|
|
ANALYSE Sans recherche efficace, la France ne peut que péricliter TRIBUNE Financement de la recherche : la France en deuxième division ! lire le dossier |
LES ARTICLES LES PLUS :
DÉBAT
Libération d'Ingrid Betancourt : ce que ne dit pas la version officielle
lire l'article
Politique
Pourquoi je pense qu’Obama sera élu
lire l'article
Politique
Pourquoi je pense qu’Obama peut craindre de ne pas être élu
lire l'article
THEMES :
- Afghanistan
- Afrique
- banques
- Berlusconi
- Betancourt
- capitalisme
- changement climatique
- Chine
- cinéma
- climat
- Clinton
- conflit
- crise financière
- croissance
- Delanoë
- droits de l'homme
- démocratie
- Elections
- emploi
- environnement
- Etats-Unis
- Europe
- finance
- France
- guerre
- génocide
- géopolitique
- histoire
- immigration
- Inde
- inflation
- Internet
- Islam
- Israël
- Italie
- Jeux Olympiques
- libéralisme
- littérature
- mafia
- marchés financiers
- McCain
- mondialisation
- médias
- nucléaire
- Obama
- Occident
- OTAN
- Palestine
- pauvreté
- philosophie
- politique économique
- politique étrangère
- Primaires américaines
- PS
- pétrole
- Recherche
- religion
- retraites
- Royal
- Russie
- Rwanda
- réformes
- santé
- Sarkozy
- Taiwan
- technologie
- terrorisme
- Tibet
- élections américaines
|
ANALYSE Faut-il croire le Hamas sur parole ? VU D'ISRAEL Les éléments clés pour un accord de paix solide lire le dossier |
La répression au Tibet se poursuit violemment contre les manifestants hostiles à l’occupation chinoise. Le Dalaï-lama a dénoncé un "génocide culturel". On aurait aimé le voir prendre position ainsi plus souvent et surtout plus efficacement. Car il fait preuve depuis longtemps d’un certain infantilisme en matière politique qui a nui au destin du peuple tibétain.
Alors que la répression au Tibet continue violemment contre les manifestants hostiles à l’occupation chinoise (assassinats, tortures, arrestations..), le Dalaï-lama a fortement dénoncé les exactions des forces de sécurité chinoises et évoqué un "génocide culturel". On aurait aimé le voir prendre ce type de positions plus tôt et surtout plus souvent. Rappelons que le Tibet fut envahi par l’Armée Populaire chinoise en 1950, juste après l’arrivée de Mao au pouvoir, et que cette même année, à l’âge de quinze ans, le (14 ème) Dalaï lama devint chef d'État et du gouvernement tibétain. (Il passa les neuf années suivantes à la recherche d’une solution pacifique à la crise, avant d’être contraint de fuir en Inde, où il établit en 1959, à Dharamsala, un gouvernement tibétain en exil).
Nous pensons, avec d’autres, que le chef spirituel et politique du bouddhisme tibétain fait preuve depuis longtemps d’un certain infantilisme (le mot est de Pascal Bruckner) qui a beaucoup nui au destin du peuple tibétain. Pour étayer notre jugement, nous avancerons plusieurs arguments en prenant appui sur "son" dernier livre Savoir pardonner (Presses du Châtelet, 2005), dernier opus d’une série de très mauvais livres qui se publient sous la signature "Sa Sainteté le Dalaï Lama". Tous les livres portant cette signature sont en fait écrits par quelqu’un d’autre, en l’occurrence ici, Victor Chan, dont la seule et unique compétence est d'être un admirateur fervent de Dalaï-lama, car il est particulièrement incompétent sur le bouddhisme.
A) Ecrit comme un journal de leurs rencontres, très bavard, le livre est entièrement hors sujet (le pardon) et, d'ailleurs, hors tout autre sujet particulier. Il est difficile de ne pas être frappé par l'amateurisme expéditif et facile ainsi que par la naïveté des "analyses". Dans les deux ou trois pages effectivement consacrés à la question du pardon, voici les thèses principales, dix fois répétées par la suite : le pardon est tout simplement dans mon intérêt ; si j'éprouve des sentiments négatifs envers ceux qui me font souffrir, ils ne feront que détruire la paix de mon esprit. Mais si je les pardonne mon esprit sera calme.
