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Soldat français en Afghanistan
Forces françaises en Afghanistan : quel est le but ?
Le 12 juin s'est tenue à Paris la Conférence des pays donateurs pour la reconstruction de l’Afghanistan. Hamid Karzai a demandé 50 mds de dollars pour un plan sur cinq ans, la communauté internationale a proposé 21 mds et … des hommes. Cette guerre, décidée à la Maison Blanche le 12 septembre 2001, nécessite toujours plus de forces occidentales sur le terrain. 2 500 soldats français seront prochainement sur place. Mais quelle est la finalité de cet engagement militaire renforcé ?

Paroles, paroles, paroles...

 

Paris a accueilli le 12 juin la Conférence des pays donateurs engagés dans la reconstruction de l’Afghanistan. Belle formule pour évoquer en présence du président Hamid Karzai, du secrétaire général de l’ONU, de Laura Bush et Condoleezza Rice, la future stabilisation et démocratisation du pays, haut lieu de la guerre anti terroriste depuis octobre 2001. Les recommandations étaient venues de toute part : Human Rights  Watch a adressé un message de New York, daté du 10 juin : "Si les donateurs se contentent d’offrir plus de la même chose et ignorent le besoin de réforme systémique, y compris un engagement à affronter les seigneurs de la guerre et à s’attaquer à leur impunité, alors la situation de l’Afghanistan ne peut que se détériorer".

 

Sept ans de guerre décidée dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 12 septembre 2001, avec l’aval du directeur de la CIA, George Tenet, pour renverser le régime des Talibans à Kaboul et capturer Ben Laden… Première étape de mission accomplie en trois mois par l’Opération "Enduring Freedom" sous l’égide des Etats-Unis  dans le cadre de l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui porte sur le droit naturel de légitime défense en cas d’agression armée… Et un bilan inquiétant à l’été 2008 : décomposition du pays, retour des Talibans au sud de l’Afghanistan et à la frontière avec le Pakistan, avec des attaques suicides, développement des cultures du pavot, circulation des armes et disparition des journalistes tués par les seigneurs de la guerre. De l’autre côté, l’augmentation du taux de scolarisation et les efforts des ONG pour garantir les droits des femmes sont avancés comme éléments positifs.

 

Le 12 juin, Hamid Karzai qui ne maîtrise pas la situation sur le terrain, demande aux pays donateurs 50 milliards de dollars pour un plan de reconstruction sur cinq ans. La communauté internationale propose 21 milliards et … des hommes.

 

Les Français et la réalité de la guerre

 

Mi janvier 2008, le secrétaire à la Défense à la tête du Pentagone, Robert Gates s’est exprimé dans le Los Angeles Times pour se plaindre des insuffisances des Alliés de l’OTAN en Afghanistan. Il accuse les Alliés d’incompétence dans la guerre contre l'insurrection, interpellant en particulier les Britanniques (7.750 hommes dans le cadre de l’OTAN), les Canadiens (730) et les Néerlandais (1.510). Ce jour là, les Français échappent aux foudres de Robert Gates, pour avoir soutenu  un effort militaire croissant.

 

Nicolas Sarkozy s’est prononcé à plusieurs reprises tant auprès du premier ministre canadien en juin 2007, que devant le congrès américain le 7 novembre 2007, que plus tard en fin d'année en Afghanistan pour affirmer l’engagement de la France, poursuivre la guerre anti terroriste et la formation de l’armée afghane. "L’échec n’est pas une option " pour le président français.

 

Concrètement, Paris qui connaît bien le terrain afghan pour avoir accompagné discrètement les actions menées par la CIA contre les Soviétiques durant les années 1979-1988, augmente depuis 2002 sa présence militaire et diversifie les missions. Les premiers détachements dans le cadre de "Enduring Freedom" étaient modestes : 200 hommes des Forces Spéciales dans le Sud et l’Est du pays, 40 hommes affectés à l’entraînement  de l’armée nationale afghane : 5 000 officiers afghans ont été entraînés par les Français. Les effectifs ont augmenté avec la mise en place de "The International Security Assistance Force" (ISAF) conduite par l’OTAN à partir de 2003. Au sommet de l’OTAN en avril dernier, Paris a annoncé un renforcement des forces qui portera à 2 500 le nombre des soldats français. De leur côté, les Etats Unis accroissent leur effort de guerre et annoncent un renfort pour 2009. La présence des militaires américains pourrait atteindre le chiffre des 40 000 hommes.

