Economie


Revenu Minimum de Dignité

Le revenu minimum de dignité : libéral et social à la fois

625 € chaque mois, net d'impôt, sur le compte de 65 millions de Français ! Un demi SMIC égal au quart de notre PIB par habitant. Une proposition très pragmatique qui rendrait caduque toutes les autres aides sociales, du RMI aux Assedics en passant par le RSA.

Le Revenu Minimum de Dignité que je propose – voisin du Revenu Minimum d'Existence de Y. Bresson (cf. aussi un projet de loi de C. Boutin, en mars 2003), ou le "Citizen Income", défendu au niveau européen par le "BIEN" (Basic Income European Network) – est un Revenu "Universel" que toucherait chacun de nos concitoyens, et qui se substituerait à la plupart des revenus sociaux, en particulier le RMI et le RSA.

 

De la faisabilité d'une telle mesure

 

L'intérêt d'une telle mesure est évident pour tous ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les 625 euros mensuels que je propose (deux adultes, qui toucheraient ainsi 1250 euros, pourraient "s'offrir" la maison à 15 euros journaliers de C. Boutin) ne sont certes pas la panacée, mais ce chiffre paraît à la fois possible (il correspond au quart du PIB moyen Français de 2008) et suffisamment utile pour sortir la majorité des exclus de leur misère.

 

Les personnes concernées

 

Nous ne vivons plus dans un monde clos. Mais, pour le moment, la notion de citoyenneté reste encore vivace, les débats récurrents sur le concept de nationalité française, de droit du sol et de droit du sang sont là pour l’illustrer, au moins au niveau de notre hexagone national. Le Revenu Minimum de Dignité que je propose peut (doit ?) s’appliquer à tout être humain, mais il me semble qu’il faudrait initialement considérer trois catégories différentes de personnes. Il ne s’agit pas de hiérarchiser ces catégories, mais de déterminer concrètement les façons d’instaurer efficacement ce Revenu Minimum de Dignité.

 

625 € net par mois pour un Français

Je propose donc de différencier les nationaux français, les nationaux européens, et tous les autres, mais en utilisant la même règle d’attribution : chaque individu, quel que soit son âge, son sexe, son ethnie, sa religion, pourrait disposer – à très court terme  – de l’équivalent mensuel, net d’impôts, du ¼ du PIB unitaire de son propre pays. Cela correspondrait à 625 ou 630€ net par mois pour un Français, un peu plus pour un allemand, beaucoup moins, hélas, pour un ougandais. Le principe de solidarité est le même, mais dépend des possibilités de la communauté à laquelle on est rattaché.

 

Pour un européen résidant en France, et en tenant compte des règles communautaires – à faire éventuellement évoluer – on pourrait suggérer qu’il y ait une participation des Etats plus riches pour que le revenu minimum de dignité distribué par la communauté française soit augmenté d’une participation de l’état européen concerné, à charge de réciprocité.

 

La France ne peut, à elle seule, assurer un Revenu Minimum de Dignité à l’ensemble du monde. En revanche, elle peut le proposer au monde entier, et a les moyens de le promulguer pour ses 65 millions de ressortissants. Tout ceci demanderait sûrement à être aménagé, amendé, modifié, mais voilà la première grande piste d’action, très concrète, et qui ne demande "que" de la bonne volonté pour être rapidement appliqué.

 

La période de transition

 

De nombreuses allocations aux personnes, et plus encore de subventions aux associations, aux organismes, aux collectivités, aux entreprises, ont pour objectif de venir en aide, directe ou indirecte, à une multitude de cas particuliers. L’énergie consommée à cet effet est considérable, sans que l’efficacité de l’ensemble de ces mesures soit réellement démontrée. L’Etat s’occupe, directement ou indirectement, de redistribuer  plus de 50% de la richesse nationale. Je propose que l’état commence par  redistribuer efficacement 25% du revenu national, ou plus exactement du PIB. Si l'ensemble de la population est concernée, cela signifie que pour financer le RMD, tout autre revenu devra être imposé à hauteur de 33%.

 

Il ne sera plus question de mobiliser une armée d’experts et de conseillers fiscaux pour déterminer si telle personne, compte tenu de N paramètres, a droit à telle ou telle allocation. Chacun y aura droit de sa naissance à sa mort, en tant qu’être humain.

 

Chacun y aura droit de sa naissance à sa mort, en tant qu’être humain

Suivant ici l'avis de l'association sociétalisme, je suggère que le barême pour un enfant soit un peu différent, et que le RMD 'enfant' soit en moyenne la moitié de celui d'un adulte : à 5 ans, ce serait les 5/8 du RMD adulte, à 17 ans, les 17/18 du RMD adulte, la majorité étant à 18 ans en France. Pour un couple qui aurait deux enfants de 7 et 11 ans, le RMD familial serait ainsi de 1875 euros, nets d'impôts. Les moins de 18 ans représentant 20% de la population, cela signifie que le financement nécessaire sera plus proche de 28% d'impôts que des 33% indiqués plus haut.

 

Qui y gagne, qui y perd ?

 

Certains pourront paraître désavantagés, en particulier ceux qui cumulent déjà diverses allocations sociales. Le RMIste célibataire, avec ses 448 euros mensuels, s'il touche par ailleurs 200 euros d'autres allocations, pourrait sembler y perdre. Mais un couple de RMIstes touchera 1250 euros - au lieu de 672 actuellement, ses éventuels autres allocations ne couvrant sûrement pas la différence. De plus, le RMIiste ou l’allocataire ASSEDIC de longue durée ne sera plus dissuadé de rechercher un travail qui lui plairait, mais qui lui ferait perdre son RMI. Ce seul fait risque de changer totalement la donne du chômage, et rendra caduque la loi sur le RSA.

 

D'autres gagnants seraient les couples de personnes âgées, qui ne bénéficieraient que du minimum vieillesse 633 euros pour une personne seule (elle perdrait 8 euros), 1135 pour un couple (qui gagnerait 105 euros).

 

Combien de temps pour cela ?

 

En moins de trois ans la misère la plus sordide devrait être éradiquée

Je prétends qu’on peut le faire à l’intérieur d’une même législature. La première année, seraient concernés en priorité tous les individus sans travail qui, s’ils sont seuls, perçoivent moins que le RMD, ou, s’ils sont en couple, perçoivent moins de 2 fois le RMD (même règle pour les familles, en tenant compte du nombre de personnes à charge). Eradiquer la misère des sans emplois en un an, ceci est possible – du moins pour les ressortissants français et sans doute européens.

 

En moins de trois ans, en étendant le RMD à l’ensemble de la population, la misère la plus sordide devrait être complètement éradiquée de notre pays.

 

Les raisons de l'"universalité" du RMD

 

Certains peuvent trouver choquant qu'un Rockfeller puisse prétendre au même RMD qu'un SDF. Je pense pourtant qu'il est essentiel à la dignité que ce RMD soit attribué à tous, un peu comme pour la blouse grise "standard" de nos écoliers de 1900.

 

Ne nous trompons pas de combat. Le droit à la dignité ne signifie pas nécessairement que le travail de chacun ait la même utilité économique. Un rabbin, un imman, un prêtre, un travailleur social, un bénévole des Restos du coeur ont une énorme utilité sociale, leur utilité économique est plus discutable.

 

On peut certes discuter sur le rôle "redistributif" du travail – même si c’est le travail, in fine, qui crée la richesse à redistribuer. Mais ce type de débat, certes important, ne doit pas faire oublier l'essentiel : tout individu, quelque soit son rôle purement "économique" a un droit inaliénable à sa dignité. L'instauration du RMD peut y contribuer. Nul ne se sentira "dévalorisé", ou "humilié", du fait de percevoir ce RMD, puisque chacun y aura droit, Marie, comme Sarah, Pierre comme Mohammed. Au delà de ce "minimum", à chacun selon sa contribution économique, quelque soit le mode de production envisagé, libéral ou non, c'est un tout autre débat.

auteur: Bruno Lemaire
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de lutopick le 16/01/2009 à 19h12
Bravo

Voici une bien bonne idée que j'ai relayée sur mon blog (http://www.lutopick.fr/blog/)il y a quelques jours. Espérons que l'écho arrive jusqu'à nos dirigeants et que cela les émoustille. ;-)

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de Bruno Lemaire le 16/01/2009 à 19h19
merci de votre soutien

L'idée est en l'air,espérons qu'elle atteindra les bonnes personnes, comme vous l'espérez aussi.
Bien à vous,B.L.

