DEBAT Quelles solutions pour le conflit israélo-palestinien ?
Drapeaux palestinien et israélien entremêlés ANALYSE Faut-il croire le Hamas sur parole ? VU D\'ISRAEL Les éléments clés pour un accord de paix solide lire le dossier
Dossier spécial
Dossier spécial Elections Américaines

LES ARTICLES LES PLUS :

DÉBAT

Libération d'Ingrid Betancourt : ce que ne dit pas la version officielle
lire l'article

Politique

Barack Obama

Pourquoi je pense qu’Obama sera élu
lire l'article

Politique

Obama, élections américaines

Pourquoi je pense qu’Obama peut craindre de ne pas être élu
lire l'article

DEBAT Quelles solutions pour le conflit israélo-palestinien ?
Drapeaux palestinien et israélien entremêlés ANALYSE Faut-il croire le Hamas sur parole ? VU D'ISRAEL Les éléments clés pour un accord de paix solide lire le dossier
International
Membres du Hamas entourant un enfant
Filckr (Davidb1)
Modeste proposition pour finir la guerre en Palestine
Depuis soixante ans que l’Etat d’Israël existe, les autres Etats n’ont cessé de le critiquer. Ils s'appuient souvent sur le droit international, qui exige une égalité de traitement entre les Etats. Prenons-les au mot au et pour chaque reproche, montrons qu'on peut trouver des exemples identiques dans au moins un autre Etat.

Depuis soixante ans que l’Etat d’Israël est revenu à l’existence, les autres Etats n’ont pas cessé de le critiquer.  Certains considèrent qu’il est difficile, pour un Etat créé aussi récemment après d’importants transferts de population, d’obtenir une pleine légitimité aux yeux du monde.  D’autres ajoutent que la nationalité et la religion devraient rester pleinement séparées.  On reproche fréquemment à Israël – non pas (généralement) de se défendre contre le terrorisme jihadiste – mais les méthodes que l’Etat juif utilise dans ce combat. Enfin, des critiques plus précises ont porté sur l’annexion de Jérusalem, qui a une certaine importance culturelle pour les Musulmans ; sur le fait qu’Israël conserve le contrôle d’une petite part des territoires conquis en 1967 et y a laissé s’installer une population juive ; sur le sort des Palestiniens réfugiés en 1948 ; sur la « loi du retour » qui accorde la nationalité israélienne donnée aux Juifs qui en font la demande, même si leurs ancêtres n’ont pas vécu sur la terre depuis des siècles  ; et sur le sort réservé à la minorité de citoyens arabes d’Israël.

 

Israël a tort de ne pas écouter ces critiques. Après tout, ceux qui les font évoquent généralement les principes du droit international, et ces principes exigent que tous les Etats soient traités de manière égale. Or, de nombreux Etats qui critiquent Israël sont confrontés aux mêmes difficultés. Pas toutes à la fois (on ne le souhaite à personne) ; mais pour chaque point qui donne lieu aux reproches des Nations, on peut trouver des exemples identiques dans au moins un autre Etat.

 

Israël devrait imiter point par point les solutions trouvées par d'autres Etats

 

Comme ces autres Etats ne reçoivent pas les mêmes critiques des institutions de l’ONU ou des intellectuels occidentaux, la solution à la guerre en Palestine est simple. Il suffit que, point par point, Israël imite les solutions trouvées par d’autres Etats.  En application du principe d’égalité qui règne sur le droit international, les critiques d’Israël s’arrêteront le jour où l’Etat juif pourra dire : « Je n’ai fait que ce que vous faites aussi ».

 

Prenons ainsi les obstacles à la légitimité d’Israël, Etat récent créé après d’importants mouvements migratoires.  Le Pakistan a été fondé moins d’un an plus tôt, au milieu de migrations bien plus importantes (environ 15 millions de Musulmans quittant l’Inde et d’Indous quittant le Pakistan).  Que le Pakistan explique à Israël comment il fait pour être, aujourd’hui, un membre respecté de la communauté internationale, dont personne ne conteste la légitimité. Israël n’aura qu’à imiter.

