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Les OGM dans l’UE en 2009

Le débat sur les OGM mobilise l'opinion, mais finit par dépasser la simple question de notre alimentation. Pourtant, les risques des OGM ont déjà été calculés, et leur réglementation en Europe est aujourd'hui cohérente.

Les organismes vivants sont en perpétuelle évolution et les conditions naturelles du milieu sélectionnent les individus et les espèces les mieux adaptées. En inventant l’agriculture et l’élevage nos ancêtres ont empiriquement procédé à des sélections qui nous ont procuré la quasi-totalité de nos aliments, de nos animaux de compagnies et de nos plantes ornementales.

 

Les modifications génétiques que cela supposent sont encore pour la plupart inconnues, souvent profondes. Pour augmenter la fréquence des mutations, l’homme a procédé massivement depuis cent ans à des mutations induites par des agents chimiques et des croisements forcés entre espèces.

 

Nos aliments n’ont donc plus grand chose de naturel depuis des millénaires. Beaucoup de plantes et animaux domestiqués ne peuvent plus survivre sans l’assistance de l’homme ni se croiser avec leurs homologues sauvages et certaines variétés sélectionnées conduisent périodiquement à des situations désagréables comme l’intoxication de consommateurs par des pommes de terre il y a plusieurs décennies. La sélection classique est donc réalisée en aveugle.  La découverte de l’ADN permet de procéder à des mutations choisies, connues, dont les effets sont plus variés, prévisibles et contrôlables que ceux de la sélection classique.

 

Les OGM 12 ans après

 

Nos aliments n’ont donc plus grand chose de naturel depuis des millénaires

Douze ans après la première commercialisation de plantes génétiquement modifiées (PGM), le bilan est le suivant. La culture des PGM dans le monde augmente de 10% par an et elle est actuellement à peu près de même niveau en surface et en revenu pour les agriculteurs des pays développés et des pays pauvres où elle augmente plus vite ; 90%  des cultivateurs de PGM sont dans les pays pauvres ; l’utilisation de pesticides est diminuée de 7,9% en matière active et la production de gaz à effet de serre est abaissée d’une valeur correspondant à la production de 5,6 millions de voitures.

 

Les risques de la sélection classique et de l’obtention d’OGM sont fondamentalement du même niveau qui est faible (voir le numéro de Biofutur de juin 2009). La manipulation des OGM, quels qu’ils soient, dans des milieux confinés, est contrôlée depuis ses débuts il y a 30 ans, et on ne note aucun accident bien que les risques soient dans certains cas bien réels et élevés.

 

La manipulation des OGM est contrôlée depuis ses débuts

Les essais de PGM en milieu ouverts sont effectués et contrôlés depuis 25 ans sans qu’il n’y ait eu de disséminations intempestives. La consommation de PGM n’est autorisée qu’après des examens spécifiques faits par des experts scientifiques, la décision d’autorisation étant prise par la Commission Européenne. Ces examens qui prennent en compte les risques présumés sont les suivants : propriétés agronomiques de la plante, structure du gène introduit dans la plante, équivalence en substance entre la PGM et la plante contrôle, tests de toxicité aiguë par administration orale à des souris de la protéine produite par le gène, tests chroniques de toxicité de la PGM  à l’aide de rats nourris pendant au moins trois mois avec la plante, tests d’alimentarité effectués chez les animaux devant consommer la PGM dans les conditions normales d’élevage, recherche des effets allergènes éventuels de la PGM.

 

Les risques des OGM

 

De ces tests, seuls le premier, le sixième et un peu le dernier sont requis pour les plantes conventionnelles. Il est possible de montrer l’existence d’un risque mais pas son absence.  Personne ne peut démontrer l’innocuité au sens strict de nos aliments traditionnels.

 

L’examen des PGM consiste donc à procéder à des comparaisons multiples avec la plante de référence. Lorsqu’aucune différence significative n’est décelée, le niveau de risque de la PGM est considéré comme équivalent à celui du produit conventionnel. Les tests de toxicité chronique de trois mois ne sont considérés que comme une alerte et non comme une preuve complète d’innocuité. Ils ne sont pas effectués systématiquement lorsque l’espèce concernée est connue pour n’avoir jamais eu d’effet néfaste pour l’homme et lorsqu’il a été montré que la protéine codée par le gène n’est elle-même pas nocive.

 

Les éventuels conflits d'intérêt des experts sont très surveillés

C’est le cas pour les maïs Bt qui par ailleurs ne se disséminent pas plus que les maïs conventionnels. Les PGM actuelles sont utilisées essentiellement pour l’alimentation animale et les éleveurs n’envisagent pas d’en interrompre l’usage. Les tests sont le plus souvent effectués par des entreprises spécialisées. Les experts sont pour la plupart des chercheurs du domaine public. Leurs activités sont organisées de manière à ce qu’ils puissent  travailler en toute indépendance des entreprises et leurs éventuels conflits d’intérêt sont étroitement surveillés.

 

Leurs avis conduisent au rejet en première instance d’un dossier sur deux et ils sont rendus publics. Les produits mis en vente doivent porter la mention "contient un OGM" si la quantité d’un OGM, officiellement accepté pour la consommation, est inférieure à 0,9% et la mention "OGM" si c’en est effectivement un. Cette mesure donne le choix au consommateur mais elle est sans rapport avec la sécurité. Le refus de la présence de toute trace d’OGM dans un produit issu de l’agriculture biologique est donc une exigence dictée non en raison des risques mais par des  considérations commerciales et idéologiques.

 

Les OGM et l’UE

 

L’UE s’est donc dotée de la régulation la plus cohérente du monde, dont elle peut  s’enorgueillir. Ceci devrait rassurer les consommateurs qui ne sont d’ailleurs pas aussi inquiets qu’on le prétend si l’on en croit une étude récente faite dans 12 pays européens. Cette étude indique que ce qui limite l’achat des OGM est essentiellement leur présence sur les étagères des vendeurs (Do European consumers  buy GM food ? (Consumerchoice) European Commission FP6).

 

Le débat actuel sur les OGM ne concerne que marginalement les OGM

Le débat actuel sur les OGM ne concerne que marginalement les OGM. Il est tentant de voir dans ce débat des manifestations diverses dont certaines sont plutôt suicidaires : combat manichéen entre le bien et le mal, déversement de l’angoisse sur le bouc émissaire du moment, recherche de notoriété à bon compte, recherche de profits bien réels, nihilisme, anti-américanisme primaire, manœuvres politiques, militantisme anti-libéral…

 

La situation actuelle n’est certainement pas idéale dans la mesure où l’exploitation des OGM est contrôlée majoritairement par quelques entreprises dont certaines bénéficient objectivement de la défection de l’UE. Cette situation a malgré tout la faveur d’un nombre croissant d’agriculteurs de pays pauvres. On prétend souvent que l’entreprise dominante des USA dans ce domaine a inventé des OGM entre autre pour mieux vendre son herbicide. Plus sérieusement, certains industriels de la phytopharmacie ne s’opposeraient-ils pas au développement des OGM dans l’UE pour pouvoir, pendant quelques temps encore, tirer le meilleur profit de la vente de leurs pesticides ?

auteur: Louis-Marie Houdebine
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de diane le 04/06/2009 à 19h52

L'opposition aux OGM se focalise surtout sur le monopole attribué à Monsanto. Qu'en est-il exactement ?

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de ToOmS le 05/06/2009 à 09h02

tt à fait ; cet article relève d'une certaine une escroquerie intellectuelle et de la propagande ! S'il est vrai que les medias focalisent le débat sur les peurs (peut-être irraisonnées) de l'opinion publique, les vrais reproches faits à l'industrie (car c'en est une) des OGM est sa tendance hégémonique et son lobbying sur l'établissement de brevetage du monde vivant.

