Presse écrite : Faut-il sauver le papier ou le journaliste ?
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DEBAT
Acceptons la vision dominante sur les constats et les objectifs du réchauffement climatique, comme le fait par exemple l’excellent rapport Stern. Premièrement, en l’absence de politique volontariste de réduction des rejets annuels de CO2, le principal gaz à effet de serre d’origine humaine, nous allons à la catastrophe. Deuxièmement, une politique raisonnable est possible, qui consiste à réduire les rejets annuels de CO2 à environ 24 milliards de tonnes en 2050, soit environ 25 % de moins qu’en 2000. Cette politique limiterait le réchauffement, et ses dégâts. Elle coûterait environ 1 % du PIB.
Il y a un certain consensus sur cet objectif, mais pas sur la façon de l’atteindre. Deux méthodes s’affrontent : la méthode planificatrice, qui est celle de la France (et de l’Europe), d’un côté ; la méthode économique, avec une taxe carbone généralisée, de l’autre.
La méthode planificatrice consiste à dire : si le globe doit réduire ses rejets de 25 % par rapport à 2000, nous, pays riches, devons les réduire bien davantage. Bizarrement, en France, le -25 % a été transformé en -50 %. On a ensuite décidé que nous devions faire deux fois plus fort que les autres, et donc que nos rejets devaient être divisés par quatre d’ici 2050, dans chacun des secteurs. On en a déduit un long catalogue d’interdictions et d’obligations.
La méthode planificatrice est inefficace pour plusieurs raisons
Tout d’abord, traiter hexagonalement un problème mondial n’est pas une façon de le résoudre. En 2050 les rejets de la France représenteraient 0,8 % des rejets du globe (en l’absence de politiques volontaristes). Les réduire de 25 % ou de 50 % ou même de 75 % aurait un impact négligeable sur le total des rejets. Bon pour notre conscience, désastreux pour la planète. La méthode peut même être contre-productive : si une activité qui rejette 100 tonnes de CO2 est chassée hors de France et s’installe dans un pays où elle rejette 200 tonnes, notre zèle aura augmenté, pas réduit, les rejets mondiaux. La bataille du CO2 se jouera, se gagnera ou se perdra, en Chine, en Inde, en Russie ou au Brésil. Des politiques qui, par construction, ignorent ce que font ces pays n’atteindront certainement pas l’objectif de réduction globale visé.
La réponse à cette objection de bon sens tient en un mot : exemplarité. Si nous nous flagellons avec assez d’ostentation et d’obstination, les autres vont nous imiter. Cette foi dans la contagion de la vertu est naïve et irréaliste. La preuve en est que l’exemple, nous le donnons déjà, et qu’il n’est pas du tout suivi. La France est le pays du monde qui rejette le moins de CO2 par million de dollars de PIB produit : moins de 200 tonnes, à comparer avec 300 tonnes pour l’Allemagne, 500 pour les Etats-Unis, le Brésil ou le Mexique, plus de 2 500 pour la Chine et la Russie. Si l’exemplarité suffisait, tous les pays du monde s’aligneraient sur notre efficacité énergétique actuelle (pas même besoin d’une efficacité multipliée par quatre !), et l’objectif recherché serait atteint. Rien de tel ne se produit, hélas, ni ne se produira spontanément.
Ensuite, elle est sottement coûteuse
Lorsque le rapport Stern évalue à 1 % du PIB mondial le coût de la réduction des rejets de CO2 qu’il préconise, c’est à condition que les réductions soient faites là où elles coûtent le moins cher. En gros, si toutes les réductions qui coûtent moins de 20 € la tonne, et seulement celles-là, sont faites (le chiffre de 20 € est une estimation approximative). Mais si quelque Gosplan décide des réductions indépendamment de leur coût, ce qui est le cas actuellement (beaucoup des réductions du Grenelle de l’environnement coûtent 300 ou 500 € la tonne de CO2 économisée), alors le prix à payer pour réduire à 24 milliards de tonnes les rejets du globe en 2050 s’élèvera non pas à 1 %, mais à 5 ou 6 % du PIB mondial. Loin d’inciter les pays gros pollueurs à nous imiter, nos coûts élevés les en dissuaderont : exemplarité à l’envers.Qu’on le veuille ou non, les grands gisements de réduction de CO2 à un coût raisonnable ne sont pas chez nous, ils sont dans les pays émergents et un peu aussi aux Etats-Unis. Imaginons que la famine menace le globe, et qu’il soit impérieux d’augmenter la production de nourriture dans le monde (comme il est impérieux de diminuer les rejets de CO2). Que dirait-on d’une méthode planificatrice qui obligerait le Groenland et le Sahara à multiplier par quatre leur production de céréales, en alléguant que des zones plus fertiles vont "suivre cet exemple" ? La méthode planificatrice actuelle apparaît donc largement comme une impasse tragique.
