Presse écrite : Faut-il sauver le papier ou le journaliste ?
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DEBAT
L’argument semble imparable : depuis l’abaissement de la retraite à 60 ans, en 1981, on a gagné 6 ans d’espérance de vie : un surcoût considérable pour les actifs, qui supportent en France l’essentiel du financement des retraites. Il faut donc revenir à un âge plus élevé du départ en retraite. CQFD. Attention, raisonnement biaisé !
Une précision avant tout : l’élévation du niveau de vie a partie liée, historiquement, avec l’abaissement de l’âge de la retraite : c’est un secret de polichinelle, le travail n’est pas bon pour la santé ! Il use, et d’abord les travailleurs les plus pauvres, qui font les tâches les plus pénibles. Et si les conditions de travail s’étaient améliorées dans les années 60 et 70, l’introduction de normes financières dans la gestion des entreprises a provoqué de nouvelles régressions, en affectant aussi le mental des salariés (1). Revenir sur l’âge légal du départ à la retraite revient aussi à réduire l’espérance de vie. Vivre coûte trop cher, on vous dit !
Trop d’inactifs, ou pas assez d’actifs au travail ?
La réflexion sur le financement des retraites se borne souvent à déplorer que l’augmentation du nombre des inactifs menace le ratio actifs/inactifs. Curieuse manière de penser un rapport qui a aussi vu le nombre des actifs chômeurs ou précaires (c’est-à -dire alternant périodes chômées et ouvrées) augmenter considérablement ces 30 dernières années. Si l’on doit rester sur un financement des retraites exclusivement basé sur les revenus du travail, il faut s’interroger sur des choix économiques qui privilégient désormais la baisse du coût du travail et des prélèvements sur les entreprises, qui grèvent tous deux les comptes des caisses de retraite), l’augmentation de l’épargne et la lutte contre l’inflation plutôt que la création d’emploi et le soutien à la consommation. Bizarrement, l’échec de ces politiques économiques (dont l’objectif affiché était quand même la création d’emplois durables) n’est jamais souligné.
La productivité oubliée
C’est le grand absent du discours des adversaires des retraites. Depuis 25 ans, l’espérance de vie a certes augmenté de quelques années, mais la productivité du travail a augmenté, elle, de plus de 50% ! On compte aujourd’hui 4 retraités pour 10 actifs cotisants. On estime qu’il y en aura 7 pour 10 dans 40 ans, soit une augmentation de 75%. Mais dans le même temps, et même si la progression de la productivité du travail venait à décliner quelque peu, elle serait encore largement supérieure à l’alourdissement de la charge actifs/inactifs. Avec par exemple une hypothèse basse de 1,75% de productivité annuelle moyenne du travail (contre 2% aujourd’hui), elle doublerait en 40 ans (2). De quoi largement se permettre d’abaisser encore l’âge de la retraite ! La question de la répartition des gains de productivité est donc au cÅ“ur du problème des retraites
Les fruits de la croissance détournés
Chaque année, la France produit de la croissance. Certes, cet outil de mesure, basé sur l’augmentation du PIB, est très discutable. Il n’en traduit pas moins une augmentation partielle des richesses dans le pays. Certes, depuis une vingtaine d’années, la croissance est faible, les néo-libéraux le déplorent assez. Elle oscille autour de 2 % par an. C’est peu, mais sur 20 ans cela représente quand même une augmentation de près de 50% de la richesse intérieure. Ni le montant des retraites ni le nombre des retraités n’ont augmenté dans ces proportions, et pas davantage le pouvoir d’achat des ménages. Alors où est passé l’argent ? Le partage de la plus-value issue du travail humain de ces vingt dernières années s’est renversé en faveur du capital, qui a gagné 8 points sur le travail, privant pour partie l’économie et les dépenses sociales d’une manne précieuse. Pour des raisons mystérieuses, ceux qui prétendent vouloir sauver les retraites au prix de "réformes" pire que le mal n’explorent jamais cette piste. Pourquoi ne pas tout simplement changer le mode de financement des retraites, s’il n’est plus adapté ? Pourquoi ne pas prendre acte de la forte augmentation des revenus du capital, et les taxer à proportion ? Cela serait une mesure de justice, et permettrait un afflux de fonds très important.
Quelles priorités pour la dépense publique ?
