DEBAT

Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?

Portrait de Barack Obama, 44ème président des USA

ANALYSE

Politique étrangère : que peut changer Obama ?

POLEMIQUE

"Obamania" : la fête sera bientôt finie

lire le dossier
Dossier spécial
Dossier spécial Crise Financière

LES ARTICLES LES PLUS :

Economie

Pour surmonter la crise, Messier et Madelin misent sur le web porno !
lire l'article

Politique

Pourquoi je pense qu'Obama ne sera pas élu
lire l'article

DEBAT

Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?

Portrait de Barack Obama, 44ème président des USA

ANALYSE

Politique étrangère : que peut changer Obama ?

POLEMIQUE

"Obamania" : la fête sera bientôt finie

lire le dossier
Dossier spécial
Elections présidentielles américaines - Obama

International


Umberto Bossi
Le double visage de la Ligue du Nord

Les 13 et 14 avril, les Italiens retourneront aux urnes pour des élections législatives anticipées. Le positionnement de la Ligue du Nord, le parti indépendantiste d’Umberto Bossi, allié des trois gouvernements Berlusconi, est particulièrement ambigu : il cumule dimension sécessioniste et option fédéraliste.

A quelques jours des élections législatives en Italie, le positionnement de la Ligue du Nord, le parti indépendantiste d’Umberto Bossi, allié des trois gouvernements Berlusconi, ne manque pas d’ambiguïté. Briguant des mandats nationaux, la Ligue du Nord dispose pourtant depuis plusieurs années d’institutions parallèles qui diffusent un discours bien plus proche du sécessionnisme que du fédéralisme. Le plus inquiétant dans l’histoire de la Ligue du Nord, ce n’est pas tant qu’elle aurait développé deux discours incohérents entre eux mais qui pourraient être le reflet d’une évolution programmatique. La réalité est qu’il n’existe qu’un seul double discours cumulant dimension radicale à usage interne et option fédéraliste à usage électoraliste.

 

Née de revendications régionalistes et autonomistes, la Ligue du Nord a tenu depuis les années 80 un discours violent hostile à l’Unité italienne et un discours plus poujadiste prônant une réforme fédéraliste. Pour un observateur extérieur, ces deux discours paraissent se suivre et correspondre à deux périodes dans l’histoire du parti.

 

Il y aurait eu une première phase extrémiste, celle des débuts, culminant en 1996 avec la Déclaration d’indépendance et de souveraineté de la Padanie. La partition du pays est alors exigée pour des motifs économiques mais aussi identitaires et raciaux : des publications comme les Quaderni padani (Cahiers padans, publication interrompue en 2005) produisent en abondance des textes pseudo-scientifiques censés démontrer que le nord de l’Italie est de souche celte – et travailleuse – alors que le sud est latin – donc paresseux et esclavagiste. Le 15 septembre 1996, lors de la proclamation officielle de la naissance de la Padanie, ladite nouvelle nation est dotée d’institutions et de symboles propres à tout Etat : un gouvernement dit « gouvernement soleil » est mis en place avec son Parlement et son Journal officiel, une Constitution est proclamée, un hymne national et un drapeau sont adoptés et les « chemises vertes » constituent une garde nationale padane composée de volontaires prêts à défendre leur patrie.

 

Il y aurait ensuite eu une phase de pragmatisme politique avec un discours plus modéré mettant en sourdine les revendications sécessionnistes. L’accent est là mis sur des motifs plus exclusivement économiques et sur le décalage nord – sud : les mots d’ordre de type « à bas Rome, à bas les impôts » remettent en cause la solidarité nationale et dénoncent la gabegie d’un Etat centralisateur. Le nouveau programme politique est alors axé sur l’instauration du fédéralisme en Italie. C’est cette modération officielle qui rendra possible l’arrivée au pouvoir de la Ligue du Nord lors des deux derniers gouvernements Berlusconi de juin 2001 à mai 2006.

 

La Ligue du Nord se serait-elle normalisée pour devenir un parti en mesure d’exercer des mandats politiques nationaux ? Les apparences sont trompeuses. Si Umberto Bossi a su « lisser » ses propos – et encore, tout dépend en réalité des lieux où il se trouve –, si les représentants les plus radicaux de la Ligue ont été appelés à plus de réserve, le noyau dur de la Ligue du Nord n’a jamais renoncé à la sécession et continue à œuvrer, dans l’ombre mais avec toujours autant d’ardeur. Aux élections d’avril prochain, la Ligue du Nord se présente à nouveau au sein d’une coalition dominée par le parti Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi. Le programme électoral annoncé est encore celui de la défense des intérêts du nord de l’Italie et de la réforme fédéraliste.

 

Pourtant, la « normalité » de ces propositions ne doit pas cacher que la Ligue du Nord approfondit sa logique d’institutions parallèles. Le Parlement padan créé en 1996, devenu Assemblée padane pendant les gouvernements Berlusconi, a repris officiellement ses activités le 10 février 2007 en tant que Parlement du Nord sis à Vicence. Président de ce Parlement qui a tenu en janvier dernier sa sixième session : Roberto Maroni, ancien Ministre, inculpé pour outrage à l’unité nationale en raison de ses prises de positions anti-italiennes. Le Parlement leghiste a également inauguré fin 2007 une Fondation culturelle de promotion des autonomismes et une revue Idee per l’Europa dei popoli. A la tête de cette fondation, on trouve un autre des principaux acteurs de la ligne sécessionniste et « celtique » de la Ligue du Nord, le parlementaire européen Mario Borghezio, grand contributeur de la revue Quaderni padani… Ce dernier s’est récemment réjoui de l’indépendance du Kosovo dans la mesure où elle constitue selon lui un précédent favorable pour l’avenir de la Padanie. De quoi rappeler que l’un des chants leghistes, loin de tout projet fédéraliste, proclame : « Et nous qui sommes Padans / Nous avons un rêve dans le cÅ“ur / Brûler le drapeau tricolore / Brûler le drapeau tricolore ». 

auteur: Clotilde Champeyrache
en savoir plus sur l'auteur
1 RÉACTION réagissez à  cet article
Pour participer au débat, vous devez vous identifier :


Créez votre profil pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com

de Laurentdub le 08/04/2008 à 18h03
Sécession...

je ne vois pas un exemple en Europe dans lequel faire sécession à été une marche en avant! Il s'agit juste de manipulation de la part de Umberto Bossi, escroc politicien de la trempe de berlusconi qui a fait de ces idées fascistes son fonds de commerce électoral...

Après la malheureuse expérience de lagrande coalition Prodi, la démocratie italienne va encore souffrir avec le probable retour de "berlusconi et sa clique"...

répondre à  cette réaction   noter cette réaction signaler un abus