Le pardon, apprend-on, est, par ailleurs, très efficace en politique ; là encore c'est simple : puisque les émotions destructrices ne servent à rien, si nous menons sans colère, mais avec une véritable magnanimité, le combat en faveur de la liberté nous pourrons le rendre plus efficace. "Nous devons nous opposer à une mauvaise action ce qui ne veut pas dire que nous soyons contre la personne qui la commet. Une fois l'action accomplie une autre survient et cette personne peut devenir un ami. [...] C'est pourquoi je n'ai aucun mal à pardonner aux chinois ce qu'ils ont fait à mon peuple".
D'autres contextes, notamment celui de la politique internationale, sont très embarrassants. Exemple : ponctuant ses propos d'éclats de rire continuels, le Dalaï Lama est conduit à une discussion sur l'Irak : "Vous dites que Saddam Hussein n'est pas 100% méchant parce que par exemple il est peut être gentil avec sa femme ? – Voilà ! acquiesce-t-il avec enthousiasme."
On comprend pourquoi le Dalaï Lama a été accusé d'infantilisme. Tout est hyper simplifié dans ses propos et semble confus, car les niveaux d'analyse sont sans cesse mélangés. Du pardon au niveau personnel, on passe sans transition au pardon au niveau politique comme si il s'agissait de la même chose. L'analyse, déjà très douteuse au niveau individuel (car elle fait comme si le pardon était une disposition innée et prétend qu'une victime non seulement peut, mais doit pardonner son bourreau, car cela est dans son intérêt) est totalement erronée au niveau d'une communauté. Celle-ci est fondée sur le désaccord, la violence, les limites à respecter mutuellement, au-delà desquelles rien ne peut ni ne doit être pardonnable. Demandons-nous par exemple quel serait l'avenir du droit et de la juridiction si le pardon généralisé triomphait.
B) Les livres que Dalaï-lama "écrit" avec des neurologues sur la "scientificité" du bouddhisme laissent également très sceptique. Rappelons-nous en passant le succès d'une pétition de la Société des Neurosciences contre la participation de Dalai Lama à son congrès. Les arguments étaient son manque de rigueur scientifique et l’intérêt scientifique très faible d'une telle participation. Il y est dit aussi l'évidence même : il serait ironique pour les scientifiques d'offrir un forum a un leader religieux dont la légitimité est fondée sur la réincarnation, une doctrine qui est résolument contre le fondement même des neurosciences.
C) Il y a souvent eu des doutes et des regrets exprimés par rapport à la stratégie de la "starification" et de la mollesse politique de Dalai Lama. De la première, il se plaint lui-même dans ce livre autant qu'il s'en amuse. Plus grave est sans doute le problème de la mollesse politique; à l'aune des derniers événements tragiques et avec tout le respect face au charisme du personnage, on peut néanmoins se demander si la candeur érigée en politique n'est pas synonyme tout simplement d'inefficacité, avec des conséquences néfastes pour un peuple entier.
D) Il y a enfin la question de l'infantilisme de certains adeptes occidentaux, proches d'un bouddhisme invariablement pacifique, facile, irréprochable et "cool" à tel point que le mot zen est devenu un argument publicitaire. Une telle fascination est souvent fondée sur l'ignorance. Rappelons qu’au-delà des guerres redoutables entre les différentes écoles du bouddhisme dans l’histoire, il y a toujours eu, hélas, des relations intimes entre le militarisme, pour prendre l’exemple du Japon, et le bouddhisme zen. Le bouddhisme institutionnel a été souvent fortement engagé dans le soutien idéologique au colonialisme ou aux efforts militaires, et n'a jamais protesté contre les exactions commises. On peut consulter avec profit sur ce point le livre de Brian Victor, Le Zen en guerre 1868-1945 (Seuil, 2001). Le soutien de bouddhistes illustres à des politiques totalitaires est un vaste débat, nous y reviendrons.
|
auteur: Emmanuel Guérin en savoir plus sur l'auteur |
AU COEUR DE CE DEBAT
Créez votre profil
pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com
|
De la précision pour le débat...
