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Manifestation pour la défense des retraites
Retraites : quelques faits et beaucoup d'idéologie

En France, le problème des retraites est souvent mal posé et abordé de façon idéologique. La question centrale n'est ni le système choisi (capitalisation vs répartition), ni la durée des cotisations ni leur taux. Il s'agit du niveau présent et futur du PIB (richesse nationale), donc de notre croissance économique.

Depuis le temps qu'on en parle, on pourrait penser avoir tout dit, et tout entendu. Et pourtant.... si les faits sont têtus, les idéologues le sont plus encore. Partons des quelques faits connus, relativement indiscutables. Pour les éventuelles solutions, ce sera plus compliqué, et sûrement moins consensuel.

 

  • Fait n°1 : l'âge officiel de départ à la retraite est passé, en France, de 65 ans à 60 ans, en 1981. Ce fut l'une des premières mesures du gouvernement Mauroy, au début du premier septennat de F. Miterrand.
  • Fait n°2 : l'âge officiel de départ à la retraite varie entre 63 et 67 ans dans les différents pays de l'Union européenne.
  • Fait n°3 : entre 1981 et 2007, la population française a cru de presque 10 millions, en passant, d'après les chiffres officiels de l'INSEE, de 54 millions à 63,8 millions
  • Fait n°4 : pendant ce même laps de temps, l'espérance de vie moyenne s'est élevée d'environ 6 ans, soit un trimestre par année.

 

Après "ces données démographiques", deux ou trois faits économiques, ainsi qu'une projection démographique (quand nous disons projection, cela signifie que cela peut être faux, mais qu'il est très probable que non).

 

  • Fait n°5 : Après un taux de croissance moyen de 5,6% par an entre 1960 et 1974 (débuts de la cinquième république, le "miracle français"), depuis 1975 (premier choc pétrolier, et début de la présidence de V.G.E.) la croissance française va s'établir en moyenne autour de 2,4%, un peu moins depuis 2001.
  • Fait n°6 : Le partage des fruits de la croissance (très ralentie depuis 20 ans). La part des salaires dans le Revenu National, qui est restée très longtemps autour de 70% (jusqu'en 1975), pour atteindre près de 74% en 1982 (avant le premier plan de rigueur du gouvernement Mauroy) est redescendue aux alentours de 65% depuis 1989.
  • Projection démographique: la part des seniors (plus de 60 ans) qui est passée (c'est un fait) de 18% en 1975 à 25% en 2005 culminera à 32% en 2030, la part des juniors (moins de 20 ans) passant dans le même laps de temps de 32% à 21%, ce qui implique pour la population 'intermédiaire' (donc entre 20 et 60 ans) une certaine stabilité, puisqu'elle passera de 50 à 48%.

 

Que faut-il conclure de cette série de chiffres?

 

Tout d'abord, que le niveau de vie moyen de la population française, si le rythme de croissance démographique reste ce qu'il est (croissance davantage dûe à l'allongement de la durée de la vie et à une immigration continue qu'à une forte natalité, mais peu importe ici), c'est à dire d'environ 0,3% par an, et si le taux de croissance reste dans les fourchettes envisagées (de l'ordre de 2à 2,2% par an), peut continuer à croître, lentement mais sûrement, d'environ 1,8% par an. Ce n'est pas le taux de 5% des Trente Glorieuses, mais ce n'est pas si mal.

 

Le niveau de vie général, celui des actifs comme celui des inactifs, est nécessairement lié au niveau du PIB

 

Si ce PIB continue à croître (en volume, c'est à dire de façon réel, en euros constants, et pas seulement en prix), le problème des retraites sera plus généralement lié au problème de la répartition du revenu national, ce qui est à la fois un problème politique, social, et économique, et donc idéologique, au sens plus ou moins noble du terme.