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de diane le 17/01/2009 à 22h16

Je suis assez décontenancée:l'idée me parait très utopique, mais pourquoi pas? Il est bon d'y réfléchir afin d'y apporter des aménagements ou de trouver d'autres solutions.Il est de toute façon toujours bon d'avoir des idées nouvelles. A suivre...

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de diane le 17/01/2009 à 22h22

Je suis deconcertée par cette idée très nouvelle pour moi; elle me parait utopique, mais elle a le mérite d'exister et de nous obliger à réfléchir à cette proposition. A suivre..

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de absolutiste le 18/01/2009 à 01h06
Définition: 'dignité'

"tout individu, quelque soit son rôle purement 'économique' a un droit inaliénable à sa dignité"
Vraiment? Ce n'est pas dans un esprit contradictif que je demande, mais quelle est la définition de dignité? Est-ce qu'un voyou, un sadique, un violeur on ce droit? Je demande simplement car je débat avec votre idée depuis quelques heures. Merci.

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de Bruno Lemaire le 18/01/2009 à 13h18
droit à la dignité et responsabilité

Le droit à la dignité de tout être humain ne signifie nullement qu'il faille nier la responsabilité individuelle de cet être. Mais aucun acte, aussi sordide soit-il, ne peut enlever cette caractéristique. Quant à définir cette dignité, c'est une autre affaire. Les croyants diraient que c'est la dignité des fils de Dieu, d'autres pourront avoir une autre approche, mais je ne pense pas que l'on puisse réellement s'affronter sur ce point, quelles que soient nos convictions éthiques ou spirituelles ou religieuses, même si nos définitions divergent sûrement.
C'est pour cette raison que j'ai préféré avancer l'idée de Revenu Minimum de Dignité, et pas d'Existence, c'est cette dignité qui place - ou devrait placer - l'homme au dessus de l'animal.
Merci en tout cas de soulever ce type de question, bien à vous, B.L.

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de GiiGii le 19/01/2009 à 11h32
RMI, RME, RSA, RMD, RU, que de R

Bonjour,

Cela peut constituer le même droit que de recevoir des soins ou que tout autre droit constitutionnel.

M'enfin, j'ai lu, l'idée de départ ne me semble pas mauvaise et pas plus utopique que certaines politiques actuellement menées. Elle prend en compte différente problématique (immigration, social, économique et même technique).

Néanmoins, j'ai un blocage intellectuel sur la façon de maintenir les niveaux de salaire actuel. Quels arguments pour faire accepter l'idée de maintenir le SMIC ? Comment maintenir l'emploi en France ?

L'idée semble belle, certainement que techniquement les barrières que j'y trouve pourront tomber. Reste que politiquement les idéologies vont être difficiles à faire tomber.

G'

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de Bruno Lemaire le 19/01/2009 à 12h25
RMD, constitution, et ... SMIC

Effectivement, j'aime bien votre suggestion de mettre le RMD dans la constitution, d'abord française, puis dans un traité européen, et enfin dans des textes onusiens.
Pour rester au niveau français, le SMIC serait évidemment à repenser, l'idée de base étant bien sûr que tout travail ayant une portée économique doit être rémunéré 'à son utilité économique'.
Un petit exemple: je reçois 625 euros, en dehors de toute activité économique. Si je suis bûcheron, je vais peut être toucher de mon employeur 750 euros - sur lesquels je donnerai 250 euros (c'est à dire 33% de ma rémunération 'économique') à la collectivité, pour apporter ma contribution au financement collectif du RMD. Je reçois donc en tout 1125 euros, nets d'impôt. si je vis en couple, avec une personne sans enfants, qui ne travaille pas, cela fait 1750 euros.
Si je ne suis pas d'accord sur ce revenu total, salaire plus deux RMD, je peux discuter, mais je suis en bien meilleure position pour négotier avec mon employeur, puisque je ne suis pas (ou moins) contraint de 'vendre', ou de 'louer' ma force de travail.
Quand Marx parlait de la 'liberté' du prolétaire, il précisait qu'il était libre, soit d'être exploité, soit de crever de faim. L'instauration du RMD change quelque peu cette donne.
Merci en tout cas de vos suggestions et interrogations, bien à vous, B.L.

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de aliloui le 20/01/2009 à 09h45
Doute

Bonjour Mr Lemaire,

Si seulement vous aviez raison. Certes vous avez raison de vouloir éradiquer la pauvreté. Mais sur la façon je ne suis pas d'accord avec vous car un assisté demande toujours de l'assistance. En effet, au début les rmistes étaient environ 50 000 et maintenant ils sont autour d' 1 000 000. L'Afrique, malgré un circuit de don bizarre, a reçu des milliards de dollars et reste toujours pauvre.
Je veux dire par là que si chacun de nous reçoit le RMD nous pourrions nous en contenter et donc ne pas aller travailler. Par conséquent, le PIB risque de diminuer et la source de financement du RMD d'augmenter proportionnellement par rapport au PIB.
Vous avez au moins le mérite d'apporter des solutions.

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de Bruno Lemaire le 20/01/2009 à 09h56
RMD: assistance ou nouveau regard sur la personne

Je comprends vos doutes. Mais le fait de changer de regard sur telle ou telle personne peut lui rendre la dignité qu'elle pense avoir perdu. Il ne s'agit donc pas seulement d'éradiquer la pauvreté, mais de redonner confiance et sens de la responsabilité aux plus faibles, aux 'paumés'.
Le RMD (D comme dignité, j'insiste lourdement sur ce mot) ne considère personne comme assisté, il a aussi pour but de permettre un véritable choix à chacun d'entre nous.
Si Jean ou David ou Mohammed pense que ce RMD lui suffit, pourquoi pas. Il sait que pour avoir plus, il devra travailler.
De plus, peut être est-ce de la naiveté, je pense que le fait d'avoir pris pour niveau du RMD un pourcentage fixe de la production de richesses peut rendre plus solidaire chacun d'entre nous. Si on travaille moins 'collectivement', si l'on produit moins collectivement, chacun sera concerné, puisque le RMD diminuera pour tous.
Bien entendu, ce ne sont que des hypothèses, que je crois crédibles, mais je n'ai pas la prétention d'apporter LA réponse à toutes vos interrogations et à celles d'autres commentateurs. Merci en tout cas d'avoir bien voulu apporter vos propres idées et interrogations.
Bien à vous, B.L.

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de lutopick le 20/01/2009 à 10h08

Un tel cheminement de pensée est lamentable. Si le nombre de RMiste augmente, ce n'est certes pas parce que cela apparaît à certains, comme la panacée, mais parce que notre société accule des personnes à ce stade de dénuement. Et il en va de même dans des pays en voie de développement où bien souvent les aides sont détournées ou insuffisantes (même si elles sont importantes). Luttons contre ces a priori et ce sectarisme qui rassurent parfois nos mauvaises consciences!

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de aliloui le 20/01/2009 à 10h26

Je comprends votre réaction lutopik. Mais je pense que vous n'avez pas saisi mon idée qui est la suivante : éradiquer la pauvreté c'est bien. Et je pense même que c'est un devoir.
Ou plutôt me suis mal exprimé?
Bref, je voulais dire qu'il faut trouver aussi un système qui permettrait à chaque citoyen de trouver la volonté de s'en sortir, de réussir.
De plus, mes observations le prouvent.
Dans mon quartier, parmi mes voisins, il y en avait qui se contenté du chômage ou du rmi.
Pourquoi aller travailler pour gagner un peu plus d'argent si en plus le travail est pénible?

