Economie


Schmidt et VGE

Le maudit théorème de Schmidt

Pour juger du plan de relance français face à la crise, plusieurs économistes s'appuient aujourd'hui sur les paroles de l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt. Un retour vers une conception de l'économie vieille de trente ans ?

Les commentaires sur le plan de relance français, qui a choisi de mettre l’accent sur l’investissement tout en renonçant à toute relance par la demande, ont fait resurgir un débat fondamental en matière de doctrine économique, celle de l’actualité du fameux "théorème de Schmidt".

 

A la fin des années 70, le chancelier Allemand, Helmut Schmidt, a laissé à la postérité une phrase qui est devenu un théorème, avant d’être érigé en dogme par toute une génération : "Les profits d’aujourd’hui, font les investissements de demain et les emplois d’après demain".

 

Une idée qui ressurgit

 

Cette idée simple a été le fondement du système néolibéral mis en place à partir des années 80 et qui est toujours aujourd’hui le fil directeur de la politique économique. Elle a institué une opposition fondamentale entre salaires et emploi, suscité la déformation du partage de la valeur ajoutée au profit du capital, et légitimé la montée des inégalités sociales et patrimoniales.

 

Le théorème de Schmidt est réapparu dans le débat à la faveur de la comparaison des différents plans de relance européens. Alors que les plans anglais et espagnols ont décidé de miser sur une relance de la demande par un soutien au pouvoir d’achat des ménages, le plan français a rejeté cette hypothèse au motif que dans une économie ouverte, la relance de la demande se traduirait par un surcroît de déficit commercial et qu’elle contribuerait surtout à relancer les économies productives, principalement chinoises.

 

"Un coup de pouce aux salaires, c’est moins de profits pour les entreprises, et plus de chômage"

C’est Alain Minc, l’un des conseillers économiques du président, invité dimanche soir à l’émission Ripostes, qui en a apporté la meilleure démonstration. Questionné par Serge Moati sur la relance par les salaires, Minc invoqué le théorème de Schmidt, comme dans un cri du cœur :
"Mais parce que un coup de pouce aux salaires, c’est moins de profits pour les entreprises, c'est moins d'investissement et c'est plus de chômage. Quand on n'a pas compris ça, on n'a rien compris à l'économie ! Rappelez-vous cette phrase d'Helmut Schmidt. Vous devez vous la répéter matin, midi et soir …"

 

L’appel à la répétition de la phrase est intéressant. La formule n’est pas sans évoquer des pratiques religieuses destinées à reprogrammer son mental ou à le faire taire. Elle trahit sans équivoque le caractère dogmatique ou axiomatique du propos, un principe qu’on ne discute pas car tout le système procède de lui et toute pensée doit être compatible avec lui.

 

Pas dupe du procédé, le brave Moati poursuivit ses questions : "Est-ce à dire que les anglais et espagnols n’auraient rien compris à l’économie ?", demande t-il perfide, et avec la certitude intérieure de pouvoir coincer l’apôtre du "cercle de la raison".

 

Un problème spécifique à la France ?

 

Les français peuvent consommer, ils n’ont qu’à taper dans leur bas de laine

Curieusement, sans le moins du monde donner l’impression de se contredire, Minc entreprend une démonstration par l’absurde de la responsabilité du théorème dans la crise. Il explique que les anglais et les américains ne sont pas du tout dans la même situation. L’épargne y est nulle et les ménages très endettés. Les français, qui ont le taux d’épargne le plus élevé d’Europe, peuvent consommer s’ils le souhaitent. Ils n’ont qu’à taper dans leur bas de laine. Les anglais eux, ne peuvent pas car trop endettés. C’est pourquoi il faut soutenir leur pouvoir d’achat. Et Minc de conclure en considérant que c’est en raison de leur taux d’épargne plus élevé que la zone euro résistera le mieux à la crise.

 

Pourtant, si on a un taux d’épargne supérieur à nos voisins, c’est nécessairement qu’on a des salaires relativement plus élevés, donc qu’on applique moins bien le sacro-saint théorème de Schmidt. Néanmoins, c’est cette particularité qui va peut-être nous sauver. Moralité, l’application du théorème de Schmidt conduit à la crise et son non-respect en protège.