 

C'est à ce niveau, idéologique, que les choses se gâtent, si l'on peut dire. S'il y a plusieurs tendances parmi les économistes - on dit souvent que lorsque deux économistes se rencontrent, ils ont au moins trois points de vue différents, c'est tout dire - on peut, en simplifiant, considérer deux visions assez nettement différentes.

 

  • La première considère que le problème de la répartition du revenu national ne peut être séparé arbitrairement de la question de la production. En d'autres termes, la taille du gâteau dépend de la façon dont on a décidé a priori de la répartir, la bonne volonté des cuisiniers étant liée à ce que ces mêmes cuisiniers pensent pouvoir déguster de leur préparation culinaire, et donc de leurs talents et de leur travail.
  • La deuxième vision, assez nettement différente, consiste à dire : faisons un gros gâteau, on verra après comment on se le répartit.
  • Une troisième vision, plus caricaturale, consisterait à se dire: peu importe la taille du gâteau, du moment que chacun en a une part équivalente, ou, petite variante, en a une part correspondant à son appétit : à chacun suivant ses besoins, de chacun suivant ses moyens.

 

Le coeur de la question des retraites n'est en rien lié au pseudo débat "retraite par répartition vs. retraite par capitalisation"

 

Dans les deux cas, capitalisation ou répartition, le niveau des retraites ne dépendra pas de ce qui a été économisé dans une vie antérieure, mais de la taille présente, et future, du gâteau national. S'il n'y a plus de cuisiniers, il n'y aura plus de gâteau, et donc pas davantage de retraites. On peut certes discuter sur le fait que la retraite par capitalisation est plus individuelle, et peut être plus motivante - ce qui est possible, mais ce qui reste à prouver - qu'une retraite par répartition, plus collective. Mais le problème majeur n'est pas là.

 

On revient toujours à la question de fond : le gâteau national va t-il continuer à croître ?

 

Si oui, cette croissance dépend évidemment des actifs, la population 'intermédiaire', ceux qui ne sont ni juniors, ni seniors (en principe du moins) et qui ont un emploi. Si les actifs acceptent qu'une partie un peu plus importante de ce qu'ils produisent effectivement, et actuellement, aille aux inactifs (une proportion un peu plus grande pour les 'seniors', une partie un peu plus faible pour les 'juniors'), le problème des retraites sera réglé.

 

Précisons à nouveau, au risque de lasser, que le véritable problème est bien plus celui du niveau de vie - en croissance moyenne de 1,7% - que celui des retraites. Il est clair que si les actifs veulent retrouver une croissance de pouvoir d'achat voisine de celle des années 1960 - 5 % par an - , avec une croissance de 2 à 2,2% seulement, les retraités vont souffrir. Mais s'il y a, au contraire,  un consensus national pour que le niveau de vie moyen croisse aux alentours de 1,7 à 1,8%, le problème du financement des retraites sera un problème relativement simple à régler, dès lors que - projection démographique oblige - la part des "activables" (nos "intermédiaires", les personnes ayant entre 20 et 60 ans) restant stable et voisine de 50%. Dans ce contexte, ce n'est qu'en cas d'une diminution de la croissance, voire d'une régression, que les choses pourraient devenir difficiles.

 

Mais la question des retraites ne serait toujours pas la question fondamentale. L'appauvrissement éventuel de la France, ou sa place dans le concert économique des nations, et donc dans le contexte de la mondialisation, nous semblent bien plus fondamentaux. Bien plus importants, en tout cas, que la question de l'éventuel allongement de la durée des cotisations, ou qu'un relèvement très léger, mais peut être indispensable - au moins à la marge - du taux des cotisations.

auteur: Bruno Lemaire
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de Michel Dumagne le 16/06/2008 à 11h08
Valorisons le salarié!!

Pourquoi espérer plus de croissance pour nous sauver du problème des retraites, alors qu'il suffirait de se servir dans la forte augmentation des revenus du capital?