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de Bruno Lemaire le 20/01/2009 à 10h54
RMIstes, assistance et dénuement

Pour débattre avec aliloui et lutopick, quelques idées, qui peuvent être erronées.
Rebonjour,
j'ai la chance d'être un privilégié, et je ne connais pas vraiment le monde de l'exclusion, aussi ce que je vais écrire peut être assez loin de la réalité.
Je pense cependant que le débat entre 'assistance' 'volontaire' ou 'obligatoire' (au sens où certains - ou beaucoup d' - exclus ne se sont sûrement pas exclus volontairement) est suffisamment difficile pour que l'on tente de respecter les avis des uns et des autres, ou du moins d'essayer de les comprendre.
Je pense que de nombreux RMIstes n'ont pas vraiment choisi leur situation d'assistés - et que leur redonner espoir et confiance en leurs capacités ne peut qu'être positif. Que certains d'entre eux, ayant perdu confiance en eux-même et en la société, voient le RMD comme une aide de plus est fort possible, mais ce n'est pas sûr. Il est vrai que la crise économique et la crise financière aidant - ainsi que les rémunérations scandaleuses que certains 'mauvais patrons' ont tenté d'obtenir, ou ont obtenues- de nombreux exclus peuvent se dire: pourquoi se remettre à travailler devant de tels scandales, ou devant l'impossibilité de retrouver du travail.
Je ne suis pas sûr, effectivement, qu'il y ait du travail 'économique' pour tous. Je pense cependant qu'il y a des activités, marchandes ou non marchandes, sociétales ou associatives, de loisir ou d'assistance, pour tous. L'être humain ne peut rester sans rien faire, cela ne signifie pas que ceux qui ne produisent pas de richesses 'économiques' n'ont pas de valeur.
Bien à vous, B.L.

P.S. Je suis évidemment contre le RMI, car le "I" est rarement synonyme d'Insertion, mais plutôt de début d'exclusion. Faire croire aux RMistes que s'ils ne se réinsèrent pas, c'est nécessairement de leur faute est une erreur grave, m^me si c'est vrai dans certains cas.

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de lutopick le 20/01/2009 à 11h13
Merci BL

Merci pour votre réponse et votre flegme. Je souligne à nouveau mon soutien pour votre RMD.

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de aliloui le 20/01/2009 à 11h25

Merci à lutopik et à BL pour m'avoir fait partager vos idées.

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de Symptomas le 21/01/2009 à 00h09
+1

C'est un système auquel je pense depuis 30 ans !! C'est aussi simple que des vases communicants... (mais beaucoup trop long à formuler ici)

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de Bruno Lemaire le 21/01/2009 à 09h05
simplicité du RMD

Cher Symptomas,
n'hésitez pas à nous faire partager vos idées et suggestions, tout ce qui peut aller dans le sens de l'instauration du RMD nous intéresse, évidemment.

Le principe est simple, comme vous le souligniez, la difficulté est évidement dans le passage à l'acte: il faut tout d'abord convaincre nos gouvernants, en tentant d'anticiper toutes les objections qui ne manqueront pas d'être formulées, en particulier sur la notion "d'assisatnace" à vie et de déresponsabilisation.

Dans l'atente de vous lire, bien à vous, B.L.

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de absolutiste le 21/01/2009 à 05h30
le cœur du problème

Je connais quelqu'un qui venait me voir aux USA et qui touchait le chomâge en même temps. Après l'essence, la carte orange, les fringues, les repas, pourquoi travailler me disait-il?
Si le gouvernement commençait par moins taxer les français et les entreprises, ces derniers auraient plus d'argent, non seulement pour vivre mais dans le cas des entreprises d'embaucher plus de personnes. Ces autres méthodes n'engendrent que la dépendance et au pire la paresse.
Au cœur du problème en France je vois la mort de Dieu et donc de l'église. Quand je dis église, je parle du peuple de Dieu, celui qui est supposé le suivre et aider son prochain, pas le bâtiment.
Ces autres bonnes intentions n'atteignent malheureusement pas le cœur du problème et ne devraient être que des pansements temporaires pour aider les pauvres, les veuves et les handicapés. Juste un point de vue lointain.

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de lutopick le 21/01/2009 à 09h17

Je connais un chat qui adooooore se baigner; il patauge avec joie dès qu'il croise une étendue d'eau, salée ou pas, une flaque, une baignoire pleine, un évier ou même une rivière, voire la mer (si elle n'est pas trop agitée). Mais je n'aurais pas l'outrecuidance d'affirmer que les chats aime l'eau.
Quant à Dieu, heureusement ce n'est plus un problème en France! La foi est une conviction personnelle et la religion une escroquerie.

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de absolutiste le 21/01/2009 à 05h31
le cœur du problème

Je connais quelqu'un qui venait me voir aux USA et qui touchait le chomâge en même temps. Après l'essence, la carte orange, les fringues, les repas, pourquoi travailler me disait-il?
Si le gouvernement commençait par moins taxer les français et les entreprises, ces derniers auraient plus d'argent, non seulement pour vivre mais dans le cas des entreprises d'embaucher plus de personnes. Ces autres méthodes n'engendrent que la dépendance et au pire la paresse.
Au cœur du problème en France je vois la mort de Dieu et donc de l'église. Quand je dis église, je parle du peuple de Dieu, celui qui est supposé le suivre et aider son prochain, pas le bâtiment.
Ces autres bonnes intentions n'atteignent malheureusement pas le cœur du problème et ne devraient être que des pansements temporaires pour aider les pauvres, les veuves et les handicapés. Juste un point de vue lointain.

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de lutopick le 21/01/2009 à 09h19

Je connais un chat qui adooooore se baigner; il patauge avec joie dès qu'il croise une étendue d'eau, salée ou pas, une flaque, une baignoire pleine, un évier ou même une rivière, voire la mer (si elle n'est pas trop agitée). Mais je n'aurais pas l'outrecuidance d'affirmer que les chats aime l'eau.
Quant à Dieu, heureusement ce n'est plus un problème en France! La foi est une conviction personnelle et la religion une escroquerie.

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de Bruno Lemaire le 21/01/2009 à 09h55
convictions personnelles

La foi est une conviction personnelle. On ne peut mieux dire.
Je ne suis pas sûr, par contre, que la religion, ou les religions, soient une escroquerie, du moins tant qu'elle, ou elles, respectent le liberté de chacun.
Pour moi, une escroquerie, c'est lorsque l'on fait miroiter des rendements mirifiques, ou des profits insensés, alors que l'on sait parfaitement qu'il n'en sera rien.
S'il y a des prêtres, des immans, des rabbins, des lamas, qui prêchent une foi en laquelle ils ne croient pas, ce sont assurément des escrocs. Mais j'aime penser que ce n'est pas le cas général, un peu comme pour votre exemple de chat.

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de lutopick le 21/01/2009 à 10h43
l'utopique

Je ne remets pas en cause la foi des hommes et des femmes même religieux tant qu'ils n'en font pas commerce. Mais vous ne pouvez pas nier qu'il y a du commerce dans les religions. Biens des hommes et des femmes sont abusés par leur hiérarchie ou leur système religieux.
J'aime à penser qu'on devrait entrer en religion comme en politique: nu; et si on vient à en sortir, que ce soit dans le même appareil. Nous avons des exemples à suivre en ce sens (Soeur Emmanuelle, Maximilien Robespierre,... pour ne citer qu'eux, mais je suis sûr que sous d'autres latitudes et en d'autres religions nous pouvons trouver différents exemples).

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de Bruno Lemaire le 21/01/2009 à 11h42
utopie, commerce et religion.

Cher Lutopick,
une fois encore, je suis assez d'accord avec vous, sur le fait en particulier que le commerce et la religion ne devraient pas faire bon ménage.
Je ne sais pas si de nombreux 'religieux' font commerce de leur foi, mais si c'était le cas, ce ne serait sûrement pas conforme aux textes sacrés que j'ai lu, et en ce sens il y aurait tromperie sur la 'marchandise', ou plutôt sur la foi, et donc presque 'escroquerie'.

