Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?
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ANALYSEPolitique étrangère : que peut changer Obama ?POLEMIQUE"Obamania" : la fête sera bientôt finielire le dossier |
International
En 2002-2003, alors que la Maison Blanche s’appliquait à coup de mensonges d’état - Saddam Hussein aurait été complice d’Al Qaida et l’Irak cachait des armes de destruction massive - à embarquer la France, membre de l’OTAN, dans la coalition de guerre contre Bagdad, une vague d’anti américanisme a déferlé en France. De l’autre côté de l’Atlantique, les Français se voyaient détestés.
Cinq ans plus tard, le gouvernement français annonce une réintégration dans les structures militaires de l’OTAN, soutient sans faille la guerre "anti terroriste" en Afghanistan et a reçu chaleureusement le candidat démocrate à la présidence lors des derniers jours de son périple à l’étranger Avons-nous changé à ce point ? Si les Français votaient aujourd’hui, Obama serait élu à plus de 86% des suffrages Ont-ils changé au point de redevenir ces libérateurs bien aimés de juin 1944 ?
Anti américains ou anti Bush ?
Un constat s’impose : lors de l’annonce des attentats du 11 septembre 2001, l’émotion et un mouvement de solidarité envers l’Amérique blessée ont saisi la grande majorité des Français. Le Monde titrait : "Nous sommes tous américains". Seule une minorité de l’ultra gauche et de l’ultra droite a grincé des dents et tenté de démontrer que l’attentat contre le Capitole ne serait qu’un odieux montage Ce capital de sympathie, l’administration Bush l’a très vite dilapidé. Les analystes français, dans les pas de grands reporters américains tel que Bob Woodward, ont très vite fait la lumière sur l’obstination de G.W. Bush et des néoconservateurs à intervenir contre l’Irak. Obstination qui a conduit la CIA à produire des informations fallacieuses, à la demande de la Maison Blanche.
Il y eut mensonge, manipulation, guerre faussement annoncée comme gagnée en mai 2003 par G. W. Bush, dévoilements des tortures pratiquées à Abu Ghraib, dévoilement des méthodes d’interrogation à Guantanamo et dans ces vols mystérieux de la CIA qui utilisaient des alliés bienveillants pour interroger les suspects, sous torture. Il y eut ces séries de blagues au fil des interventions ridicules, des gaffes du président des Etats-Unis, et l'engouement du public français pour les films et livres de Michael Moore.
Un bel été 2007
Par un bel été 2007, le ton de la presse - la presse people en particulier - change. Accrochée aux difficultés du couple Sarkozy - Cecilia, les medias suivent avec intérêt la visite de Nicolas Sarkozy dans la maison de famille des Bush à Kennenbunkport. Les parents, Bush père et Barbara sont là , ambiance de détente et de familiarité sympathique. Le style décontracté du président français en vacances colle parfaitement avec le naturel des Bush. La belle histoire de déjeuner dans le Maine n’aurait pas suffi à redorer l’image de l’Amérique, en France. Il a fallu l’étonnante campagne des primaires, la qualité des débats Hillary Clinton - Obama et le phénomène Obama pour faire évoluer la relation.
Le phénomène Obama
Les mots ont un sens. Pour les Français, le démocrate a deux mérites essentiels : il a voté contre la guerre en Irak comme sénateur de l’état d’Illinois en 2003 et a prononcé un discours magistral contre le racisme à Philadelphie, en mars, discours publié en France (par les éditions Grasset). Ces deux thèmes laissent croire à un changement possible aux Etats-Unis. Et surtout, du côté français, ces thèmes "anti guerre" et "droits des Noirs" renvoient à la nostalgie des années 1960. Les jeunes français d’alors manifestaient contre la guerre du Vietnam et aimaient Martin Luther King.
Mieux encore, Michelle, femme d’Obama a osé dire "qu’enfin, elle pouvait aimer l’Amérique" ! De là , à comprendre que - comme nous - elle ne l’aimait pas, avant... Avant la montée d’Obama dans l’électorat américain.
Au-delà de l’amour ou du désamour
L’on peut se demander si les Français aiment Obama parce qu’il incarne, avec l’énergie de sa relative jeunesse, la capacité des Etats-Unis à innover, capacité qui nous fait défaut Ou plus sournoisement, aime-t-on Obama parce que son ascension signale que l’Amérique est bel et bien en crise : profonde inquiétude économique pour les classes moyennes et les pauvres, conscience de l’injustice sociale, conscience des limites de l’outil militaire dans la guerre du XXI me siècle. En cet élan pro Obama, les deux postures se rejoignent : moins puissante et arrogante, l’Amérique rassure. Dans le même temps, l’effondrement des Etats-Unis inquiète : la puissance "Europe" n’est pas advenue pour prendre le relais. Obama exprime la réalité de la crise et l’espoir qu’elle pourrait être contrôlée.
C’est sans doute rêver : si l’élection du Démocrate le 4 novembre peut redonner vie au "rêve américain", la conjoncture de guerre qui sera celle des débuts de la présidence, guerre anti terroriste qu’il s’engage à poursuivre sur le terrain militaire entrave les grands projets de réformes socio économiques. Les Américains ont plus de 30 000 hommes en Afghanistan. Obama réclame une augmentation de près de 7000 militaires.
Nous pourrions alors voir réapparaître nos oscillations Solidarité de 2001, désamour de 2003-2007, élan de 2008. Quid pour 2009 ? Au-delà de la question du pro ou de l'anti américanisme, c’est notre conception de la relation de l’Occident au monde qui est en jeu, même si le scénario de la campagne d’Obama est très séduisant !
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auteur: Catherine Durandin en savoir plus sur l'auteur |
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ANTI AMERICAIN??????
Nous vivons une drôle d'époque,être contre une politique gouvernementale se transforme directement par être raciste envers le peuple de ce même état Dire du mal de Assad anti arabe,de Olmer antisémite,de Bush anti américain, et de Poutine anti russe,la liste est longue la manipulation est facile et l'avenir de la démocratie bien sombre. | |||
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Is Go an American? ... "Niet, on' Ruski"
Is God American? Perhaps no... | |||
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