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ANALYSEPolitique étrangère : que peut changer Obama ?POLEMIQUE"Obamania" : la fête sera bientôt finielire le dossier |
International
Les médias français traitant de l’actualité politique italienne mettent souvent exclusivement l’accent sur la personnalité controversée de Silvio Berlusconi. Ils passent ainsi fréquemment à côté d’un aspect nettement plus préoccupant de la vie politique transalpine : le caractère relativement violent de la démocratie italienne. Cette violence plus ou moins latente n’est pas cantonnée à un parti qui serait extrémiste et marginal. La violence est au pouvoir, s’affiche et est l’expression confluente d’acteurs nouveaux, comme la Ligue du Nord, et de vieux démons qui rappellent qu’en Italie la question du fascisme n’a pas fait l’objet d’un véritable travail de conscience et de mémoire.
La Ligue du Nord d’Umberto Bossi est depuis longtemps connue pour ses dérapages verbaux et la violence de son langage voire de ses actes. Le Senatùr, comme Bossi aime à se faire appeler, ne réserve pas ce type de comportement aux périodes où il est dans l’opposition. Même au pouvoir, la Ligue aime la polémique et la référence à d’improbables - en démocratie - conflits armés. Bossi l’a rappelé à plusieurs reprises fin avril en brandissant la menace selon laquelle "les fusils sont toujours chauds", allusion à peine voilée à l’"armée padane" constituée dans les années quatre-vingt-dix. Le message qu’il adresse à l’opposition est clair : "Je ne sais pas ce que veut la gauche ; nous, nous sommes prêts, s’ils veulent aller à l’affrontement, moi j’ai 300 000 hommes toujours à disposition". Quelques jours plus tard, il maintient le cap et ajoute "nous avons 300 000 hommes, 300 000 martyrs, prêts à se battre et nous ne plaisantons pas". Ces propos prêteraient éventuellement à sourire s’ils n’étaient pas tenus par un ministre du nouveau gouvernement Berlusconi ou s’ils étaient occasionnels.
C’est leur banalisation dans la vie politique italienne qui est source d'inquiétude. Même au sein de la coalition au pouvoir, les rapports sont des rapports de force à en croire les déclarations qui ont précédé la formation du gouvernement. Là encore, les propos de Bossi sont violents : "Berlusconi trouvera la solution : j’ai confiance, sinon j’aurais exigé des ministres avant le vote des présidents des deux Chambres, quand j’avais le couteau du côté du manche". Et d’expliquer également que Berlusconi n’a pas le choix : "cette fois il tiendra parole, il a épousé la Ligue et maintenant il doit suivre ses ordres". Voilà une conception du fonctionnement de la coalition qui laisse perplexe.
Des saluts fascistes dans la capitale italienne
Si les propos sont généralement plus policés du côté des fascistes et des néo-fascistes, les gestes recèlent également un degré certain de violence. Ainsi l’élection de Gianni Alemanno à la mairie de Rome a donné lieu sur la place du Campidoglio aux traditionnelles scènes de liesse de la part des partisans du nouveau maire, ancien militant d’extrême droite, rallié à Alleanza nationale aux côtés de Gianfranco Fini et membre de la coalition berlusconienne. Ce qui n’est cependant pas passé inaperçu, ce sont les saluts fascistes ouvertement adressés par une partie non négligeable de la foule sans que cela ne semble déranger grand monde. Une telle situation susciterait un tollé en Allemagne, elle n’est en réalité pas étonnante au regard de la réalité italienne.
L’Italie reste un pays où Alessandra Mussolini peut proclamer haut et fort son admiration pour le Duce, son grand-père, et faire l’apologie du régime fasciste. Du nord au sud de la Péninsule, on trouve assez facilement souvenirs et gadgets inspirés de Benito Mussolini : bustes, calendriers, médailles, enregistrements de discours
Ces produits ne sont pas cachés en arrière-boutique mais étalés de façon ostentatoire en vitrine. Loin d’être anecdotiques, ils témoignent du rapport de l’Italie à son passé. Alors que l’Allemagne a choisi le devoir de mémoire, l’Italie coupée en deux, a préféré refouler la question des origines du fascisme pour mettre en avant le ralliement in extremis aux alliés. La condamnation objective, raisonnée et explicite du totalitarisme fasciste n’a ainsi pas réellement eu lieu, justifiant ainsi implicitement des positions ambiguës et une violence latente dans un pays finalement démocratiquement mal assuré. Ce choix pèse sur la vie politique et sociale italienne.
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auteur: Clotilde Champeyrache en savoir plus sur l'auteur |
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Italie fasciste: C'est exagéré!
Sans défendre le fascisme Italien, il faut rappeler que Mussolini n'est pas Hitler! Il n'y a pas eu de persécution de Juifs en Italie sous Mussolini ni de déportation (Au contraire de la France). | |||
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Déportation sous le régime fasciste
Malheureusement le profil bas adopté par l'Italie au sortir de la guerre a conduit à une mauvaise appréciation de ce que fut le fascisme. Dès 1938 Mussolini fait de l'antisémitisme une priorité politique et s'il n'y a pas eu de camps d'extermination en Italie, il y a bien eu déportation de plusieurs milliers de juifs pendant la République de Salo. Pour plus d'information se reporter à l'ouvrage de Marie-Anne Matard-Bonucci: L'Italie fasciste et la persécution des juifs. | ||
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