LES ARTICLES LES PLUS :
DéBAT
La leçon de sarkozysme d'Eric Woerth
lire l'article
Billets
Populisme et décence ordinaire
lire l'article
International
Pourquoi la Turquie n’a pas rompu avec Israël
lire l'article
THEMES :
- Afghanistan
- Afrique
- art
- banques
- Berlusconi
- Brésil
- capitalisme
- changement climatique
- Chine
- chômage
- cinéma
- Clinton
- Corée
- crise financière
- crise économique
- croissance
- Delanoë
- droits de l'homme
- démocratie
- emploi
- environnement
- Etats-Unis
- Europe
- finance
- France
- gauche
- guerre
- génocide
- géopolitique
- histoire
- immigration
- Inde
- inflation
- Internet
- Iran
- islam
- Israël
- Italie
- Jeux Olympiques
- justice
- libéralisme
- littérature
- mafia
- mondialisation
- musique
- médias
- nucléaire
- Obama
- Occident
- OTAN
- Palestine
- pauvreté
- philosophie
- presse
- prison
- PS
- pétrole
- recherche
- religion
- retraites
- Royal
- Russie
- réformes
- santé
- Sarkozy
- sociologie
- société
- terrorisme
- Tibet
- Turquie
- télévision
- écologie
- élections
- élections américaines
- énergie
International
Les Haïtiens ne sont pas morts du séisme mais de la politique américaine
Si le désastre que connaît aujourd'hui Haïti est largement lié à la pauvreté de ce pays, les Etats-Unis ne sont pas étrangers à cet état de fait. Deux poids, deux mesures. Pourquoi un tremblement de terre de la même amplitude fait 60 morts en Californie, et 200.000 en Haïti ?
Il y a vingt ans, un séisme a frappé la ville de San Fransisco, séisme de la même amplitude que celui qui a récemment causé tant de ravages en Haïti. Bilan : 63 morts. Personne n'est dupe des raisons de cette différence choquante : en Haïti, aucun code de construction antisismique n'a été respecté dans la construction des maisons, et ce, dans une zone sismique importante : l'absence de barres de métal connectant les blocs d'habitation est la cause de leur effondrement si facile.
On évoque par conséquent le fameux couplet, pauvreté et corruption. Pauvreté, c'est-à-dire : ni équipement, ni infrastructure de communication élémentaires, ni personnel des services d'émergence pour aider à temps, pas d'ambulances, pas de docteurs. Et comme dans tous les autres secteurs du pays, une corruption omniprésente : pots-de-vin pour les permis de construire, pour l'approbation des projets, pour l'inspection... Dans une ville connue pour être la plus mal bâtie du monde, le nombre de morts est donc mathématiquement, tragiquement prédéterminé.
Un pays sous "contrôle" américain
Or, comment Haïti, jadis florissante, est-elle devenue si pauvre ? N'y aurait-il pas une responsabilité directe des Etats-Unis vis-à-vis de cet état des choses ? Est-il juste de penser qu'un siècle de colonialisme américain, d'occupation sévère accompagnée du soutien de dictateurs corrompus et d'hommes de paille, de coups d'Etat contre tous les présidents democratiquement élus et, pour finir, de favoritisme des produits américains, ont joué en rôle dans cet appauvrissement spectaculaire ?
Rappelons seulement ici quelques faits :
- 1910 : l'actuelle CITIBANK achète la banque nationale d'Haïti, véritable trésor national et seule banque commerciale du pays.
- 1915 : le président Wilson ordonne à des troupes d'occuper ce pays-investissement.
- Jusqu'à 1935 : dure occupation militaire américaine pendant vingt ans, meurtres de milliers d'Haïtiens, en même temps que la quasi-moitié du PBI du pays revient à des banquiers américains
- Contrôle direct des finances du pays jusqu'en 1947.
- Entre-temps, un demi siècle d'appui enthousiaste aux dictateurs militaires : installation par les USA du "Papa Doc", le président Duvalier : pendant sa "gouvernance", au moins 3000 haïtiens sont morts de sa milice paramilitaire, et beaucoup plus sont contraints à un exil massif sans précédent.
- En 1971, la situation se détériore encore par le règne de son fils "Baby Doc", qui a volé des centaines des millions de dollars à son peuple affamé. Les USA non seulement financent et entraînent son armée (soi disant pour se sécuriser contre la voisine Cuba), mais imposent la quasi-absence des taux d'importation pour les produits américains, ce qui entraîne l'effondrement de l'agriculture nationale haïtienne. Les fermes sont massivement abandonnées et les bidonvilles commencent à fleurir en devenant la norme pour des centaines des milliers d'habitants.
- En 1986, Ronald Reagan sauve in extremis la peau du "Baby", exilé en France, sain et sauf, pendant que les entreprises américaines, tel Disney, font des belles affaires en Haïti, en payant les travailleurs 15 centimes d'euro l'heure.
- En 1991, les Etats-Unis participent avec bonheur au coup d'Etat contre Aristide.
- En 1994 Clinton "décide" qu'il serait une bonne idée de le rétablir à nouveau au pouvoir. Chose faite, Bill Clinton a continué de le soutenir pendant des années contre le reste du monde jusqu'en...
- 2004, où les américains "décident" de tout faire pour chasser toujours le même Aristide, expulsé manu militari comme le dernier des mécréants.
Sauveurs auto-proclamés
Dans ce contexte, admettons que voir sur les télévisions du monde entier l'interview commune de Clinton et Bush - tristement célèbre pour s'être reposé dans son ranch pendant que Katrina détruisait la Nouvelle Orléans -, les entendre se positionner voire s'imposer comme les sauveurs compatissants et auto-proclamés d'Haïti ne représente pas seulement une véritable provocation, mais donne envie de poser la question d'une responsabilité pénale.
Mais, on le sait et on le tolère, certains pays ne sont jamais inquiétés par les tribunaux internationaux, et se situent d'emblée au dessus de la justice. Plus encore, ils se travestissent en sauveurs bienveillants de la première heure, pour des raisons bien plus calculées qu'il puisse paraître, ce qu'on examinera dans un article à suivre.
|
auteur: Emmanuel Guérin en savoir plus sur l'auteur |
Créez votre profil
pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com
|
Vérité tronquée
Le rappel historique commence à 1910 ; | |||
répondre à  cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|
|
|
Guérin divague
"sauveurs bienveillants de la première heure, pour des raisons bien plus calculées qu'il puisse paraître" Pourquoi ne pas écrire que les Américains on créer le tremblement de terre pendant que t'y est Guérin. Ils ont des machines sous la mer qui ont fabriquées une crise de plus. Comme si ils en avaient pas assez sur le dos. La crise économique, le terrorisme, la récupération apres La Nouvelle Orléans, les guerres causées par les moslemes. Tu divagues avec tes faits. | ||
répondre à  cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|
|
Nous aussi , les Français, avons une grande responsabilité envers ce pays, en raison de l'énorme dette imposée à sa sortie d'esclavage. | |||
répondre à  cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|
|
Je vous recommande de vous renseigner sur Frankétienne,artiste haïtien de tout premier plan | |||
répondre à  cette réaction
|
noter cette réaction |
signaler un abus
|
|









