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DEBAT
Le cocktail britannique
Une bonne rasade de capitalisation et une dose d'interventionnisme : la potion magique ? Pourtant, le nombre de retraités pauvres n'a jamais été aussi important outre-Manche. Pourquoi les Britanniques n’ont-ils pas épargné davantage, dans un système qui privilégie justement la capitalisation à la répartition ?
Diminution du taux de remplacement assuré par le système public par répartition et mesures en faveur de l’épargne retraite volontaire : c’est la potion que les gouvernements successifs ont administrée aux Britanniques depuis de nombreuses années. Mais ce remède n’a pas eu les effets escomptés : les Britanniques n’ont pas suffisamment épargné et le nombre de retraités pauvres explose. Tel est le constat dressé par la commission présidée par Lord Turner.
"Epargne impossible"
Pourquoi les Britanniques n’ont-ils pas épargné davantage ? D’abord, parce que beaucoup d’entre eux - en particulier, et ils sont de plus en plus nombreux dans le système britannique, ceux qui perçoivent des prestations de solidarité (différentielles
) - n’avaient aucun intérêt à le faire. Ensuite, parce que plusieurs scandales financiers ont écorné l’image des fonds de pension et ont été à l’origine d’une profonde crise de confiance des épargnants britanniques.
Egalement, parce que les difficultés financières rencontrées par les entreprises ont pesé sur l’offre de plans de retraite qu’elles proposent traditionnellement à leurs employés (transformation des plans à prestations définies en plans à cotisations définies, fermeture de certains plans aux nouveaux arrivants). Last but not least, parce que les agents sont "myopes" : d’une part, ils sous-estiment l’effort d’épargne nécessaire au financement de leurs retraites ; d’autre part, certains renoncent à épargner en raison de la complexité du système et de l’éventail de choix possibles (financial illiteracy).
Quelles solutions ?
Que faire ? Restructurer le système par répartition - c’est ce qu’une première loi a déjà fait en 2007 ; concocter un nouveau cocktail pour l’épargne volontaire par capitalisation - c’est ce que se propose de faire un projet de loi sur les comptes individuels (personal accounts) déposé en décembre au Parlement. Or, dans un pays que l’on peut difficilement soupçonner d’étatisme, les comptes individuels, c’est une bonne rasade de capitalisation avec une dose d’interventionnisme :
- pour inciter les Britanniques à épargner, mise en place d’un système facultatif mais à inscription automatique : tous les salariés y sont inscrits, mais peuvent en sortir sur simple demande (opting out) ; d’après les enquêtes préalables, seulement 20% des inscrits d’office choisiraient de sortir du dispositif.
- pour favoriser le développement de produits peu coûteux, accessibles à tous et sûrs, mise en place d’un système centralisé (géré par a non-departmental public body) qui délègue la gestion financière à des opérateurs privés.
Comme nous l’avons remarqué dans un billet précédent, les Français ont des attentes contradictoires : ils peuvent accepter plus de capitalisation certes, mais ils veulent toujours autant d’Etat ; ils envisagent un système mixte, mais ils n’ont pas vraiment l’intention d’épargner sur une base volontaire
Les Britanniques ne nous indiquent-ils pas une possible voie à suivre pour résoudre nos contradictions ?
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auteur: Groupe retraites-Débat & Co en savoir plus sur l'auteur |
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Il ne s'agit pas d'opposer deux modèles, à savoir la répartition contre la capitalisation. Vous posez la question : "Pourquoi les britanniques n'ont pas épargnés davantage ?" | ||
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