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de Louis-Marie Houdebine le 11/06/2009 à 17h39

Monsanto occupe effectivement une position dominante mais non exclusive dans la préparation et le commerce des semences d'OGM.D'autres entreprises préparent des OGM mais aussi des laboratoires universitaires aux USA en Grande Bretagne, en Chine, en Inde, en Australie et dans un futur proche au Brésil, en Afrique du sud et de l'ouest. Les brevets initiaux sur les méthodes et les gènes commencent à tomber dans le domaine public. Ces brevets n'empêchent pas de préparer et de vendre des OGM. Ils impliquent là comme ailleurs de payer des royalties à ceux qui détiennent le brevets en négociant à chaque des conditions d'exploitation. Monsanto a déposé un grand nombre de brevets sur les OGM de deuxième génération qui ont pour but d'obtenir des produits de meilleure qualité alimentaire et gustative. Monsanto a beaucoup investi en pariant sur un développement des OGM et cette entreprise commence à faire des bénéfices importants. Au lieu de cela les entreprises et les laboratoires européens ont dû abandonner la recherche en raison des destructions des cultures. L'Europe se retrouve ainsi sous une forte dépendance vis à vis de Monsanto et autres entreprises de biotechnologie. Elle a perdu la possibilité d'utiliser l'outil OGM pour des types de production qu'elle juge utiles pour ses citoyens et ceux de pays en développement.

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de Louis-Marie Houdebine le 11/06/2009 à 17h51

Le caractère hégémonique de Monsanto n'est pas sain. Cette entreprise a pu conquérir cette position car elle a a beaucoup investi et beaucoup travaillé. Sa tâche lui été facilité par l'autodestruction des européens dans ce domaine. Les européens avaient une position enviable il y a 15 ans car les premiers OGM plantes ont été obtenus en Belgique en 1982. Des cenatines d'essais en champs ont été effectués sans problème. L'Europe est maintenant dans ce domaine hors jeu sur le plan économique et elle a perdu la maitrise de son destin.
Le brevetage du vivant n'est pas une formule appropiée. Le maïs, le soja et autres appartiennent encore à tout le monde. Les variétés OGM sont commercialisées en réservant une part pour l'inventeur, comme pour les variétés conventionnelles. Ces variétés peuvent être croisées avec d'autres pour créer de nouvelles lignées commerciales. Les variétes de Monsanto et autres sont ainsi utilisées comme les autres variétés par les entreprises semencières moyennant une redevance.

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de Longjohn le 07/06/2009 à 12h04
OGM

A vous lire M.Houdebine, les OGM existent depuis longtemps et sont le fait de l'homme qui n'a eu de cesse d'améliorer les caractéristiques des plantes. C'est vrai en un sens. Toutefois, lorsque l'on croise empiriquement des variétés, c'est une forme de pari : la nature accepte ou non le croisement. Si cela ne prend pas, il y a rejet. Si cela fonctionne, il y a une nouvelle variété dont les caractéristiques sont autres que les caractéristiques d'origine. Mais la nature les a acceptées. Donc ces PGM/OGM qui existent depuis longtemps sont probablement aussi nocifs que les OGM contemporains. Façon inversée de dire que les nouveaux OGM ne sont pas plus nocifs que les anciens. On ne peut que se réjouir.
Alors pourquoi, les tests grandeur nature de ces organismes modifiés si peu dangereux sont-ils faits dans un quasi secret ?
Pourquoi a-t-il fallu que des gens fauchent des parcelles pour qu'on impose certaines règlementations ?
Il y a une contradiction dans le discours des entreprises/laboratoires qui prétendent oeuvrer pour le bien de l'humanité et des pratiques malhonnêtes comme si elles voulaient cacher quelque chose. Peut-être me direz-vous, agissent-elles ainsi car elles se protègent de la peur irrationnelle des gens qui, réticents au progrès, détruisent des années d'efforts et de recherche ?
La lutte éternelle entre l'obscurantisme et les Lumières.
Je voudrais vous faire remarquer que plus on développe d'OGM, plus le nombre de personnes souffrant de la faim augmente de par le monde. Donc l'argument qui est de dire que c'est pour nourrir que l'on modifie dans des laboratoire ne tient pas. Je voudrais vous faire remarquer qu'il y a des pays, notamment en Amérique du Sud et en Amérique Centrale, où les paysans sont obligés sous la contrainte (parfois armée. Il est même question d'assassinats. Oui, oui. Vous avez bien lu) d'utiliser les semenses Monsanto. Semences qui ne resèment pas (car modifiées génétiquement ! Où est l'intérêt ?) l'année d'après, contrairement à ce qui c'est fait pendant des millénaires : le paysan gardant une partie des graines pour les semer et récolter.
Ailleurs, en Afrique, "C’est dans le plus grand secret que les premiers essais de coton Bt ont démarré au Burkina Faso, en 2001, en violation de la convention sur la diversité biologique de 1992 et le protocole de Carthagène sur la biosécurité de 2000. Ces traités internationaux stipulent que les pays concernés doivent se munir d’un cadre législatif et prendre les plus grandes précautions avant de commencer la culture d’OGM. En outre, les signataires s’engagent à informer la population des dangers et à ne prendre aucune décision sans une large concertation publique." Le Monde Diplomatique, février 2009. (L'article est très intéressant).
Ce qui se dessine derrière votre discours, c'est une foi quasi religieuse dans la techno-science qu'il ne faut sous aucun prétexte remettre en cause, ni même questionner. Ce se serait blasphémer. Les experts et les scientifiques sont présentés comme un clergé dont les buts sont prétenduemment désintéressés et que l'intervention du débat publique empêcherait de travailler alors que justement ils agissent pour le bien de ce peuple ignorant et ingrat.
Mais j'imagine que quand vous faites vos courses, vous vérifiez attentivement qu'il n' y a pas d'OGM dans les produits que vous choisissez. En général, les promoteurs de l'alimetaire dévoyé et du vivant marchandisé sont les premiers à exiger des produits de qualité (Bio, par exemple) pour leur consommation personnelle. Dévots de la techno-science mais pas suicidaire.

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de ToOmS le 07/06/2009 à 21h35

"Ce qui se dessine derrière votre discours, c'est une foi quasi religieuse dans la techno-science qu'il ne faut sous aucun prétexte remettre en cause"

En fait, non, c'est tout simplement l'appât du gain d'un chercheur "public" qui a fait ses p'tites recherches aux frais du contribuable (monsieur travaille à l'INRA, mais prefère parler de l'AFSSA) et veut maintenant monter sa startup pour exploiter les brevets qu'il s'apprète à déposer !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Marie_Houdebine

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de Louis-Marie Houdebine le 11/06/2009 à 19h36

Je n'entretiens aucun sentiment religieux pour quoi que ce soit. Un rationalisme tempéré me parait préférable. Je pense en effet que la science peut apporter des solutions à certains problèmes humains et que c'est le cas pour les OGM. Cette estimation s'appuie sur des don
nées objectives et non sur une quelconque religion. On ne peut pas ne dire autant de votre discours qui m'enverrait bien volontiers sur un bucher si cela était encore à la mode.
Je n'ai aucune réticence à parler des recherches que j'ai développées à l'INRA. Je ne travaille pas du tout sur les plantes mais sur les animaux et plus précisément sur les gènes des protéines du lait. Les projets appliqués que j'ai développés impliquent souvent des animaux génétiquement modifiés destinés à étudier des maladies humaines ou à préparer des protéines médicaments dans le lait. J'ai en effet participé à la création d'une entreprise (www.bioprotein.com). Cela a créé 10 emplois et a permis de préparer plusieurs protéines intéressantes (facteur de coagulation pour le hémophiles, un vaccin anti-gastroentérite) et d'autres encore qu'il faut maintenant développer. Des brevets ont effet été déposés et sans cela l'entreprise n'aurait pas ou être créée. Ces brevets sont évidemment la propriété de l'INRA. Je ne possède qu'une seule action de cette entreprise que j'ai dû acheter pour des raisons administratives. Vous préférez apparemment payer des impôts pour des chercheurs qui font des recherches qui ne servent à rien. Pas moi. Non seulement le fait d'avoir contribué à transformer les résultats de mes recherches en applications concrètes ne me pose pas de problème éthique. Je m'en poserait par contre si je ne l'avais pas fait. L'appât du gain semble beaucoup vous préoccuper. Pas moi.

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de ToOmS le 08/07/2009 à 10h38
C'est encore moi !

"Je ne possède qu'une seule action de cette entreprise que j'ai dû acheter pour des raisons administratives"

Je réalisais ce matin en me brossant les dents que cette déclaration rend mes craintes encore plus vives (comme je pense à vous, me ferez-vous remarquer) : QUI possède (et oriente) donc cette société, du coup ?

La réponse sera, je le crains : un banquier. Quelqu'un dont le sens éthique et des responsabilités sociales ne sont plus à démontrer, et certainement dévoué au développement durable, ça ne fait pas un pli...

