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Peut-on encore relancer la croissance en Europe ?

Le croissance européenne est plus faible que celle du reste du monde depuis 20 ans. Si les crises économiques y étaient plus modérées, cela serait moins inquiétant. Or tel n'est pas le cas. Que peut-on encore faire pour tenter d'y remédier ?

Voilà plus de 20 ans que la croissance économique est structurellement plus faible en Europe que dans le reste du monde. En soi, cela serait peu inquiétant si les crises et récessions étaient également plus modérées. En effet, l’Union européenne pourrait être une région moins inégalitaire et plus solidaire que le reste du Monde où les pays récemment intégrés connaitraient un certain dynamisme leur permettant d’entrevoir un rattrapage économique rapide  et où le modèle social permettrait à chacun de vivre décemment, d’avoir accès aux soins et à l’éducation… C’est en tout les cas ce que nos décideurs nous ont "vendu" pendant des années pour justifier cette croissance qu’ils qualifiaient souvent de "molle".

 

Mais voilà, cette justification se heurte aujourd’hui à plusieurs contradictions et surtout elle masque mal les risques à venir quant à l’évolution de la situation économique en Europe.

 

Le modèle européen se heurte à quatre contradictions majeures

Première contradiction, si le modèle européen réduit le niveau de la croissance économique, c’est qu’il est une sorte d’amortisseur, favorisant une meilleure répartition des ressources  au risque de pénaliser l’initiative et l’investissement (point négatif) mais aussi la spéculation (point positif). Il devrait alors amortir les chocs négatifs. Or, ce ne fut jamais le cas : les crises économiques ont depuis 30 ans toujours été plus profondes et plus longues en Europe que dans le reste du Monde. Elles ont d’ailleurs incité nos dirigeants à progressivement affaiblir ce modèle social et à libéraliser (deuxième contradiction), sans pour autant parvenir à réduire la dépense publique, les déficits et les dettes (troisième contradiction) et on peut même dire sans réellement respecter les traités qu’ils avaient signés et pour lesquels ils avaient engagé leurs pays (quatrième contradiction).

 

La réalisation de l’euro a participé à cette mascarade

 

Chacun des pays profitant des faiblesses des règles adoptées pour tirer profit de la monnaie unique, chacun, Allemagne, Grèce, Espagne, France et les autres, a joué le passager clandestin de la monnaie unique : les uns pour s’endetter à outrance, d’autres pour mener des politiques coûteuses et creuser ainsi ses déficits (allant de ce fait à l’encontre du pacte de stabilité pourtant ratifié par tous), d’autres encore pour accroître ses exportations.

 

Il a alors suffit d’une crise pour que le monde entier se rende compte de ces contradictions

 

Les politiques d'austérité annoncées, sans précédent, font peser un risque majeur sur la croissance

Plus rapides que les autres pour évaluer les risques, les agences de notation ont très vite pris toute la mesure du problème, ce fut le déclenchement de la crise grecque. Où en est-on aujourd’hui ? Face aux risques de voir leurs notes dégradées, la plupart des pays européens ont annoncé des politiques d’austérité sans précédent supposées permettre de restaurer la confiance des investisseurs et la soutenabilité de la dette publique. Certes, il arrive un moment où la situation des finances publiques est telle qu’elle pénalise les perspectives économiques. Ces décisions font toutefois peser un risque majeur sur la croissance économique.

 

Or, sans croissance, point d’investisseurs ni de rentrée fiscale. La croissance économique repose en effet sur plusieurs facteurs, d’offre et de demande : la consommation, l’exportation et l’investissement. L’austérité pénalisant la consommation et l’investissement, seules les exportations pourraient sauver la croissance mais exporter où ? A qui ? Pense-t-on que pour sauver un si beau projet que le projet européen, les Américains ou les Chinois vont accepter une revalorisation de leur monnaie pour accroître le pouvoir d’achat de leurs populations ? Rien n’est moins sûr (c’est même probablement l’inverse qui pourrait se produire) et les Européens ne doivent, au moins dans un premier temps, ne compter que sur eux-mêmes.

