LES ARTICLES LES PLUS :
DéBAT
La leçon de sarkozysme d'Eric Woerth
lire l'article
Billets
Populisme et décence ordinaire
lire l'article
International
Pourquoi la Turquie n’a pas rompu avec Israël
lire l'article
THEMES :
- Afghanistan
- Afrique
- art
- banques
- Berlusconi
- Brésil
- capitalisme
- changement climatique
- Chine
- chômage
- cinéma
- Clinton
- Corée
- crise financière
- crise économique
- croissance
- Delanoë
- droits de l'homme
- démocratie
- emploi
- environnement
- Etats-Unis
- Europe
- finance
- France
- gauche
- guerre
- génocide
- géopolitique
- histoire
- immigration
- Inde
- inflation
- Internet
- Iran
- islam
- Israël
- Italie
- Jeux Olympiques
- justice
- libéralisme
- littérature
- mafia
- mondialisation
- musique
- médias
- nucléaire
- Obama
- Occident
- OTAN
- Palestine
- pauvreté
- philosophie
- presse
- prison
- PS
- pétrole
- recherche
- religion
- retraites
- Royal
- Russie
- réformes
- santé
- Sarkozy
- sociologie
- société
- terrorisme
- Tibet
- Turquie
- télévision
- écologie
- élections
- élections américaines
- énergie
International
La globalité
Que signifie vivre à l’ère de la globalité ? Mondialisation, perte de repères, abolition de frontières, la globalité est bien plus que cela : un temps de l’unification, plein des évolutions futures.
La globalité vérifie directement l'hypothèse de la modernité comme matrice culturelle. Elle est, d'abord, le développement de l'âge moderne le plus manifeste, car nous vivons le moment de l'unification achevée de toutes les histoires humaines.
Ce n'est pas, ensuite, un produit culturel qui imprimerait de lui-même des traits culturels dans ce qu’il touche, pas plus que continental, régional ou local n’est de soi culturel. Par contre, les productions culturelles étant dans la dépendance étroite du nombre des acteurs, de la longueur, de la densité et de la hiérarchie des réseaux, des compétitions entre producteurs, et ainsi de suite, la richesse et la diversité des productions doivent être, toutes choses égales par ailleurs, une fonction du rayon des aires et, par ailleurs, de la profondeur temporelle.
La globalité incluant la planète, elle assure aussi la confluence de tous les héritages culturels accumulés jusqu'ici. De ce point de vue, la modernité est bien une matrice de civilisations et de cultures encore à l'état virtuel et en attente d’actualisation dans les millénaires à venir et même, pourquoi pas, dans les millions d'années promis à l'espèce par la nature.
La globalité, horizon de la modernité
La modernité est aussi un produit de l'histoire européenne, défini par des développements distincts : la démocratie, la science, l'individuation, le développement économique et la différenciation des ordres. Pour compléter la théorie de la modernité comme matrice, il faut encore montrer que la globalité est l'horizon de ces développements, soit qu'ils y tendent spontanément soit qu'ils trouvent en elle leur épanouissement final.
La liaison est la plus apparente entre globalité et développement économique. Le capitalisme a la planète pour limite de son expansion, du fait de la contrainte de la rareté et de la logique du principe d'économie. Pour répondre à la rationalité du plus avec le moins, les producteurs doivent combiner les facteurs de production, de manière à leur faire rendre le plus de biens et de services de la meilleure qualité au coût le plus bas. Sur cette voie, le succès est apporté par des marchés réglés, sur lesquels sont échangés les facteurs et les produits, et ce d'autant plus que les marchés sont plus étendus. Le marché optimal est planétaire, où toutes les offres et toutes les demandes peuvent se rencontrer à la recherche d'équilibres fluctuants.
Individuation et différenciation des ordres amènent à la globalité
Les quatre autres développements poussent à la globalité indirectement, par les bénéfices croissants qu'ils distribuent, à mesure qu'elle s'impose et s'approfondit. Ainsi la différenciation des ordres, entendue comme la tendance de chaque ordre à gagner l'autonomie et à se conformer plus étroitement à sa rationalité intrinsèque. La globalité soutient puissamment ces mouvements d'autonomisation et de rationalisation, en permettant la mise entre parenthèses des niveaux culturels de réalité et l’émergence en pleine lumière de l'universel, du général, de l'humain spécifique.
La consécution est visible dans le statut des religions à vocation universelle, comme le christianisme et le bouddhisme. Dans le monde traditionnel, ils étaient à ce point immergés dans un contexte culturel particulier, qu'ils pouvaient passer pour des produits culturels européen ou asiatique. La globalisation en cours rend possible, pour la première fois, de tester en termes réels leur vocation affichée à s'adresser à chaque être humain en tant qu'humain. L'individuation a partie liée avec la globalité pour une raison analogue. En favorisant la circonscription du niveau spécifique de réalité, par-delà les niveaux culturel et idiosyncrasique, elle rend possible de confier aux individus la responsabilité de toutes les activités, sans la compromettre par des préjugés culturels ou par des déviations caractérielles.
Globalité et démocratie
Quant à la démocratie, elle est reliée à la globalité par la médiation de la paix, la fin propre du politique. La paix a deux sphères d'effectuation, d'une part entre citoyens réunis en politie et, d'autre part, entre polities. La démocratie est le régime naturel du politique, parce qu'elle organise les relations de pouvoir de la manière la plus appropriée à la résolution non-violente des conflits entre citoyens.
Par contre, elle est soumise, à l'extérieur, à la logique des jeux transpolitiques, une logique de la puissance qui ne lui convient guère. Ou bien elle joue le jeu et trahit sa vocation, ou bien elle est fidèle à elle-même et risque de perdre contre les cyniques. Ce dilemme disparaîtrait, si l'humanité entière était réunie en une politie unique. Régie par une démocratie, celle-ci pourrait exprimer toutes ses vertus, tout en contenant les effets de ses vices.
Enfin, la science trouve dans la globalité les avantages combinés de tous les caractères, car elle lui permet de mobiliser tous les talents disponibles, de les organiser en réseaux d'extension maximale, de dénoncer les préjugés culturels au bénéfice de l'universel objectif et d’atteindre à la plus grande efficacité au service de la vérité et de ses applications.
|
auteur: Jean Baechler en savoir plus sur l'auteur |
Créez votre profil
pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com








