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Sea, Sun and Tsahal

Comment vit-on sa jeunesse en Israël ? Entre la plage, les filles et l'armée, les jeunes hommes du pays vivent une réalité très contrastée, tiraillés entre devoirs militaires et citoyens. A l'image de Mickaël, 24 ans, dont notre correspondante à Jérusalem nous livre un portrait éclairant.

Il a de grands yeux sombres aux sourcils broussailleux, des cheveux bouclés noirs et sauvages et un nez juif / grec gracieux. Son visage beau et structuré semblable à une sculpture grecque contraste avec sa petite taille et son allure enfantine. Toujours le sourire aux lèvres, il se dégage de lui une forte énergie, et un optimisme sans bornes.


Il est Israélien, a 24 ans, et résume à lui seul une grande partie de la jeunesse israélienne de 2008. Il fait partie de ces "Sabra" (1), nés pour la plupart en Israël mais parlant la langue et vivant la culture de leurs parents européens ou américains venus faire leur Aliyah (2) il y a 20 ou 30 ans. Né de parents français, il parle la langue de Molière depuis qu’il est tout petit, son père et sa mère refusant qu’il s’exprime en hébreu à la maison. Même si sa mère est parisienne d’origine et professeur de français, il parle cette langue avec l’accent israélien typique, en accentuant les dernières syllabes et faisait quelque fois, des fautes de grammaire ou de syntaxe comme "je te fais un téléphone demain".


"Je ne sais pas si j’ai tué quelqu’un, on tire, on tire, mais on ne voit pas sur qui"

Etudiant en deuxième année à Tel Aviv, il veut devenir ingénieur. De quoi, il ne sait pas encore. En fait, il n’y pense pas vraiment. Il se laisse vivre pour le moment. Depuis les trois années du service militaire, sa vie a changé. Les obligations, les armes, la peur ont laissé place à une existence douce où les principales occupations sont la plage, les soirées, les voyages et les filles. Il a fait l’armée comme tout le monde ici, incorporé dans les unités de combattants, les "fighting soldiers". Parfois il était affecté à la frontière de la bande de Gaza. Il dit souvent : "Je ne sais pas si j’ai tué quelqu’un, on tire, on tire, mais on ne voit pas sur qui".

 

"Fighting soldiers"

 

A l’armée, il avait une petite copine, Ila. Pourtant, les relations sexuelles sont interdites dans les bases. Alors tous se cachent et se retrouvent pendant leur permission du week-end, cela redonne un peu de légèreté à ces jeunes Israéliens touchés si jeunes par le devoir et les conflits. Dès la fin du bac, à 18 ans.


"Si on me capture, j’essaie de me suicider tout de suite"

Plusieurs fois par an, il doit faire ses semaines de réserve, les "Milouim", mais peu de gens savent où se rendent les soldats. "Je ne peux pas dire où je serai pendant le Milouim, on doit signer des papiers maintenant. On ne doit pas le dire par téléphone car le Hezbollah a su où se trouvaient les soldats Israéliens de cette manière, ils écoutaient les conversations téléphoniques", dit-il. Il y a quelques semaines, l’Etat hébreu a récupéré les corps des deux soldats capturés par le Hezbollah pendant la Seconde guerre du Liban. Le jeune caporal Guilad Shalit, est lui toujours aux mains du Hamas dans la bande de Gaza. Face à cela, tous les Israéliens craignent un jour de se faire enlever pendant leur service ou leur réserve. Il dit : "Si on me capture, j’essaie de me suicider tout de suite. Je ne pourrai pas rester deux ans enfermé dans une prison où on doit te torturer…"

 

"Globe trotteur"

 

Après le service militaire, comme tous les jeunes de son âge, il est parti voyager en Amérique du sud puis en Thaïlande. C’est que ce sont les seuls pays où les Israéliens peuvent se rendre, l’Europe étant devenue trop chère avec l’Euro et les pays d’Afrique ou d’Asie du sud-est, trop dangereux car trop musulmans. Quand il était en Thaïlande, il a connu beaucoup de Libanais qu’il a trouvé "très sympas" et il trouve ça dommage de ne pas pouvoir aller visiter Beyrouth comme n’importe quel autre citoyen du monde. Il est frustré de ne pas pouvoir aller dans tous les pays, mais il garde un goût prononcé pour les voyages. Sa prochaine destination sera d’ailleurs le Mexique ou l’Espagne.

