ils de manière également favorable ou défavorable des êtres uniques ? Des êtres dont l’unicité change constamment, pourraient-ils ne pas avoir de problèmes d’identité ?

auteur: Jean Baechler
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de axelle le 10/09/2008 à 07h27
l'unicité ou la différence

Je préfère dire que nous sommes tous avec des sensibilités différentes, tellement de sensibilités dans l'être humain d'ailleurs !!!
et notre culture doit d'avantage mettre en valeur nos sensibilités, qui jusqu'à maintenant étaient étouffées, jusqu'à notre personnalité .....:-)
nos sensibilités s'expriment beaucoup face à l'art, c'est dans ce domaine que c'est le plus visible.
je suis artiste photographe poète philosophe :
www.axalla.artblog.fr, avec une toute petite bout de mon travail.
belle journée à tous

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