Nous sommes à la fin d'un système, et c'est un pro libéral qui vous le dit!
Ce système est celui de l'actionnaire roi. Je ne parle pas du petit porteur, anobli par Wall Street pour lui faire accepter plus facilement les inégalités croissantes, mais bien des spéculateurs.
Il fut un temps où les aristocrates de l'économie étaient les chefs d'entreprise. On était dans la logique de l'entreprenariat. Il fallait avoir des idées, et ensuite se débrouiller pour trouver les subventions.

Aujourd'hui, chefs d'entreprises et salariés sont dans le même bateau, avec pour capitaine l'action, ou plutôt l'actionnaire.

A quand un système économique qui tournerait autour et pour le salarié, car nous sommes tous des salariés, et à ce titre, dans une conception libérale (et non seulement capitaliste), nous méritons de recevoir les fruits de notre productivité!!


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de Bruno Lemaire le 25/08/2008 à 13h52
sur "Valorisons le salarié", réponse à M.D.

Nous sommes certes à la fin d'une époque, les salariés souffrent, et l'écart entre les riches (très) et les pauvres (très) n'a jamais été si grand. Il st vrai aussi que le partage entre les revenus du capital et ceux du travail favorise davantage le capital qu'il y a trente ans. Mais je ne suis pas sûr du tout qu'il suffirait de "faire payer les riches" pour gérer le problème des retraites, qui fait partie d'un problème beaucoup plus vaste, lié aussi à la question du niveau de vie. Vers quelle société veut-on aller, faut-il continuer à aller vers une expansion démographique de plus en plus grande du côté des pays pauvres, et à une stagnation, voire une diminution de la population des pays développés, sans prendre en compte véritablement l'épuisement des ressources fossiles de la planète? Le triplement de la population de l'Afrique, dans augmentation concomitante de la production, quelle qu'en soit l'indicateur retenu pour la mesurer, ne peut pas non plus être exclu du problème? Là encore suggestions et idées, de préférence originales,bienvenues, sachant que la "science" économique n'a de science que le nom, elle n'existe pas vraiment, du fait d'un manque évident d'invariants ou de lois fondamentales, ce que disait déjà Stuert Mill il y a deux siècles. Cordialement, B.L.

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de inverness le 26/08/2008 à 20h36
Faire payer les riches...

... pourraient être peu productifs.
Mais, j'en ai aussi plus que marre, que l'on ne parle que de pragamatisme. Mon père disait; "quand on paye beaucoup d'impôt, c'est que l'on gagne beaucoup d'argent". Du bon sens.
Alors, faire payer les riches serait plus une question de civisme et de morale.
Certains vont dire, mais les riches vont partir, et nous avons besoin d'eux, de leurs capitaux, ou de leur intelligence... quelle bêtise!!!Comme si les riches avaient un QI plus élevé que la moyenne. Sans le I, il est vrai qu'il est plus élevé que la moyenne, et cela permet d'évacuer le stress, pour plagier au second degré, Georges Brassens.
Alors, si les riches veulent partir, et bien qu'ils se barrent, car on pas besoin de ces inciviques qui apportent plus de mal à la société qu'il n'en apporte de bien.
Cordialement,

inverness du loch

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de Xavier Renou le 19/06/2008 à 09h34
les oublis habituels : revenus du capital et productivité

Bruno, vous omettez de parler de la productivité du travail, en augmentation constante, et qui permet de soulager le ratio actifs employés/inactifs retraités... Sinon votre article est déjà beaucoup plus honnête que la moyenne de ce qui s'écrit sur le sujet, mais vous pourriez davantage parler de la possibilité de taxer le capital, afin de mieux répartir un gâteau dont la Terre ne peut plus accepter qu'il continue de croître indéfiniment...

