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DEBAT
La pensée socialiste de l'Europe est morte
Si beaucoup a été dit lors du dernier congrès socialiste, l'Europe reste la grande absente de ces discussions. Gérard Grunberg s'interroge : existe-t-il encore un projet européen dans le socialisme français ?
Depuis le référendum de 2005, il n’existe plus à proprement parler de projet européen dans le parti socialiste français. Un refus qui a fait de la France l’acteur majeur dans le rejet du Traité constitutionnel européen mais a également divisé, profondément, les socialistes français.
Divergences
Depuis cette date, et ce bien que François Mitterrand ait réussi, puis finalement Lionel Jospin jusqu’en 2002, à séparer les questions politiques et institutionnelles de la construction européenne des orientations économiques de l’Union, la question n’a plus été véritablement réouverte. Le Parti français n’a plus eu de politique européenne, sauf à revenir à ses positions de jadis sur les orientations trop libérales et pas assez sociales de l’UE.
Pendant ce temps, les partis socialistes en Europe, ou plus exactement les partis membres du Parti des socialistes européens, ont pris des voix diverses et changeantes sans que l’on puisse identifier une véritable orientation commune. Certes l’orientation très libérale des partis britanniques et allemands, telle qu’elle avait été développée à la fin du siècle par Blair et Schroeder, a été atténuée face aux difficultés sociales, mais cependant aucun des partis socialistes n'a remis en cause le principe de l’économie de marché. Certains, tel le nouveau Parti démocrate italien, qui ne se dit plus ni socialiste ni de gauche, ont même donné dans leurs principes la priorité à la liberté sur l’égalité. Tous ces partis, à la différence du parti socialiste français, demeurent à la fois socialistes et libéraux. Et beaucoup gouvernent dans certaines périodes avec les partis libéraux du centre ou de droite.
Réactiver la dimension européenne des projets socialistes
La crise qui s’abat aujourd’hui sur l’Europe peut donner l’impression de changer la donne de deux manières quant à la vision européenne des partis socialistes et leur éventuel rapprochement sur cette question. D’abord, la crise n’a pu être combattue, sinon encore jugulée, que par l’intervention massive des gouvernements de manière coordonnée. Aucune solution purement nationale n’a paru suffisante. Ceci pourrait a priori réactiver la dimension européenne des différents projets socialistes nationaux et relancer une dynamique européenne.
Ensuite, le fait que le plan britannique de réponse à la crise, élaboré par un Premier ministre travailliste, finalement imité par de nombreux gouvernements, ait privilégié l’entrée massive des fonds publics dans les établissement bancaires, a convaincu largement au sein du Parti socialiste français que son appel permanent à la régulation mais aussi au renforcement du rôle de l’Etat était légitime et justifié, et que les socialistes ne pouvaient être moins étatistes que Georges Bush lui-même. L’anti-libéralisme s’est ainsi encore accru dans ses rangs, avec cette fois l’impression d’être porté par l’histoire.
Or, ce parti n’est pas le seul parti socialiste à connaître cette évolution. Il est certain que dans l’avenir les socialistes européens seront plus nets et plus unis pour réclamer plus de coordination, plus de régulation voire plus d’Etat. Pour autant, même dans cette situation nouvelle, il est peu probable qu'ils puissent élaborer une véritable charte d’action commune pour relancer la dynamique européenne.
Pessimisme
En effet, les socialistes français risquent de demeurer relativement isolés au sein du socialisme européen dans la mesure où il peuvent être tentés de donner un caractère permanent aux interventions étatiques provoquées par la crise, et élaborer une critique de l’économie de marché qui peut déboucher sur la demande d’un véritable protectionniste européen à long terme. Il est probable que d’autres gouvernements ou partis socialistes tenteront de réduire l’interventionnisme étatique si la crise perd de sa gravité et n’adopteront pas une vision protectionniste de l’Europe.
Ainsi, malgré une éventuelle évolution commune des partis socialistes vers un interventionnisme de l’Etat renforcé, il peut subsister néanmoins de grandes différences dans la représentation du rôle de l’Europe dans ces différents partis. Quant au parti français, son discours actuel sur l’Europe continue à ne pas véritablement prendre en compte les positions des autres partis socialistes, alors que l’Europe ne peut avancer que par compromis et consensus. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que le socialisme européen produise facilement une véritable orientation européenne commune dans un proche avenir. Les prochaines élections européennes confirmeront ou infirmeront cette conclusion pessimiste !
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auteur: Gérard Grunberg en savoir plus sur l'auteur |
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S'il ne s'agissait que de l'Europe
Très bon article qui montre l'isolemement et la vacuité idéoligique du PS français. C'est triste car une démocratie mature a besoin d'une opposition solide et claire sur son idéologie. Or il semblerait que les socialistes n'ont plus travaillé depuis 2002... | |||
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MARTINE AUBRY GAGNE 11 points
A défaut de légitimité électorale, on essaye aujourd'hui de donner à Aubry une légitimité "sondagière". ! Pour rappel Delanoë à eu jusqu'à 84% d'avis favorable dans certains sondages pour être le premier secrétaire du PS. Ni le parti socialiste, ni ceux qui le dirigent n'ont plus la légitimité pour le faire par la représentativité des militants, ils ne représentent plus qu'eux-même. Je ne reconnais pas à ce parti, en l'état, la légitimité de représenter qui que ce soit. http://www.lepost.fr/perso/gaebus/ | |||
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