 

Soyons honnête, Minc ne se serait pas laissé impressionner par cette contradiction, qu’il aurait considérée comme seulement apparente. Au sujet de la sphère publique, relativement plus importante en France qu’ailleurs, Minc avait déjà joué les équilibristes. Ce qui nous pénalise en temps de croissance, nous protège en temps de crise. Les rigidités de l’économie freinaient notre marche à la prospérité. Aujourd’hui, elles nous freinent dans la marche au précipice… Imparable. Dès lors qu’on substitue les moyens aux fins, on peut effectivement soutenir n’importe quoi.

 

Un théorème largement critiqué

 

Un autre économiste ce week-end s’est livré à un réquisitoire contre le Théorème de Schmidt, comme le symptôme d’une pensée archaïque inspiratrice du plan de relance français. Il s’agissait du brillantissime Jacques Généreux, économiste distingué et tête pensante du nouveau parti de Jean Luc Mélenchon, invité à Parlons net.

 

Pour Généreux, le plan de relance est critiquable en tant qu’il omet toute relance par les salaires. Pour lui, il aurait été plus efficace de renoncer aux exonérations de charges du paquet fiscal pour redonner sous une forme ou sous une autre ces 15 milliards en pouvoir d’achat aux catégories populaires. Pour appuyer sa démonstration, il exhume lui aussi le théorème de Schmidt pour en faire le procès.

 

Pour Généreux, le plan de relance est critiquable car il omet toute relance par les salaires

Car c’est bien sur cette pensée qui date de trente ans qu’a été inspiré le plan de relance. On déduit son influence de trois éléments : Le primat donné aux investissements publics sensés créer des emplois, le soutien à la trésorerie aux entreprises censé les inciter à investir et l’absence de toute mesure en faveur des salaires, censée pénaliser les entreprises, donc l’investissement, l’activité et l’emploi. Pour Jacques Généreux, ce théorème est non seulement faux, mais directement responsable de la crise actuelle.


"Depuis trente ans on a, au nom de ce principe, réprimé la rémunération du travail pour la transférer vers les revenus du capital, on a allégé la fiscalité et la règlementation sur le capital pour aider les entreprises à avoir plus d’épargne et de capital, pensant que c’est comme cela qu’on aura plus d’investissement, de croissance et d’emploi. En réalité, on n’a pas du tout eu un quelconque rebond de l’investissement productif.

 

L’Europe et singulièrement la France a même accumulé un retard singulier dans un certain nombre de secteurs clés, parce qu’il était plus beaucoup rentable de placer ces capitaux sur les marchés financiers. Quand dans le même temps, on réprimait le pouvoir d’achat, les ménages se sont surendettés. Le théorème de Schmidt a donc créé les deux conditions de la crise actuelle : surendettement des ménages et bulles spéculatives.

 

"L'idée selon laquelle ce sont les riches qui tirent l’économie est obsolète"

Et au-delà, la doctrine économique est toujours gouvernée par une idée archaïque et totalement obsolète, selon laquelle ce sont les riches qui tirent l’économie, parce qu'ils épargnent et que l'épargne, c’est ce qui permet de financer la recherche et l'investissement, donc la croissance. La vérité économique, c'est que c'est le pouvoir d'achat des masses qui fait les débouchés, qui tire la croissance des entreprises, qui les amènent à investir et ce qui produit l'épargne."

 

Ces débats d'experts restent indispensables

 

A l’heure où on recherche désespérément de vraies lignes de clivages entre la gauche et la droite, la question de l’actualité du théorème de Schmidt propose une magnifique ligne de fracture qui dessine deux conceptions de l’économie et deux types de solutions radicalement opposée dans la crise actuelle. N’étant pas moi-même expert, je me garderais bien de trancher de manière définitive ce débat d’économiste. Il importe toutefois qu’il se poursuive notamment sur les sites d’experts, et notamment sur celui qui a été récemment interpellé par mon camarade RST.

 

Je me bornerais seulement à faire deux remarques.

 

La première est que ce sont les idées et les théories qui mènent le monde, bien plus que nos gouvernants qui n’en sont souvent que des interprètes. De ce point de vue, on ne peut que saluer les trop rares intellectuels comme Minc ou Généreux qui s’engagent effectivement dans le débat politique. Le débat politique a besoin de ces éclairages conceptuels pour prendre sens.