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de Bruno Lemaire le 25/08/2008 à 14h00
sur "la productivité du travail et la taxation du capital"

S'il était prouvé, ce que même Stiglitz n'ose affirmer, que taxer davantage le capital n'aurait aucune influence négative sur les décisions de production des entreprises, pourquoi pas, effectivement...
En ce qui concerne la productivité (apparente du travail), lorsque vous remplacez une machine opérée par deux hommes par deux machines opérées par un seul homme, on pourrait dire que la productivité apparente du travail a quadruplé. La seule chose que l'on peut dire à ce sujet, c'est que la mécanisation a plutôt tendance à supprimer des emplois - dans une industrie donnée - qu'à augmenter les revenus des travailleurs concernés. Là encore, attends suggestions, critiques et idées novatrices, tout en étant bien conscient que le problème de la valorisation des actifs (capital matériel et machines inclus) et de la "juste rémunération" des salariés est un problème quasiment insoluble, comme le débat des deux Cambridge (Robinson vs. Samuelson) l'a montré autour des annéés 1970. Je pense qu'une démarche consistant à intégrer les externalités négatives (matérielles et sociétales, voire psychologiques) serait sans doute une piste à suivre, aussi subjective soit-elle.
Cordialement, B.L.

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de inverness le 23/08/2008 à 20h00
Ne pas exagérer quand même

inverness pense ce qu'il ne dit pas et ne pense pas ce qu'il dit

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de inverness le 23/08/2008 à 20h35
Niveau de vie ?

Question: comment définir le niveau de vie ? Est-ce que, lorsque les jeunes achètent des sonneries de téléphone portable, ils ont un meilleur niveau de vie ?
C'est une question clé que les économistes ne se posent pas: la croissance, oui, mais quelle croissance ? Je suggère de faire en sorte qu'il y ait davantage d'accidents de voiture, car cela aura un impact sur le PIB, et donc le niveau de vie des gens augmentera (pour ceux qui restent!!).

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de Bruno Lemaire le 25/08/2008 à 13h43
la question sur le niveau de vie posée par inverness

Vous posez là, bien sûr, une véritable question. Comment mesurer le niveau de vie, et qui en décide. La seule chose que l'on peut dire, c'est qu'en l'absence de trop grandes modifications technologiques et/ou sociétales, on se contente de poursuivre les tendances observées dans le passé, comme tout bon, ou mauvais, comptable, qui ne se pose pas vraiment de questions sur le sens des chiffres. Mais la période actuelle est très loin d'une période de grande stabilité. Aussi, je pense que ce sont les consommateurs/citoyens, et non les économistes, ou affichés tels, qui devraient, pour le moins, définir leur "panier", à charge pour les experts d'en déduire un peu plus de "vérité". Mais, là encore, comment comparer des pommes, des poires, ou des scoubidous. L'école de Sraffa avait essayé, sant succès, de définir une marchandises-étalon, permettant de faire des agrégats, indépendamment des envies, nécessairement subjectives, des consommateurs.
En ce qui concerne les accidents de la route, qui font effectivement crôitre le PIB tel qu'il est calculé actuellement, cela restera un problème, tant que l'on ne diminuera pas le PIB des externalités négatives et autres nuisances faites soit à l'environnement, soit plus directement à l'humanité. Si vous avez des idées sur la question, je suis preneur.
Très cordialement, B.L.

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de inverness le 25/08/2008 à 22h17
Surtaxons les produits inutiles..

