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International
Les Indiens (très) loin des stéréotypes
Pourquoi les Indiens se prosternent-ils de manière si indigne devant le riche et le puissant, tout en étant si indifférents aux souffrances des faibles et des pauvres ? C'est l'une des premières questions que se pose Pavan Varma et pas la moins choquante. Il nous montre l'importance de comprendre qu'il n'y a pas dans l'hindouisme de définitions incontestées du bien et du mal. La seule préoccupation cohérente est celle du résultat final. Ce qui caractérise en effet les indiens serait avant tout un relativisme très terre à terre et une certaine souplesse d'approche.
Ce qui les importe et même les obsède est d'abord le succès, visible en termes de statut, de pouvoir, d'argent (comme il le souligne, de toute manière, dans l'hindouisme toute faute peut toujours être effacée par une expiation rituelle !). La puissance se doit d'être la plus visible possible, jusqu'à l'exhibition affichée avec le plus grand plaisir. Si on admire l'adaptation des indiens à l'étranger ou avec l'étranger colonisateur (les anglais), il faut comprendre qu'ils ne se sont adaptés qu'en raison de la puissance des conquérants : leur acceptation de ce pouvoir plus fort qu'eux se transformant d'ailleurs doucement en collaboration, voire en une collusion invraisemblable.
Et si Gandhi est admiré, il l'est comme quelqu'un de radicalement différent ; son exemple n'est que très peu suivi. Obsédés du statut, qui exige d'être respecté, les indiens le sont aussi de toute hiérarchie. Par ailleurs, les étrangers convaincus de la "spiritualité" des Indiens sont tout simplement les seuls à y croire. Selon Varma, aucun peuple n'est si férocement matérialiste et hanté par la réussite sociale que les indiens. Il en donne de dizaines d'exemples, parfois savoureux, souvent incroyables, pour montrer comment dans la société indienne la fin justifie toujours les moyens, et comment par exemple un politicien pris en flagrant délit de corruption peut, quelques années plus tard, devenir ministre dans le parti même qui l'avait accusé. La corruption n'y est pas seulement vertigineuse mais surtout assumé sans aucune honte ou culpabilité. Fait connu de tous, plus de la moitié des plus grandes entreprises par exemple ne paient aucun impôt.
Les Indiens auraient décidemment un penchant très fort pour le commerce, le monde matérialiste et les biens de consommation
Ce n'est pas pour rien que les deux dieux des plus vénérés sont Lakshmi, déesse de la richesse et Ganesha, dieu de l'abondance matérielle et du succès commercial, marquant une différence radicale avec l'injonction biblique contre les riches. A ces divinités et à des milliers d'autres on demande d'ailleurs toujours des bénéfices pour son propre bien-être. Les Indiens sont justement, selon Pavan Varma, incroyablement obsédés par leur propre sort à l'exclusion de toute autre préoccupation et parfaitement insensibles à ceux qui sont derrière.
Il critique aussi leur tendance au mimétisme qui a trouvé son exemple magistral dans l'imitation servile des colonisateurs, qui n'en demandaient pas tant, et révèle leur manque d'assurance par rapport à leur propre valeur, un certain complexe d'infériorité intériorisé : " Si il n'y a aucun domaine où l'Inde peut dire qu'elle est la meilleure du monde, c'est parce que les Indiens eux-mêmes ne croient pas qu'ils sont capables de l'être".
Dernier stéréotype à abattre, leur supposé pacifisme inné
Si il est vrai qu'ils préfèrent l'adaptation au conflit et qu'ils n'ont jamais lancé une guerre, les Indiens se sont souvent montré capables d'une grande violence à la fois dans le quotidien (domestiques battus, épouses torturées et brûlées pour insuffisance de dot), envers les responsables politiques (les plus importants ont tous été assassinés) et dans des traditions abjectes (infanticide féminin très répandu)...
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auteur: Arnaud Stephanopoli en savoir plus sur l'auteur |
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Et la réincarnation?
Vous démontez avec brio les clichés tenaces qui fourmillent dans nos esprits occidentaux à propos de l'Inde. Mais vous n'abordez pas véritablement le problème de la réincarnation. | ||
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