Une autre question me taraude encore, indépendamment de vos parts dans cette société, combien vous rapporte-t-elle, au final ? Un bon salaire, une généreuse prime de "rendement", peuvent parfois compenser de maigres dividendes, comme on a pu s'en apercevoir régulièrement dernièrement...

Merci d'avance.

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de Longjohn le 08/06/2009 à 11h49
L'un n'empêche pas l'autre

J'ai parlé de foi quasi religieuse, toutefois cela n'empêche pas de s'enrichir. Cette religion-là n'est pas complexée dans son rapport à l'argent. Bien au contraire. Dans le Panthéon des divinités de notre époque, Techno-science avance main dans la main avec Compétitivité, avec Rentabilité et tout un tas de divinités mineures pour lesquelles il faut sacrifier le vivant encore et toujours pour qu'enfin, un jour, peut-être, les lendemains chanteront.

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de Louis-Marie Houdebine le 11/06/2009 à 19h45

Les lendemains qui chantent ne m'enthousiasment pas car je n'y crois pas du tout. Tout ce que l'on peut faire c'est modestement améliorer parfois les choses. En ce qui concerne le caractère sacré de la science, c'est pour le moins un concept mort et enterré. La science n'a pas beaucoup de pouvoir et la plupart des chercheurs ne recherchent pas le pouvoir. Il est évident que plus que jamais c'est l'argent qui a le pouvoir, y compris sur la science. La science a un impact sur la société, ce n'est pas la même chose.
Les OGM n'impliquent pas de sacrifier le vivant. Il s'agit de variétés obtenues avec des méthodes plus fines et mieux contrôlées que les procédés classiques.

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de ToOmS le 22/06/2009 à 11h58

"Il s'agit de variétés obtenues avec des méthodes plus fines et mieux contrôlées que les procédés classiques"

???
On fait sécréter des substances (insecticides, médicamenteuses) à des organismes susceptibles de se répandre dans la nature et on appele cela une méthode fine et contrôlée ??
C'est peut-être vrai pour vos recherches, mais je ne vois pas comment vous pouvez oser généraliser à ce sujet.

http://www.legrandsoir.info/article2630.html
cf. paragaphe "B. Risques de dissémination"

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de ToOmS le 09/06/2009 à 19h15
et puis encore, sur les OGM

http://www.lesmotsontunsens.com/ogm-rendements-mediocres-impact-sanitaire-catastrophique-mirage-s-estompe-4104

http://www.lesmotsontunsens.com/brevet-nature-20-pourcents-genes-humains-brevetes-sante-en-proces-aclu-etats-unis--4565

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de ah35 le 11/06/2009 à 14h44
inquiétude sur les avis de l'AFSSA

A tous les paragraphes sur tous les thèmes ce texte suinte les arguments d'un farouche pro-ogm. Quand on apprend qu'il fait partie de l'AFSSA on peut être légitimement inquiet de la valeur des avis formulés sur les OGM par cet organisme d'autant plus que de nombreux autres experts partagent son opinion et que des experts formulant des critiques envers les OGM ont été eux écartés de l'AFSSA ...!!! Quand il est question de commerce et d'industrie l'indépendance des experts on a déjà pu apprécier à propos de l'amiante ou du tabac par exemple

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de Louis-Marie Houdebine le 12/06/2009 à 10h29

Vous confondez un compte rendu d'expert et un texte de propagande. Je ne travaille pas du tout sur les OGM végétaux mais sur les animaux. Je n'ai pas d'intérêt personnel dans ce domaine ni de de relation avec les industriels. Mon seul soucis est de donner des informations aussi justes et compréhensibles sur les sujets que je connais et quand on me le demande. Les experts de l'AFSSA de l'EFSA et autres ne sont pas choisis en fonction de leurs opinions mais de leurs compétences reconnues internationalement et de leur indépendance vis à vis du monde industriel concerné. A l'AFFSA comme à l'EFSA nous analysons les risques d'un OGM indépendamment de l'appréciation que nous pouvons avoir sur l'intérêt de cet OGM. Les experts ne prétendent pas être infaillibles car une telle attitude serait en totale contradiction avec une approche scientifique. Vous confondez par ailleurs un avis d'experts et une décision politique. Dans le cas de la vache folle par exemple, les experts notamment britanniques ont rapidement dénoncé l'abandon du traitement des farines animales par la chaleur pour inactiver les prions. Ils n'ont été entendus que tardivement. Vous pouvez dénoncer les cas où les experts ont plus ou moins failli à leur mission et vous aurez alors la communauté scientifique à vos côté. C'est probablement le groupe humain le plus strictement évalué du monde. Cette exigence est une des conditions de son succès. La condamnation des experts en bloc est une attitude qui n'est pas nouvelle. Il y a fort longtemps quelqu'un a dit " tuez lez tous, Dieu reconnaitra les siens". Imaginez ce que serait notre société sans l'intervention d'experts. On connait le résultat, il suffit de regarder ce qui se passe dans certains pays qui n'ont pas adopté nos pratiques.

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de Louis-Marie Houdebine le 11/06/2009 à 19h01

On ne peut pas dire que les OGM existent depuis longtemps. Les plantes que nous consommons sont par contre presque toutes génétiquement modifiées par la sélection classique et souvent après des mutations induites par des composés chimiques ou après des croisements forcés avec des plantes non domestiquées. Le mot OGM est réservé aux variétés obtenues par un transfert d'un ou quelques gènes isolés, identifiés et apportant un caractère génétique choisi.
Les risques des OGM et des variétés conventionnelles sont fondamentalement du même niveau. Dans les deux situations le risque dépend au cas par cas du gène et de la pante utilisés.Il est en effet illogique de faire tant d'évaluations des risques pour les OGM et si peu pour les variétés conventionnelles.
Les évaluations, notamment celles faite par l'AFSSA pour les OGM ne sont pas du tout secrètes. Les rapports des experts sont disponibles sur internet dès qu'ils sont rédigés puis validés par la direction de l'AFSSA.
L'évaluation des risques des OGM en milieux confinés a commencé il y a bientôt 30 ans et les essais en champs depuis 25 ans. Les destructions de champs d'OGM n'y sont pour rien. Ces pratiques sont uniformisées en Europe et très voisines dans les autres continents. Il n'y rien de secret dans ces affaires, tout au plus une confidentialité transitoire.
L'avènement des OGM n'a encore eu qu'un impact positif limité sur l'alimentation humaine. Les bénéfices qu'ils apportent sont du même niveau pour l'ensemble des agriculteurs des pays riches et des pays pauvres. La part des OGM va augmenter progressivement sans jamais devenir la solution à
la faim dans le monde pour la bonne raison que la génétique, quelle que soit la méthode utilisée, ne peut à elle seule résoudre tous les problèmes. Quoiqu'il en soit, il est impossible de considérer que les OGM augmentent le nombre des gens souffrant de malnutrition. Ceci étant le riz doré contenant de la vitamine A est en cours de développement aux Philippines et il devrait améliorer la santé d'une proportion significative d'êtres humains.
Aucun OGM actuellement commercialisé n'est stérile. En achetant la semence, l'agriculteur signe dans certains cas un contrat l'engageant à ne pas ressemer ses graines plus d'un certain nombre de fois pour réserver un retour à l'inventeur. Si tant d'agriculteurs acceptent ces conditions c'est qu'ils y trouvent un avantage. Ceci ne concerne pas le maïs qui est un hybride et doit être racheté tous les ans, OGM ou non.
Pour autant que je sache, les essais de coton au Burkina Faso sont publics. Peut-être les premiers ont ils été tenus confidentiels pour éviter que les menaces de destruction ne deviennent une réalité. Les agriculteurs de ce pays commencent à cultiver à grande échelle des variétés hybrides entre un OGM de Monsanto et des variétés locales. Ces variétés hybrides ont été obtenues par les Burkinabés eux-mêmes et les accords avec Monsanto stipulent que 75% des profits reviendront au Burkina Faso. Selon certains experts ce qui freine l'utilisation des OGM en Afrique est le manque de connaissances techniques mais surtout le manque de règlementation officielle.
Je n'ai aucune foi particulière dans la techno-science ni dans aucune religion. Je ne suis, c'est le moins que l'on puisse dire, un fanatique du progrès, en tout cas du faux progrès. Les OGM permettent d'obtenir des variétés de plantes alimentaires. Il faudrait donc le faire exprès pour que cela n'apporte aucune amélioration aux techniques de culture.Il est donc logique d'explorer et d'exploiter cette méthode et ce d'autant plus que ce procédé est particulièrement réglementé. C'est tout. Si vous connaissiez mieux les chercheurs vous sauriez que celui qui serait dans l'état d'esprit que vous décrivez vis à vis du progrès ne saurait que déclencher l'hilarité moqueuse des ses collègues. J'ai participé pendant ces 6 dernières années à un enseignement européen de biothique et je fais partie d'un autre projet européen dont le but est d'évaluer les impacts socio-économiques des OGM animaux qui se préparent et sont pas encore commercialisés. Ces problèmes ne me sont donc pour moi ni inconnus ni indifférents.
Lorsque je fais mes achats de produits alimentaires je ne m'intéresse pas du tout au fait qu'ils sont OGM, bio ou conventionnels car je ne crois pas qu'un produit OGM validé puisse en rien altérer ma santé pas plus que je ne crois qu'un produit bio puisse m'apporter un quelconque bienfait.