Si j'ai compris le sens de votre phrase, vous dîtes que ce sont les consommateurs, et vous préciser consommateurs/citoyens, qui devraient décider des produits sur lesquels, les entreprises pourraient davantage chercher à innover.
Pas en désaccord avec vous.
Mais comment ? Et puis qu'est-ce la définition d'un consommateur/citoyen ? Lorsque l'on dit ceci, à un économiste de renom, il balaye la question d'un revers de main. Et voilà, surtaxer les produits inutiles, sans les interdire, est impossible car on ne peut pas juger, de ce qui utile pour le bien-être de la société et de ses éléments: nous, les humains. Alors, on ne vas pas plus loin et l'on ne développe pas la recherche sur cette question.
Mais, les consommateurs/citoyens se font totalement berner par les économistes qui ne sont que les domestiques de l'argent, et de ceux qui le possèdent. Les économistes intelligents ne font que caresser la bête dans le sens du poil, et de prétendre de plus en plus, qu'il faut tout déréglementer, car c'est la meilleure façon pour le monde de s'enrichir. La boucle est bouclée. Ils s'entourent de commerciaux intelligents, de publicitaires intelligents, et leur seul but, est de se faire un maximum de blé. Alors, on vend des tous petits bouts de tissu, qui ne coûtent rien à des prix exhorbitants: les strings. On fabrique en Inde ce que l'on vend de plus en plus, et ce qui est acheté n €uros, on le revend 8n €uros en Europe occidentale, etc....
Les publicitaires aussi sont intelligents et connaissent la théorie sociologique de la soumission non-forcée.
Alors, pourquoi ne pas créer un groupe d'individus, hommes ou femmes, ouvriers ou universitaires, patrons ou syndiqués, célibataires ou pas, hétérosexuels ou homosexuels, .... bref, un échantillon représentatif de la population que nous sommes, d'un point de vue qualitatif et quantitatif, de manière statistique. On éduquerait ce groupe aux techniques de l'esprit crtitique, à la sociologie, à l'économie, et l'on montrerait des études scientifiques faites sur les nouveaux produits. On donnerait des critères très précis pour juger de l'utilité d'un produit: il nuit à la santé (physique ou psychique) ou il ne nuit pas. Il apporte quelque chose à la société ou il n'en apporte pas. Il nuit ou ne nuit pas aux équilibres écologiques.
Je sais ce n'est pas simple. Mais penchons nous sur la question au lieu de la renvoyer d'un revers de main.
Alors, les produits jugés dangereux sont interdits, les produits jugés n'apportant rien de dangereux à la la société, et non plus à l'écologie , mais par contre n'apportant rien à la société, sont permis mais surtaxer à 100%. Pourquoi permis ? Parce que, par rebond, un produit inutile, peut apporter un second produit utile. Et les produits jugés à la fois bons pour l'écologie, non nuisibles à la santé, et apportant un mieux-être pour la société sont totalement détaxés. Ceux que l'on ne sait pas juger avec certitudes (beaucoup, sans doute) seront taxés normalement.
Bien sûr, certaines choses, ne peuvent pas être jugés de cette manière: l'art par exemple. L'art est une notion tellement personnelle, qu'elle est inclassable. Et limiter l'art, tant qu'il ne pousse pas la société vers des directions nuisibles... et encore ? Quel immense écrivain, Céline et quel immonde individu. Mais son art était un art véritable.

On va me dire, la société !!! Mais, chacun a le droit d'avoir ce qu'il veut, tant que cela est légal. Sauf que la société, c'est nous tous, et ce qui peut apporter le plus à la société, apporte le plus à une majorité d'individus. Mais, même la minorité, en les payant plus cher, pourront acheter des choses inutiles. Ils ne seront pas interdits mais surtaxer.

J'écris comme je pense, grace à inverness.

Cordialement.

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de Bruno Lemaire le 25/08/2008 à 22h51
surtaxer les produits inutiles

