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ANALYSE Faut-il croire le Hamas sur parole ? VU D'ISRAEL Les éléments clés pour un accord de paix solide lire le dossier |
Pour la première fois depuis 1960, les conservateurs détiennent les pouvoirs exécutifs et législatifs. Cette situation inédite coïncide avec un regain de tension entre les deux Corée. Arbitre de cette discorde fratricide, Washnington s'inquiète...
La sunshine policy est en berne. Les deux Corées, engagées depuis quelques années sur la voie du dialogue, se retrouvent de nouveau dos à dos. Le 4 octobre 2007, consécutivement à la visite historique de l’ancien président sud-coréen Roh Moo Hyun en Corée du Nord, Séoul et Pyongyang signaient une déclaration conjointe faisant état de leurs souhaits de pacifier la péninsule. Six mois plus tard, et après le changement de gouvernement à Séoul, les tensions ont repris dans la péninsule, tandis que les négociations sur le démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes piétinent. La rupture du dialogue inter-coréen, au-delà des conséquences pour les deux pays, inquiète ainsi la communauté internationale, qui souhaite accélérer la dénucléarisation complète de la péninsule.
Nouvelle équipe à Séoul, et changement de ton
Depuis l’arrivée au pouvoir à Séoul du conservateur Lee Myung-bak, riche homme d’affaire, le ton s’est quelque peu durci vis-à-vis de Pyongyang. Le nouveau président, qui a pris ses fonctions en février, souhaite lier l’aide économique de son pays à des progrès tangibles sur le dossier nucléaire, une condition immédiatement assimilée par le Nord à une « déclaration de guerre ». Le ministre sud-coréen responsable des relations avec le Nord a de son côté indiqué que Séoul suspendrait sa participation au développement d’une zone industrielle commune dans une ville nord-coréenne frontalière, tant que la dispute concernant l’armement nucléaire de Pyongyang n’aurait pas été résolue. Un moyen pour le nouveau gouvernement sud-coréen de faire pression sur son voisin du Nord pour obtenir des garanties dans les meilleurs délais, et mettre Pyongyang devant ses responsabilités concernant les accords concernant son désarmement nucléaire.
Réponses préventives
Les réponses à cette nouvelle perception des relations inter-coréennes n’ont pas tardé. Selon Pyongyang, le général en chef sud-coréen Kim Tae-Young aurait indiqué début avril que Séoul lancerait des frappes préventives contre les installations nucléaires nord-coréennes si le régime communiste montrait des signes indiquant qu’il comptait attaquer le Sud au moyen d’armes nucléaires. La Corée du Nord a annoncé qu’elle cessait tout dialogue avec la Corée du Sud et fermait sa frontière aux Sud-Coréens, en rejetant la responsabilité sur son voisin du Sud, après le refus des autorités de Séoul de s’excuser pour ces propos. Ces réponses préventives de Pyongyang illustrent un regain de tension dans le domaine sécuritaire, et les nouveaux tirs de missiles nord-coréens en mer Jaune s’inscrivent dans le souhait du régime nord-coréen de faire une démonstration de force en vue d’imposer au Sud un retour à des négociations à son avantage.
Des législatives historiques
Mais à Séoul, rien n’indique que le nouveau gouvernement cèdera aux provocations de Pyongyang, et sa nouvelle ligne plus dure semble même recevoir l’adhésion de l’opinion publique. Le Grand parti national (GNP) du président sud-coréen Lee Myung-bak a remporté les élections législatives le 9 avril. Depuis l’instauration de la démocratie en Corée du Sud, les conservateurs n’ont jamais bénéficié de la majorité absolue au Parlement. C’est désormais chose faite. Certes, les Sud-coréens ont surtout voté pour des réformes économiques, mais la relation avec le Nord n’était pas absente du scrutin. Ce résultat est une mauvaise nouvelle pour Pyongyang, qui aurait sans doute préféré un gouvernement affaibli. Le gouvernement de Lee dispose désormais de tous les pouvoirs pour imposer au Nord une nouvelle relation.
L’arbitrage difficile de Washington
Arbitre incontournable des relations inter-coréennes, Washington s’inquiète de ce regain de tensions. Condoleezza Rice a résolument décidé de faire du dossier nucléaire nord-coréen l’une des priorités de ses derniers mois dans l’administration Bush, et a reçu fin mars la visite de Yu Myung-hwan, son homologue sud-coréen, à Washington. Le 8 avril, le négociateur en chef américain a de son côté rencontré une énième fois son homologue nord-coréen Kim Kye-Gwan à Singapour, afin de trouver un moyen de débloquer la situation sur le dossier nucléaire. Au cœur du litige notamment, la liste des installations que Pyongyang devait remettre avant le 31 décembre 2007. La Corée du Nord affirme avoir rempli ses obligations, ce que dément Washington. Egalement au centre des irritations de Pyongyang, les accusations répétées des Etats-Unis concernant les relations avec la Syrie, et l’existence de filières proliférantes. Les autorités américaines se sont montrées ces derniers temps très préoccupées par la possible existence d’un lien Pyongyang-Damas. Pyongyang réclame de son côté une compensation politique sur la déclaration concernant le nucléaire, celle de disparaître de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme. Les Etats-Unis se trouvent ainsi pris entre le désir d’accélérer la dénucléarisation de la région en faisant pression sur Pyongyang, et la crainte de voir les négociations rompues si les deux Corée ne communiquent plus.
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auteur: Barthélémy Courmont en savoir plus sur l'auteur |
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