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de stop bobards le 12/06/2009 à 12h55
agressivité ecologiste

L'agressivité des anti-OGM est assez caractéristique. Quand on est en difficulté face à des arguments, on attaque ad hominem. C'est classique en rhétorique.

Il est aussi assez savoureux que les anti-OGM parlent de 'foi quasi religieuse', alors que l'ecologisme a tout d'une religion ! Religion néo-païenne, certes, mais avec ses croyances et ses servants de messe.

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de ToOmS le 12/06/2009 à 14h29
intérêt général !

@Louis-Marie Houdebine

Je préfère effectivement payer des impôts, pour des chercheurs dont les travaux sont orientés dans le sens de l'intérêt public et pas seulement dans celui de la rentabilité.
On voit bien, par exemple, les sommes consacrées par l'industrie pharmaceutique au développement de cachets d'aspirine tandis que le monde meurt du SIDA (entre autres).
Ou encore comment le lobbying commercial voire mafieux pousse à la monoproduction de produits brevetés.

Pourquoi de tels bénéfices ne pourraient-ils pas se "développer" autrement que de manière privée ?
Les recherches sur les OGM, toutes pleines d'avenir qu'elles puissent être, sont aux mains de structures incontrôlables ; et ça sera sans doute bientôt le cas de votre officine, malgré votre désinterressement déclaré.

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de Louis-Marie Houdebine le 12/06/2009 à 14h49

Je suis complètement d'accord avec vous sur le principe. Sur la méthode, je ne sais pas. J'en suis tellement convaincu que je l'ai dit récemment lors d'une interview pour une émission de la chaine ARTE qui doit passer prochainement. L'émission est un reportage sur la préparation de protéines médicaments dans le lait d'animaux transgéniques.

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de ToOmS le 12/06/2009 à 14h47
encore un p'tit lien, à propos de Monsanto et consorts

http://www.rue89.com/2008/02/16/ogm-quand-monsanto-seme-la-terreur

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de ah35 le 12/06/2009 à 15h25
vache folle

Votre exemple sur les prions et les experts britanniques n'est pas du tout convainquant le problème était alors le "cannibalisme" et pas la réduction du chauffage des farines recyclées ....!
Félicitations pour vos succès.
Rien d'autre.

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de Louis-Marie Houdebine le 12/06/2009 à 15h53

Le terme de cannibalisme ne peut pas convenir. Ce sont des extraits contenant essentiellement les protéines de viande comme sont des extraits protéiques de plantes. Il ne s'agit donc plus de viande et de cannibalisme. Certes, il y a plus de risques à consommer des protéines globalement purifiées à partir de viande car il peut s'y trouver des pathogènes et c'est ce qui est arrivé avec les prions. C'est pour cela que le extraits protéiques de viande étaient chauffés à 135°C en présence de molécules dénaturantes. Il ne faut pas oublier que la consommation par des animaux de sous produits animaux a été proposée par Liebig au milieu du 19ème siècle et que cette pratique a été bien contrôlée jusqu'à ce que l'on supprime le chauffage et que l'on élimine plus les carcasses douteuses, pour faire des réductions de coût de production. L'utilisation des sous produits animaux permettait de faire l'économie de la préparation de protéines végétales et de la destruction des sous produits en question. L'Europe doit maintenant acheter massivement du soja, ce qui a un coût économique et écologique significatif.

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de ToOmS le 12/06/2009 à 15h45
encore une petite question

Quelle est votre position, monsieur Houdebine, sur le fameux "principe d’équivalence en substance" que l'on pourrait opposer au principe de précaution ?

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de Louis-Marie Houdebine le 12/06/2009 à 16h55

Le principe de précaution est une autre manière de suivre les recommandations du proverbe « En cas de doute abstiens-toi ». Il est appliqué en pratique pour les OGM bien avant que l’on en parle. L’ensemble des réglementations des OGM sont une application avant la lettre du principe de précaution. L’AFSSA rejette ainsi en premier instance un dossier sur deux. Pour recevoir l’agrément de l’AFSSA l’OGM doit avoir satisfait un certain nombre de tests qui sont appliqués selon un arbre de décision. Cette approche classique dans le domaine du risque permet de ne faire que les tests les plus pertinents au cas par cas. L’OGM est systématiquement comparé à la plante de référence non génétiquement modifiée. Les données minimum exigées sont les suivantes : propriétés agronomiques, structure du transgène, toxicité aigüe de la protéine synthétisée par le transgène par administrative massive à des souris pendant un temps court, composition chimique (environ 50 paramètres : protéines, sucres, graisses, acides aminés, vitamines, toxines naturelles, facteurs anti-nutritionnels, calcium, fer etc), molécules allergènes, alimentation d’animaux dans les conditions d’élevage. Si la composition de l’OGM n’est pas différente de celle de la plante de référence, on peut considérer qu’il y a équivalence en substance. Si l’ensemble des tests ne révèle rien d’anormal on peut considérer que l’OGM et la plante de référence présentent le même niveau de risque. Les autorités politiques peuvent alors décider d’accepter ou non l’OGM. Si les tests montrent des anomalies, des tests de toxicité chroniques doivent être réalisés. Ils consistent à alimenter des rats avec des quantités d’OGM ou de plante de référence aussi élevées que possible pendant des périodes de 3 mois puis de 6 ou 12 mois selon les résultats obtenus. L’agrément n’est donné que si rien de suspect n’apparait.
Le principe de précaution est donc appliqué depuis le début aux OGM. Les réglementations pour les OGM animaux sont en place ou tout près de l’être alors qu’aucun de ces animaux n’est sur le marché. Le principe de précaution et le principe d’équivalence en substance ne s’opposent donc en rien.

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de ToOmS le 12/06/2009 à 17h48

est-ce que c'est l'AFSSA elle-même qui procède à ces essais ?

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de ToOmS le 16/06/2009 à 09h58
"équivalence en substance" toujours

le postulat de départ, à savoir BT= PGM Bt est une supercherie. « L’assimilation des toxines transgéniques Bt aux préparations insecticides autorisées en agriculture biologique n’est absolument pas scientifique, poursuit Lilian Ceballos. Tout biochimiste honnête vous dira que deux molécules qui ne pèsent pas le même poids sont différentes. Or, les protéines des toxines transgéniques sont de plus petite taille que celles du BT. Et ce n’est pas la seule différence. Les PGM Bt produisent des toxines végétales sous forme soluble et active ce qui influe sur l’activité et la spécificité des protéines synthétisées puisque l’activation des toxines ne dépend plus des conditions intestinales spécifiques à l’insecte cible. Bref, ces toxines transgéniques ont une structure altérée, et leurs impacts sur l’environnement sont susceptibles d’être différents de ceux que provoquent la bactérie BT. » La suspension, en janvier 2008, de la culture en plein champ du maïs MON 810 en France a d’ailleurs été justifiée, entre autres, par cette différence : l’ avis du 9 janvier 2008 du « Comité de préfiguration d’une haute autorité sur les organismes génétiquement modifiés » stipule en effet que « la protéine produite par le transgène n’est pas identique à celle que produit le Bacille de Thuringe.(...) Seules les études à partir du maïs contenant l’évènement MON 810 sont pertinentes pour évaluer la toxicité humaine et environnementale. »
http://www.bastamag.net/spip.php?article567 (bis)

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de stop bobards le 12/06/2009 à 16h10

dans son incompétence et sa volonté de nuire (pour faire un coup mediatique) MM Robin croit dur comme fer, je cite, les études suffisantes n'ont jamais été menées, à cause du « principe d'équivalence en substance », qui établit qu'un plant transgénique est identique à un plan non modifié, et que donc, les expériences sont inutiles.