 

La seconde, c’est de noter la fantastique inertie des systèmes de pensée. Imaginer que le plan de relance français de 2008 dans une crise centenale pour ne pas dire systémique du capitalisme est inspiré par une pensée qui date de trente ans et qui a émergé dans un contexte radicalement différent a quelque chose d’effrayant. Ce qu’on a appris comme une Loi lorsqu’on était étudiant et que l’on a mis en œuvre avec zèle pendant toute sa vie intellectuelle ou professionnelle devient vite un dogme impossible à contester sans remise en cause personnelle. Et malheureusement les catastrophes interviennent lorsqu’on ne voit plus le réel à force de le regarder avec une grille de lecture obsolète.

 

Et si la crise actuelle était avant tout la crise intellectuelle ?

 

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de Norge le 16/12/2008 à 14h16
parti pris?

Quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, en économie seul le temps est juge. Les opinions de tout un chacun diffèrent d'un courant politique à un autres qui s'appuient plus ou moins sur une ou plusieurs théories économiques dont aucune n'a fait ses preuves.
N’avez-vous donc jamais remarqué que toute idée économique s'appuie sur des vérités? Les débats peuvent être long et continuel...
Comme par exemple l'idée que j'ai que votre article est influencé par vos opinions, vérité pour certains compléments faux pour vous et d'autres... mais demain.

En économie la règle de prudence s'impose. On retiendra juste que durant des années on nous a bassiné avec notre faible investissement et lorsqu'on investit se ne serait pas le bon moment?
Dans le même temps la France possède une politique d’aide à l’emploi que les autres pays n’ont pas, variable que vous avez oublié d’aligner car vous vous référez aux arguments d’un individu ? Doit-on parler des régimes de protection ? du RMI ? L’économie est bien plus complexe que nos idées ou nos opinions !
Bon, pas bon ? Allez savoir docteur, laissez le temps être juge même si vous avez le mérite de pousser à la réflexion.

Cordialement

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de Vincent Hubert le 16/12/2008 à 18h43
Oui, la crise actuelle est d'abord une faillite intellectuelle, n'en rajoutons pas

Après l'avoir écrit ici-même il y a peu, je le crois plus encore depuis l'exemplaire affaire Madoff. L'argent facile semble inciter à prendre des libertés avec la morale comme avec la logique. Double face d'une même faute.

Mais raison de plus pour ne pas en rajouter. Or la logique manque singulièrement dans cette critique du malheureux "théorème de Schmidt". D'abord parce que c'est bien l'investissement, et directement, que veut encourager le gouvernement et non pas les profits. L'investissement public, difficile à confondre avec un accroissement des profits des entreprises. Et des mesures favorables à la trésorerie des entreprises qui ne génèrent aucun profit (sauf à confondre allégrement compte d'exploitation et trésorerie), sauveront certaines de la cessation de paiement et permetteront à d'autres d'investir. Mesures insuffisantes? Encouragement illusoire en temps de crise? Peut-etre. Mais certainement pas application d'un théorème par ailleurs bien rouillé. Et d'ailleurs, Alain Minc ne le cite pas pour soutenir ces mesures mais pour critiquer une relance dite "par le pouvoir d'achat" présentée comme une alternative et qui serait supportée non par le déficit public (choix "keynésien" fait à Londres ou à Madrid, qui n'a donc rien à voir avec l'utilisation polèmique qu'en fait le "brave Moati") mais par des entreprises souvent en difficulté. Baisse de TVA et hausse des salaires ne sont pas tout à fait la même chose. Pour critiquer, il faut comprendre.

Et réfléchir avant d'écrire "si on a un taux d’épargne supérieur à nos voisins, c’est nécessairement qu’on a des salaires relativement plus élevés". Raisonnons. L'épargne est ce qui reste des revenus après la consommation. Si j'ai plus d'épargne que mon voisin c'est donc soit que j'ai effectivement plus de revenus, soit que j'ai moins dépensé. Pourquoi supprimer cette hypothèse du raisonnement? Avez-vous noté, coincidence, que l'Espagne et la Grande-Bretagne sont les deux pays d'Europe qui ont connu la plus forte bulle immobilière depuis une décennie? Se pourrait-il donc que les ménages s'y soient massivement endettés pour acheter ces biens immobiliers? Et que la hausse des prix de leurs biens les ait incité, au nom de l'effet richesse (qui n'a pas rang de théorème mais mérite quand même l'attention), à consommer plus que leurs voisins? Je crois cette explication bien plus probable que votre affirmation (par ailleurs légèrement contradictoire avec celle, souvent répétée mais toujours démentie par les chiffres en France, de la fameuse "déformation du partage de la valeur ajoutée au profit du capital"). On pourrait aussi souligner que les chinois ont un taux d'éparge nettement supérieur à celui des américains (les allemands n'ayant pas réussi à exporter en plus de leurs machines outils le théorème du chancelier), ce qui ne suffit pas encore à démontrer qu'ils ont des salaires "relativement plus élevés". Raisonnement boiteux, chiffres ignorés. Faillite intellectuelle, disiez-vous...