Pour en revenir au RMD, on peut fort bien l'aborder autrement que 'religieusement', bien entendu, et c'est ce que je m'efforce de faire. Il s'agit de la conscience de chacun, face à la crise économique, financière, et morale - tant de misère face à tant de richesses ne peuvent pas nous laisser indifférent.
Bien à vous, B.L.

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de lutopick le 21/01/2009 à 12h06
Houps!

Toutes mes excuses, je me laisse emporter par mes convictions; la religion n'est pas le propos de votre texte.
Cordialement. R.B.

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de Bruno Lemaire le 21/01/2009 à 09h48
Le coeur du problème

Il y a toujours eu des pauvres sur la terre, même il y a 2000 ans en Palestine, quand l'humanité ne comptait qu'une centaine de millions d'individus.
Certains pharisiens faisaient étalage de leur richesse, tout en allant pieusement au temple pour suivre scrupuleusement, croyaient-ils sans doute, les obligations et les rituels de leur foi.
La petite veuve de l'Evangile, elle, se cachait pour donner une misérable piécette dans le tronc à offrandes, elle ne se demandait pas, sans doute, si cela allait profiter à un assisté permanent.
Le véritable scandale, de nos jours, c'est que le monde pourrait être riche, et que la pauvreté pourrait être éradiquée, et que chacun peut voir, dans "la petite lucarne", cet étalage de richesses, et de soif de pouvoir et de jouissance.
Comme je l'ai déjà écrit, la question n'est pas vraiment de savoir s'il y a des 'profiteurs' du système, riches ou pauvres: la réponse est évidemment positive.
La véritable question, me semble t-il, est de savoir si l'on peut redonner confiance, et espérance - vertu évangélique je crois - à tous ceux qui veulent s'en sortir, mais qui n'y croient pas, ou plus.
Etant libéral sur le plan économique, je veux bien croire que les entreprises, ou certaines d'entre elles, sont 'trop taxées'.

Mais le problème actuel de misère et d'exclusion va bien au delà de cela. Il est normal de payer des impôts, on peut seulement souhaiter qu'ils soient bien, ou mieux, utilisés, ce serait le cas, je crois, pour le RMD.

Puisque vous faites référence à Dieu, pensez vous que Mère Thérésa, ou Soeur Emmanuelle - voire d'autres croyants d'autres religions, voire des agnostiques, ou même des athées, qui ont pu se préoccuper des pauvres et des exclus - aient eu tort d'agir comme elles l'ont fait, en secourant la misère des plus pauvres, quitte à ce que certains 'profiteurs' utilisent cette situation.

Au "secours catholique" ou à "Terre des hommes" - ou dans d'autres lieux caritatifs -, on voit parfois des bien pensants profiter des offres de vêtements à bas prix pour refaire leur garde-robe, alors qu'ils auraient tout à fait le moyen d'utiliser pour ce faire le commerce traditionnel.
Il n'est donc pas nécessaire d'être RMIste pour abuser du système, regardez donc tous ces financiers, ces banquiers, ces spéculateurs qui eux aussi, ont profité, ou ont essayé de profiter, du système.

Même si je comprends votre argument sur la 'paresse', je ne crois donc pas que ce soit cet argument, ou celui de profit immérité, qui doive s'opposer au RMD. Il est certes écrit "tu gagneras ton pain à la sueur de ton front", mais dans le contexte actuel, je ne crois pas que ce soit la sueur de l'homme qui soit le symbole de ce qu'il faut faire sur terre, ce serait plutôt son imagination, et les efforts qu'il doit essayer de faire en faveur des plus malheureux - matériellement ou spirituellement - que lui.

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de boisgerault le 21/01/2009 à 12h07
Bon pour une autre vie

Votre projet peut être lié un autre système
Si la société était organisée par paliers il serait plus facile de régler
Son plant de vie par ses capacités et par ses envi de prendre peu ou beaucoup de responsabilités ou de redescendre des paliers a sa volonté.
Le problème c’est d’en vouloir cinquante fois plus qu’il soit nécessaire pour vivre.
Avec

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de Bruno Lemaire le 21/01/2009 à 12h51
Toujours plus: bon pour une autre vie

cher Boisgerault,
je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous appelez 'paliers', mais vous avez bien raison de dire que chacun a tendance à vouloir 'toujours plus'.
Face à cette course effrénée vers 'toujours plus', nous manquons tous, ou presque, de retenue et de lucidité.
Le RMD n'a évidemment pas pour but d'en donner 'toujours plus', mais, dans une première étape, de permettre à chacun - et aux plus faibles d'entre nous - de retrouver sa dignité.
Quant à la véritable réflexion sur les marchandises et les biens inutiles, il faudra évidemment la faire, et réfléchir sur la notion de développement durable, d'externalités négatives, et de toutes les catastrophes que l'homme peut déclencher.
Mais ceci est un autre débat. Nous y reviendrons sûrement.
Bien à vous, B.L.

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de absolutiste le 21/01/2009 à 19h06
Dignité: terme utilisé dans les discussions morales et éthiques

Je dis simplement que le problème est moral plus qu'économique. Il y a toujours ceux qui en profite (vos exemples sont très bons d'ailleurs), mais pourquoi leur en vouloir? Aider quelqu'un est contradictoire a ce qui est enseigné à l'école primaire. D'un coté on vous apprend que l'espèce survit par l'élimination du plus faible, de l'autre on essaye de vous faire croire qu'il faut lui prêter secours. L'État peut commencer par être consistent et honnête au niveau intellectuel. Quand je parle de l'église, je parle d'un ensemble de personnes humaines (un organisme biologique moral) qui reconnaissent qu'aider son prochain est une vertu et même un devoir. Pour les autres, je ne voit pas pourquoi ils devraient participer. Ils vont dire que ça aide la société au sens large, mais ils sont en contradiction avec leur propre système de croyance et celui de l'État. Là se trouve la manipulation, la tromperie, la manœuvre frauduleuse, oui l'escroquerie.
Je ne veux pas dire par là que votre idée ne soit pas bonne, mais avec le mot Dignité qui lui est associé elle ne peut être soutenu que dans un cadre moral. Ce n'est que ma réaction.
Je dois vous saluer pour donner des idées et pouvoir les supporter dans un discours toujours respectueux. Je ne vois pas beaucoup de réponses (voir aucunes) par les autres auteurs d'articles.

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de Bruno Lemaire le 21/01/2009 à 21h02
morale, éthique et économie

Je pense que l'instauration du RMD serait à la fois 'morale' et 'économique'.
Moral, c'est évident, économique, car d'un point de vue relativement classique, non seulement cela 'relancerait la consommation populaire', mais cela redonnerait une stabilité de consommation, et donc un peu de la confiance dont toute société a besoin.
Par ailleurs, il y aurait beaucoup à dire sur la pseudo-loi darwinienne, mise à toutes les sauces, justifiant la "survie du plus fort". Quelle contradiction d'ailleurs, ce sont souvent les mêmes qui croient dur comme fer à la macro-évolution, et à la transformation par mutation aléatoire et sélection naturelle des plus forts, et qui se scandalisent de la dérive 'libérale' de notre mode de production actuel.

En dehors de tout parti-pris et en essayant de rester à l'écart de toute idéologie inconsciente, il me semble clair que la situation actuelle ne peut durer. Ma suggestion de RMD essaye d'aller dans le sens d'une meilleure situation pour nos concitoyens, en particulier pour les plus faibles, que ce soit darwinien ou non, peu importe.
Quant à vos arguments sur l'Eglise, ou les églises, je les entends bien sûr, mais ce n'est peut être pas le lieu d'en débattre ici, du moins dans ce billet. Que ceux qui ont des oreilles ...

Merci en tout cas pour vos encouragements et vos suggestions critiques, cordialement, B.L.

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de Martial le 28/01/2009 à 23h25

Vous avez le mérite de souligner qu'une partie de la population française vit en dessous du seuil de pauvreté, et de chercher une solution pour redonner la dignité à ceux qui souffrent de cette situation.