Bien que le fond de votre article m’interpelle positivement, - je rejoins votre position quant aux méfaits de l’infantilisme du chef spirituel tibétain - de bonne foi, je m’interroge sur certains passages de votre analyse. La relative véhémence du propos, appelait, me semble-t-il, davantage de développements et certaines précisions. Vous écrivez « L'analyse, déjà très douteuse au niveau individuel (…) est totalement erronée au niveau d'une communauté. Celle-ci est fondée sur le désaccord, la violence, les limites à respecter mutuellement, au-delà desquelles rien ne peut ni ne doit être pardonnable. » N’y a-t-il, passées certaines limites, point de pardon possible à l’échelle d’une communauté ? Et surtout, il ne devrait y avoir aucun pardon ? Angela Merkel s’exprimait hier, notamment en hébreu, devant la Knesset…Quid des parties civiles (es qualité de communauté) au procès d’un dément ? Etc… Comment justifiez-vous votre point de vue ? L’ai-je mal interprété ? La vérité peut amener au pardon d’une communauté (Jean Hatzfeld à contrario)… Plus loin : « Demandons-nous par exemple quel serait l'avenir du droit et de la juridiction si le pardon généralisé triomphait. » C’est bien ce que nous faisons. Le passage de la justice à un sens, qui flirte sans nul doute avec la notion de pardon. Qu’entendez-vous par « la juridiction » ? Vous ouvrez ici une boite de Pandore mais la refermez trop facilement ; de façon superficielle ? Enfin : « Le bouddhisme institutionnel a été souvent fortement engagé dans le soutien idéologique au colonialisme ou aux efforts militaires, et n'a jamais protesté contre les exactions commises. » L’absence de protestation signifie-t-elle un soutien ? Pouvaient-ils protester ? En tous cas le cas le sujet et l’angle choisi sont intéressants. |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
Votre réaction soulève beaucoup de questions interessantes; elles feront peut-être l'objet d'un autre article dans lequel l'auteur précisera sa pensée en fonction des questions posées. |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
Et si les Tibetains ne valaient pas mieux ques les Chinois ?
Je ne veux pas et ne peux pas jusitifer les tueries récentes commises par les soldats chinois en réponse aux manifestations. Mais en amont, tout le monde prend fait et cause pour le Tibet contre la Chine car le Dalai Lama est un bon client des medias occidentaux. Mais qui connaît le régime politique qui prévalait au Tibet avant l'invasion chinoise ? Sa présentation satisferait-elle notre bonne conscience "droit-de-l'hommiste" ? J'en doute. Peut être la rédaction de Contre-feux pourrait-t-elle s'attaquer à ce sujet ? |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
Le Tibet avant la Chine
Ton point de vue est pertinent Laurent z. Le Tibet avant l'invasion chinoise (1949), ce sont trois siècle de théocratie, c'est à dire un régime religieux (bouddhiste). Le Dalaï Lama en était le souverain à vie; et à la mort de celui-ci, les autorités religieuses partaient à la recherche de sa réincarnation dans un jeune bébé. L'actuel Dalaï Lama est ainsi le 14e de la lignée. Pour revenir à ta réaction Laurent z, il est légitime de se poser la question. Comment vivaient les Tibétains avant la Chine? Je tiens juste à te rappeler que le Tibet aux cours des trois derniers siècles a été plusieurs fois contrôlé par des puissances étrangères. La Grande-Bretagne et la Russie se sont disputées ce territoire dès le XIXe, et la Chine en avait djà pris le contrôle au début du XXe. Enfin, et ce n'est pas le moindre des détails, le gouvernement tibétain en exil ne réclame pas l'indépendance mais l'autonomie culturelle. Ainsi, elle reconnait implicitement que la Chine peut lui apportait le développement économique qui lui manque. Le problème restant que la Chine ne peut se résoudre à perdre le contrôle sur ce territoire en laissant culturellement libre. Le raisonnement ainsi formulé, on se rend compte que le PCC est pleinement conscient, et donc méfiant, de la force d'une culture. En la réprimant, il s'offre un pouvoir plus aisé. |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
Qu'est ce que c est qu'une autonomie culturelle ? un nouveau concept politique hyper fécond sans doute ! L'autonomie et l'indépendance d'une population ne peut etre que politique, ne soyons pas naif ! la culture fait partie du politique. |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
|
L'autonomie culturelle, ça veut dire notamment enseigner le tibétain à l'école; c'est également accepter la présence des autorités religieuses du Tibet, donc du Dalai-Lama. Les autorités chinoises mettent tous leurs moyens en œuvre pour noyer la culture tibétaine dans le moule des Hans. Cette stratégie a déjà été appliqué avec succès dans de nombreuses provinces de l'empire, en Mongolie intérieure par exemple. |
||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
toute chose etant egale par ailleurs comme en France au XIXeme... |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
infantilisme????????????
comment peut on parler d'infantilisme??? ce terme si péjoratif et si empreint de négativité. Sa Sainteté le Dalaï Lama ne fait qu'appliquer les préceptes du Bouddhisme, la non violence entre autres. De plus que peut il malheureusement contre une puissance telle que la chine? Quant à dire qu'il est un bon client des médias, c'est affreux. Quel autre moyen a t il pour faire connaitre le génocide de son peuple? |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
|
Le Tibet n'est pas une mode!