Hélas, toute la difficulté est là: qui va juger des produits inutiles. Il est clair que la réponse "marchande" n'est pas suffisante, même si on a fait dire bcp de choses au marché. Ce n'est pas non plus aux 'économistes' à décider, c'est effectivement un problème de société. Quand à fabriquer un échantillon représentatif de la société, pourquoi pas, à ceci près peut être que certains renseignements privés ne sont pas accessibles, de par la loi sur le respect de la vie privée. Mais ce n'est sans doute pas insurmontable. Ce qui pose véritablement une difficulté, c'est qu'aucune nation n'est en autarcie, et que les échanges internationaux ne vont pas vraiment dans le sens d'une harmonisation universelle. aussi, plutôt que d'appeler à une mondialisation harmonieuse, il vaudrait mieux procéder, je pense, par étapes. Se mettre d'accord, par un moratoire ou par d'autres types de contraintes à imaginer, et ce au niveau d'un pays, voire d'un continent, sur ce qu'il est loisible de produire, ou de ne pas produire, tout en sachant que le rôle des entreprises, qu'on le déplore ou non, est d'engendrer des surplus, c'est à dire, en termes monétarisés, puisqu'il faut bien en passer par là, de produire plus qu'elle ne consomme. Aucune société ne peut fonctionner durablement autrement. En revanche, que certains produits soient interdits, à la production ou à l'utilisation, pourquoi pas. Il n'y a pas de liberté sans contraintes, on l'oublie trop souvent, encore faut-il que ces contraintes soient clairement définies, et qu'elles s'appliquent à tous. Mais le problème de qui décide, et qui fait respecter cette décision, reste entier.
En ce qui concerne la pique, en partie méritée, qui vise les économistes, je ne suis pas sûr que les économistes soient tous, ou m^me la plupart, au service de l'argent. Mais vu l'absence de lois fondamentales en économie, à quelques exceptions près, il faut bien qu'ils émettent idées ou réflexions, et qu'ils trouvent des bailleurs de fond pour cela: il faut bien vivre ... Dire que le roi est nu ne rapporte pas beaucoup... Quoiqu'il en soit, la période actuelle montre bien que les économistes, de quelque bord soient-ils, ne détiennent pas la vérité, bien loins de là. S'ils se contentaient d'émettre des propositions de bon sens, ce serait déjà pas mal...
Cordialement, B.L.

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de inverness le 26/08/2008 à 20h35
Faire payer les riches...

... pourraient être peu productifs.
Mais, j'en ai aussi plus que marre, que l'on ne parle que de pragamatisme. Mon père disait; "quand on paye beaucoup d'impôt, c'est que l'on gagne beaucoup d'argent". Du bon sens.
Alors, faire payer les riches serait plus une question de civisme et de morale.
Certains vont dire, mais les riches vont partir, et nous avons besoin d'eux, de leurs capitaux, ou de leur intelligence... quelle bêtise!!!Comme si les riches avaient un QI plus élevé que la moyenne. Sans le I, il est vrai qu'il est plus élevé que la moyenne, et cela permet d'évacuer le stress, pour plagier au second degré, Georges Brassens.
Alors, si les riches veulent partir, et bien qu'ils se barrent, car on pas besoin de ces inciviques qui apportent plus de mal à la société qu'il n'en apporte de bien.
Cordialement,

inverness du loch

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de Bruno Lemaire le 26/08/2008 à 23h32
faire payer, ou non, les riches

Pour répondre sur le fond, et non sur la forme, sans doute liée à votre exaspération - ce qui est votre droit, bien sûr - je pense qu'il y a riche et riche. Comme le disait Keynes il y a 80 ans, lui suggérait d'euthanasier les riches dormants, les non productifs, à savoir ceux qu'il appelait les rentiers (pour cela, il suggérait l'arme - presque fatale - de l'inflation). Mais un riche entrepreneur, qui fournit la possibilité de travailler à des milliers de collaborateurs, je ne suis pas sûr qu'il faille vraiment le tondre outre mesure. Les entrepreneurs ne sont pas nécessairement plus intelligents, mais ils ont une grande qualité, ils entreprennent. Je pense qu'un patron de PME qui gagne 15 à 20000 euros par mois, en assyrant du travail à 200 ou 300 salariés, mérite au moins autant d'estime qu'un Schumacher ou un zidane, voire une Manaudou, qui gagne en quelques mois ce qu'aucun patron de PME ne gagnera en toute une vie. Il y a donc bien riche et riche, à mon avis du moins. Cordialement, B.L.