Vous faites référence au seuil de pauvreté, sans préciser son niveau. Il se situait à 817 € en 2008.

En vous basant sur 625 € pour une personne seule, votre proposition de RMD se trouve environ 25% en-dessous du seuil reconnu comme fatidique. Vous avez établi ce montant de 625 € en partant du(des) PIB ; il vous reste à contrôler ce même montant en partant du prix de la baguette.

Vous le savez certainement, vivre seul coûte plus cher que de vivre à plusieurs (en raison des
charge fixes). Alors pourquoi se limiter à une simple division, ou multiplication, sans tenir compte des conditions de vie de la personne concernée ?

Pour "soigner" la dignité des personnes en question, et leur apporter de vrais remèdes, il serait utile de considérer différemment
- le cas des personnes dépourvues d'un job,
- et celui des personnes en activité mais qui n'ont pas suffisamment pour vivre.

En attribuant seulement une aide financière aux personnes privées d'emploi, vous vous arrêtez à mi-chemin de votre objectif.

Tout en respectant le bien-fondé de votre proposition, il me semble préférable de considérer isolément la simplification du système de distribution des allocations, aides, etc.

Il s'agit bien là d'un deuxième projet. Cependant une trop importante centralisation pourrait nous amener vers une oligarchie administrative.
Un contre-pouvoir, simple mais bien présent devrait accompagner cette réforme.
Ceci ne pouvant se faire de façon instantanée (en raison des " allégements " d'effectifs), la mise en place du RSA me semble encore avoir toute sa raison d'être. Au moins pendant la période transitoire.

A suivre,


" Le meilleur vin n'est pas nécessairement le plus cher, mais celui qu'on partage.
Citations de Georges Brassens "

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de Bruno Lemaire le 29/01/2009 à 08h37
RMD, seuil de pauvreté et divers

Cher Martial,
je vais tenter de répondre à vos différents points et interrogations, fort légitimes.
1) a propos du seuil de pauvreté.
Ce seuil (toujours relatif à une population donnée (en France, il est différent du seuil ougandais, ou US, bien sûr), si l'on prend 50% du revenu médian, est proche de 700 euros, et si l'on prend le seuil de 60%, est effectivement de 817 € en 2008.
Le RMD est donc objectivement inférieur à ces deux seuils, et vous avez raison de le souligner. Mais le RMD n'a pas pour vocation d'être le seul revenu possible, mais d'être d'une certaine façon une 'assurance individuelle' fournie par la collectivité, assurance qui aurait le mérite d'être 'garantie'. Sachant que 4 à 8 millions de nos concitoyens (suivant le seuil retenu) vivent en dessous de ce seuil, et peut être 3 millions en dessous du niveau retenu pour le RMD, cela serait évidemment un gros progrès.


2) Il est beaucoup plus difficile d'évaluer les besoins minimum en fonction des 'nécessités de la vie', en particulier en fonction du prix de la baguette, m^me si ce serait évidemment la bonne méthode. Sur ce point je n'ai donc pas de réponse.

3) Vous suggérez de moduler le RMD en fonction de la situation de la personne concernée. Même si je conviens aisément que les charges fixes sont plus importantes quand on vit seul, cete suggestion s'oppose à mon hypothèse sous-jacente. Pour que le RMD ne soit pas considéré comme de l'assistanat, mais comme une reconnaissance par la collectivité de la dignité de n'importe quel individu, je crois essentiel que ce RMD soit indifférencié (cela aurait aussi l'avantage de pouvoir se passer de tout contôle et contrôleur...).
De plus, je pense que si deux personnes seules trouvent un avantage à être 'colocataires', cela ne peut que leur apporter un avantage relationnel, sans qu'il soit nécessaire de faire pour cela un 'contrat fiscal', deux RMD valant mieux qu'un, évidemment.

4) ce qui est possible, et ce qui est souhaitable.
Les 25% du PIB ne sont évidemment pas une règle absolue, et on peut en discuter. J'ai retenu ce chiffre (en dehors de son côté symbolique et facile à calculer : ma paresse d'ex-matheux) parce qu'il me semble être un compromis entre ce qui est possible et ce qui est souhaitable. Il ne s'agit pas de susciter toute envie de ne pas travailler: plus ce seuil serait élevé, moins on serait tenté, je pense, de travailler, et toute la construction collective pourrait s'effondrer. Mais si ce seuil est yrop bas, les exclus et les faibles dont vous vous préoccupez à juste titre ne s'en sortiraient pas.

5) En ce qui concerne votre interrogation sur les "travailleurs pauvres", dont la rémunération issue de leur travail s'avère insuffisante, je pense que le RMD peut aussi les aider.

6) Contrairement à ce que vous écrivez "En attribuant seulement une aide financière aux personnes privées d'emploi, vous vous arrêtez à mi-chemin de votre objectif", il est clair que, pour moi, le RMD s'applique à tous, et pas uniquement aux personnes privées d'emploi.

6) contre-pouvoir. Votre suggestion "Un contre-pouvoir, simple mais bien présent devrait accompagner cette réforme" me semble bienvenue.Je suis donc preneur sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, de précisions et suggestions complémentaires..

7) En ce qui concerne le RSA, autant dans une période transitoire, il peut être conservé, autant lorsque le RMD sera devenu 'universel' - au moins en France, il ne devrait plus avoir lieu d'être, c'est d'ailleurs aussi ce que vous suggérez.

Merci en tout cas de vos suggestions, interrogations, et contre-propositions, bien à vous, B.L.

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de holiman le 29/01/2009 à 17h24
En faisant simple

En france, nous sommes 64 millions.
Dont 13,5 millions de - de 18 ans.

donc 18 catégorie touchant
0 à 1 ans : 0/18*625
1 à 2 ans : 1/18*625 ...

ce qui revient à faire pour la population des moins de 18 ans : 625*9/18*13,5 millions

+ les 51,5 millions qui restent *625 =

36 milliards 406 millions 250 mille euros PAR MOIS

Désolé de casser un rêve mais je sais pas si ça va être possible. Surtout considérant la dette actuelle. En tout cas c'est bien de proposer

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de Bruno Lemaire le 29/01/2009 à 17h31
Calcul simple, solution un peu moins simple, certes

PIB: 1800 milliards d'euros (environ)
Donc par mois 150 milliards,
on arrive pour financer le RMD (de l'ordre de 23% du PIB, si on tient compte de la décote des enfants), de l'ordre de 35 milliards d'euros. Vos calculs rejoignent donc les miens ...
Financement: 33% de tout revenu (un peu moins en effet).
C'est donc possible, si on le veut.
Bien à vous, B.L.

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de Bruno Lemaire le 02/02/2009 à 10h50
retour sur la question du financement "en faisant simple"

Les prestations sociales, toutes catégories confondues, correspondent à environ 30% du PIB. Si on enlève les prestations "vieillesse-survie", on en est encore à 18% du PIB.

En différentiel, il faut donc trouver la différence entre ces 18% et les 23 à 25% que j'estime nécessaires pour financer le RMB, soit 6% du PIB, ou encore 8 à 9 milliards d'euros par mois, soit 100 milliards par an.
Bien entendu ces calculs s'entendent en année pleine, après avoir supprimé le RMI, le RSA les allocations familiales, les allocations logement et toutes les autres prestations de ce type.
Par ailleurs, ces 100 milliards d'euros annuels ne sont pas un "don" pur et simple, c'est simplement de la création monétaire décidée par l'état - c'est à dire par nous - et distribuée directement "au peuple", c'est à dire encore à nous - en ANTICIPANT sur les dépenses de consommation, et donc la production, qui en seraient la conséquence directe.
100 milliards pour "relancer la consommation" (essentiellement 'populaire', mais pas seulement), de façon à peu près sûre, se comparent heureusement, d'après moi, aux lignes de crédit de 300 milliards annoncés aux banques françaises fin octobre 2008 - et on sait que cela n'a pas vraiment servi aux entreprises et aux ménages - , ainsi qu'aux 800 milliards annoncés par le nouveau président des USA, B. Obama.

