DEBAT

Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?

Portrait de Barack Obama, 44ème président des USA

ANALYSE

Politique étrangère : que peut changer Obama ?

POLEMIQUE

"Obamania" : la fête sera bientôt finie

lire le dossier
Dossier spécial
Dossier spécial Crise Financière

LES ARTICLES LES PLUS :

Economie

Pour surmonter la crise, Messier et Madelin misent sur le web porno !
lire l'article

Politique

Pourquoi je pense qu'Obama ne sera pas élu
lire l'article

DEBAT

Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?

Portrait de Barack Obama, 44ème président des USA

ANALYSE

Politique étrangère : que peut changer Obama ?

POLEMIQUE

"Obamania" : la fête sera bientôt finie

lire le dossier
Dossier spécial
Elections présidentielles américaines - Obama

International


Drapeau libanais
Liban : un espoir et beaucoup d'incertitudes
Le 21 mai à Doha, la majorité et l'opposition libanaises sont parvenues à un accord d'étape, après une longue crise d'un an et demi. Cet accord est censé être un premier pas vers la construction d'un nouveau pacte social. Pourtant, il ignore le problème crucial du désarmement de milices et laisse planer de multiples incertitudes.

L’accord intervenu sous les bons auspices du Qatar et de la Ligue Arabe mercredi 21 mai à Doha entre les membres de la majorité et ceux de ladite opposition pro-syrienne (Hezbollah, Amal, Courant Patriotique Libre) a permis pour un temps de sortir le Liban de l’imbroglio politique dans lequel le pays est plongé depuis 18 mois.

 

L’accord de Doha se veut être la consécration du principe "ni vainqueur, ni vaincu". Cependant, nombreux sont ceux qui estiment que le texte final consacre sur le terrain politique la victoire militaire qu’a remportée l’opposition quelques jours plut tôt.

 

Les conclusions de l’accord de Doha

 

- Il prévoit que le scrutin présidentiel aura lieu "dans les 24 heures". Il met fin à 19 reports successifs de la session parlementaire visant à doter le Liban d’un nouveau président ! C’est l’actuel chef d’Etat-major des Forces Armées Libanaises, le Général Michel Sleimane, qui a été élu le 25 mai prochain

- La mise en place d’un gouvernement d’union nationale, au sein duquel les partis de l’opposition disposent d’une minorité de blocage

- L’adoption d’une nouvelle loi électorale sur le modèle de celle de 1960, légèrement modifiée en vue des élections générales de 2009

 

Aussi important que soit l’accord intervenu à Doha, il convient cependant de ne pas en surestimer la portée. Les accolades et les déclarations empreintes d’optimisme peinent à masquer le malaise, le report à une date ultérieure, voire l’omerta relatif à certaines questions cruciales pour l’avenir du pays.

 

L’épineuse question du désarmement

 

Le mutisme relatif à la question du désarmement des milices, pourtant prévu par les accords de Taëf (1989) et réitéré par la résolution 1701 du Conseil de Sécurité (2006), matérialise l’incapacité des négociateurs à parvenir à une quelconque forme de compromis sur la question. Tout juste l’accord évoque-t-il la nécessité du "renforcement de l’autorité de l’Etat sur la totalité du territoire et sa relation avec les différentes organisations, de manière à garantir la sécurité de l’Etat et de ces citoyens". Une clause du document final prévoit "l’interdiction de tout recours aux armes à des fins politiques".

 

Le "silence assourdissant" relatif aux conclusions intervenues sur ce point précis illustre l’embarras des négociateurs quant au refus catégorique du Hezbollah d’évoquer la problématique du désarmement, sous peine de quitter la table des négociations. La véritable course aux armements à laquelle se livrent les diverses milices, souvent par l’entremise de puissances extérieures, conduit indirectement le Hezbollah à renforcer son arsenal militaire. Contrairement à une image largement répandue dans les médias occidentaux, s’il est incontestable que le Hezbollah dispose d’un soutien militaire et financier de la part de la Syrie et de l’Iran, c’est faire bien peu de cas de la logique nationale et du caractère autonome dans lequel s’inscrit le mouvement chiite.

 

Le Liban face à un avenir incertain

 

La répartition des postes-clés au gouvernement (Affaires étrangères, Défense, Intérieur, Justice) fera sans nul doute l’objet de marchandages. Pour revenir un instant sur la concession faite par la majorité à l’opposition sur la minorité de blocage, ce dernier point doit être nuancé dans la mesure où le mandat du gouvernement actuel n’excèdera pas un an, attendu le fait que les élections législatives se dérouleront l’année prochaine. Quid des conséquences d’un tel accord sur le fonctionnement du tribunal international pour juger les assassins de Rafic Hariri ?

 

La majorité considère pour le moment que l’essentiel est ailleurs. Il réside dans la fin du règne de la rue dont l'opposition s'était rendue maître à la faveur des troubles, au profit de la relance des institutions officielles. Il reste que les questions du communautarisme et du confessionnalisme, éléments centraux dans l’organisation de la vie politique libanaise, n’ont pas été réglées par le présent accord. Méfions nous de ce que les combats de mai aient pu créer un profond sentiment d’humiliation chez les communautés sunnites et druzes. Vexations dont les courants salafistes pourraient profiter pour mobiliser en vue d’opérations de vendetta.

 

Aussi nécessaire et important que soit le fait d’être parvenu à un tel accord, les premiers temps du gouvernement prochainement investi nous instruiront sur la viabilité et l’applicabilité effective d’un tel accord. L’évolution des pourparlers israélo-syriens au sujet de la restitution du Golan en l’échange d’une paix avec Israël conditionne pour partie les évolutions du Liban, tant l’image "d’Etat-tampon" et la perméabilité du pays aux influences extérieures n’ont jamais été autant d’actualité. Restons conscients de ce que l’application du présent accord "au Doha et à l’œil" ne garantit en aucune manière la stabilité des rapports de force au pays du Cèdre tant la volatilité des scènes libanaise et "moyen-orientale" est importante.

crédit photo : Flickr
auteur: Sébastien Cartier
en savoir plus sur l'auteur
1 RÉACTION réagissez à  cet article
Pour participer au débat, vous devez vous identifier :


Créez votre profil pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com

de Jean Dumas le 30/05/2008 à 18h22
Donnons du pouvoir politique au Hezbollah...

L'accord de Doha n'est que la traduction de la victoire militaire du Hezbollah en victoire politique.

L'avenir du Liban restera incertain tant que le conflit isrélo palestinien ne sera pas résolu... C'est à dire pour un bon bout de temps.

En même temps, donner des responsabilités politiques à un mouvement comme le hezbollah peut avoir des retombées positives :

- Diminuer voir détruire Al quaïda
- Responsabiliser la faction pro syrienne et de fait limiter sa tentation de recours à la violence

Comme le dit justement Hanna Arendt, le pouvoir et la violence répondent à une corrélation négative :

Celui qui a le pouvoir n'a plus besoin de la violence et inversement...

Si vous ne partagez pas mon point de vue, je suis prêt à en débattre....

répondre à  cette réaction   noter cette réaction signaler un abus