 

L’exemple du Pakistan permettra de rassurer ceux qui croient que nationalité et religion doivent être séparées (le Pakistan, après tout, n’a été créé que pour donner un Etat distinct aux musulmans de l’Inde). Le traitement de la minorité chrétienne du Pakistan pourra servir de modèle pour donner un régime acceptable aux minorités religieuses d’Israël.

 

Israël devra réformer ses outils de lutte contre le terrorisme jihadiste et adopter des tactiques que le monde puisse accepter. A cette fin, la Syrie expliquera à l’Etat juif comment elle a réagi à la prise de contrôle de la ville de Hama par les Frères musulmans en 1982. La Russie donnera l’exemple de son traitement de la ville de Grozny, en Tchétchénie, entre 1994 et 2000.

 

Sur le cas de Jérusalem, la Turquie sera le meilleur professeur. Elle s’est, après tout, installée à Constantinople, qui fut pendant mille ans l’une des grandes capitales de la religion chrétienne et de la culture grecque. Israël, s’il veut mettre fin aux critiques internationales, devra imiter avec soin les mesures prises par les Turcs pour partager avec les Grecs leur souveraineté sur Istanbul et pour y préserver la diversité culturelle.

 

Sur la question de l’installation d’une population juive dans une petite part des territoires conquis en 1967, Israël s’inspirera de la Chine. Celle-ci a conquis le Tibet en 1950 et l’on rapporte que l’équilibre démographique du territoire a été, depuis, un peu modifié.  Puisque la Chine n’a jamais été condamnée par les institutions de l’ONU, il suffira qu’Israël suive son exemple pour ne plus jamais l’être.

 

Certes, Israël a déjà quitté le Sinai et Gaza, mais conserve le contrôle de la Cisjordanie ; c’est manifestement inacceptable. La Pologne et la République tchèque expliqueront à l’Etat juif les mesures qu’elles ont prises pour restituer à l’Allemagne la Silésie, les Sudètes et la Prusse orientale. Les mesures prises pour garantir le droit au retour des Allemands de ces territoires serviront de modèle pour le droit au retour des Palestiniens.

 

Sur la loi du retour, l’Allemagne et la Grèce expliqueront la différence essentielle qui sépare la loi israélienne, clairement inacceptable, et leurs propres lois garantissant la nationalité aux descendants des Allemands et des Grecs qui ont quitté le territoire depuis plusieurs siècles.

 

Enfin, le traitement de la minorité arabe d’Israël sera amélioré si l’Etat juif s’inspire des politiques mises en œuvre par l’Etat qui héberge – après celle d’Israël – la plus importante minorité musulmane d’Occident. La France, pays des droits de l’homme, expliquera à Israël comment garantir la représentation des musulmans au Parlement et donner à leur langue le statut de langue nationale.

 

Israël aura ainsi montré qu’il est prêt à écouter les critiques et à se comporter comme tous les autres Etats. Cela lui permettra d’être enfin pleinement accepté au sein de la communauté internationale. Le flot des critiques se taira, et la paix définitive sera la conséquence naturelle de tant de bonne volonté.

auteur: Sébastien Castellion
en savoir plus sur l'auteur
1 RÉACTION réagissez à cet article
Pour participer au débat, vous devez vous identifier :


Créez votre profil pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com

de Dabu le 19/03/2008 à 12h29
Pas mal mais...

Quelle belle suite de sophismes, remarquablement écrite (dans ma bouche, sophiste au sens grec du mot n'est pas péjoratif). Je vous prends au mot, pourquoi pas ? Si Israel reste dans les territoires acquis comme d'autres pays dans le monde (la France a peu de leçons à donner, il est vrai), acceptera-t-il de donner aux arabes de cisjordanie la même citoyenneté de ceux de haifa ?

répondre à cette réaction   signaler un abus