C'est completement FAUX : ce principe est une methode comparative pour analyser une variété OGM avec une variété non-OGM (pour determiner experimentalement si les 2 sont equivalents ou non). Pas un principe qui les decrete equivalent a priori ! MM Robin c'est des betises avec un grand C !

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de ah35 le 13/06/2009 à 07h22
vache folle

Votre désir d'avoir raison vous emporte dans des détails mais votre argumentation reste non convaincante. Il a été prouvé que le chauffage ne pouvait pas éliminer totalement les prions, les opérateurs anglais n'avaient à cette époque aucun moyen ni aucune obligation d'éliminer des vaches malades, la cause était principalement l'incorporation croissante avec le temps de vaches malades ou de déchets de ces vaches dans la fabrication de farines carnées destinées à la consommation par la même espèce animale (ce que pour résumer on peut qualifier de cannibalisme ). C'est aussi pour cette raison que les plans d'éradications Français et Européen ont obligé les opérateurs à éliminer les carcasses malades et les déchets potentiellement infectieux de ces bovins de la fabrication des farines carnées destinées aux bovins et à séparer les circuits de fabrications de stockage et de distribution de farines carnées destinées aux monogastriques et aux polygastriques.
Les citoyens lambda ont des soucis à se faire avec les OGM alimentaires qu'ils ne veulent pas consommer ni voir cultiver sur le territoire
Rien d'autre.

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de Longjohn le 13/06/2009 à 12h05
Le scientisme

Il est vrai que le scientisme n'est pas une religion. Ce que j'évoque, c'est la foi en la science et dans sa capacité à résoudre les defis d'aujourd'hui et de demain. En dehors d'elle, nulle solution. C'est contre cette croyance que je m'élève et non contre la science elle-même ou les scientifiques.

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de Louis-Marie Houdebine le 15/06/2009 à 21h19

Les essais de toxicité des OGM ne sont pas réalisés ni refaits par l’AFSSA ni par les autres agences dans le monde (FDA aux USA, AESA en UE). Ceci est également le cas pour les tests effectués pour valider les médicaments candidats. Ces tests sont très onéreux et impliquent le sacrifice d’un grand nombre d’animaux. Ils ne peuvent donc pas être systématiquement dupliqués. En ce qui concerne les OGM, les tests sont effectués le plus souvent par des entreprises spécialisées dans l’évaluation de la toxicité des molécules qui sont à notre contact (cosmétiques, pesticides, produits à récurer…). Les résultats de ces tests sont fournis dans leur totalité aux experts. Le nom de l’entreprise qui a réalisa les tests est indiqué. Les rapports des expériences sont signés par ceux qui ont effectué les tests. Les entreprises spécialisées dans la mesure de la toxicité des produits n’ont pas intérêt à fausser les résultats car cela détruirait aussitôt leur crédibilité et les mettrait rapidement hors jeu. Les tests sur les OGM sont plus faciles à refaire que ceux sur les médicaments car ils sont moins contraignants et il est plus aisé de se procurer les produits. Des tests ont ainsi été refaits sur plusieurs OGM par des laboratoires publics avec des rats ou des souris nourries avec des OGM pendant des temps longs allant jusqu’à un an et couvrant plusieurs générations. Ces tests n’ont rien révélé de suspect. Le processus repose donc en partie sur la confiance ce qui n’est pas forcément imprudent car la Terre n’est pas peuplée que de brutes. Il existe un grand nombre de gens qui s’appliquent à réaliser leur travail du mieux qu’ils peuvent et honnêtement. Les industriels qui préparent les OGM n’ont eux non plus pas intérêt à fausser les résultats car leur crédibilité en dépend. Dans le cas des OGM actuels, les risques théoriques sont extrêmement faibles. Le maïs a énormément été génétiquement modifié par la sélection génétique depuis des milliers d’année et aucune variété ne s’est révélée néfaste pour les consommateurs animaux ou humains. L’addition d’un gène de résistance à certains insectes nuisibles dont le produit, une protéine Bt, ne présente de toxicité que pour les insectes ciblés n’a que très peu de chance de faire apparaitre de novo chez le maïs des substances toxiques qu’il ne possède pas. Le coton constitue une situation un peu différente. Il contient en effet, comme beaucoup d’autres plantes, des toxines naturelles qui lui serve à se protéger contre des prédateurs. Ces toxines sont bien connues et leur concentration est mesurée dans l’OGM. Les OGM actuels ne sont donc pas des produits à risque et les tests de sécurité alimentaire qui leur sont appliqués prennent en compte, comme dans les autres secteurs, le niveau des risques présumés. Les OGM de deuxième génération qui s’annoncent auront été modifiés pour améliorer leurs qualités nutritives. Leur métabolisme aura donc été perturbé et cela méritera des examens spécifiques.

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de ToOmS le 16/06/2009 à 09h49

"Les entreprises spécialisées dans la mesure de la toxicité des produits n’ont pas intérêt à fausser les résultats car cela détruirait aussitôt leur crédibilité"

=> oui, on sait, comme pour les agences de notation financière...

"Les résultats de ces tests sont fournis dans leur totalité aux experts"

=> Tiens donc ?! Vous êtes en train de nous confirmer que les "testés financent et publient eux-mêmes les résultats sur lesquels ils sont jugés... cf. http://www.lesmotsontunsens.com/scandale-grande-ampleur-industrie-pharmaceutique-3706
Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que 100% des données sont bien soumises aux autorités, dans ces conditions ??


Il faudra de toute façon que l'omerta cesse, je pense que vous en serez d'accord :
http://www.lesmotsontunsens.com/ogm-scientifiques-americains-critique-firmes-ogm-monsanto-syngenta-pioneer-3478

Par ailleurs, je réitère mes élucubrations de néophyte, mais POURQUOI créer des plantes insecticides, soit disant inofensives (http://www.bastamag.net/spip.php?article567) alors que l'on sait pertinemment que les techniques actuelles de culture sont largement suffisantes ? On produit de quoi nourrir plusieurs fois la population mondiale, seulement il y en a qui bâfrent tandis que d'autres crèvent de faim. Mais cela ne vous concerne pas, n'est-ce pas, vous c'est "les animaux".
Je peux comprendre, au nom de la science, que vous ne puissiez pas vous retenir de chercher, mais votre discours et vos arguments tendent à légitimer des applications et des pratiques qui n'ont d'autre objectif que le profit à court terme.

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de ToOmS le 26/02/2010 à 11h37
Monsanto, la main dans le pot de confiture

post facto
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2991

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de Louis-Marie Houdebine le 15/06/2009 à 22h00

Avoir raison n'est pas le premier de mes soucis et en matière scientifique ceci n'a pas grand sens. Il y a ce qui est démontré et qui est probablement vrai, pour quelques temps au moins et ce qui ne l'est pas et que l'on ne connait donc pas bien. Le désir d'avoir raison ne démontre rien et ne sert donc qu'à perdre son temps dans ces domaines.
Si les carcasses de vaches de toute évidence atteinte par la maladie n'avaient pas été utilisées pour préparer de la farine destinées à d'autres vaches l'épidémie aurait été beaucoup moins grave. Quant à l'inactivation par la chaleur, elle était suffisante pour qu'il n'y ait que très peu d'animaux atteints auxquels à tord ou à raison on n'attachait peu d'importance. Certains éleveurs disent qu'ils savaient depuis longtemps que les farines de viande devaient être à l'origine de contaminations sporadiques considérées comme un problème mineur d'élevage.
La comparaison entre les prions et les OGM est difficile. Les prions sont des agents pathogènes, il y a donc une raison qu'ils transmettent la maladie. Un maïs Bt résistant à la pyrale ne contient à priori pas de pathogène puisque le maïs en tant que tel ne l'est pas et que la molécule Bt non plus. La combinaison des deux n'a vraiment pas beaucoup de chance d'engendrer une maladie et ces problèmes potentiels sont évalués alors que l'on évalue à peu près rien pour les variétés obtenues par sélection classique alors qu'il y a le plus souvent plus de différence entre les variétés classiques qu'entre un OGM et la varriété de référence qui a servi à le produire.

