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ANALYSEPolitique étrangère : que peut changer Obama ?POLEMIQUE"Obamania" : la fête sera bientôt finielire le dossier |
International
L’accord intervenu sous les bons auspices du Qatar et de la Ligue Arabe mercredi 21 mai à Doha entre les membres de la majorité et ceux de ladite opposition pro-syrienne (Hezbollah, Amal, Courant Patriotique Libre) a permis pour un temps de sortir le Liban de l’imbroglio politique dans lequel le pays est plongé depuis 18 mois.
L’accord de Doha se veut être la consécration du principe "ni vainqueur, ni vaincu". Cependant, nombreux sont ceux qui estiment que le texte final consacre sur le terrain politique la victoire militaire qu’a remportée l’opposition quelques jours plut tôt.
Les conclusions de l’accord de Doha
- Il prévoit que le scrutin présidentiel aura lieu "dans les 24 heures". Il met fin à 19 reports successifs de la session parlementaire visant à doter le Liban d’un nouveau président ! C’est l’actuel chef d’Etat-major des Forces Armées Libanaises, le Général Michel Sleimane, qui a été élu le 25 mai prochain
- La mise en place d’un gouvernement d’union nationale, au sein duquel les partis de l’opposition disposent d’une minorité de blocage
- L’adoption d’une nouvelle loi électorale sur le modèle de celle de 1960, légèrement modifiée en vue des élections générales de 2009
Aussi important que soit l’accord intervenu à Doha, il convient cependant de ne pas en surestimer la portée. Les accolades et les déclarations empreintes d’optimisme peinent à masquer le malaise, le report à une date ultérieure, voire l’omerta relatif à certaines questions cruciales pour l’avenir du pays.
L’épineuse question du désarmement
Le mutisme relatif à la question du désarmement des milices, pourtant prévu par les accords de Taëf (1989) et réitéré par la résolution 1701 du Conseil de Sécurité (2006), matérialise l’incapacité des négociateurs à parvenir à une quelconque forme de compromis sur la question. Tout juste l’accord évoque-t-il la nécessité du "renforcement de l’autorité de l’Etat sur la totalité du territoire et sa relation avec les différentes organisations, de manière à garantir la sécurité de l’Etat et de ces citoyens". Une clause du document final prévoit "l’interdiction de tout recours aux armes à des fins politiques".
Le "silence assourdissant" relatif aux conclusions intervenues sur ce point précis illustre l’embarras des négociateurs quant au refus catégorique du Hezbollah d’évoquer la problématique du désarmement, sous peine de quitter la table des négociations. La véritable course aux armements à laquelle se livrent les diverses milices, souvent par l’entremise de puissances extérieures, conduit indirectement le Hezbollah à renforcer son arsenal militaire. Contrairement à une image largement répandue dans les médias occidentaux, s’il est incontestable que le Hezbollah dispose d’un soutien militaire et financier de la part de la Syrie et de l’Iran, c’est faire bien peu de cas de la logique nationale et du caractère autonome dans lequel s’inscrit le mouvement chiite.
Le Liban face à un avenir incertain
La répartition des postes-clés au gouvernement (Affaires étrangères, Défense, Intérieur, Justice) fera sans nul doute l’objet de marchandages. Pour revenir un instant sur la concession faite par la majorité à l’opposition sur la minorité de blocage, ce dernier point doit être nuancé dans la mesure où le mandat du gouvernement actuel n’excèdera pas un an, attendu le fait que les élections législatives se dérouleront l’année prochaine. Quid des conséquences d’un tel accord sur le fonctionnement du tribunal international pour juger les assassins de Rafic Hariri ?
La majorité considère pour le moment que l’essentiel est ailleurs. Il réside dans la fin du règne de la rue dont l'opposition s'était rendue maître à la faveur des troubles, au profit de la relance des institutions officielles. Il reste que les questions du communautarisme et du confessionnalisme, éléments centraux dans l’organisation de la vie politique libanaise, n’ont pas été réglées par le présent accord. Méfions nous de ce que les combats de mai aient pu créer un profond sentiment d’humiliation chez les communautés sunnites et druzes. Vexations dont les courants salafistes pourraient profiter pour mobiliser en vue d’opérations de vendetta.
Aussi nécessaire et important que soit le fait d’être parvenu à un tel accord, les premiers temps du gouvernement prochainement investi nous instruiront sur la viabilité et l’applicabilité effective d’un tel accord. L’évolution des pourparlers israélo-syriens au sujet de la restitution du Golan en l’échange d’une paix avec Israël conditionne pour partie les évolutions du Liban, tant l’image "d’Etat-tampon" et la perméabilité du pays aux influences extérieures n’ont jamais été autant d’actualité. Restons conscients de ce que l’application du présent accord "au Doha et à l’œil" ne garantit en aucune manière la stabilité des rapports de force au pays du Cèdre tant la volatilité des scènes libanaise et "moyen-orientale" est importante.
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auteur: Sébastien Cartier en savoir plus sur l'auteur |
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Donnons du pouvoir politique au Hezbollah...
L'accord de Doha n'est que la traduction de la victoire militaire du Hezbollah en victoire politique. L'avenir du Liban restera incertain tant que le conflit isrélo palestinien ne sera pas résolu... C'est à dire pour un bon bout de temps. En même temps, donner des responsabilités politiques à un mouvement comme le hezbollah peut avoir des retombées positives : - Diminuer voir détruire Al quaïda Comme le dit justement Hanna Arendt, le pouvoir et la violence répondent à une corrélation négative : Celui qui a le pouvoir n'a plus besoin de la violence et inversement... Si vous ne partagez pas mon point de vue, je suis prêt à en débattre.... | |||
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