Il est étonnant de constater qu'un mouvement spirituel comme le bouddhisme, qui condamne toute forme de manichéisme, parfois au profit d'un relativisme dangereux, suscite des réactions aussi tranchées! |
||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
Il faut arrêter de dire que le Tibet n'est pas forcement un exemple à suivre ou qu'il n'est pas tout blanc, on dirait de la propagande chinoise!!!!!!! |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
quelques mises au point
- Savoir pardonner, comme tant d'autres livres sur et/ou avec le dalaï lama ne reflettent qu'un aspect de sa personne. Les plus intéressants reste bien évidemment les enseignements bouddhiques pur jus qu'il dispense aux 4 coins de la planète, étant donné qu'il est un chef spirituel avant tout. Dans l'audience, des pratiquants sincères (dont je fais partie depuis plus de 30 ans, bien avant que l'oddident ne mette le dalaï lama ou le terme 'zen' à la mode), des idâlatres, des amis de coeur etc. A disours simplificateur, critiques étonnament simplificatrices de votre part. C'est assez facile d'extirper des phrases sans les recadrer dans le contexte global bouddhiste, vaste et fondamentalement ouvert, même si le livre lui-même n'en dit pas assez. - Allez plus loin dans ce que vous dites sur le congrès neuro-sciences : ce sont des neurologues américains d'origine chinoise qui ont initié cette pétition. On trouve leurs noms sur internet. Très minoritaires, ils n'ont bien sûr pas été écoutés. Et puis, un peu d'opposition démocratique ne fait pas de mal, non ? J'aimerais bien connaître ce qui dans les neuro-sciences est à l'opposé du principe de réincarnation. Pour l'instant, il existe tant en orient qu'en occident des preuves en faveur de l'existence de la réincarnation, alors que des preuves, des faits, prouvant sa non-existence sont eux totalement non-existants. - Croyez qu'en répondant par la violence, le dalaï lama aurait arrangé les affaires des Tibétains du Tibet ? Il suffit de voir (du moins le peu qu'on en sait) de ce qui se passe dans la province voisine peuplée au départ de Ouigours. Quelque musulmans très vindicatifs, et une répression autrement plus dure qu'au Tibet. - A ma connaisance, pas un centre bouddhiste met en avant l'appellation 'Zen' pour faire sa publicité. C'est plutôt l'écrasant matérialisme ambiant qui s'est emparé de ce terme pour en faire un truc cool, à la mode : bouffe zen, décoration zen, vacances zen... On est loin de l'esprit zen, cet esprit éveillé, au-delà de conglomérat nauséabond de materialisme pseudo-spirituel. - encore une fois, comme tant de soi-disant érudits qui ne connaissez que de vagues notions du bouddhisme, vous identifiez le bouddhisme à des positions "d'églises", de pouvoir temporel. Des erreurs et des fautes (parfois graves comme des conflits entre monastères au Tibet) ont eu lieu, d'autres se produiront certainement. Pour ce qui est du dalaï lama, ça fait longtemps qu'il a abandonné toute visée de pouvoir politique au Tibet et fait rédiger une constitution démocratique. Allez, avec humour, je vous pardonne pour tant d'inexactitudes et de maladresses... |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||
|
C est bien de mettre les choses au point, je suis d'accord pour souligner que l'Occident ne connait rien au bouddhisme et ne s'intéresse qu'a son travestissement light et "cool". Il faudra aussi bien reconnaitre que l'Occident ne connait pas grand chose de la Chine et du Tibet. Sans quoi la bonne conscience des petitionnaires, manifestants et autres "alter-réalité" serait moins gluante et bébête. Le probleme est qu au dela d'etre bébête, elle peut etre insultante si on se place de l'autre côté du miroir, pour le Chinois et peut etre aussi pour les Tibétains. |
|||
répondre à cette réaction
|
signaler un abus
|
||