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de Louis-Marie Houdebine le 15/06/2009 à 22h16

Le scientisme est né si je suis bien informé au siècle des lumières dans l'enthousiasme d'un rationalisme conquérant. Il a survécu plus ou moins bien jusqu'à la seconde moitié du 20ème selon le principe de la méthode Coué. Pendant longtemps, il a été admis que tout progrès technique en était aussi un pour l'humanité. Cela était souvent vrai car l'on partait d'un niveau technique bas. Les "prouesses" techniques sont désormais si nombreuses que elles ne sont plus des prouesses. Le scientisme n'habite vraiment plus que marginalement l'esprit des chercheurs. C'est l'utilisation mercantile que l'on peut en faire qui domine. Il est vrai que la science ou plutôt les techniques continuent à être présentées par ceux qui cherchent à en tirer partie financièrement, comme un progrès allant de soi.
Ceci étant, s'il est évident que la science et plus généralement l'approche rationnelle ne peuvent résoudre qu'une partie des problèmes humains, ce n'est une raison pour la bannir avec mépris comme cela arrive trop souvent de nos jours. Servons nous au moins de cet outil pour les services qu'il peut nous rendre.

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de Louis-Marie Houdebine le 19/06/2009 à 09h20

Les informations sur le maïs Bt que vous possédez sont largement erronées.
Il est exact que dans certains OGM, c'est une partie seulement de la toxine Bt qui se trouve dans l'OGM. Il s'agit de la partie qui contient la région active de la protéine Bt. Ce fragment est naturellement produit à partir de la protéine totale dans l'intestin des pyrales pour obtenir l'effet de toxicité pour les pyrales. Il n'y a donc aucune raison de penser que le maïs Bt est plus néfaste pour l'environnement que les bactéries Bt répandues en masse dans les champs avec toutes les toxines qu'elles contiennent. De toutes façons, c'est la toxicité aigüe de la protéine courte qui a été évaluée chez des souris et la toxicité chronique du maïs Bt MON 810 donné à des rats qui ont été évaluée. Les tests n'ont révélé aucune toxicité. Des millions voire des centaines de millions d'animaux consomment quotidiennement ce maïs depuis 10 ans et aucun éleveur n'a jugé bon de ne plus utiliser ce maïs parce que ses animaux seraient malades.
En ce qui concerne les effets environnementaux du maïs Bt, il a été démontré que son utilisation a nettement moins d'impact négatif sur les insectes que les pesticides mais plus que l'absence de traitement. Il est admis aussi que les coccinelles sont de retour dans les champs de maïs Bt et que le maïs en question contient souvent nettement moins de mycotoxines cancérigènes que celui obtenu par les méthodes classiques de culture et beaucoup moins que le maïs bio.
Il ne fait plus de doute maintenant que les conclusions de la Haute Autorité ont été dictées par le gouvernement qui a obtenu ainsi le silence des Verts sur la construction de centrales nucléaires. Le sénateur Legrand l'a lui même admis. Le moratoire demandé par la France a été refusé par l'Europe. Le rapport en attaché fait par deux spécialistes contient un analyse approfondie des effets du maïs sur l'environnement. Rien n'indique que le maïs pose un problème.

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de ToOmS le 22/06/2009 à 08h44
votre dernier argument ?

"Il ne fait plus de doute maintenant que les conclusions de la Haute Autorité ont été dictées par le gouvernement qui a obtenu ainsi le silence des Verts sur la construction de centrales nucléaires"

Cela fait, certes, froid dans le dos. Mais doit-on en déduire un quelconque bénéfice ? Je pense vous faire plaisir en déclarant ici que toutes les questions écologiques (surproduction, pollutions, ogm, nucléaire, etc.) font l'objet d'une omerta scandaleuse.
Tandis que l'on nous fait fermer l'eau du robinet 3 minutes par jour et acheter des panneaux solaires, les lobbies continuent leur travail de sape démocratique en toute (in)conscience.
http://www.actualites-news-environnement.com/20060130-bioprospection-biopirate.php

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de Louis-Marie Houdebine le 22/06/2009 à 10h34

Parler d'omerta est exagéré. Le nucléaire s'est imposé il y des décennies entre spécialistes et responsables politiques sans débats publics. J'ai personnellement des doutes sur la pertinence du projet ITER mais je ne suis pas un spécialiste et cette décision lourde a été prise au dessus de nos têtes. Faut il construire des centrales EPR? Probablement oui mais pas aux dépends des énergies renouvelables et surtout des économies d'énergie. Est ce choix qui été fait? Et avec le consentement des citoyens?
Les techniques de reproduction médicalement assistée ont été réglementées peu de temps après leur émergence. Il est en de même pour les OGM. Des réglementations précises existent, ou sont en passe de l'être, aux USA et dans l'UE pour la consommation des produits issus des clones animaux et des animaux génétiquement modifiés alors qu'aucun de ces produits n'a encore été proposé pour être mis sur le marché. Le temps entre l'émergence d'une technique et la mise en place d'une réglementation la concernant est de plus en plus court. Il ne faut donc pas sombrer dans le pessimisme. Nous faisons de réels progrès. Les décisions du Grenelle de l'environnement sont pour beaucoup d'entre elles ambitieuses et judicieuses. Dans ces matières il faut laisser du temps au temps car les problèmes sont complexes et difficiles à expliquer aux non spécialistes que nous sommes tous. Il faut aussi ne pas oublier de prendre en compte le fait que ces choix démocratiques laissent de l'espace aux charlatans de toutes obédiences pour brouiller les cartes pour leur petit profit quitte à laisser un champ de ruine derrière eux.

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de ToOmS le 22/06/2009 à 10h45

"Parler d'omerta est exagéré. Le nucléaire s'est imposé il y des décennies entre spécialistes et responsables politiques sans débats publics"

Et c'est pas une omerta, ça ? Je comprends que vous défendiez votre chapelle (les spécialiste) mais vous sembliez vouloir ouvrir le dialogue avec le public.

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de ToOmS le 22/06/2009 à 10h51

Désolé, ce post est HS à cause d'une lecture trop rapide de votre propos (mea culpa)

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de Louis-Marie Houdebine le 22/06/2009 à 11h19

Votre réaction est étrange. Mon propos était de dire que pendant la première époque du nucléaire, les choix faisaient effectivement l'objet d'une omerta, et pas seulement pour le nucléaire. Il me semble incontestable que les temps ont changé dans le bon sens et qu'il y a des raisons d'être raisonnablement optimiste. Si j'ai accepté de faire partie de plusieurs commissions de biosécurité et de bioéthique c'est parce que, en tant que chercheur et citoyen, cela me semblait utile. Ces fonctions ne favorisent pas la carrière des chercheurs. Quant à penser que je défends la confrérie des spécialistes et experts en tout genre, cela n'a tout simplement aucun sens. Si vous connaissiez le travail des experts vous auriez une autre vision des choses. La seule fois à ma connaissance où les experts se sont défendus, c'était il y quelques semaines. Un groupe d'experts harcelés par des opposants indélicats a demandé qu'on les laisse travailler en paix. Si un expert est incompétent ou corrompu il faut l'exclure. Sinon il faut le laisser travailler.

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de ToOmS le 22/06/2009 à 11h44

Vous enfoncez le clou ; j'ai déjà posté un rectificatif ci-dessus.
Vous devrez tout de même reconnaître la disproportion des moyens "indépendants" face à ceux des industries OGM. Comme vous avez reconnu que ces experts travaillent le plus souvent sur la foi de rapports financés par ces industriels.

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de ToOmS le 22/06/2009 à 12h08
ma conclusion (?)

Mon impression de départ se renforce à l'issue de cette discussion. Vous faites dans votre article l'impasse sur les points essentiels de la question des OGM :
1 - l'industrialisation et la captation abusive du monde vivant
2 - la dissémination d'usines à substances n'ayant rien à voir avec une amélioration quelconque de la plante elle-même dans la nature

Si ça se trouve, les OGM vont sauver l'humanité (permettez-moi d'émettre des doutes quant à l'utilité réelle de la chose, à terme et en termes d'évolution des espèces - rapport à une surpopulation inévitable de toute façon) ; mais sûrement pas dans un contexte marchand, figé dans une quète du profit immédiat. Quoi qu'il en soit, sûrement pas au bénéfice des moins riches, on le saurait : puisque ça fait des décennies que les OGM sont partout, n'est-ce pas ?