 

Quelles sont les perspectives  françaises ?

 

Cette logique de "surge" (montée en force) pose problème. Certains nouveaux membres de l’OTAN, Roumanie et Bulgarie, se trouvent confrontés à des difficultés concernant leurs budgets de défense, à des revendications de leurs volontaires engagés en Afghanistan qui réclament des augmentations de leurs soldes.

 

La position française - réaffirmation d’une présence active dans l’OTAN, en dépit de divergences avec Washington portant sur le calendrier d’élargissement de l’Alliance et la définition de ses missions - est cohérente. Et pourtant, cette fuite en avant dans une guerre en Afghanistan que les deux candidats à la Maison Blanche, McCain et Obama entendent poursuivre, bute sur un vide de  projet politique. Ce vide, les opinions publiques  commencent à le percevoir. C’est le cas en Grande Bretagne où le chiffre de 100 militaires tués sur le terrain a été atteint. La France a beaucoup parlé de "reconstruction", lors de la conférence des Donateurs.

 

Mais, que devient la détermination affichée par le président et le ministre de la Défense Hervé Morin qui, à la veille du sommet de Bucarest, soulignaient que la puissance militaire ne suffit pas, que les Afghans doivent créer les conditions de leur propre développement et prendre en mains leur destinée ? En d’autres termes, quelle est la finalité de cet engagement militaire renforcé ? Il ne semble pas, au point actuel, que Paris ait obtenu un éclaircissement de Washington quant aux perspectives afghanes. "Ne vous y trompez pas, l’OTAN est bien loin de gagner cette guerre", déclare le général James Jones, ex commandant suprême. 

crédit photo : Flickr
auteur: Catherine Durandin
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sur contre-feux.com

de Raskas le 16/06/2008 à 21h36
les militaires ne peuvent pas tous régler !!!

La paix ne viendra pas uniquement d'une intervention militaire... il faut relancer l'économie du pays. J'aimerais savoir à quoi sont destinés les 50 milliards avancé ?
Selon moi une relance de l'économie permettrait un affaiblissement des Talibans à la racine, en les empêchant de recruter. Une participation des forces du génie pour aidé à la reconstruction permettrait de plus de fixer l'image d'une reconstruction du pays faite par les ennemis des Talibans.

____________________________
Raskas, écrivain dyslexique

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de Edouard Léaud le 17/06/2008 à 13h28
Sarko : vassal de Bush

La logique française (si on peut parler de logique quand on évoque la politique étrangère ou de défense de Sarko) semble se traduire par un rapprochement toujours plus accentué avec les USA.
Certains pensent qu'en cas de nomination de Obama, cette stratégie ne sera plus payante.

A mon avis, Barack, même élu, n'aura pas les mains libres en matière de défense, car il sera déterminé par une opinion publique skizophrène, partagée entre sa peur panique du terrorisme islamiste, et sa douleur d'avoir perdu autant de soldats en Irak.

Pour répondre à Raskas, le seul moyen de réduire à néant les Talibans est de favoriser l'implication politique d'autres régimes à l'islamisme plus modéré, comme le Fatah ou le Hamas.
Je précise d'entrée que je ne suis absolument pas pour ces factions, mais qu'elles me semblent très efficaces pour dissuader les islamistes de s'engager aux côtés des Talibans.

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de Raskas le 27/06/2008 à 14h46

A vrais dire je ne m'y connais pas très bien en ce qui concerne les différentes branches de l'islamisme... En tous cas ce que je peux dire que la discorde nait du nombre (nait d'une ombre pour les poétiques), ce que je veut dire c'est quand implantant de nouvelles écoles théologiennes on risque de créé de nouvelles tensions.
La guerre civil en Palestine n'est-elle pas dut a l'affrontement de plusieurs factions islamiques? (certes la situation y est différente du fait des tensions avec Israël).

EN tous cas tu a mit le doigt sur quelque chose d'important: pour mètre fin à la guerre il faut changé les mœurs! Personnellement je penses que l'éducation et le redressement économique, sont les meilleurs moyens pour cela.

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