"Moralité, l’application du théorème de Schmidt conduit à la crise et son non-respect en protège." Pour en faire une moralité, il faudrait déjà que ce soit une vérité. La vérité tient dans un autre théorème que monsieur Minc aurait pu rédiger: la consommation des européens (et bien sur des américains) fait bien les investissements, mais en Chine. Voilà pourquoi ce gouvernement tente d'utiliser la dépense publique pour relancer l'activité, en France, via les investissements et non pas l'activité en Chine via la consommation. Ce n'est ni très sorcier ni très altruiste. Mais c'est comme cela.

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de jackieh le 16/12/2008 à 20h30

"Si j'ai plus d'épargne que mon voisin c'est donc soit que j'ai effectivement plus de revenus, soit que j'ai moins dépensé.": vous me l'avez "volé" :-)
Sinon: peut-on dire que la relance par la demande aurait du sens si nous avions réellement affaire à *une seule économie mondiale*, mais qu'elle perd beaucoup de son sens aussi longtemps que nous avons affaire à *des économies nationales*, voire *régionales* (au sens de "régions du monde", échelle continentale), donc à un système tout sauf unitaire, où la demande ne favoriserait pas nécessairement l'économie de l'unité que l'on croit?
Peut-on dire par conséquent que la fragmentation de l'économie mondiale fausse le calcul de la relance par la demande?

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de valentini le 17/12/2008 à 14h44
Il y a plus d'un péché capital, tout à fait!

Une mondialisation économique dans un cadre concurrentiel est en effet ce qu'on appelait hier une internationalisation des économies et non une économie mondiale qui sous-tend l'idée de planification. Car ça, c'est pour après-demain.

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de jackieh le 17/12/2008 à 17h48
planification, ou à tout le moins règles communes

J'ai quelques doutes quant à l'économie planifiée, qui me semble avoir bien failli dans les pays où elle a été appliquée...
Mais cadre commun, règles communes et supervision commune, et un jour fusion en une seule, de la même façon que les économies de plusieurs régions d'un même pays se fondent dans une seule *économie nationale*, ça oui...
C'est pourquoi la relance par la demande appelle obligatoirement deux corollaires: soit le protectionnisme national - dont certains appellent le retour de tous leurs voeux - soit au contraire l'établissement d'une véritable *économie mondiale* digne de ce nom...
Devinons quelle est la perspective apparemment la plus rapide à mettre en oeuvre?
Et populations comme dirigeants sont habités en la matière par un fort sentiment d'urgence, car la crise est là *aujourd'hui*, et rien n'indique a priori que nous en sortirons dès demain...
Il faut dans ces conditions être profondément convaincu des avantages de l'établissement d'une véritable économie mondiale pour considérer que la crise actuelle plaide fortement en sa faveur...

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de valentini le 17/12/2008 à 14h58
Pour critiquer, il faut comprendre

Tout à fait!
Ventre affamé n'a point d'oreilles.
Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.
Un chien sans queue ne peut exprimer sa joie.
Quoiqu'aussi
la poire mûrit en regardant l'autre poire
Et donc se méfier des louanges dites à l'envers car
les compliments sont le protocole des sots, comme disait Voltaire.

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de valentini le 17/12/2008 à 14h34

"La France possède une politique d’aide à l’emploi que les autres pays n’ont pas".
Certes! Le Danemark a la flexi-sécurité, mais pas de force de frappe nucléaire, ni Kourou en Guyane, ni de troupes en Afghanistan.
Pensez-vous que cet ensemble d'éléments établisse un rapport, faisant la différence, entre l'un et l'autre pays cités, ou qu'il soit hors sujet?

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de valentini le 17/12/2008 à 14h28
théorème logique

Les profits d'aujourd'hui font les profits de demain et les profits d'après-demain. On peut aussi remplacer profits par Schmidt. Dans ce cas, le théorème sera tautologique.

