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ANALYSE Faut-il croire le Hamas sur parole ? VU D'ISRAEL Les éléments clés pour un accord de paix solide lire le dossier |
La chute du régime soviétique et la décomposition subséquente de l'Union Soviétique en 1991 ont instauré une situation inédite dans les histoires humaines. Jusqu'ici, toute politie1 sortie victorieuse d'une compétition et bénéficiant d'une position hégémonique se renforçait des dépouilles des vaincus et fondait une principauté, un royaume ou un empire. C'est par ce mécanisme d'accrétion politique par la guerre et la conquête, que des humanités dispersées en unités minuscules se sont retrouvées intégrées par un procès séculaire et millénaire dans des polities de plus en plus vastes, jusqu’aux empires perse, chinois, indien, inca. La croissance séculaire d'un empire russe à partir d'une principauté perdue dans une clairière de la taïga ; la consolidation en une politie continentale d'anciennes colonies espagnoles, françaises et anglaises en Amérique du Nord ; et les péripéties de l'histoire européenne entre 1914 et 1945, avaient imposé à la planète une structure dipolaire, où, de manière très classique, les États-Unis et l'URSS rivalisaient à la recherche de l'hégémonie.
Un système de jeu à deux est de nature instable, car il ne réserve aucune position d'équilibre, qui permettrait la coexistence pacifique des deux polities
Quel que soit l'objectif visé, la sécurité ou la puissance, l'une et l'autre sont assurées d'en bénéficier pleinement, si l'une réussit à éliminer l'autre. En conséquence, chacune doit calculer que l'autre saisira toute occasion de l'abattre. Comme toutes deux font le même calcul, il devient impossible qu'elles se fassent confiance, car se confier à la modération supposée de l'autre serait d'une imprudence mortelle. Entre les deux puissances affrontées, la méfiance et le soupçon sont inévitables et justifiés, quelles que soient les intentions nourries et/ou affichées. Aussi bien, la Guerre Froide n'a pas été une conséquence de divergences idéologiques profondes entre une démocratie et une idéocratie, le capitalisme et la planification centralisée, le libéralisme et le communisme. Ces divergences étaient réelles, mais elles n'ont pas créé la rivalité, elles l'ont rendue seulement plus âpre et plus explicite.
La victoire américaine et la défaite soviétique ont été décidées, en dernière instance, par la nature des régimes politiques respectifs
Les États-Unis ont démontré cette vérité digne de méditation que, à potentiel équivalent, une démocratie l'emporte sur une autocratie, en raison d'une efficacité plus grande et d'une capacité supérieure de décision, contrairement à toutes les illusions sur l'infériorité intrinsèque des démocraties en matière de politique extérieure. Les illusions sont nées de ce que, aux temps historiques, les démocraties ont géré des polities minuscules, les cités antiques et médiévales, qui ne faisaient pas le poids face aux royaumes et aux empires. Elles ont été confortées par la démission des démocraties européennes entre les deux guerres. Quoi qu'il en soit, les États-Unis ont gagné et la transpolitie planétaire s'est retrouvée, du jour au lendemain, dans une situation radicalement nouvelle. En effet, 2 - 1 = 1 ! Un jeu dipolaire conduit inexorablement à son propre dépassement et à la victoire d'une politie. Tous les précédents historiques sur tous les continents et à toutes les échelles le confirment, sans réserver jamais la moindre exception : tous les systèmes de jeu transpolitiques à deux, trois ou quatre polities se résolvent par le triomphe de l'une d'elles et par la fondation d'une politie de dimension supérieure.
Mais, les Etats-Unis sont définitivement hors d'état de transformer leur hégémonie en empire planétaire
Le fait inouï et inédit est la vérification en cours que, si les États-Unis sont effectivement devenus la puissance hégémonique, ils sont définitivement hors d'état de transformer leur hégémonie en empire planétaire. D'un côté, ils peuvent développer une puissance supérieure à la coalition de toutes les autres puissances, mais, de l'autre, ils sont impuissants à transformer la planète en une politie américaine qui absorberait toutes les autres. Cette impuissance est définitive, car elle est imposée tant par le régime politique américain et l'impossibilité de mobiliser le pays tout entier au service d'une impérialisation qui exigerait du temps, des efforts intenses de mobilisation et une unité constante de propos, que par les capacités de résistance et de nuisance à peu près infinies du reste du monde.
Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, une puissance hégémonique est empêchée de poursuivre l'unification politique de l'espace transpolitique qu'elle domine. Si la planète doit parvenir un jour à l'unité politique, la voie empruntée ne sera pas celle de la conquête et de l'empire. En attendant, le jeu hégémonique est instable et dangereux, car la puissance dominante n'a pas les moyens de gérer la planète. Il a suffi d'une décennie pour en administrer la preuve. De 1991 à 2001, certains ont pu croire à une planète pacifiée. Depuis le 11 septembre 2001, l'illusion est dissipée, tant celle de la paix que celle de la capacité américaine à régler les problèmes du monde.
1 espace social circonscrit, dont ceux qui le composent, sont décidés à résoudre les conflits qui les opposent, sans recourir à la violence mais par l’entremise de la loi et du droit. (Chez Aristote, la "politeia" désigne la meilleure version de "gouvernement par le grand nombre", troisième grande forme de gouvernement, la pire version de cette forme étant la démocratie).
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auteur: Jean Baechler en savoir plus sur l'auteur |
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Et la Chine? Développement d'une oligarchie planétaire...
Et la Chine dans tout ça? Va t-on assister à une nouvelle guerre froide entre ces deux empires, asiatique et américain? L'auteur ne s'exprime pas sur ce sujet, qui fait pourtant la polémique. L'hégémonie américaine existe à mon sens, et le fait de contester sa réalité est peut-être le signe qu'elle a de beaux jours devant elle : en effet, si on est persuadé que les USA sont omnipotents, qu'ils peuvent administrer le monde selon leur bon vouloir, on est en droit d'affirmer que cette toute puissance n'existe pas actuellement. Mais la toute puissance est-elle synonyme d'hégémonie? Nous nous dirigeons à mon sens vers une oligarchie, à savoir la domination du monde par le G8, lui-même dominé par les USA. Et la possible élection d'Obama ne changera pas cette donne...
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la première puissance mondiale n'est pas un empire? |
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