La méthode économique consiste, pour atteindre le même objectif, à imposer partout dans le monde une taxe carbone
Cela revient à faire payer 20 € à tous ceux qui rejettent une tonne de CO2 dans l’atmosphère commune. Pas pour les punir. Mais pour pousser tous ceux d’entre eux qui peuvent réduire leurs rejets à un coût moindre, à le faire. Cela stimulerait aussi chercheurs et industriels à trouver et à mettre en œuvre les innovations technologiques indispensables. Les spécialistes de l’Agence Internationale de l’Energie, et même du GIEC, nous assurent que cela suffirait à atteindre l’objectif de 24 milliards de tonnes de rejets de CO2 en 2050.
Cette taxe est évidemment inacceptable telle quelle pour les pays pauvres, qui sont les moins efficaces en CO2. La solution passe donc nécessairement par une "assistance carbone" compensatrice des pays riches aux pays pauvres.
Ce que nous pouvons faire, ce que nous devons faire, c’est aider ces pays à qui la nécessaire taxe carbone imposerait un fardeau injuste. C’est le meilleur usage que nous pouvons faire de nos ressources rares. Payer, hélas, mais payer utile. Non pas dépenser 1 000 € pour éviter un rejet d’une tonne de CO2 en France, mais dépenser 1 000 € pour économiser un rejet de 100 tonnes en Chine. Cette assistance peut prendre diverses formes, largement à inventer. L’une d’entre elles, peut-être la plus facile à mettre en œuvre, repose précisément sur la taxe carbone. Elle consiste à ce que tous les pays imposent la même taxe de 20 € par tonne de CO2 — pour l’efficacité — mais que les pays riches donnent aux pays pauvres tout ou partie du produit de cette taxe — pour la justice.
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auteur: Rémy Prud'Homme en savoir plus sur l'auteur |
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Avec la Chine et les USA, la coopération internationale semble mal engagée...
De toute façon, selon les experts, il faudrait réduire les émissions de gaz de 80 % pour éviter les pires catastrophes. Alors, il est inutile de gloser sur les chiffres de 25 ou 50 % ... De plus, la politique de coopération internationale, la meilleure solution, semble totalement incompatible avec l'idéologie de la souveraineté des nations. Jamais la Chine ou les USA (les 2 plus gros pollueurs) ne seront prêts à perdre du terrain l'un par rapport à l'autre pour protéger leurs intérêts communs... | |||
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Changement climatique : levier ou leurre ?
Sans rentrer dans le débat sur l'importance des processus physiques en jeu, on doit s'interroger sur le statut politique et culturel de la question du changement climatique. Les enjeux du changement climatique et plus généralement de l'état et l'évolution de "l'environnement" ne sont-ils pas secondaires, dans une perspective humaniste, par rapport aux questions d'(in-)équité généralisée, de (dé-)régulation des échanges, de conditions de (sur-)vie ? Dès lors le changement climatique et les questions environnementales ne seraient qu'un vaste leurre, un cache-misère au sens propre, derrière lequel on masquerait les défis d'une gouvernance mondiale du partage des richesses, de la violence que les états démocratique, porteurs théoriquement d'intérêts collectifs, devraient pouvoir exercer sur les oligarchies. Le changement climatique permet de construire et promouvoir un projet de société en changement qui ne remet pas fondamentalement en question ces deséquilibres. Les majors devenues vertueuses (et toujours plus bénéficiaires) deviendraient fers de lance d'un nouvel ordre vert, d'une nouvelle croissance "durable", durablement inéquitable, fondée inéluctablement sur le puissant moteur de l'envie. A force de critiquer comme anti-progressiste, déni d'humanité ou inéquitable l'égalitarisme, on en est venu à admettre comme irrémédiable la rupture croissante entre les nantis et les nuées de dénués. L'argument sur l'inefficacité mécanique des efforts de riches sur les questions de changement climatique est certes recevable : chaque euro ou chaque once de plaisir sacrifié à l'autel du climat au "nord" est probablement beaucoup moins rentable que s'il est transféré vers la promotion d'une transition "quantique" au "sud", pour ne jamais passer par nos étapes technologiques et culturelles, avérées léthales. Cependant cette perspective même peut être dépassée : si l'on admet le principe de transférer nos investissements "climat" au sud, on pourrait aussi admettre de dépasser cette question, et de prendre de front la question du développement partagé, sur la base d'une redistribution et d'une régulation massive. Utopie, certes, mais aussi transition progressive entre un statut de leurre et un statut de levier. | ||
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Selon les experts,
il faudrait réduire les émissions de gaz de 80 % pour éviter les pires catastrophes. Cordiales salutations. | |||
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Comment sortir de l'anthropocentrisme?
Cher Darius, Vous vous placez du point de vue des géophysiciens, comme notre cher Allègre, qui envisagent le changement climatique sur plusierus milliers voir millions d'années. | ||
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Tout le système solaire se réchauffe
Plusieurs chercheurs occidentaux et d'ailleurs ont prouvé que le réchauffement concernait tout le systéme solaire mais sur les autre planéte, il n'y a pas de racketteurs... | |||
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