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de inverness le 24/09/2008 à 22h34
Deux réponses à deux questions :

Pourquoi les Khmers rouges ? Pour montrer que les bonnes intentions, et les paroles ne suffisent pas, si on considère par ailleurs, qu’il existe des ennemis espions ou collabos. Parce que mis en pratique, ces idées généreuses à la base, sont fondés sur un être humain qui n’existe pas : l’être parfaitement civique. Alors, on se méfie de tous, et puis on finit par s’en débarrasser, et en particulier des « intellectuels ». Je ne vois pas, à ce jour d’alternative au libéralisme et éthique (c'est-à-dire régulé par des lois). L’économie de type soviétique a été non seulement un terrible échec, mais aussi a fait des millions de morts, de soit-disant traîtres. Vous n’êtes pas sans le savoir. Trotsky (qui serait soit-disant mieux) a fait assassiner des femmes et des enfants, pendant la guerre entre blancs et rouges. Cette pensée généreuse a presque toujours abouti à la fois à des massacres et à un échec économique. Il existe quelques dictatures « soft » qui n’ont pas massacré en masse, mais c’est tout de même assez rare.
Ne pas tenir compte de l’histoire est une erreur.

« VOUS PENSEZ QUE C'est une FATALITE (par rapport à une baisse de notre niveau de vie) »Si vous utilisez le terme fatalité au sens, qu’il n’y aura pas d’alternative, oui, je le pense.
Pourquoi ? Parce le déséquilibre des richesses, que vous dénoncez au niveau de la planète entre pays riches et pays pauvres, a encore augmenté, et de manière importante.
Ces gens-là, ont quand même le droit de se développer eux aussi et d’avoir une vie décente. Un RMIste en France gagne par moi, plus que le salaire annuel moyen d’un malien qui travaille.
C’est une chose que je dénonce, car dans le même ordre d’idée que la dénonciation justifié des écarts de revenus en France.
Mais, un revenu quand quelqu’un est excessivement riche se transforme en patrimoine à la marge, et cet argent est investi dans des entreprises (pas toujours françaises, mais pue importe).
Un patrimoine ce n’est pas pareil. On ne peut pas investir un château dans une entreprise, où alors cela devient un lieu de travail, ou on le vend.
30% de la population mondiale détient aujourd’hui 70% du PIB mondial. En aucun cas, ramener ceci à de très rares individus immoraux qui s’en foute plein la poche, est faux.
Il est clair que cette injustice inégalitaire que vous dénoncez, il faut aussi la dénoncer au niveau du monde. Car, cette injustice encore pire pousse les africains, par exemple, à partir de chez eux pour survivre, et parfois se tuent dans la mer. Un SDF est en France pris en charge par les services sociaux et ceux qui meurent de faim sont rares. Cette injustice là est bien pire que celle de l’inégalité dans notre pays. Pourquoi l’Afrique noire ne se développe pas : tout d’abord (et quoi qu’en disent les partisans du colonialisme positif), les pays européens et la France en particulier n’ont créé que fort peu d’infrastructures dans ces pays, et de plus ces infrastructures avait un seul objet, celle de profiter aux colonisateurs. Parce que nous n’avons que fort peut éduquer ces pays là au travers des écoles. Parce qu’en décolonisant, nous avons laissé des despotes en place, qui ne faisaient que s’enrichir et faire profiter les français. Parce que les africains doivent aussi être dans une véritable logique d’indépendance, et faire tout leur possible pour entreprendre et se développer par eux-mêmes, avec l’aide des occidentaux, mais une aide sans contrepartie économique, mais avec des contreparties de résultats.
Et puis, posons-nous les bonnes questions : qu’est-ce qui est le plus important ? Posséder plus de biens, ou être plus heureux ?? On peut être très aisé, et très malheureux en même temps.
La croissance, oui, mais quelle type ?? Construire des télévisions de plus en plus plate, grandes, et très chères, pour y voir des âneries ? Il y a de la bonne croissance et de la mauvaise. La mauvaise croissance tire parfois son profit du malheur d’une partie de la population. Nous avons tous eu des morts dans nos familles. Y a t il un seul individu qui a étudié l’évolution du prix des cercueils ? Parce qu’il s’agit d’un moment, où nous sommes malheureux d’avoir perdu un être cher, et parce que nous voulons le meilleur pour celui qui va nous manquer. Nous sommes dans l’émotion. Mais, le vendeur de cercueil est lui dans le commerce, et profite la plupart du temps, de notre faiblesse émotionnelle. Il s’agit d’un exemple caricatural, car de toute façon cela ne changerait pas la face du monde.
Mais, aujourd’hui les économistes ne se posent pas beaucoup la question du type de croissance, car on parle quantité, mais pas qualité.

