DEBAT

diffusion de la presse

L'exception journalistique française

Si l'émergence de groupes pluri-médias est une nécessité, il faut mettre à leurs têtes des professionnels de l'information. Et non pas abandonner les médias à des groupes comme Dassault ou Bouygues dont la raison d'être n'est pas d'informer le lecteur.

Editeurs VS annonceurs

 

La presse française n'a pas attendu internet ou les journaux gratuits pour être en mauvaise santé. Dans tous les pays occidentaux, les quotidiens nationaux comparables aux nôtres vendent deux fois plus et sont deux fois plus épais. Et il est inutile de se livrer, comme en France,  à un parcours du combattant pour les trouver. Ils sont disponibles partout.

 

1/3 des quotidiens payants sont gratuits pour le lecteur : sans publicité, un journal est condamné d'avance

Lorsqu'un journal français est vendu un euro, quarante centimes vont à l'imprimerie, quarante à la distribution et dix à l'achat de papier. Avec le reliquat,  il faut payer l'administration et la rédaction ! Autant dire que sans publicité un journal est condamné d'avance. C'est la raison pour laquelle les éditeurs, pour attitrer les annonceurs, gonflent leur diffusion avec les ventes aux tiers c'est-à-dire des exemplaires distribués dans les parkings, les hôtels ou les aéroports. Le Monde en distribue ainsi près de 60 000 et le Figaro 85000. Ainsi, lorsqu'on oppose presse payante et presse gratuite, c'est sans compter qu'un tiers de la première est aussi gratuite.

 

Le problème de la diffusion en France

 

Ce système pervers a longtemps satisfait les éditeurs et les politiques français. Les premiers fermaient la porte à la concurrence tandis que les seconds pouvaient exercer une tutelle grandissante sur la presse en raison des aides grandissantes qu'ils lui octroyaient.

 

Certes, le syndicat du Livre a bénéficié d'un monopole excessif pour maintenir un niveau d'embauche et de rémunération extravagantes. Un ouvrier du Livre perçoit 4000 euros par mois pour 32 heures de travail et l'imprimerie du Figaro, par exemple compte 185 ouvriers alors que 80 suffiraient.

 

Les quotidiens n'ont pas les moyens de lancer une contre-offensive sur la presse gratuite ou d'investir sur Internet

Lagardère, opérateur des NMPP, perd sans cesse plus d'argent pour distribuer des quotidiens dont le niveau des ventes ne cesse de diminuer. Les ventes au numéro de Libération, du Monde et du Figaro représentent 300 000 exemplaires. Pas davantage. Dès lors, pour limiter les pertes, les NMPP surfacturent le montant des invendus par des taxes sur le poids du papier et le niveau des ventes.

 

Les quotidiens dont la trésorerie devient chaque jour plus exsangue n'ont pas les moyens de lancer une contre-offensive sur la presse gratuite ou d'investir sur les sites internet. Le développement de la vidéo implique la maîtrise de la télévision et celui qui n'achète pas de mots clés apparaîtra rarement en page d'accueil de Google ou Yahoo.

 

Solutions ? Sauver l'information, pas le support papier !

 

Sans réforme majeure, il n'y aura plus en France d'éditeur qui soit opérateur de presse. Les industriels, et non les spécialistes de l'information, seront à la tête des grands groupes pluri-médias dont les Etats Généraux préparent la mise en place. Pour inverser, s'il est encore temps, ce processus irrémédiable, il convient de prendre quelques décisions radicales :

Associer le plan social des imprimeries - qui prévoit de faire partir, moyennant 47 millions d'euros, 45% des effectifs des imprimeries - et l'abandon du monopole syndical.

Aucune aide n'est conçue de façon positive, pour financer un nouveau projet

Sortir les quotidiens des NMPP. Une nouvelle coopérative, formée des seuls quotidiens et alimentée par la subvention gouvernementale versée à Lagardère, serait chargée de la distribution. Maîtres de leur destin, les quotidiens seraient contraints de faire un peu de marketing tandis que l'Etat ne pourra, au nom du pluralisme, se dérober à ses obligations.