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de Louis-Marie Houdebine le 22/06/2009 à 14h55

J'ai déjà répondu sur les problèmes de captation du vivant par les entreprises semencières et sur l'utilité des OGM. Les OGM ne sont rien d'autres que es variétés obtenues par des moyens connus au lieu d'être inconnus. Il faudrait le faire exprès pour ne pas réussir à améliorer des plantes via l'approche OGM quand on considère les bienfaits de la sélection classique. Comme la sélection classique, les OGM peuvent contribuer à réduire la malnutrition mais pas de résoudre à eux seuls le problème. Ceci a été répété maintes fois. Il ne fait plus de doute que le coton Bt permet de réduire très notablement les épandages de pesticides toxiques et de ce fait l'intoxication des agriculteurs et la pollution. Les molécules insecticides Bt entre autres du maïs et du coton sont des protéines qui ont un spectre d'action étroit sur certains insectes. Elles sont rapidement dégradés dans l'environnement.
En ce qui concerne les tests de toxicité, c'est au producteurs et non aux contribuables de payer. Ceci est le cas pour les médicaments, les cosmétiques, les détergents et autres substances. Les tests sont réalisés par des entreprises spécialisées dans l'évaluation de le nocivité des produits. Le système repose en partie sur la confiance mais aussi et surtout des données de l'arbre de décision que nous appliquons aux OGM. Les OGM actuellement commercialisés ne sont par ailleurs pas considérés comme étant des aliments à risque élevé.

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de ToOmS le 22/06/2009 à 15h45

Arrêtez DEUX MINUTES avec votre gène BT. C'est plus une antienne, c'est un mantra. Les recherches actuelles et potentielles vont BIEN AU DELA de ce gène. Il est inofensif ? Super ! ET POUR LE RESTE ?!
Qu'adviendra-t-il de ces pesticides (ce SONT des pesticides, qu'ils soient épandus ou disséminés n'y change rien) lorsque leurs cibles y seront devenues résistantes ?
Mais je suppose que là vous allez me dire "de toute façon je ne m'occupe que d'animaux, les plantes c'est pas moi"...

Vous dénoncez "certains industriels de la phytopharmacie" uniquement parce que vous voulez votre part du gâteau ! On n'a pas besoin de techniques (toujours) plus modernes d'agriculture ; et quand bien même, ce que vous proposez, c'est de l'industrialisation, du "contrôle basé sur la confiance"... tu parles !
C'est vraiment lamentable.

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de Louis-Marie Houdebine le 22/06/2009 à 18h26

Je ne répons que très exceptionnellement aux insultes.
Bonne soirée
PS votre histoire de gâteau est pathétique

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de Louis-Marie Houdebine le 08/07/2009 à 12h47

Vos commentaires traduisent une grande méconnaissance du monde des entreprises. Je ne saurais vous en blâmer car c’était aussi mon cas et cela l’est encore. J’ai dû apprendre à connaître ce monde car sans cela l’aventure qui consiste à créer une entreprise n’aurait pas pu avoir lieu. Un telle entreprise appartient à la catégorie des spin-off car elle est un prolongement de recherches effectuées par un organisme public, l’INRA en l’occurrence (une start up étant une création complètement de novo).
La création d’une telle entreprise n’est possible qu’avec l’apport financier du capital risque. Il s’agit de banques et de particuliers qui sont prêts à prendre un risque financier en espérant avoir un jour un retour financier intéressant. Les retours financiers dans le domaine pharmaceutiques sont assez aléatoires et pratiquement toujours très lents car il faut 10-15 ans pour obtenir un nouveau médicament, avec une proportion élevée d’échecs et donc d’une perte sèche de l’investissement. En contrepartie, les investisseurs peuvent gagner beaucoup d’argent lorsqu’un médicament important arrive sur le marché. La lourdeur des investissements justifient jusqu’à un certain point le niveau élevé des retours financiers en cas de succès. L’industrie pharmaceutique doit donc pouvoir bénéficier des investissements des capital-risqueurs et ces derniers doivent pouvoir profiter des succès commerciaux des entreprises qu’ils soutiennent. Il est admis que dans ce domaine industriel, les demandes des patients permettent aux investisseurs de s’attribuer des bénéfices plantureux reposant parfois sur un certain chantage qui ne dit pas son nom. A titre d’information, l’entreprise des USA Genzyme Transgenics est depuis 20 ans financée par le capital risque et qu’elle a, il ya deux ans seulement, obtenu l’autorisation de mise sur le marché d’une protéine anticoagulante, l’ATryn, extraite du lait de chèvres génétiquement modifiées. Il n’est pas encore certain que cette entreprise rentre dans ses frais avec ce médicament. Avec d’autres qui sont en cours de préparation peut-être. Ceci étant, si vous connaissez un autre moyen pour créer et financer des entreprises, faites les connaitre, vous rendrez de grands services.
L’entreprise qui m’occupe est financée par des investisseurs classiques qui espèrent un jour gagner de l’argent, mais il est patent que certains sont également sensibles au fait que les projets en cours pourraient devenir des médicaments capables de sauver la vie de patients.
En ce qui me concerne, j’ai le statut de fonctionnaire. Les relations entre les chercheurs et les entreprises sont strictement contrôlées par un comité d’éthique spécifique qui examine les situations des chercheurs au cas par cas. Je n’ai ainsi jamais fait partie de l’entreprise car il n’est pas possible de cumuler les deux fonctions. Les chercheurs peuvent bénéficier de prime de consultance dans les conditions définies précisément par le comité d’éthique et en réalité par une loi. Depuis que je suis à la retraite, je peux faire partie du conseil d’administration de l’entreprise, ce qui ne me rapporte rien du tout. J’ai dû pour cela acheter statutairement une action qui ne pourra jamais me rapporter plus que quelques kopecks. Les chercheurs qui quittent leur institut public ne doivent par ailleurs pas exploiter à leur seul profit les découvertes qu’ils ont pu faire dans les années qui ont précédé leur départ. Tout ceci est contrôlé. En ce qui me concerne, la situation est simple car l’INRA a pris des brevets se rapportant à nos travaux. Ils ont été licenciés à l’entreprise et ils assureront un retour financier à l’INRA lorsque l’entreprise fera des bénéfices. L’entreprise ne m’attribue aucune prime et cette situation n’a aucune raison de changer.
Pour terminer, je peux vous faire part d’un fait un peu éloigné mais lié indirectement à l’entreprise. L’AESA (l’agence européenne de sécurité alimentaire) a entrepris de rédiger un règlement concernant la consommation des produits provenant d’animaux génétiquement modifiés. En tant que spécialiste j’ai été sollicité pour faire partie du groupe des experts qui vont rédiger ce document. Une enquête a été faite pour tous les experts comme cela est systématiquement le cas. Bien que l’AESA tenait à ma collaboration, le comité qui évalue les conflits d’intérêt des experts a rejeté mon dossier en raison de ma participation au conseil d’administration de l’entreprise. Ceci est a priori surprenant car l’entreprise ne s’intéresse aucunement aux produits alimentaires. Il a été toutefois considéré que dans un avenir très hypothétique, les animaux dont le lait sera utilisé comme source de protéines médicaments, pourraient être utilisés pour l’alimentation humaine. J’ai donc été considéré comme juge et parti. Tout cela pour vous dire que le monde n’est pas aussi corrompu que vous ne l’imaginez car il n’est pas peuplé que de brutes et parce qu’il est contrôlé, imparfaitement sans doute, mais il l’est, en tout cas dans les domaines qui me concernent.

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de ToOmS le 09/07/2009 à 09h57

Je vous remercie beaucoup pour ces explications claires et complètes.

J'ai effectivement une vision assez cynique de notre société. La "recherche" (pardon) de profits à court terme est la règle, on ne peut le nier. Les inégalités nationales et internationales ainsi que les pollutions diverses sont bien là pour en attester. Mais vous semblez confiant et je suppose que l'exception est (encore) possible.

Pour ce qui est du financement des travaux scientifiques, j'ai déjà exprimé qu'il est pour moi impératif que l'état en soit la source. Parce que, justement, si ces travaux ont le bien public et l'intérêt général ils ne doivent pas souffrir d'une logique de profit. Je rêve...

