DEBAT

La gauche en Europe : chronique d'une mort annoncée ?

La gauche en Europe, rose fanée

TRIBUNE

La pensée socialiste de l'Europe est morte

COHN BENDIT

"Soyons visionnaires et pragmatiques en même temps"

lire le dossier
Dossier spécial
Dossier spécial Crise Financière

LES ARTICLES LES PLUS :

Economie

Pour surmonter la crise, Messier et Madelin misent sur le web porno !
lire l'article

Politique

Pourquoi je pense qu'Obama ne sera pas élu
lire l'article

DEBAT

Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?

Portrait de Barack Obama, 44ème président des USA

ANALYSE

Politique étrangère : que peut changer Obama ?

POLEMIQUE

"Obamania" : la fête sera bientôt finie

lire le dossier
Dossier spécial
Elections présidentielles américaines - Obama

DEBAT

le cocktail britannique

Le cocktail britannique

Une bonne rasade de capitalisation et une dose d'interventionnisme : la potion magique ? Pourtant, le nombre de retraités pauvres n'a jamais été aussi important outre-Manche. Pourquoi les Britanniques n’ont-ils pas épargné davantage, dans un système qui privilégie justement la capitalisation à la répartition ?

Diminution du taux de remplacement assuré par le système public par répartition et mesures en faveur de l’épargne retraite volontaire : c’est la potion que les gouvernements successifs ont administrée aux Britanniques depuis de nombreuses années. Mais ce remède n’a pas eu les effets escomptés : les Britanniques n’ont pas suffisamment épargné et le nombre de retraités pauvres explose. Tel est le constat dressé par la commission présidée par Lord Turner.


"Epargne impossible"


Beaucoup de Britanniques n'avaient aucun intérêt à épargner

Pourquoi les Britanniques n’ont-ils pas épargné davantage ? D’abord, parce que beaucoup d’entre eux - en particulier, et ils sont de plus en plus nombreux dans le système britannique, ceux qui perçoivent des prestations de solidarité (différentielles…) - n’avaient aucun intérêt à le faire. Ensuite, parce que plusieurs scandales financiers ont écorné l’image des fonds de pension et ont été à l’origine d’une profonde crise de confiance des épargnants britanniques.


Egalement, parce que les difficultés financières rencontrées par les entreprises ont pesé sur l’offre de plans de retraite qu’elles proposent traditionnellement à leurs employés (transformation des plans à prestations définies en plans à cotisations définies, fermeture de certains plans aux nouveaux arrivants). Last but not least, parce que les agents sont "myopes" : d’une part, ils sous-estiment l’effort d’épargne nécessaire au financement de leurs retraites ; d’autre part, certains renoncent à épargner en raison de la complexité du système et de l’éventail de choix possibles (financial illiteracy).


Quelles solutions ?


Que faire ? Restructurer le système par répartition - c’est ce qu’une première loi a déjà fait en 2007 ; concocter un nouveau cocktail pour l’épargne volontaire par capitalisation - c’est ce que se propose de faire un projet de loi sur les comptes individuels (personal accounts) déposé en décembre au Parlement. Or, dans un pays que l’on peut difficilement soupçonner d’étatisme, les comptes individuels, c’est une bonne rasade de capitalisation avec une dose d’interventionnisme :


  • pour inciter les Britanniques à épargner, mise en place d’un système facultatif mais à inscription automatique : tous les salariés y sont inscrits, mais peuvent en sortir sur simple demande (opting out) ; d’après les enquêtes préalables, seulement 20% des inscrits d’office choisiraient de sortir du dispositif.
  • pour favoriser le développement de produits peu coûteux, accessibles à tous et sûrs, mise en place d’un système centralisé (géré par a non-departmental public body) qui délègue la gestion financière à des opérateurs privés.


Comme nous l’avons remarqué dans un billet précédent, les Français ont des attentes contradictoires : ils peuvent accepter plus de capitalisation certes, mais ils veulent toujours autant d’Etat ; ils envisagent un système mixte, mais ils n’ont pas vraiment l’intention d’épargner sur une base volontaire… Les Britanniques ne nous indiquent-ils pas une possible voie à suivre pour résoudre nos contradictions ?

 

auteur: Groupe retraites-Débat & Co
en savoir plus sur l'auteur
AU COEUR DE CE DEBAT
Quelles retraites pour demain ? A quoi sert le FRR ? Faut-il faire travailler les seniors ? Quelle réforme des retraites en 2008 ?
Retraites : la solution est plus sociétale qu'économique
voir tous les articles du débat
1 RÉACTION réagissez à  cet article
Pour participer au débat, vous devez vous identifier :


Créez votre profil pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com

de Willy Gardett le 21/08/2008 à 10h49
Repenser notre rapport au travail

Il ne s'agit pas d'opposer deux modèles, à savoir la répartition contre la capitalisation.

Vous posez la question : "Pourquoi les britanniques n'ont pas épargnés davantage ?"
Les français sont déjà des champions au niveau de l'épargne : c'est bien l'une des causes de notre marasme économique : peu confiant dans l'avenir, les français ne consomment plus assez pour permettre un rythme de croissance suffisant pour assurer un système de retraite par répartition.
En outre, c'est notre rapport au travail, et non à l'épargne qu'il faut changer : avec l'augmentation de l'espérance de vie, il est naturel de travailler plus longtemps, au lieu de concentrer le travail sur 40 ans et passer tout son temps à épargner.
Il faut cependant adapter le travail des seniors, avec des temps partiels et des reconversions possibles vers des professions moins physiques.

répondre à  cette réaction   noter cette réaction signaler un abus