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de Leibniz le 02/02/2009 à 14h31

Cher Bruno Lemaire, avez-vous déjà présenté votre idée à des dirigeants politiques de premier plan ? Si oui, êtes vous parvenu à les convaincre de sa justesse et de la nécessité de la mettre en oeuvre ?
Cordialement, Leibniz.

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de Bruno Lemaire le 02/02/2009 à 15h27
RMD et dirigeants politiques

Cher Leibniz,
votre question est évidemment essentielle. Sans le support de politiques de premier plan – et peut être aussi de syndicalistes - l'instauration du RMD est impossible.

Je ne fais plus de politique depuis 1981 (j'avais pourtant voté pour Mitterrand et faisais à l'époque partie de la commission économique du PS: dont faisaient partie à l'époque, je crois, Michel Rocard, et L. Fabius). Je n'ai donc aucun contact particulier avec des dirigeants politiques, de quelque bord que ce soit.

Mais ayant réfléchi sur ce problème du RMD depuis près de 15 ans, je pense hélas que l’heure est venue de son instauration, seule sortie possible de crise. Je suis donc prêt à tout débat, entretien, réunion, meeting avec quelque dirigeant politique ou syndical que ce soit (j’ai envoyé mon dernier texte à l’UMP, la CGT et la CFDT, sans retour pour le moment).

Le diagnostic est simple. Les banques ne veulent prêter que « sûrement », la majorité des entreprises sont exsangues, les demandes de consommation ‘solvable’ sont en berne.
La seule solution est donc d’injecter de l’argent dans l’économie, mais pas par l’intermédiaire des banques, ni par l’intermédiaire des entreprises (qui n’ont plus assez de clients et qui ont parfois fait des choix peu judicieux) mais par l’intermédiaire des consommateurs.

Cette création monétaire, qui ne fait qu’ATICIPER la relance de la consommation, à partir du moment où elle serait stable et garantie par l’Etat, aurait un effet direct, d’abord sur la demande des ménages, puis sur la relance de la production, et donc sur l’emploi. Ce n’est que par le biais de cette confiance retrouvée que l’économie française peut repartir.

Merci en tout cas de vos encouragements, et sachez que je suis preneur de tout rendez-vous avec tout politique ou syndicaliste « de haut rang » (ou non ;-) )- quelque soit son idéologie, explicite ou cachée, affichée ou honteuse, la situation me paraissant trop grave pour faire le difficile.

Très cordialement, B.L.

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de Marc le 11/02/2009 à 23h35
Déplacement du problème

Évitons de mettre en avant des idées sous l'angle d'une moralité idéologique qui ne peut que mettre un filtre à la réflexion!

Je souhaiterai une petite précision.
Qu'elle serait la contrepartie envers la société de cette dignité pour tous un chacun? (Sociale ou économique : associatif, service national, éducation, se faire soigner)

L'homme à des droits et devoirs. Chaque nouveau droit est contrebalancé par un devoir. Lesquels ...

Pour aller plus loin, vous avez parlé de Macro.
Si cette politique se conçoit sur une zone bornée, comment la mettre en place sur une zone poreuse?

Quelle quantité de misère humaine va telle attirer?
Quelles mesures métreriez vous en face?

Merci pour votre réflexion très intéressante.


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de absolutiste le 12/02/2009 à 01h28
Moralité idéologique = filtre nuisant?

Ce qui doit être filtrer sont les mauvaises idées, pas la moralité. La reflexion ne devient pas plus ambiguë avec un arrière-plan moral. Au contraire les idées deviennent mieux articulées.

Je ne vois pas comment on peut promouvoir une idée qui parle de dignité de l'être humain sans contexte moral. De penser que la morale empêche les bonnes idées à se déveloper ou d'avoir une bonne discussion est en soi-même une fausse idée. Les idées aident à façonner nos croyances.

Penser qu'un droit est "contrebalancé par un devoir" est en soit même une déclaration morale. Premièrement pourquoi un droit, basé sur quelle moralité? Et deuxièmement, pouquoi devoir quelque chose en retour? Ce sont des questions morales au départ. Prendre soins des pauvres est une question morale. Si l'idée était qu'il soit parfaitement convenable de rassembler les pauvres le soir et leur donner de l'acide cyanique dans leur soupe pour mettre fin à leurs souffrances et alléger la société financièrement, est-ce que la moralité entre en jeux à ce moment là?

Une idéologie est définie par "une ensemble de croyances, d'idées caractéristiques d'une personne, d'un groupe, d'une société" On peut soit parler dans le vide avec des généralités et une idéologie vague qui change de personne en personne chaque année, ou on peut commencer par définir cette moralité. Il me semble que cette dernière est non seulement nécessaire mais essentielle à la conversation.

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de Bruno Lemaire le 12/02/2009 à 09h39
Morale, dignite et RMD

Pour absolutiste et lutopick.
Si je peux me permettre une première remarque ,philosophique, - même si je n'ai aucune qualification particulière pour cela, je pense qu'il y a peut-être un malentendu sur le mot 'morale'. De plus, l'un de vous pense que la morale doit faire référence a une certaine transcendance, donc a un certain absolu, l'autre à une certaine contingence, la morale etant donc évolutive d'une certaine façon avec la société. Ce n'est évidemment pas à moi de trancher, même si j'ai ma position.

Cela étant dit, je pense, en tant qu'être humain moi-même, que la dignité humaine n'est pas négociable, que c'est un 'absolu', quelle que soit l'idéologie ou la morale sous-jacente.

Enfin, de façon très terre à terre, je pense que pour sortir de la crise économique actuelle, il faut des mesures 'révolutionnaires, une véritable 'rupture' avec ce qui est actuellement propose par les différents gouvernements, le RMD me semble à cet égard essentiel.
B.L.

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de lutopick le 12/02/2009 à 09h45
précision

Mon billet est à l'attention de Marc, et certainement pas à l'attention de Bruno avec qui je partage l'idée du RMD (et de révolution ;-) ).

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de lutopick le 12/02/2009 à 08h59
peur

Toujours les mêmes rengaines inspirées par la peur et la haine de l'autre. Vous avez le sens de la justice bien mal placé.

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de lutopick le 12/02/2009 à 09h00
peur

Toujours les mêmes rengaines inspirées par la peur et la haine de l'autre. Vous avez le sens de la justice et de la morale bien mal placé.

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de Bruno Lemaire le 12/02/2009 à 09h23
RMD, droits devoirs, porosité

Cher Marc,
Je ne suis pas sur que l'on puisse 'exiger' une contrepartie à une mesure correspondant à la reconnaissance de la dignite humaine. On peut seulement esperer que l'être humain, lorsqu'il est reconnu en tant que tel, se comporte davantage comme la société aimerait qu'il se comporte. Ce peut évidemment être un vœu pieux, l'avenir le dira.

Vous dites "L'homme à des droits et devoirs. Chaque nouveau droit est contrebalancé par un devoir". Je suis d'accord avec cette position, bien sûr, mais je n'ai pas de réponse précise à cette question, c'est sans doute à la collectivité d'émettre des avis ou recommandations en ce domaine. J'ai cependant indiqué par ailleurs que le travail au noir devrait être réprimé avec la plus extrême énergie, puisque les raisons plus ou moins acceptables des 'petits boulots', accomplis pour sortir de la misère n'auraient plus lieu d'être: même chose pour les 'esclavagistes modernes' et les 'patrons voyous'.

Vous signalez aussi a juste titre le problème des frontières ou des zones d'instauration du RMD, bornées ou poreuses. Le RMD, s'il peut être instauré de façon universelle, ne peut l'être que par pays, par zone, donc en fonction de l'identité nationale de chaque personne concernée. Pour la France, on peut imaginer que chaque région française reçoive une allocation globale de l'état, et repartisse cette allocation en fonction de la démographie de la population nationale de cette même région, ce qui n'empêche pas des accords avec d'autres pays, européens ou non. Mais cela impose, évidemment, aux actuels SDF d'être recenses, de même que les sans-papiers. Je ne vois pas comment on peut distribuer ce RMD autrement. L'appel d'air auquel vous faites référence serait ainsi évité par ces mêmes mesures 'techniques', que je crois de bon sens.

