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Culture
Pourquoi le président lirait-il des romans ?
On se souvient de la remarque faite par Nicolas Sarkozy sur La Princesse de Clèves. Le monde des lettres n'avait pas beaucoup apprécié. Depuis, le président semble vouloir se rattraper : comme Obama, il a rendu public ses lectures de chevet. Mais pour quelles raisons Sarkozy peut-il bien vouloir se mettre aux romans ?
A l'image du Président des Etats Unis qui donne régulièrement à la presse sa liste de lecture, Nicolas Sarkozy l'Américain et son épouse boboïforme ont décidé dorénavant de rendre compte des lectures de l'überchtibonhomme qu'on avait laissé il y a plus d'un an maintenant en train de baver comme un idiot sur La Princesse de Clèves.
Pour ceux qui avaient raté cet épisode, rappelons que le Président avait alors avoué avoir souffert le martyre lorsqu'on l'avait forcé à lire ce roman dans le cadre de la préparation d'un concours administratif. "Je me demande bien quel intérêt il peut y avoir à lire ce genre de choses, quand on veut travailler dans la fonction publique", s'était-il plaint à peu près en ces termes.
Depuis, Sarkozy a décidé de se refaire une virginité culturelle
Lui qui se vantait jadis de ne jamais lire de romans, essaie ainsi de se racheter aux yeux des savants et amateurs de littérature. Le Président assure à la presse que "malgré un emploi du temps très chargé", il "apprécie de lire un roman pour se divertir. " Au programme des études sarkozystes ce trimestre, 3 livres qu'on jugerait montés en lecture par un Comité de la Propagande chargé de rappeler qu'en temps de crise et de vaches maigres, un petit livre coûte moins cher qu'un steak haché. Nicolas Sarkozy lit donc La Révolution française de Max Gallo (ouais, ouais, l'axe stratégique, valeurs républicaines, rempart contre la Terreur), Désert de Jean-Marie Le Clézio (la part sensible, la nana mannequin et la littérature qui s'évapore sur le coeur qui bat... mais est-ce que le Clézio n'est pas l'héritier stylistique de Madame La Fayette, Nicolas, prends garde à toi) et - là on doute sévère - La Reine Margot d' Alexandre Dumas.
Mais pourquoi Sarkozy veut-il lire des romans ?
Pour le moment, on ne voit pas trop mais on peut supposer que cela répond aux 5 motivations suivantes :
1. Il veut faire plaisir à sa femme et pouvoir aligner 2 mots lors des soirées de gauche qu'il fréquente désormais. Conseil : laisser tomber Alexandre Dumas car trop difficile à placer en soirée. "J'ai bien aimé Les Trois Mousquetaires. Putain, j'avais jamais réalisé qu'ils étaient quatre en fait. Et vous ?"
2. Il en a marre de passer pour un ignare. Déjà qu'il n'avait pas passé le concours de l'ENA et collectionnait les montres comme Julien Dray, avait pour principal adjoint un ancien assureur (Xavier Bertrand), le Président devait changer son image de bas du front. "Le Clézio c'est lui qui a écrit la Plage, non ?" Conseil : démarrer par Marc Lévy et puis embrayer, si ce n'est pas trop difficile, sur Anna Gavalda. Quitte à faire cool, jouer la carte sociale contemporaine et prétendre plutôt qu'on a lu Olivier Adam. "La vie des gens, c'est dur, p***, j'aurais pas réalisé."
3. En temps de crise, la culture est une valeur refuge anti-bling bling. Quand on n'a pas le sou, la moindre des choses, c'est de faire semblant de pouvoir survivre sur son intériorité. La lecture est un excellent anti-bling bling.
4. Il en a marre de lire les (mauvais) livres écrits sur lui.
5. Un grand homme est toujours (même si c'est du flan) un homme cultivé... en France. Sarkozy en a assez qu'on lui rabâche que Mitterrand était un type incroyablement cultivé et que Jacques Chirac, qu'il a toujours considéré comme un abruti, passe aujourd'hui pour un maître en Arts Premiers, un fin connaisseur des cultures orientales. Sarkozy préparerait ainsi une thèse sur Alexandre Dumas pour enfin devenir un expert en autre chose qu'en Rolex.
5 bis. Comme tout le monde, il en a un peu marre de passer ses nuits avec un mannequin qui joue de la guitare. Comme il ne peut pas regarder la télé quand Carla Bruni chantonne devant la cheminée (sinon elle ne s'entend pas), il a opté pour le livre.
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auteur: Benjamin Berton en savoir plus sur l'auteur |
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Partial, mais amusant. | |||
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On peut en tout cas le remercier d'avoir tiré des oubliettes une Princesse de Clèves qui jusqu'ici n'enthousiasmait qu'une poignée d'amateurs, et que les bouquinistes n'arrivaient pas à écouler au prix du papier. Puisse-t-il dénigrer Proust, Flaubert, quelques autres avant la fin du septennat, le pays n'y aura finalement pas tout perdu. | ||
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varenne et guillotine
"La Révolution française" et bien au moins il se renseigne sur son avenir ! | |||
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L'irrévérence ne s'use que lorsqu'on ne s'en sert pas...
C'est bien irrévérencieux, tout ça mais c'est une marque "toute" française de la liberté de ton. Une remarque qui n'a - apparemment - rien à voir avec le sujet: Il faut tout de même reconnaître à Mr Sarkozy la qualité première d'essayer au moins de s'intéresser aux francophones qui veulent continuer à se revendiquer de la culture française. Qui d'autre l'a fait avant lui? Même pas Mitterrand [ni même Jack Lang]! Deuxième remarque: si les Français avaient voulu élire un Président aussi cultivé que Voltaire et Montesquieu réunis, pourquoi donc n'ont-ils pas choisi un membre de l'Académie Française? C'est donc que les Français (qui l'ont élu) l'ont choisi pour d'autres desiderata... PS: Je ne suis ni sarkozyste ni royaliste, ni gauliste, ni socialiste... | |||
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D'accord avec vous, Amar. Les électeurs français préfèrent à des candidats comme Rocard, Fabius ou Balladur des roublards ou des grandes gueules, dont ils ne supportent pas, une fois qu'ils sont élus, leurs caractéristiques pourtant notoires. | ||
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Cultivons !
Eh oui ! J'ai été sidéré par ces jugements à l'emporte-pièce, devenus monnaie courante, et qui ne sont pas du fait de ce seul journaliste, que je n'ai pas l'honneur de connaître. | |||
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Continuez à vous intéresser à la France et à consulter Contre-Feux...Et courage à vous tous. | |||
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irrévérence (suite)
Ceci dit, | |||
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