 

"Fataliste"

 

"Les pires, ce sont les Arabes israéliens, on ne peut pas leur faire confiance. Pourquoi personne nous laisse tranquille, nous les Juifs ?"

Fana de plage, il s’y rend tous les week-ends, voir plusieurs fois par semaine. "J’adore vivre en Israël, c’est tous les jours les vacances ici avec le soleil et la plage. Le seul problème dans ce pays, c’est la guerre". Pourtant on sent peu les conflits quand on vit à Tel Aviv ou dans ses alentours. On appelle ça "la bulle". Ca ne l’empêche pas d’avoir des avis tranchés sur la question du conflit israélo-palestinien et de la population arabe vivant en Israël : "Je ne comprends pas les Arabes, ils savent qu’en continuant à nous lancer des roquettes, on va les bombarder. Alors pourquoi ils continuent ?". Il veut la paix mais se dit réaliste : "Plus jeune, j’y croyais à la paix. Maintenant je sais qu’on vivra toujours avec ce conflit, je suis devenu fataliste". Après les trois attaques récentes perpétrées à Jérusalem par des habitants arabes de l’est de la ville, il critique : "Les pires, ce sont les Arabes israéliens, on ne peut pas leur faire confiance. Pourquoi personne nous laisse tranquille, nous les Juifs ?".

 

"Goy"

 

Juif non pratiquant, il considère qu’il a le style de vie d’un "goy", d’un non-juif : "Je crois en Dieu mais je ne mange pas kasher, je vais rarement à la synagogue et j’adore les fruits de mer (interdits de consommation dans le judaïsme)". Pourtant, quand il se rend à Paris voir sa famille, il reste confiné dans le milieu juif de la capitale française et cela l’ennuie : "Les Juifs parisiens sont chiants, ils ne boivent jamais d’alcool". Très Israélien, il rêve pourtant d’aller faire du ski dans les Alpes, de découvrir la région du sud-ouest, la campagne française en général, car Paris il connaît déjà par cœur.

 

Sea, Sun and Tsahal, telle est la vie de milliers de jeunes de 18 à 30 ans en Israël. Tiraillés entre devoirs militaires et citoyens (la défense du pays, la conscience politique), projets de vie (faire des études et trouver un travail), et besoins de légèreté matérialisés dans la vie débridée de Tel Aviv ou d’ailleurs.

 

 

(1)  Sabra est un terme désignant les Juifs nés en Israël. Il signifie également un végétal semblable à un cactus, piquants à l’extérieur et doux à l’intérieur.

 

(2)  Aliya (Aliyah) est un mot hébreu (עליה ou עלייה) signifiant littéralement ascension ou élévation spirituelle. Ce terme désigne l'acte d'immigration en terre sainte (Eretz Israël, en hébreu) par un Juif.

auteur: Julia Van Aelst
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de djoundjoun le 30/07/2008 à 16h37
Sea, Sun and Tsahal

(((Je ne comprends pas les Arabes, ils savent qu’en continuant à nous lancer des roquettes, on va les bombarder Pourquoi personne nous laisse tranquille, nous les Juifs ?"))))l'humain restera un égoïste,se mettre à la place de l'autre est-ce si difficile? Se voir confisquer sa terre, impossibilité de circuler librement sur son territoire,se faire expulser pour laisser la place à des colonies juives extrémistes, etc.. et pour achever le tout passer pour oppresseur alors que vous êtes l'opprimé.Mickaël dit Je ne pourrai pas rester deux ans enfermé dans une prison où on doit te torturer…".La réalité ce sont les palestiniens qui subissent ce traitement. N'oublions pas que la torture est légale en ISRAEL.En conclusion la politique israélienne envers les palestiniens crée injustice,dénie des droits élémentaire d'un peuple à vivre sur sa terre d'où terrorisme, fanatisme religieux et souffrance dans cette région. CHAPEAU AU MOUVEMENT ISRAÉLIEN LA PAIX MAINTENANT QUI LUTTE POUR LES DROIT DE L'HOMME. LES PALESTINIEN SONT AUSSI DES HOMMES ET DES FEMMES AVEC LES MÊMES DÉSIRS QUE LES AUTRES