En espérant avoir répondu a vos principales interrogations, bien a vous, B.L.

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de Symptomas le 12/02/2009 à 16h39
Les mots RMD comme RMI ne me conviennent pas

Individualiste, je pars de l'individu, je projette l'idée d'un homme idéal, qui peut-être admise par tout le monde, par toutes les sociétés.
Dans les contrées aux conditions climatiques extrêmes, il est naturel d'aider les personnes en difficulté, de leur offrir le gite et le couvert.
Ce sens de l'hospitalité me parait très naturel, c'est de l'humanisme.
Pour le généraliser à l'échelle d'une société, il faut créer une taxe de l'hospitalité mutuelle (par exemple)
Avec le montant généré par cette taxe, on doit donc au minimum, pouvoir se loger au plus strict (avec lumière, chauffage, etc.), se nourrir (un travail pour les nutritionnistes pour nous indiquer les besoins journaliers nécessaires)
Ce serait disons un revenus de base perçu par tous les français, à côté duquel je verrais un revenu complémentaire identique pour certaines catégories: retraités, handicapés, artistes, stagiaires en formation, bénévoles d'association (reconnus d'utilité publique), etc.

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de Bruno Lemaire le 12/02/2009 à 18h14
RMD, RMI et Taxe de l'hospitalite

Même si je ne pense pas qu'il faille attacher trop d'importance aux désignations, et encore moins aux acronymes, je tiens pour ma part au concept de Dignite.

Par ailleurs, je re-précise à nouveau que le RMD n'a rien à voir avec le RMI, pour deux raisons: le I de insertion est au mieux un faux-semblant, au pire une mascarade, car il n'y a jamais vraiment eu d'insertion (d'où la tentative de le replacer par le RSA)

La deuxième raison est plus fondamentale encore: il me semble essentiel, peut-être comme a Symptomas, que ce Revenu Minimum de Dignité - même si c'est appelé par Symptomas revenu d'hospitalité - soit universel, non lié donc aux possibilités et aux compétences "marchandes" de la personne concernée, et encore moins à son statut social.

Dernier point: je ne suis pas sˆur de bien comprendre la position du commentateur sur l'individualisme, mais je pense que nous sommes au moins d'accord sur celui d'humanisme 'hospitalier', et sur la nécessité d'une véritable rupture allant dans cette direction.

B.L.

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de absolutiste le 12/02/2009 à 18h15
Le gouvernement = organisme de charité?

Après avoir réfléchi à ce sujet quelques semaines, il me semble qu'on essaye de donner un rôle au gouvernement qui n'est pas le sien. Le gouvernement existe pour nous protéger. Le problème est que le gouvernement taxe peut-être trop les entreprises et les français. Le socialisme taxe afin que que tout le monde soit au même niveau. Réduire les taxes donnerait au français du capital pour aider les autres. Mettre un .44 sur la tempe du gouvernement ou de ceux qui sont taxés, afin de redistribuer l'argent aux "autres" (pas clair qui ils sont) est une mauvaise idée. Qui aiment aider quand il est contraint? Donner les moyens au peuple pour aider les "autres" (plus facile et mieux géré d'un à un) est une meilleure idée je pense. Vous en voulez d'autres :-): Récompenser ceux qui travaillent et qui créent des emplois. Pourquoi le gouvernement ne donnerait-il pas de l'argent aux entreprises qui embauchent et un montant semblable aux personnes qui achètent un nouveau logement ou une voiture cet année, disons 20,000 euros (ou autre montant significatif) sous forme de crédit d'impôt? En même temps, faciliter les organismes de charité à s'organiser (espaces et lieux réservés, visibles et accessible, crédits d'impôts en plus aux français qui y contribuent, transports gratuits pour ces organismes) me semble sensible. Ces organismes sont plus capable à aider ceux qui ont vraiment besoin d'aide que le gouvernement.
Il faut changer mais avec une bonne fondation morale. Oui j'adhère à un point de vue absolutiste (surprise) et non pas relativiste. Bonne récapitulation de votre part sur les deux points de vue. Il faut pas avoir peur de ces convictions morales. La loi au-dessus de la loi est là pour nous aider, pas pour être réprimée. Tout le monde y à accès. Elle se fiche des idéologies humaines.

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de Bruno Lemaire le 13/02/2009 à 18h12
RMD, gouvernement, charite et divers

Cher absolutiste,
j'ai commence à réfléchir sur le RMD il y a une douzaine d'années, en me posant aussi la question du travail et plus généralement des activités humaines (dans mon bouquin sur Karl Marx et Bill Gates).

Par ailleurs, si je suis contre le RMI et le RSA, c'est aussi parce que je pense qu'il est impossible d'assurer à chacun un travail digne, intéressant, et rentable, à la fois pour l'employeur et pour l'employé. Des compétences et des talents existent chez chacun d'entre nous, mais certaines ne sont pas 'marchandisables'.

Depuis cette même époque, je pense que si une activité est essentielle a la dignité humaine - en complément d'un revenu suffisant - ce serait une erreur de lier un Revenu Minimum de Dignité à un travail marchand.

Bien sûr, on peut associer le RMD à une activité reconnue 'utile' par la collectivité, mais qui pourrait évaluer ou décider de cette utilité, si cette activité n'est pas marchande? Le parti, une autorité suprême, l'état?

Je pense donc qu'il faut absolument octroyer ce RMD à chaque adulte, à lui de voir ensuite s'il peut avoir une rémunération supplémentaire, ou s'il peut, ou doit, consacrer son temps à d'autres activités.

Je ne vois pas non plus le gouvernement comme un organisme de charité. Le gouvernement, ou l'état, doit être au service de la collectivité, et, pour moi, redonner une Dignité à chacun de ses administrés me semble être de sa responsabilité, et même de de son devoir.

Quand aux mesures que vous proposez, dont je ne méconnais pas la qualité potentielle, elles ont le défaut, selon moi, de ne pas être simples à appliquer et de compter beaucoup trop sur la bonté individuelle - qui existe certes - plutôt que sur la solidarité collective.

En revanche, en sus de ce RMD universel, je ne suis évidemment pas contre le fait que des âmes bienveillantes ou charitables offrent des activités intéressantes à certains de leurs concitoyens.

En vous remerciant de vos critiques et suggestions, cordialement, B.L.

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de boisgerault le 14/02/2009 à 09h43
Le revenu minimum de dignité

Mr Lemaire
Votre débat m’intéresse
( j’étais artisan c’est pourquoi je préfère la sculpture pour les débats )

Révolutions sociales, les leurres sont arrivés.

Dans les années 60, l’entraide était naturelle c’était a celui qui en faisait le plus pour rendre service,
il est vrai que cette vie était un mélange de petits commerçants et artisans.
Puis la carotte a fait son apparition,
Les syndicats, les patrons et les dirigeants se sont unis pour faire avancer les ânes,
Ils ont fixés sur le dos des ânes une perche sur laquelle ils ont laissé pendre une carotte au bout d’une ficelle devant leurs nez.
La baisse des prix c’est le pouvoir d’achat pour tous,
La hausse des salaires, c’est seulement pour ceux qui le pouvoir d’agir
Qui provoque automatiquement la hausse des prix.
Pour les autres il a de plus en plus de restos du cœur.
Le pouvoir d’achat par baisse des prix c’est la demande des îles comme la Guadeloupe
En luttant contre la hausse des prix qui le est le vrai pouvoir d’achat pour tous.
La hausse des salaires pour quelques uns est aussi la hausse des produits pour tous
Je pense qu’il serais nécessaire d’avoir des échelons pour que tous le monde a un emploi a ses capacités et supprimer les restos du cœur
Si non dans quelques années une fois la crise passée il seras très facile de faire lever des régiments d’ânes pour recommencer la même connerie.
www.artcritique.fr

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de Bruno Lemaire le 14/02/2009 à 10h24
RMD, pouvoir d'achat, baisse des prix, carotte et batons

Cher Boisgerault,
vous soulignez a juste titre que l'entraide et la solidarité étaient beaucoup plus naturelles il y a quelques décades, avant l'éparpillement familial et la concentration urbaine.
Mais il ne semble pas possible de revenir en arrière, on ne peut qu'essayer de faire en sorte de limiter les dégâts.