Inverser le système des aides. Toutes les aides sont conçues, de façon négative, pour pallier une mauvaise gestion ou financer un plan social. Aucune n'est conçue de façon positive, pour financer un nouveau projet, un journal, un supplément, un site internet.

Par ailleurs, tous les acteurs comme la grande distribution, les FAI, les télévisions, dont le développement économique se fait au détriment de la presse doivent contribuer à son financement.

Pour peu qu'ils s'orientent dans ces différentes voies, les pouvoirs publics pourront donner naissance à un nouveau dynamisme qui permettra à la presse d'information de survivre. Et peu importe si, pour cela, elle doit s'exprimer sur le papier, en images ou sur la Toile !
 

auteur: Emmanuel Schwartzenberg
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de andré le 15/10/2008 à 18h02
presse papier

pour moi,cette presse a vecue !
principal responsable de son suicide : syndicat du livre,il n'est pas seul! technologie evolutive,sans doute carences de gestion,les grds patrons de presse ne sont jamais passés par la case : S D F !!!.....
par contre les autres sources actuelles ne sont pas non plus des "informations" mais plutot des "opinions" !
et de ce point de vue,cela me rassure !
en effet chacun va chercher ses infos,là ou il sait qu'il ne sera pas deçu!
ainsi je ne connais pas la couleur ni l'adresse mail du nouvel obs,du canard dechainé, de rivarol,ou autres coch....de ce genre!
quand j'ai envie de me faire mal,je vais sur ( on ne dis plus : je vais lire...)alquaida t'auras,palestine.p,là ,c'est la vraie guerre mondiale!!!!!
je vais aussi rarement sur :le post, egalement sur ...contrefeux,specialement anti israelien ,antisionniste,ce que je suis,moi!!
je vois mal quel pouvoir public pourrait intervenir,controler,reguler,moderer,sans que des hurlements..contre la liberté d'expression ,ne se fassent entendre!
mais il ne s'agit que de mon avis moi,demi homme!!!!!!

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de Matthieu le 16/10/2008 à 11h09
structure de coût, presse papier

Merci pour cet article très intéressant. Je voudrais savoir ou l'on peut se procurer la structure de coût des journaux papiers ("quarante centimes vont à l'imprimerie, quarante à la distribution et dix à l'achat de papier")?

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de Emmanuel Schwartzenberg le 16/10/2008 à 14h01
Réponse sur la structure des coûts

Cher Matthieu,

Le salaire d'un ouvrier d'imprimerie est de 3500 euros par mois, soit sur 13 mois près de 90 000 euros.
300 ouvriers dont 45 cadres rémunérés à 6000 euros, travaillent à l'imprimerie du Monde. Le coût de ce poste est donc de 30 millions d'euros par an auxquels il convient de rajouter 5 millions d'euros de coûts de gestion du siège.
Soit 35 millions d'euros au total.
Les coûts de distribution sont fixés à 32,2% du prix facial majorés au minimum à 40-45% pour taxation au poids ou sur invendus. Soit un minimum de 55 centimes par exemplaire pour Le Monde ou Le Figaro.
Le prix de la tonne de papier est de 650 euros et Le Figaro en consomme 30 000 tonnes par an.

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de Matthieu le 16/10/2008 à 14h38
prix du journal

Merci Emmanuel pour ces informations : je prépare un mémoire sur la presse en ligne (et dans la première partie, je compare les coûts avec les coûts papier)

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de Agnès le 18/10/2008 à 07h31
l'exception journalistique française

Bonjour,
Voilà du concret ! Des chiffres, une situation exposée clairement, et des solutions possibles.
Amicalement
Agnès

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de manu le 28/10/2008 à 11h30
manoonga superman des etats unis

la france fait de la propagande anti americaine
dans son journal
voir la chaine lcp assemblee nantionale
manoonga dieu supreme

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