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DEBAT
Ingrid Betancourt, le triple miracle
La libération d'Ingrid semble avoir été le fruit d'un triple miracle : militaire, religieux et politique. La victime est désormais une sainte : incarnation du bien absolu puisqu'elle a longuement souffert, victorieuse contre le mal absolu incarné par les Farc.
Miracle militaire, à coup de millions de dollars
L'opération a été parfaite, en effet, et tellement parfaite, que l'on se demande à la fois comment les Farc ont pu être trompés si facilement et laisser s'échapper leurs otages les plus prestigieux, et pourquoi tout cela n'a pas été fait plus tôt. Ajoutons que ce miracle a été rendu possible uniquement grâce à des centaines de millions de dollars versés à la Colombie par les Etats-Unis (et nullement par la France) pour la modernisation et l'équipement de l'armée colombienne. Les allégations sur des sommes supplémentaires versées afin de réussir l'opération miraculeuse restent toujours à vérifier.
Miracle religieux : la victime est une sainte
Nous assistons à une interprétation radicalement religieuse du fait politique. Le premier pas : l'émotion explique l'information, qui à son tour ne fait que l'étaler massivement. Ensuite, on ne serait pas étonné d' apprendre que Betancourt a été libérée par "Dieu avec l'aide de l'armée colombienne" (citation de ses propres propos). Les longues prières collectives à genoux défilent en direct sur nos écrans. Car c'est ainsi : la victime est une sainte. La vertu suprême n'est plus d'accomplir ou de créer quelque chose d'extraordinaire mais de subir longuement, le mérite suprême ne revient pas à celui qui possède activement une excellence mais à celui qui gère, tant bien que mal, une souffrance excessive. Incarnation sacrale du bien absolu puisqu'elle souffre, victorieuse contre le mal absolu incarné par les Farc, qui eux ne font que causer la souffrance.
Le miracle est assez lumineux pour nous faire oublier tout ce qui reste à l'ombre, c'est-à-dire les faits : qu'Ingrid Betancourt, avant sa captivité, était un personnage peu pris en sérieux par les colombiens qui maintenant l'adorent, qu'elle avait une très faible popularité dans les sondages politiques et que sa captivité était le résultat d'une erreur grossière dont elle avait l'entière responsabilité, à savoir se rendre dans un territoire contrôlé par les Farc sans la moindre protection policière. Mais la lecture sacrale des faits déforme tout : son acte imprudent devient maintenant d'un courage surhumain, comme cela sied à une sainte, dont l'aura est telle qu'on oublie aussi absolument toutes les autres victimes, capturées bien avant elle, et dont personne ne nous donne le moindre élément biographique. Leur souffrance étant, semble-t-il, secondaire.
Miracle politique, Sarkozy comme faux sauveur
Nous assistons enfin, ébahis, à la récupération politique, savamment orchestrée de l'événement. Les enfants de Betancourt remercient N.Sarkozy d'avoir pu rendre possible cette libération, et Betancourt elle-même déclare tout lui devoir. On croit mal entendre, car la surenchère d'émotions et "l'orgie des baisers" ont visiblement un piètre effet sur la mémoire : non seulement N.Sarkozy n'est pour rien dans la libération des otages, mais la diplomatie française, absolument pas informée de l'opération, était, comme cela est bien connu, adepte des pourparlers avec les Farc. Donc si cette méthode avait été adoptée, Betancourt serait certainement encore dans la jungle et pour très longtemps. Ajoutons que le président français a suscité la stupéfaction et la colère des colombiens en enregistrant une vidéo où il s'adressait directement au chef militaire des Farc (maintenant décédé) en lui donnant du Monsieur et le priant "solennellement" de libérer I. Betancourt.
Mais voici encore un contre-effet du miracle politique : quand Ségolène Royal dit la simple vérité, c'est-à-dire que N. Sarkozy n'est pour rien dans la libération (qu'il essaie pourtant de récupérer par tous les moyens), tous les médias, indignés, l'accusent de gâcher la fête et d'être rabat-joie - car les médias adorent les héros et les contre-héros absolus, on dirait qu'ils adorent être aveuglés par le trop de lumière qu'ils projettent eux-mêmes, et il n'est par conséquent absolument pas question de toucher à leur sainte d'un jour (qui se rappele de Florence Aubenas ?). Et, pour un jour, si la victime sanctifiée et victorieuse reconnaît du mérite à Sarkozy, tout le monde doit le faire également. Saluons donc la libération de la très sympathique et touchante Ingrid Betancourt sans pour autant être aveuglé par les trompe-l'oeil.