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de valentini le 17/12/2008 à 15h26
Elixir du docteur Marchais: le pour, le contre

"la relance de la demande se traduirait par un surcroît de déficit commercial et ...elle contribuerait surtout à relancer les économies productives, principalement chinoises".
Rien de faux là-dedans! D'ailleurs justement on pense à installer quelques discrets paravents protectionnistes pour une consommation plus raisonnable, plus logique, en un mot plus française. Ce qui n'est pas gagné. Mais avec une taxe sur l'informatique, c'est un bon début. Mieux qu'une prime à la casse, limitée dans le temps. Voilà de l'argent tout trouvé pour l'investissement public. Salauds de Français, on va leur passer le goût de l'épargne pépère! D'un autre côté, si la Chine plonge, ce qui ne saurait tarder, l'Europe et les USA devront construire, fissaa'! ficelles! des digues, en catastrophe. C'est le problème des élixirs, faut les avaler, les yeux fermés. Et si ça fait schmidt! pendant qu'on boit, y a qu'à se dire: citron, maintenant, peut-être, mais orange demain! La liberté vaut bien qu'on se fasse presser, sans se faire prier.

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de valentini le 17/12/2008 à 15h36
Test de réactivité

A l’heure où on recherche désespérément de vraies lignes de clivages entre la gauche et la droite, la question de l’actualité du théorème de Schmidt propose une magnifique ligne de fracture qui dessine deux conceptions de l’économie et deux types de solutions radicalement opposée dans la crise actuelle.

Diriez-vous que votre main gauche et votre main droite peuvent se dessiner l'une, l'autre, dans le même temps?
Si vous avez répondu oui, ça ne prouve pas que mon raisonnement est faux, ça montre que vous êtes manchot et que vous confondez réel et virtuel!

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de valentini le 17/12/2008 à 15h41
Et si la crise actuelle était avant tout une crise intellectuelle ?

Chut! N'allez pas créer un scandale, en vous en prenant à un tel ou un tel, vivant déjà péniblement leur mise sous tutelle!

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de jackieh le 17/12/2008 à 17h24
des dangers de l'automatisme présupposé

"Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain"": l'erreur de raisonnement consiste à croire que les industriels faisant des profits vont nécessairement et par définition les investir dans des projets créateurs d'emplois futurs.
Certes, les profits leur donnent la possibilité de le faire.
Mais possibilité n'est pas automatiquement réalité, comme l'ont prouvé les investissements dans des produits financiers plus rentables à court terme de préférence aux investissements productifs, à retour plus tardif.
Après cela, il est difficile de justifier face aux salariés l'exigence de la modération salariale en vue de la maximisation des profits des entreprises, au motif de ce qu'il ne s'agirait que de sacrifier aujourd'hui pour sauver demain. Les salariés ne peuvent pas s'empêcher de penser qu'ils ont bel et bien été grugés quelque part: ils ont bien donné ce qu'on leur demandait, mais ils n'ont pas reçu la contrepartie promise (stabilité de l'environnement économique, sécurisation des conditions de vie, assurances sur l'avenir) en retour.
Dès les années 80 on sentait cette pression des financiers sur l'industrie vers une rentabilité plus immédiate, l'atention portée aux résultats trimestriels puis mensuels plutôt qu'annuels - et le malaise des industriels face à cette pression, conscients qu'ils étaient de ce que tout investissement réellement industriel était à long terme, et que l'on commence par y perdre de l'argent pendant plusieurs années avant de commencer à en gagner...
Croire que "ce sont les riches qui tirent l’économie" revient à dire que les riches ont un rôle social à jouer dans la création de la prospérité pour tous. Si cela est vrai, cela veut dire aussi qu'il revient à la société de créer le cadre qui incite, invite, les riches à jouer un tel rôle, et de leur rappeler en temps utile la responsabilité sociale qui est la leur.
Un rôle que l'idéologie néo-libérale, par définition, lui refuse...

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de valentini le 18/12/2008 à 11h59
bibliographie

Jacques Sapir, économiste, a consacré un livre à l'économie russe de l'époque dite de planification d'état. Il y a d'autres documents sur le sujet qui contestent sérieusemment l'idée d'économie planifiée en URSS. Ou alors la France des trente glorieuses en était une. Les économies de guerre aussi et ainsi de suite.

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