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de Michel Dumagne le 31/07/2008 à 11h03
Cercle vicieux

Je partage votre point de vue, et je comprends que cette phrase vous ait choqué.

Mais cet article n'est autre qu'un portrait.
Nous sortons enfin du politiquement correct habituel pour rentrer dans l'absurdité de ce conflit : depuis 1948, bon nombre de générations se sont renouvelées, en Israël comme en Palestine. Ce que veut dire Mickaël, à mon avis, n'est pas qu'Israël a raison sur les Palestiniens, mais que ce conflit est absurde, car se répétant avec de jeunes gens nés dans les années 80, et qui ne veulent plus de cette surenchère de la violence et de la haine.


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de djoundjoun le 31/07/2008 à 13h44

Je comprend tout à fait que cette nouvelle génération comme Mickaël qui se retrouve à faire une guerre dont il ne comprend plus le sens.La solution à une cohabitation passe en premier par s'identifier à l'autre,que ce soit pour ses ennemis comme ses amis,c'est valable pour les israéliens comme pour les palestiniens.Dans mon texte je m'adressai un peu à Mickaël c'est vrai c'est un portrait mais devant un clavier on se laisse porter par une certaine ferveur à bientôt pour votre prochain article.

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de sidigarcia le 06/08/2008 à 21h09
Peut-on comparer un pays démocratique (Israël) aux palestiniens

La plupart des reproches adressées aux Israéliens remontent à la constitution de l'état juif: Les victimes présumées (il y en a eu des 2 cotés) ne sont plus de ce monde! Quand à leurs descendants, ils ont eu tout le temps nécessaire pour se refaire une vie: J'avais 13 ans lorsque j'ai été chassé de mon pays, et cela ne m'a laissé aucune séquelle ni empêché de réussir ma vie!
Et Israël est une démocratie, une vraie, bien plus que nombre de pays européens actuels (dont la France!), on ne peut pas en dire autant de ces voisins et en particulier de l'autorité palestinienne.
Il faut que les arabes acceptent définitivement l'existence de ce pays. Il faut cesser de croire au temps des croisades et à la victoire finale de l'islam. L'histoire ne se renouvelle pas.

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de djoundjoun le 07/08/2008 à 15h36
reponse à sidigarcia

Il faut maintenant en finir avec cette fausse idée musulman contre juifs dans le conflit ISRAEL PALESTINE c'est une idée trop simpliste qui favorise l'intégrisme religieux:(hamas et colons juifs )Il existe aussi des chrétiens et des druzes palestiniens qui subissent la politique discriminatoire d'ISRAEL.Le problème est celui du territoire.La démocratie dans cette région du monde n'est pas .Les pays arabes sont actuellement tout sauf des démocraties comme la majorité des pays de la planète et Israël comme le Liban est un pays ou la religion est stipulée sur la carte d'identité, la torture est légalisée en Israël et pratiquée aussi par ses voisins arabes les meurtres ciblés sont monnaie courante au non de l'anti terrorisme etc etc.... NON on ne peut pas dire comme vous le faite(Israël est une démocratie, une vraie, bien plus que nombre de pays européens actuels dont la France!)Israël à été condamnée à maintes reprises par l'onu ,amnesty et de nombreuses associations des droits de l'homme.Heureusement des citoyens intelligents et conscients des deux cotes œuvrent pour une cohabitation possible en mettant en avant la plus grande des valeurs démocratiques(LES DROITS DE L'HOMME)

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