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auteur: Emmanuel Ioannidis en savoir plus sur l'auteur |
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Absolument les medias ont créé artifciellement puis célébré une nouvelle sainte et c'est agaçant. | |||
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Betancourt, le triple miracle.
Une icone qui n'a rien de plus qu'un bon cultivateur | |||
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Le full politique?
Ingrid Betancourt est en effet une sous politicienne, qui se croit au dessus de tout. Au dessus des mesures de securité, au dessus des dangers, au dessus des autres (c'est elle qui force les autres ex-otages a prier)... | |||
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Comme tout le monde, je me félicite de la libération de Mme Betancourt et je suis heureux chaque fois qu'un otage, quel qu'il soit, est libéré quelque part dans le monde (à Guantanamo ou ailleurs ). Cependant, je suis aterré de voir l'utilisation qui est faite de cet évènement, tant par les médias que par les politiques. Je m'attendais à ce que Sarkozy fasse de la récup et ma foi pourquoi pas s'il ne lui reste que celà pour rebondir; mais de là à décerner la légion d'honneur à Mme Bétancourt, je trouve qu'il force un peu le trait. Qu'on m'explique l'action remarquable menée par cette dernière, qui justifie cet honneur!!! | |||
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Et le verbe s'est fait chair....
Pour avoir vécu un peu en Colombie, je partage cette même méfiance... | |||
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Ce site semblerait confirmer le propos de l'article http://fr.wasalive.com/fr/farc+accusent | |||
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Ce qui serait regrettable dans cette affaire, c'est que ces six ans de captivité d'Ingrid Bétancourt se retournent contre elle par le traitement politico-médiatique qu'on en fait. | |||
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Segolene Royal a le droit de parler et on a le droit de penser que ce qu'elle dit n'apporte rien ou est simplement idiot. Bien sûr, la France n'est pour rien dans la liberation de Mme Bettancourt. Mais qu'avait besoin S Royal de mettre en garde (qui d'ailleurs ?) contre la récupération de l'affaire par N Sarkozy ? Elle aurait mieux fait d'interroger toute la mise en scène qui remonte à plusieurs années et dont N Sarkozy n'est pas l'instigateur si elle assumait vraiement d'être à contre courant dans cette histoire ? | |||
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excellente analyse, comme toujours. | |||
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Bétancourt, pourquoi pas
Ingrid in homine pas-triste ou Ingrid Béton en bâton court ? | |||
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Ingrid Betancourt, le feuilleton sarkozyen.
Qu’il soit imaginaire, matériel ou humain, un mythe est l’instrument d’une manipulation.
Sarkozy a-t-il été élu par les Français pour faire libérer Ingrid Betancourt ? Il faudrait poser la question aux électeurs de Sarkozy. Ce qui est sûr, c’est que la famille Betancourt, pour participer à pareille mise en scène politique, ne se respecte pas. Elle en a bien de la chance ! Cette immonde bourgeoise de bénéficier d’autant de moyens et d’énergie pour alimenter le feuilleton sarkozyen. Un pauvre peut bien crever dans la rue la gueule ouverte, il verra bien si la famille Betancourt se précipitera pour le secourir.
Naturellement, on découvre que la Betancourt était libre bien avant sa libération officielle.
Combien d’entreprises politico-associatives, relais de l’intoxication cérébrale officielle, ont exploité ces otages, vrais ou supposés, pour beurrer leur image de marque ? À y regarder de plus prêt, tous ces otages ont tous un point commun. Ils sont tous asservis à un dieu imaginaire, dieu imaginaire qui gagne à générer les guerres et qui gagne à pourrir la vie du plus grand nombre. Un mythe est plus souvent imaginaire que l’on ne le croit. | |||
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Un oubli
Betancourt story | |||
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