Finalement, on ne nous fera pas croire que pour la 5ème économie la plus riche du monde, la question des retraites se réduise à une question de manque d’argent. La faillite de l’Etat est un mythe, qui n’empêche d’ailleurs pas les hauts dignitaires de la République de mener grand train. Tout est affaire de priorité : les retraites peuvent très bien être financées sur les seuls fonds publics. Faut-il par exemple de nouveaux missiles nucléaires, les M51, pour un coût estimé à plus de 15 milliards d’Euros ? Faut-il un deuxième porte-avion, des dizaines de milliers de soldats, des services de police aux effectifs pléthoriques, un président surpayé, et aucune politique à même d’interrompre la fraude fiscale massive des plus grands groupes français, qui ont tous des bureaux dans les paradis fiscaux de la planète ? Et si l’on commençait par rejeter nos Å“illères pour poser le débat en des termes plus honnêtes ?
Baisser le coût du travail et promouvoir les fonds de pension
En fait, le véritable objectif de ce démantèlement des retraites qui ne dit pas son nom, c’est à la fois l’abaissement du coût du travail par l’augmentation massive du nombre d’actifs (quitte à contraindre les entreprises à garder les seniors, déjà mis en concurrence bien malgré eux avec les jeunes travailleurs), et le développement des fonds de pension, devenus indispensables à la plus grande partie des travailleurs désormais dans l’incapacité de toucher la retraite à taux plein, du fait des phases alternées de chômage et de l’allongement de la durée des études (il faut désormais commencer à travailler à 19 ans, quel progrès !). Des vieux pauvres qui travaillent à vil prix, des vieux riches qui jouent leurs économies et leurs vieux jours, en bourse : le meilleur des mondes néo-libéral
(1) Lire par exemple Souffrance en France, C. Dejours (Seuil, 2002)
(2) J-M. Harribey, P. Khalfa : Retraites, halte au catastrophisme ! (ATTAC France, 7 décembre 2007)
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auteur: Xavier Renou en savoir plus sur l'auteur |
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Cotiser plus pour vivre mieux
"Pourquoi ne pas prendre acte de la forte augmentation des revenus du capital, et les taxer à proportion ?" Voilà la meilleur des solutions!! Le libéralisme a été détourné de sa fonction première qui était de valoriser les salariés face à la toute puissance de la noblesse. Le capitalisme est l'ennemi du libéralisme, contrairement à l'idéologie économique contemporaine. Cependant, il ne me semble pas toujours injustifié d'augmenter le nombre d'années de cotisation. On pourrait par exemple cotiser pendant 45 ans, pour les métiers sans pénibilité particulière, mais les 10 dernières années correspondraient à un temps de travail hebdomadaire de 30 heures.
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cotiser plus... si c'est bien pour le plaisir !
D'accord avec vous pour dire que pour certains la retraite est synonyme de dépression. Deux remarques du coup : réduisons le temps de travail (par exemple à 32 heures, pour dégager une journée par semaine de temps libre) afin d'inciter les gens à faire davantage sur leur temps de loisir (bénévolat, apprentissages, voyages...), de sorte que le départ en retraite n'est que l'arrêt d'UNE activité parmi d'autre, 'linterruption d'UN réseau social parmi d'autres. Et rendons possible en effet à ceux qui le souhaitent et le peuvent de continuer de travailler au-delà de la limite, mais à une seule condition : que cela ne soit pas pour arrondir les fins de mois (à cause de pensions retraites incomplètes et insuffisantes) mais parce que l'on aime son travail ! | ||
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Un article typiquement écrit par quelqu' de la gauche extrème!
D'une part on fait appel à une argumentation marxiste des plus classique et qui n'a pas varié depuis 50 ans, | |||
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disqualifier le discours ou le discoureur ?
Bonjour cher lecteur, et merci de m'avoir lu. Mais croyez vous qu'il soit bon de vous évertuer à disqualifier le discoureur que je suis, plutôt que le discours que je tiens ? J'aurais préféré vous voir contester mes arguments, et proposer votre propre démonstration, plutôt que de vous perdre en conjectures sur mon identité politique, sur l'étiquette à accoler à mon discours, choses qui n'ont que peu d'intérêt, non ? | ||
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Qui est notre interlocuteur
La puissance des médias est considérable, d'autant plus grande que l'on n'a pas besoin de s'identifier pour s'exprimer. | |||
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Une économie de gauche n'est pas une antithèse!!
