Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?
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Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?
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ANALYSEPolitique étrangère : que peut changer Obama ?POLEMIQUE"Obamania" : la fête sera bientôt finielire le dossier |
Avec le grand retour de l’économie dans la campagne présidentielle, Barack Obama prend ses distances avec John McCain, peut-être de manière décisive. En cas de victoire, l'euphorie sera cependant de courte durée tant les défis à relever sont importants.
L’enthousiasme des conventions passées, et "l’effet Sarah Palin" rapidement retombé, on voit désormais difficilement, sauf évènement majeur, ce qui pourrait empêcher le sénateur de l’Illinois de remporter la victoire le 4 novembre. Bill Clinton a même prédit une victoire haut la main pour le candidat démocrate. Un souhait partisan plus qu’une conviction profonde, sans doute, mais qui s’appuie malgré tout sur l’avance assez nette dont dispose Obama dans les Etats dits "clefs", et sur la dynamique de campagne qui semble désormais le porter. Car, pour la moitié des électeurs au moins, c’est l’économie qui compte dans cette campagne, loin devant l’Irak, le terrorisme, ou la question du leadership, terrains sur lesquels McCain semble plus à l’aise.
Zoom sur l’économie
Ce n’est pas une nouveauté, quand l’Amérique fait face à une crise économique et sociale, le candidat démocrate a généralement l’avantage. Cette tendance est d’autant plus marquée dans cette élection que Barack Obama en a fait, dès les Primaires, son principal objectif, tandis que John McCain avouait dans le même temps ne pas être un grand expert de l’économie, avant de commettre des erreurs de communication, comme quand il expliquait que la crise est "dans la tête des Américains". Avec le discours sombre de George W. Bush du 24 septembre, de tels propos sont à nouveau mis en avant par ses détracteurs, et font bien sûr le jeu du camp démocrate, qui peut sans peine railler l’inexpérience du sénateur de l’Arizona sur ce qui constitue, à n’en pas douter, la priorité de la future administration.
Après le 4 novembre
On pourrait presque, dans ce contexte, se risquer à prévoir la victoire du candidat démocrate, à quelques semaines du scrutin. Mais l’essentiel n’est finalement pas là. Qu’Obama remporte l’élection le 4 novembre ou non, la future administration aura de grandes difficultés à inverser une tendance qui semble pousser irrémédiablement les Etats-Unis vers une crise profonde et longue, comme l’a évoqué Bush. Et si Obama remporte effectivement l’élection, il n’aura pas le temps de célébrer la victoire, tant la tâche est immense.
Certains analystes évoquent même, à juste titre, une nécessaire nouvelle révolution américaine, après celles de Roosevelt et de Reagan. Une révolution économique et sociale, avec des mesures qui devront impliquer un soutien de l’ensemble de la classe politique. Fini donc le temps des luttes partisanes, fini les luttes de clans qui pourrirent la vie politique américaine ces dernières années : la future présidence américaine sera, par nécessité plus que par choix, celle d’un consensus national. Et Barack Obama semble incarner au mieux ce consensus.
Quels changements ?
Le candidat démocrate a fait du changement son principal slogan de campagne, et c’est incontestablement le qualificatif qui restera de cette élection. Mais les changements à venir devront être profonds. Car la crise de l’économie américaine n’est pas le simple résultat des deux mandats de George W. Bush. Elle est structurelle, et s’est lentement imposée depuis la fin de la Guerre froide, à l’exception notable de la parenthèse des années 90, et des illusions passagères de la nouvelle économie. Les chiffres du budget et de la balance commerciale ont atteint un niveau critique, mais plus grave, c’est l’évolution de la société américaine, avec la disparition de plus en plus marquée d’une classe moyenne, qui impose de profonds changements.
Au-delà des effets d’annonce, une présidence de Barack Obama devra proposer un véritable nouveau contrat pour l’Amérique, et des mesures rapides, sans quoi ses électeurs pourraient rapidement lui reprocher de les avoir trahi. Plus que face à une opposition en ordre serré (comme c’était le cas lors de la présidence de Bill Clinton), un président Obama devra rendre des comptes aux Américains. La révolution tant attendue est peut-être celle-ci. Mais avec quels résultats ?
La politique étrangère : priorité ou slogan ?
Sur la scène internationale, Barack Obama a promis d’offrir un meilleur visage de l’Amérique, et l’a encore rappelé à l’occasion du premier débat qui l’opposait à John McCain. Vœu pieu après huit ans de dégradation très nette de l’image de Washington à l’extérieur. Mais un vœu qu’il sera difficile de respecter rapidement, d’abord parce que les impératifs sont sur la scène intérieure, et ensuite parce que le changement, bien que nécessaire, ne pourra être trop précipité. Les admirateurs d’Obama à l’extérieur, notamment en Europe, pourraient ainsi se montrer déçus. Dès lors, ne nous y trompons pas, la possibilité d’une victoire de Barack Obama semble de plus en plus crédible, mais l’euphorie sera de courte durée. Car les attentes sont, plus que jamais, grandes, et les défis majeurs. A mesurer l’ampleur de la crise, et ses effets qui commencent à se faire sentir à l’extérieur, souhaitons-lui de réussir.
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auteur: Barthélémy Courmont en savoir plus sur l'auteur |
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le monde en danger.
JE PENSE QUE LES AMERICAINS DOIVENT VOTER MC CAIN | |||
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