| POINT DE VUE Retraites : la solution est plus sociétale qu'économique A L'ETRANGER Le cocktail britannique lire le dossier |
LES ARTICLES LES PLUS :
DÉBAT
Libération d'Ingrid Betancourt : ce que ne dit pas la version officielle
lire l'article
Politique
Pourquoi McCain rattrape-t-il Obama ?
lire l'article
International
Crise caucasienne : la diplomatie du "deux poids, deux mesures"
lire l'article
THEMES :
- Berlusconi
- Betancourt
- changement climatique
- Chine
- cinéma
- climat
- Clinton
- conflit
- crise financière
- Delanoë
- démocratie
- Elections
- emploi
- environnement
- Etats-Unis
- Europe
- finance
- France
- guerre
- génocide
- géopolitique
- histoire
- inflation
- Israël
- Italie
- Jeux Olympiques
- libéralisme
- littérature
- mafia
- McCain
- mondialisation
- médias
- nucléaire
- Obama
- Palestine
- pauvreté
- philosophie
- politique économique
- politique étrangère
- Primaires américaines
- pétrole
- recherche
- retraites
- Royal
- Russie
- Rwanda
- réforme
- Sarkozy
- Taiwan
- technologie
- Tibet
- élections américaines
| ANALYSE Faut-il croire le Hamas sur parole ? VU D'ISRAEL Les éléments clés pour un accord de paix solide lire le dossier |
Bref retour historique
Après la Guerre des Six-Jours en juin 1967, les Israéliens croyaient que le temps jouerait en leur faveur : plus ils resteraient en Cisjordanie, sur le Plateau du Golan et dans le Sinaï, plus il serait difficile de faire marche arrière. En 1973, la Guerre de Kippour prouva le contraire. Israël dut abandonner la péninsule du Sinaï à l’Egypte. Ceci se produisit dans le cadre d’un vaste accord de paix qui représenta une base solide dans le règlement du confit au Proche-Orient.
Dans les années 70 et 80, Ariel Sharon avait l’intention de gérer les territoires palestiniens occupés de manière à éviter toute perspective de compromis territorial. Il prenait en compte le fait que le monde arabe allait perdre de son pouvoir économique et politique avec le développement de nouvelles sources d’énergie. Pour cette raison, il était dans l’intérêt d’Israël de repousser de deux générations les négociations pour une solution durable avec les Palestiniens. Les Palestiniens et leurs alliés du monde arabe étaient également convaincus que le temps jouerait en leur faveur, puisque l’évolution démographique allait dans leur sens. De leur point de vue, elle rendait réaliste l’option d’un seul Etat avec une majorité palestinienne du Jourdain à la Méditerranée.
Le principe des Accords d’Oslo de 1993 était essentiellement de réussir à s’entendre sur les points qui étaient alors négociables. La résolution du nœud du problème – le statut de Jérusalem, les frontières définitives et la question des réfugiés – devait être remise à plus tard. Cela entraîna une reconnaissance réciproque de l’OLP et d’Israël et la création de l'Autorité palestinienne. Sharon, comme les Palestiniens et les architectes d’Oslo se trompèrent dans leur estimation du facteur temps.
Enfin, les architectes d’Oslo étaient aussi dans l’erreur. Le fait que la résolution des problèmes principaux ait été repoussée eût de lourdes conséquences qui mirent un terme à l’élan positif de 1993. Les extrémistes de chaque camp saisirent l’occasion pour rassembler leurs forces et anéantir l’espoir d’une solution pacifique au Proche-Orient. Les attaques et les attentats-suicides qui suivirent tuèrent un grand nombre de civils. S’il s’était écoulé moins de temps entre la signature des traités et la recherche d’une solution durable, il eût pu en aller autrement. Pour le Proche-Orient, attendre que le temps de la paix vienne n’est pas une bonne stratégie.
De nouveaux acteurs sont entrés en jeu
L’Iran a gagné beaucoup d’influence depuis lors, surtout sur le Hamas. Ce parti, qui était d’avance donné vainqueur aux élections parlementaires de 2006, élargit les possibilités d’influences extérieures. L’invasion américaine en Irak de 2003 donna à George W. Bush un rôle central dans la région, alors que l’image de loyal médiateur des Etats-Unis fût entachée aux yeux du monde. Le défi du fondamentalisme islamiste, lancé aux puissances plus modérées du monde arabe, motiva plusieurs pays à jouer un rôle actif dans le conflit. L’Arabie Saoudite surtout chercha à participer en suivant un plan bien réfléchi.
Le conflit israélo-palestinien est aujourd’hui intimement lié avec les intérêts américains dans la région : l’Irak, avec les retombées d’un possible retrait des troupes ; au-delà, le souci d’une expansion des intérêts iraniens en Syrie et au Liban ; et à terme le Hamas. Les pays arabes modérés espèrent que la résolution du conflit permettra de désamorcer les tensions fondamentalistes sur leur propre territoire. La situation est marquée par la reconstruction de l'Irak, la deuxième guerre au Liban et la division du territoire palestinien en deux zones, Gaza et la Cisjordanie, soit entre le « pays du Hamas » et le « pays du Fatah ».