Je ne comprends pas : pour parler d'économie faut-il avoir forcément son passeport d'ultra-libéral? A partir du moment où on pense à mettre l'économie au service de l'homme, on passe pour des communistes. C'est dommage, car une réforme économique, notamment celle des retraites, nécessite d'élaborer une réflexion sur l'existence humaine, le sens de la vie, bref, des questions qui paraissent toujours naïves et sottes. Pourtant, la plupart des philosophes s'y sont intéressés bien avant l'invention du Cac 40! | |||
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Parler D'economie
Où parles t on de vraie economie dans cet article. Le systeme des retraite est peut etre à revoir mais c'est à cause du papy boom qui arrivent rapidement (qui est deja la), le systeme medical est le meilleur du monde.. Malgré ca, il y a des gens pour critiquer. C'est meme pire que de la critique, c'est du deni de l'evidence. Bien evidement, le coté social du travail n'existe plus, mais tout le monde passe sa vie à se dire "on va separer sa vie pro et sa vie personnelle" et d'un coup il faudrait que l'on s'appercoive qu'on s'est trompé toute sa vie. Je suis un peu decu de lire un article comme celui ci pour la simple raison, c'est que l'on a l'impression de masquer la realité de l'economie. L'economie c'est pas des points que l'on juxtapose, c'est un savant melange de tout ces points auquels on trouve la meilleurs solution. Malheureusement, je lis dans cet article que l'economie ne vit que par et pour les retraites. | |||
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Prélude à une transition économique
"Pourquoi ne pas prendre acte de la forte augmentation des revenus du capital, et les taxer à proportion ? " Cette question me semble de la plus haute importance : il est en effet nécessaire d'utiliser la réforme des retraites pour mettre en place une répartition plus juste des richesses. Le système capitaliste actuel est de toute façon arrivé à ses limites : problème d'environnement, d'énergie, sécheresses qui provoquent des crises alimentaires ... La transition vers une économie verte est nécessaire, et elle passera par une revalorisation du salarié, une baisse nécessaire de la productivité, et la chute du mythe de l'actionnaire roi. Produire moins pour vivre mieux... | ||
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quelle société
le problème avec une société ou l'on crée moins de richesses mieux reparties, c'est qu'il faut que tout le monde (états, entreprises) joue le jeu. il peut être tentant dans ce genre de monde de créer plus d'inégalité afin d'accroitre sa richesse (et donc son pouvoir) relative par rapport aux autres groupes. je pense qu'on arrive, par rapport a ce phénomène, a des cycles : -> pays relativement pauvre qu'en pensez vous ? | |||
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L'internationale?
Michel, La revalorisation du salarié est une chose necessaire mais a quelle prix. Peut on prendre en compte la mondialisation dans tout ca... C'est une necessité dasn l'idée, dans la realisation ca va prendre du temps... | |||
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Quelle société désirez-vous?
Je comprends ce que vous voulez dire, mais il est aussi important de prendre en compte le fait que l'économie actuelle n'est pas fondée sur le pragmatisme. On ne peut pas laisser l'économie d'un pays s'auto réguler, car la nature même du marché tend à privilégier les gros par rapport aux petits. Rawles, philosophe américain contemporain, a bien compris les conséquences d'une société trop inégalitaire. Pour le bien commun, il préfère une société dans laquelle les richesses sont moindres mais réparties de manière plus égalitaire, à une autre où les richesses sont plus importantes, mais où les écarts entre riches et pauvres sont plus conséquents. J'aimerais beaucoup avoir votre point de vue sur la question. | ||
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Une autre planète
Le système de retraites par répartition est à l'origine du mal.Il aurait été parfaitement possible, en prélevant la même somme que le montant des cotisations, de mettre en place un système mixte comme en Angleterre: solution raisonnable, mi capitalisation, mi répartition, qui aurait mieux préservé de l'inversion de la pyramide des ages, tout en "mettant de l'argent de coté" | |||
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mais il n'y a pas de problème de pyramide d'âge !
Mais enfin, vous m'avez lu ou pas ??? Il n'y a pas de problème de pyramide d'âge, puisqu'il y a des gains de productivité considérables chaque année ! Et qu'il y a même des revenus insuffisamment taxés, ceux du capital, qui pourraient utilement permettre l'augmentation du montant des pensions et même l'abaissement de l'âge de la retraite (ou des formes de réduction du temps de travail tout au long de la vie). Ne reprenez pas aveuglément le discours du MEDEF ! | ||
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Retraites et pyramide des ages
Non, je ne reprend pas le discours du Medef: L'inversion de la pyramide des ages est une réalité dans tous les pays occidentaux! Même les fonds de pension ne sont pas à l'abri. | |||
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un peu de rigueur que diable !
Cher Sidigarcia, essayons d'avoir une discussion rigoureuse, pas un concours de préjugés : quand je dis que la productivité augmente, et qu'elle est importante, chiffres à l'appui, et qu'elle suffit même largement à compenser l'augmentation du nombre des inactifs, je n'exagère pas, je cite... ce n'est pas contestable, Sidigarcia, il vosu fait trouver autre chose. Ensuite, quand je dis qu'il n'y a pas de problème de pyramide des âges, je ne dis pas qu'elle n'existe pas ou ne voit pas les "vieux" augmenter en nombre (ça, au passage, c'est un progrés, vive la vieillesse !), mais que ce n'est pas un problème ! | ||
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