Vous soulevez par ailleurs un problème crucial, celui de la hausse des salaires pour compenser la hausse des prix. Comme vous le dites fort justement, cela ne peut que modifier la répartition des richesses produites en faveur de ceux qui ont le pouvoir de le faire, patrons et syndicats (et banquiers).

Vous apportez donc, et je vous en remercie, de l'eau au moulin de l'instauration d'un RMD universel, qui devrait, de plus, reposer sur une fraction fixe des richesses nationales produites, le mécanisme de la carotte et du bâton devenant donc moins important, puisque les plus 'faibles' seraient assures de recevoir aussi les fruits de la croissance, quelque soit la hausse des prix - que l'on peut espérer moindre, puisque la spirale inflationniste aurait beaucoup moins de raisons d'être.

Encore merci pour votre questionnement, interrogations et suggestions, il serait souhaitable que les prétendus experts aient un peu plus de votre bon sens.
B.L.

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de Bruno Lemaire le 20/02/2009 à 12h51
RMD, avec ou sans contre-partie

L'idée de base du RMD, c'est le 'D' de Dignité, qui ne me semble réclamer aucune contre-partie, du fait de la Dignité humaine, inhérente donc à chaque individu. Cette Dignité, il faut parfois la reconnaître a priori, avant que l'individu concerné puisse parfois la retrouver, se reconnaître lui-même cette dignité, dont la société, ou lui-même, lui ont parfois semblé la refuser.
Certains commentaires, sur ce blog ou plus personnels, m'ont cependant amenés à repenser à nouveau ce point. Un dernier commentateur m'a suggéré de proposer une contre-partie d'activité 'sociale', que je préfèrerai 'optionnelle', ou facultative. Il s'agirait, par exemple, pour chaque récipiendaire du RMD, de consacrer quelques heures par mois à une activité municipale ou communale. Ce pourrait être la lecture à des personnes âgées, un peu de bricolage ou de jardinage, surveiller la sortie d'une école, 'voiturer' des anciens, etc.

Dans l'attente de commentaires et suggestions, B.L.

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de Bruno Lemaire le 26/02/2009 à 09h02
Revenu Universel, Revenu Minimum de Dignité, et chomâge galopant.

Au delà des mots, un certain nombre d'économistes, libéraux parfois, utopistes souvent, se sont intéressé à ce concept.
J'avais cité Jacques Marseille et son Allocation Universelle de 750 euros évoquée dans son dernier ouvrage, paru il y a quelques semaines.
Je voudrai ici citer aussi un économiste moins connu, qui se présente lui-même comme chômeur, et qui a développé assez précisément - et mis à jour en janvier 2009- des idées analogues, en ce qu'il nomme le RU, revenu universel: cf. http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=PagEd&file=index&topic_id=5&page_id=215
En dehors d'un montant supérieur d'allocation (qui atteindrait presque le double de ce que je propose, soit un SMIC pour chaque adulte) - sans faire référence à un pourcentage fixe du PIB - montant que je crois impossible à financer, mais on peut toujours en discuter (m^me l'association sociétalisme n'allait pas si loin), M. Simontois suggère que ce RU soit accompagné d'une incitation plus ou moins forte à travailler.
Cela peut être cohérent avec sa façon d'aborder le problème, et là encore c'est une idée à discuter.

Je reste cependant pour le moment sur ma position, à savoir que le Revenu Minimum de Dignité doit accorder a priori sa confiance à tout individu: "donnez et vous recevrez". Dit autrement, la confiance doit précéder une éventuelle méfiance. Le respect de l'individu doit précéder le jugement.

Merci cependant à tous ces auteurs, et commentateurs, parfois anonymes, pour faire progresser, chacun à leur façon, avec leur sensibilité, ce projet qui traîne dans différents cartons depuis une bonne quinzaine d'années - au moins dans mon cas - mais qui me semble de plus en plus indispensable à une sortie de crise, qui peut voir la France, si rien d'innovant n'est véritablement fait très rapidement, à perdre un million d'emplois en 2009.

Une autre idée, qui commençe elle aussi à se répandre comme une traînée de poudre, et sur laquelle je reviendrai dans un prochain billet - ainsi que sur mon blog personnel, est celle de l'instauration de monnaies complémentaires, de monnaies franches, de monnaies territoriales - non convertibles, et non émises par un état ou une banque, mais par des groupements d'intérêt.

Ces monnaies 'alternatives' reposent sur des anticipations de production et d'échange, et donc de production efficace et de demande solvable - dont l'exemple le plus important est expérimenté en Suisse depuis 75 ans, la monnaie WIR.

Affaire à suivre donc, B.L.

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de OlivierAuber le 16/04/2009 à 23h34
Appel pour le Revenu de vie (en préparation)

Bonjour Bruno Lemaire,

Je me permets de vous contacter en tant que l'un des citoyens à l'origine d'une pétition qui va bientôt circuler sur l'Internet, intitulée:

APPEL POUR LE REVENU DE VIE

Nous pensons comme vous que la crise fait en sorte que l'institution de l'allocation universelle est devenue incontournable à court terme sous peine de trouble graves.

L'objet de notre pétition est de faire connaître cette idée à nos semblables pour qu'ils se joignent à nous pour demander aux politiques de tous bords, aux syndicats et aux experts, en France et partout dans le monde, de prendre en compte cette voie dans les délais les plus brefs.

Comme vous pourrez le lire dans le texte de notre appel, nous ne prenons pas parti pour telle ou telle personnalité soutenant telle ou telle variante et tel ou tel calcul du montant de l'allocation
universelle. Nous nous tenons seulement aux idées générales. Ceci explique pourquoi nous avons opté pour utiliser l'appellation "revenu de vie" qui ne désigne personne en particulier.

Nous attendons que, contrairement à l'usage qui veut que chaque projet de loi ou de mesure gouvernementale soit le terrain d'affrontement des
partis, des clans, et des personnalités, le débat sur l'institution du revenu de vie se déroule de manière aussi sereine et respectueuse que possible.

Aussi, nous désirons recueillir les observations d'un certain nombre d'experts sur notre projet de texte écrit à plusieurs mains en vue de sa finalisation.

http://www.co-ment.net/text/989/

Nous vous serions très reconnaissants de bien vouloir nous faire connaître vos remarques sur ce projet, soit par mail, soit encore mieux par l'intermédiaire du système d'annotation en ligne que nous utilisons pour sa mise au point.

Très cordialement

Pour le collectif pour le revenu de vie,
Olivier Auber

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de Bruno Lemaire le 17/04/2009 à 07h55
Réponse à l'appel pour un Revenu de Vie (ou RMD)

@Olivier,

c'est bien volontiers que je me joins à votre démarche.
En attendant donc que votre pétition soit lancée, je vais donc aller sur votre site, http://www.co-ment.net/text/989/ ,que vous avez eu l'obligeance de me signaler.

Votre démarche a-politique, et pourtant, évidemment, éminemment politique, au sens où elle s'intéresse au sort de chacun, et donc à celui de la cité humaine, est celle qu'il faut avoir pour untel projet, et face à l'ampleur de la crise actuelle.

Je vous engage aussi à vous reporter aussi au billet qui devrait paraître ces jours-ci sur le présent site (contre-feux) dans lequel je me penche sur la question du financement Revenu de Vie, ou Revenue Minimum de Dignité, par l'intermédiaire d'une monnaie complémentaire, spécifique.

Bon courage, très cordialement, B.L.

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de OlivierAuber le 29/04/2009 à 14h42
Appel pour le revenu de vie

Bonjour Bruno,
la pétition est enfin en ligne!
http://appelpourlerevenudevie.org
Au plaisir :-)

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