Le gouvernement palestinien d’union échoua en raison de la sanglante prise de la bande de Gaza par le Hamas à l’été 2007. Après l’expulsion du Fatah de Gaza, Mahmoud Abbas créa un gouvernement provisoire et déclara que le gouvernement d‘Ismail Haniye (Hamas) avait perdu toute légitimité. Cela offrit à Israël, à l’Union Européenne et aux Etats-Unis la possibilité de négocier avec le modéré Abbas, et de renforcer sa position par la même occasion.
Il faudrait pourtant une véritable avancée politique, des résultats concrets pour qu’Abbas obtienne un soutien massif des Palestiniens. L’isolement du Hamas dans la bande de Gaza est jusqu’à présent perçu comme une tentative américano-israélienne pour faire obstacle à l’unité palestinienne. Le Hamas souhaiterait la création d’un état islamiste dont l’hégémonie politique doit encore être consolidée. Une solution qui ne prendrait pas en compte la bande de Gaza en compte n’est pas envisageable après Annapolis. Une éventuelle issue pour intégrer le Hamas dans les processus politiques serait de parvenir à un cessez-le-feu. A ce moment là, le Hamas aurait à prouver qu’en tant que mouvement politique cohérent, il est en mesure de garantir une discipline militaire. A l’inverse, un isolement complet de la bande de Gaza jouerait en faveur des mouvements extrémistes.
Un Protocole d’accord global sérieux devrait au moins contenir les points suivants :
1) La libre circulation au-delà de leurs frontières devrait être garantie aux Palestiniens. Un échange territorial devrait être envisagé pour garder une grande partie des colons sous le contrôle israélien. Dans ce cas, une liaison territoriale (un couloir ou un tunnel) entre la Cisjordanie et la bande de Gaza serait indispensable.
2) Toutes les parties concernées, même le Hamas, doivent empêcher toute utilisation d’arme sur leur propre territoire et combattre systématiquement tous les groupes militants.
3) Les territoires de l’Est de Jérusalem qui sont essentiellement habitées par des Palestiniens doivent se défaire du contrôle de l'Autorité palestinienne. Les lieux saints ne doivent pas être sous l’autorité d’Etats, mais contrôlés par les courants religieux.
4) Le droit de retour doit être maintenu dans le futur Etat palestinien. Un nombre limité de Palestiniens doit être, pour des raisons humanitaires et symboliques, autorisé à s’installer en Israël. Un système de compensation doit par ailleurs être développé ; il se chargerait des personnes ayant été expropriées et aurait une vocation humanitaire. Israël doit participer avec le reste de la communauté internationale à un fond supra régional.
Tous ces points ont souvent été soulevés depuis Oslo, entre autres lors des discussions peu concluantes à Camp David en 2000. De même, les négociations de Taba de 2001 et l’initiative Genfer qui lui succéda parvinrent aux mêmes conclusions. Même Sharon reconnut dans les derniers mois de son mandat, avant que sa maladie ne prenne une tournure tragique, que la solution se trouvait sans conteste dans un compromis territorial. Les deux parties partagent cette vision des choses. Mais chaque opportunité a été gâchée. Le Proche-Orient a besoin de dirigeants qui ont le courage de prendre des décisions et qui ne comptent pas sur le facteur temps.
|
auteur: Roby Nathanson en savoir plus sur l'auteur |
AU COEUR DE CE DEBAT
Créez votre profil
pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com
|
Fatalité
Il s'agit d'une proposition de solution crédible. Cependant elle soulève de nombreuses questions. Une liaison entre Cisjordanie et Bande de Gaza semble absolument nécessaire pour la pérennité de la Palestine. Mais dans la pratique, comment la mettre en place et la sécuriser? Ensuite, quelle courant religieux contrôlerait les lieux saints? Juif, chrétien, musulman, tous ensemble de manière collégiale? Finalement, je rejoins les conclusions de l'auteur: la solution au proche-orient sera territoriale. Mais justement, c'est sur cette question que se heurte les processus de paix depuis des décennies. C'est à se demander si on vaincra un jour la fatalité dans cette partie du monde. | |||
répondre à cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|
|
OPTIMISME
Je ne partage pas votre "optimisme" quant à la résolution du sort des réfugiés palestiniens. | |||
répondre à cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|
|
Protocole d'accord ou d'arnaque?
Qu'auraient à gagner les Palestiniens dans l'application des quatre points soumis par Roby Nathanson dont le statut est sans équivoque? | |||
répondre à cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|
|
Comique le Roby Nathanson
2)Toutes les parties concernées, même le Hamas, doivent empêcher toute utilisation d’arme sur leur propre territoire et combattre systématiquement tous les groupes militants. | |||
répondre à cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|