 

Quelles mesures donc ? Plusieurs niveaux sont à distinguer

 

Seules des politiques favorisant l'investissement et la consommation ont des chances de réussir

Au niveau européen, la banque centrale européenne a déjà beaucoup évolué par rapport à sa politique et à sa doctrine d’avant la crise en acceptant de racheter de la dette publique. Le choix du prochain directeur sera de ce point de vue déterminant, un retour de l’orthodoxie monétaire serait certainement une mauvaise nouvelle. Du coté des Etats européens, quelles que soient les mesures adoptées pour renforcer la zone euro ou l’Union européenne, elles ne porteront des avancées positives que si, enfin, les Etats respectent leurs engagements en toute loyauté et transparence.

 

Au niveau national enfin, les politiques menées devront tenter de pénaliser le moins possible la croissance économique et les deux facteurs que sont l’investissement et la consommation. On nous dit que cela est impossible, un peu d’imagination, d’autres pays l’ont réussi avant nous par le passé : les Etats-Unis à l’époque de Bill Clinton, le Canada ou la Suède. Plus que de l’imagination, c’est du volontarisme politique qui sera nécessaire pour réduire les dépenses "improductives" c'est à dire ne générant ni consommation, ni investissement mais procurant des rentes et des avantages particuliers d’autant plus choquants après une crise économique dévastatrice.

auteur: Sylvie Matelly
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sur contre-feux.com

de IWSweT le 20/08/2010 à 19h38
Très discutable pour le moins.

Votre compétence sur ces sujets est surement très grande mais je ne peux laisser cet article sans réponse.
Premier point la croissance : on connaît le caractère très réducteur du PNB pour définir l'état de santé d'une économie.
Ecoutez Jared Diamond ou Wes Jackson parler de "Petri Dish economics" et vous verrez où je veux en venir. L'économie actuelle ressemble à une gigantesque bulle ayant oublié des fondamentaux comme son inclusion dans la biosphère et la nécessité de pallier à la finitude des réserves minérales et énergétiques fossiles. Nos sociétés sont fondamentalement impréparées au "peak-oil" par ex.
Les USA ont imposés dans les faits durant longtemps leur monnaie comme monnaie mondiale (pratique quand on a les planches à billets) l'europe n'a jamais eu ce privilège.
"Plus rapides que les autres pour évaluer les risques, les agences de notation ont très vite pris toute la mesure du problème" dîtes-vous ?
Vous n'étiez pas sur la planète en 2008 ? Cette année a prouvé que les agences de notation étaient grossièrement incompétentes ou corrompues ou les deux. Et il faudrait prendre leur opinion actuelle sur des Etats comme plus crédible que celle qu'elles émettaient sur les "too big
to fail" du secteur financier/bancaire ? Quelle note donnent-elles aux USA by the way ? Pas étonnée, ni choquée ?
Ecoutez l'intervention de William Black (spécialiste en fraude financière) sur PBS. Il parle de "Ponzi scheme" à échelle continentale, pas d'expertise prise en défaut.
L'austérité (plutôt que la fuite en avant) n'est pas nécessairement le mal absolu, mais le système fait que les plus faibles paieront pour les plus riches. On a mis dans les mains du secteur financier et des grandes entreprises tous les instruments de chantage parfaits vis-à-vis des Etats, donc les plus faibles et la classe moyenne vont trinquer et les privilèges exhorbitant s'en sortiront indemnes.
Un objectif accessible (avec 30 ans de retard) est l'indépendance énergétique (aisément accessible en 20 ans) qui nous économiserait 400 G€/an via un emprunt (à taux zéro) pour atteindre collectivement cette cible (36 fois la mise en retour), mais je gage qu'on sollicitera plutôt les fonctionnaires, les retraités, etc...
Enfin la "bulle Clinton" était du flan intégral. Sous sa présidence on a éjecté le "Glass Steagal Act" et muselé Brooksley Born (qui voulait réglementer les "Over The Counter Derivatives" (les outils de prestidigitation largement cause de l'implosion survenue en 2008).Ecoutez "The warning" toujours sur PBS et vous verrez que l'épisode Clinton était le premier étage de la crise actuelle, du trompe-l'oeil.
Quelques désaccords donc...

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de totor le 28/08/2010 à 15h35
OUBLI

"La croissance économique repose en effet sur plusieurs facteurs, d’offre et de demande : la consommation, l’exportation et l’investissement"
Et la production?
Si l'on comsomme et que l'on continue à importer on s'apauvrit.....

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