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DEBAT
Remèdes et potions pour la survie de la gauche européenne
Si la gauche européenne est en crise, la situation est complexe mais pas désespérée. Des avancées vers un nouveau modèle social-démocrate sont visibles, même si seulement à l’état embryonnaire.
La gauche européenne est en crise, et ce pour des raisons structurelles, dues à des changements internes et internationaux qu’elle ne parvient pas à maitriser. Bien audelà des confins du Vieux Continent, son image est effondrée. Ainsi, à l’occasion d’un récent congrès international à New Dehli, le président de la "Knowledge commission" indienne, le professeur Nayyar a parlé de la gauche européenne comme "d' une espèce en voie d’extinction". Enième preuve de fragilité : les partis sociaux démocrates européens ont tous présenté la victoire de Barack Obama aux présidentielles américaines comme leur victoire, alors qu’elle est largement à expliquer par des facteurs internes aux USA, non transposables en Europe.
New Deal européen
Certains leaders des partis parlent d’un New Deal européen. Pourtant, celui-ci ne sera pas une copie du New Deal américain. En l'état, on relève deux seuls points communs à l’agenda des forces progressistes : premièrement, la nécessité de faire face à une grave crise économique mondiale qui impose de dépasser l’optimisme de la décennie de Tony Blair basé sur le principe d'une mondialisation qui bénéficie à tous. Deuxièmement, la nécessité de concrétiser par des idées nouvelles le retour du politique et des pouvoirs publiques, mais aussi le retour du choix contre le libéralisme économique débridé.
Mais, comme dans les années qui suivirent la crise de 1920, les formes concrètes du retour de la politique au centre de l’agenda sont multiples, et ce alors même que le contexte international a changé en profondeur sous le coup de la mondialisation et du rôle croissant de nouveaux pays émergents : on citera le retour de l’étatisme avec ses risques d’aggraver la corruption politique, mais aussi celui de l’autoritarisme nationaliste, intolérant, populiste et protectionniste.
Défi
Pourtant, le panorama européen des forces du progrès n’est pas comparable à une vallée de larmes. Alors que les droites, presque partout au gouvernement en Europe, sont potentiellement bouleversées par l’échec du libéralisme débridé, le changement politique aux USA ou l’émergence de défis globaux qui demandent l’innovation culturelle et le courage du progrès, des avancées vers un nouveau modèle social-démocrate sont visibles, même si à l’état embryonnaire.
Le défi pour les partis sociaux démocrates est tout d’abord celui de hausser leurs profils stratégiques, ternis par deux décennies de timidité et subalternité culturelle. Comment ? Par la combinaison innovatrice des deux courants émergents, en Europe ibérique et nordique. D'un côté, les libertés civiques, qui poussent vers un projet moderne de laïcité et de coexistence des cultures. Et de l’autre, la relance du modèle classique de la justice sociale en tant qu’axe du modèle de développement d’une société de la connaissance. Ces deux parcours ne sont pas utopiques : ils sont même gagnants, respectivement en Espagne et Portugal et selon les sondages en Scandinavie (et aussi le SPD de Steinmeier est à suivre). Dynamiques, ces pays ont montré qu'ils étaient capables de former des coalition tant au centre que vers les écolos. Il n’est donc pas exclu que l'on puisse y voir les signes anticipateurs d’un nouveau cycle de politique européenne pour les toutes prochaines années.
Vers une Europe politique
Par ailleurs, la gauche européenne n’a d’autre choix que de s’identifier au projet d’achèvement de la construction de l’Europe politique. Une construction qui ferait enfin de l'Europe un acteur mondial pour la paix et une mondialisation règlementée. Sans pour autant revenir à l’idée d’Europe du XX siècle.
Ainsi, la sociale-démocratie pourrait explicitement et sans complexe, proposer au monde (et aux jeunes électeurs) un grand projet : la voie européenne de gestion de la mondialisation, de régulation et innovation du multilatéralisme. En effet, nous avons à notre actif notre expérience de "petite mondialisation" à l’échelle du continent (succès du passage de l’UE de 12 à 27 états membres en 15 ans) mais aussi la crédibilité acquise auprès des pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Russie...) suite aux différences affichées avec l’arrogance du Président G.W. Bush et au discrédit de l’autorité morale internationale de sa présidence.
En outre, l’idée de gouverner la mondialisation est passée au Conseil européen du 14 décembre 2007 et a été relancée par la Présidence française : elle pourrait être appliquée avec cohérence aux quatre agendas les plus urgents : l’architecture financière de régulation mondiale, un nouveau plan pour le commerce mondial, au delà de l’échec du Doha Round, la continuation du protocole de Kyoto par des mesures contraignante contre le réchauffement climatique, et enfin, très important, la prévention et gestion multilatérale, à la fois régionale et globale, des conflits politiques (en Iran, au Moyen Orient, en Afghanistan, au Congo, au Sudan, ou encore en Birmanie…).
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auteur: Mario Telo en savoir plus sur l'auteur |
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Pas d'Europe politique tant que l' impérialsime américain demeure....
Finalement, à la lecture de cette article, le profil type d'un socialiste européen est un strausskahnien... | ||
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