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de Louis-Marie Houdebine le 09/07/2009 à 11h41

La recherche effrénée du profit à cout terme est pour moi rien moins qu'une barbarie profondément vulgaire. Le pessimisme est d'humeur et l'optimisme de volonté a dit un philosophe. Les crises qui se superposent nous offrent une possibilité inespérée de changer ou plus modestement de rééquilibrer les choses. Ceci étant, je crois aussi à la nécessité d'un état capable de s'opposer à la barbarie mais il ne faut pas se tromper. Les états sont souvent de mauvais acteurs en comparaison du privé. Il n'est pas raisonnable de dénier au privé le droit de gagner de l'argent. Le tout est une question d'équité qui devrait être assurée par les états et le autres représentants de la société. Ces problèmes sont très difficiles à résoudre. Des chercheurs de l'UE vont aborder certains de ces problèmes par l'intermédiaire d'un projet intitulé PEGASUS: Perception publique des animaux génétiquement modifiés-Science,utilité, société. Je participe à ce projet qui commence dans le courant de l'été.

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de ToOmS le 09/07/2009 à 12h09
Il n'est pas raisonnable de dénier au privé le droit de gagner de l'argent

si, dès qu'il s'agit de service public : éducation, accès à l'eau, à l'énergie, transports et communications, justice, etc.

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de Louis-Marie Houdebine le 09/07/2009 à 19h40

Je suis d'accord.
Bonne soirée

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de ToOmS le 10/07/2009 à 09h41
ZUT

J'ai oublié la santé et la recherche... honte sur nous !

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de ToOmS le 07/08/2009 à 10h42
besoin d'une maj

"Les essais de PGM en milieu ouverts sont effectués et contrôlés depuis 25 ans sans qu’il n’y ait eu de disséminations intempestives"

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/botanique-1/d/ogm-la-menace-des-super-mauvaises-herbes-samplifie_19036/

=> "Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique à Winfrith (Dorset), il y aurait eu transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Bien que considéré comme très faible car n’ayant jamais été détecté lors d’essais, le risque ne serait cependant pas nul."


Je répète : TRANSFERT DE GENES !
On appelle ces plantes plus maline que les autres des «super mauvaises herbes» (superweeds) ; "un communiqué émanant directement de la firme annonce que les vendeurs incitent les agriculteurs à alterner Roundup et un autre herbicide".


Retour, donc, à la case départ...

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de Louis-Marie Houdebine le 10/08/2009 à 10h34

Le fait que des plantes et en particulier une amarante résistent au Roundup est avéré. L’observation a été faite dans des champs de culture à grande échelle. Il reste donc que des disséminations d’OGM ne sont pas été observées à la suite d’essais en plein champs. Ces essais sont faits pour évaluer entre autre les risques de dissémination des OGM au cas par cas. Toute dissémination significative au cours de ces essais interdit l’utilisation de l’OGM en agriculture ou dans les élevages (exemple le colza et la betterave résistants au Roundup non autorisés dans l’UE et les saumons à croissance accélérée non autorisés en Amérique du Nord). Ces tests ne peuvent prédire complètement ce qui peut se passer lors de culture ou d’élevage à grande échelle et sous des latitudes variées.
Les commentaires des agronomes compétents (dont je ne suis pas) sur cet événement sont très sévères. Les arguments avancés pour condamner l’usage des OGM résistants au Roundup sont considérés par eux comme émanant de personnes incompétentes et partiales. Il est tout d’abord faux de considérer que l’amarante est devenue résistante au Roundup à la suite d’un transfert du gène de résistance provenant de l’OGM. Si les transferts de gènes entre plantes étaient aussi fréquents, il n’y aurait pas d’espèces distinctes et aucune plante consommable puisqu’elles sont toutes au contact de très nombreuses espèces qui contiennent des toxines diverses et parfois très puissantes pour dissuader les prédateurs naturels de les manger. L’amarante résistante au Roundup ne contient pas le gène qui a été ajouté aux OGM. Des variétés d’amarante résistantes au Roundup existaient bien avant l’invention de cet herbicide et des OGM. Le fait d’appliquer du Roundup de manière répétée au même endroit a fait émerger les plantes résistantes préexistantes. La gestion du vivant est soumise aux lois de l’évolution qui crée en permanence de la biodiversité y compris des résistances à toute sorte de choses. Les agronomes ne sont aucunement surpris de l’émergence de telles plantes car de tels événements se produisent régulièrement avec des variétés obtenues par la sélection classique. Il existe des solutions pour traiter ce genre d’incident dont l’une consiste en effet d’utiliser pendant une récolte des herbicides autre que Roundup ou d’attendre tout simplement car rien n’indique que les plantes résistantes vont se maintenir en absence de pression de sélection par le Roundup.
La présence de plantes résistantes au Roundup est donc un problème qu’il faut traiter mais pas la catastrophe que certains attendent avec tellement d’impatience qu’ils en perdent leur bon sens.

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de ToOmS le 28/08/2009 à 00h56
Bon, d'accord...

Mon troll des vacances n'a donc pas fonctionné avec vous, M. Houdebine ! Je ne suis pas vraiment surpris.

Reste que l'aura magique des OGM vient à nouveau d'en prendre un coup. Sait-on ce que Monsanto va adopter comme stratégie étant donnés les investissements faits sur ce fameux RoundUp ? L'aura magique des OGM vient de se prendre une bonne petite claque...

La Nature montre ses ressources, finalement, et ce malgré les dizaines d'années de pratique qui sont censées nous rassurer et nous convaincre ; et quand un insecte résistant aux OGM "bt and co" fera sont apparition, comment les clients de Monsanto (pratiquant largement la monoculture) vont-ils s'en sortir ?

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de Louis-Marie Houdebine le 28/08/2009 à 12h35

Je ne comprends pas bien votre message. Le troll de vacances est un concept inconnu de moi. Les OGM n'ont rien du tout de magique. Il ne s'agit que d'une autre manière de faire de la sélection génétique. Ils n'ont pas non plus d'aura particulière autre qu’artificielle.
Les pyrales résistantes à certaines toxines Bt existaient bien avant l'arrivée des OGM. Pour les maitriser les agriculteurs consacrent des champs refuges où ils cultivent du maïs non OGM et où les pyrales non résistantes se multiplient. Depuis 10 ans ce procédé a permis de limiter les pyrales résistantes. Il est possible de préparer des OGM contenant deux gènes de résistance contre lesquels les insectes peuvent difficilement développer simultanément une résistance. Une série de nouvelles variétés de maïs résistant à plusieurs insectes doit être mis en vente en 2010. Elles ne nécessitent plus autant de surface refuge.
La résistance au Roundup de certaines amarantes existait avant l’invention de cet herbicide. Le problème posé parait limité, maitrisable et impropre à remettre en cause l’approche OGM et la survie des industriels concernés.
Les problèmes des résistances ne sont pas nouveaux et ils existeront toujours OGM ou non car le vivant est en perpétuelle évolution et donc en perpétuelle adaptation. Les résistances apparaissent avec des variétés non OGM. Ce n’est pas parce que des bactéries deviennent résistantes à des antibiotiques qu’il faut cesser d’utiliser des antibiotiques et qu’il faut condamner les industriels qui les préparent. Au fil des siècles, l’homme a appris à mieux maitriser la nature qui lui est souvent hostile et à en être ainsi moins souvent la victime. Les OGM (certains en tout cas) ne sont qu’une étape de plus dans cette aventure. Ceci étant dit, il est clair et pas nouveau du tout une révélation qu’un nouveau procédé comporte la plupart du temps des côtés négatifs en plus des effets bénéfiques recherchés. Le tout est d’apprécier au cas par cas ce qui est au total plutôt le mieux selon les critères que l’on s’est donné au moment où on doit prendre une décision. Les OGM peuvent apporter et apportent effectivement des solutions nouvelles à de vieux problèmes. A prendre où à laisser au cas par cas.

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de ToOmS le 22/10/2009 à 09h42
maj

lire dans le Monde Diplomatique de ce mois-ci "Bits, atomes, neurones et gènes font BANG" (http://www.monde-diplomatique.fr/2009/10/CUEVA/18215)


"En 2007, les semences exclusives (soumises à un monopole en vertu des droits de propriété intellectuelle) constituaient 82% du marché des semences commerciales. Les géants de l'agrochimie forgent des alliances contraires à toutes les règles antitrust [...], ils passent des accords croisés pour mettre fin aux coûteux procés liés à la protection de la propriété intellectuelle".

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