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de inverness le 29/08/2008 à 14h36
12000€ par mois

Gagner 12000€ par mois ne me scandalise pas du tout. On ne peut pas parler de revenus extraordinaires pour un chef d'entreprise qui emploit 300 ou 500 salariés.
Mais, les entrepreneurs entreprennent le plus souvent parce que leurs parents le faisaient avant et qu'ils avaient déjà des bases pour travailler.

Maintenant, penser que ce ne sont que ces gens là qui créaient la richesse d'un pays, est une vaste fumisterie.
Un très grand entrepreneur peut faire tout ce qu'il veut, mais sans employé, il ne fera rien du tout.

Une maison ne se construit pas uniquement avec un architecte. Il faut aussi des bâtisseurs,...

Ceux qui ne pensent qu'à l'argent sont des inciviques qui poussent les autres à en faire autant de manière indirecte. Comme on dit l'exemple vient de haut, et l'argent va à l'argent.

Je serai ravi qu'un Bolloré quitte la France. Comme cela, il y aura un peu plus de morale dans notre pays.

Et puis, la bêtise qui consiste à penser qu'il nous faut toujours plus, est de la pure bêtise.

Pourquoi avoir plus quand on vit bien ? Où en est l'utilité ?

Comme de toute manière c'est aujourd'hui l' économie qui dirigent le monde, il est évident qu'ils mettent en place des soits-disant économistes, qui ne font en fait que faire du lobbying et du marketing pour ceux qui les payent grassement.

Répondez à ma question, peut-on aujourd'hui être désigné et pris à l'OCDE si on n'est pas un économiste ultra-libéral ?

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de inverness le 29/08/2008 à 14h46
Autre question

Expliquez-moi aussi dans un pays dont le PIB a dû être multiplié par 3 depuis 40 ans, pourquoi aujourd'hui les écarts de revenu, sont de plus en plus élevés, et pourquoi on voit des gens totalement désocialisés, en partie parce qu'ayant de faibles moyens pour vivre ?

Tant que l'on aura remplacer les valeurs de société par l'argent, alors on court à la faillite sociétale ?
On oublie (parce que les économistes entre autres font tout pour prêcher le contraire, qu'un pays ne doit pas être dirigé par l'économie, qui n'est qu'un outil (important certe) comme un autre.

On oublie que l'économie doit être au service du politique et non le contraire.

Le rationalisme outancier dans lequel nous vivons, et ce pragmatisme imbécile, qui fait qu'un homme comme Bernard Tapie qui a été condamné par la justice mais qui reste un "grand de ce monde de fous", vont nous mener droit dans le mur, s'il n'est pas trop tard pour faire marche arrière.

Je suppose que vous avez une famille. Alors, allez vous demander à votre enfant de quitter la maison parce qu'il coûte plus qu'il ne rapporte ? C'est cela l'ultralibéralisme, c'est une forme d'extrémismes subtile, mais d'extrémisme quand même.

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