Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?
|
ANALYSEPolitique étrangère : que peut changer Obama ?POLEMIQUE"Obamania" : la fête sera bientôt finielire le dossier |
LES ARTICLES LES PLUS :
Economie
Pour surmonter la crise, Messier et Madelin misent sur le web porno !
lire l'article
Politique
Pourquoi je pense qu'Obama ne sera pas élu
lire l'article
THEMES :
- Afghanistan
- Afrique
- banques
- Berlusconi
- Betancourt
- Bush
- capitalisme
- changement climatique
- Chine
- chômage
- cinéma
- climat
- Clinton
- conflit
- crise du journalisme
- crise financière
- crise économique
- croissance
- Delanoë
- droits de l'homme
- démocratie
- Elections
- emploi
- environnement
- Etats-Unis
- Europe
- finance
- France
- guerre
- génocide
- géopolitique
- histoire
- humanité
- immigration
- immobilier
- Inde
- inflation
- Internet
- Islam
- Israël
- Italie
- Jeux Olympiques
- justice
- laïcité
- libéralisme
- littérature
- mafia
- marchés financiers
- McCain
- mondialisation
- monnaie
- médias
- nucléaire
- Obama
- Occident
- OTAN
- Palestine
- pauvreté
- philosophie
- politique économique
- politique étrangère
- Primaires américaines
- prison
- PS
- pétrole
- Recherche
- religion
- retraites
- Royal
- Russie
- Rwanda
- réformes
- santé
- Sarkozy
- surveillance
- Taiwan
- technologie
- terrorisme
- Tibet
- écologie
- élections américaines
- énergie
Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?
|
ANALYSEPolitique étrangère : que peut changer Obama ?POLEMIQUE"Obamania" : la fête sera bientôt finielire le dossier |
International
La visite officielle en Chine fin mai du nouveau président russe, Dmitri Medvedev a confirmé le partenariat entre Pékin et Moscou, et inquiète certains observateurs occidentaux qui voient se profiler la possibilité d’une nouvelle relation Est-Ouest avec, d’un côté l’OTAN élargie, et de l’autre un tandem Russie-Chine qui ne manque pas d’arguments. Certains parlent déjà d’une nouvelle Guerre froide.
L’opportunisme russe post-Guerre froide
Après la fin de la bipolarité et l’effondrement du bloc communiste, la Russie a hésité entre un rapprochement avec l’Occident et le maintien d’un équilibre stratégique lui permettant de continuer à exister sur la scène internationale. Malgré de bonnes relations avec les Etats-Unis, certaines crises internationales, au premier rang desquelles la guerre du Kosovo en 1999, ravivèrent les spectres d’une nouvelle forme de bipolarité. Mais les capacités de la Russie étaient devenues trop faibles pour permettre à Moscou d’exister, et la diplomatie russe dut ainsi faire des concessions, comme à l’occasion des discussions sur le traité ABM. Parallèlement, la montée en puissance progressive de la Chine, tant économiquement que politiquement, offrit à Moscou un allié de poids capable de contrer la suprématie américaine. Plutôt que de devenir un allié docile de l’Occident, au risque de perdre son influence sur la scène internationale, la Russie a donc choisi de se tourner vers son ancien rival asiatique, dans une relation donnant-donnant que l’unilatéralisme américain pendant la guerre d’Irak et les difficultés rencontrées par Washington depuis n’ont fait que renforcer. Le choix pro-Pékin de Moscou n’est donc pas tant la convergence d’idéologies ou la volonté de servir la multipolarité qu’un opportunisme auquel Pékin a répondu présent en raison d’intérêts communs.
Le choix de Medvedev : la continuité
Le nouveau président russe s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur, Vladimir Poutine, qui avait opéré un rapprochement avec Pékin, tant en matière d’échanges commerciaux que sur un plan stratégique. Les ambitions réciproques vont donc nettement au-delà d’une meilleure coopération, et plaident en faveur d’une véritable alliance. Le président chinois "Hu Jintao et moi-même avons reconnu que la coopération sino-russe est devenue un facteur majeur de la sécurité mondiale, sans laquelle les décisions importantes sont impossibles", a déclaré Medvedev devant les étudiants de l’université de Pékin, avant d’ajouter : "Je dirais franchement que tout le monde n’apprécie pas notre coopération, mais il en va, selon nous, de l’intérêt de notre peuple, que cela plaise ou non". En d’autres termes, par nécessité, la Russie et la Chine semblent vouées à se rapprocher.
Une alliance capable de contrer l’OTAN
D’un point de vue stratégique, une alliance Pékin-Moscou peut rivaliser avec l’OTAN, et pose ainsi les bases d’une nouvelle bipolarité. Deux puissances nucléaires reconnues par le TNP, disposant d’un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, des forces armées performantes, et un réseau d’alliés de plus en plus important. Tout cela n’aurait que peu d’importance si les positionnements des deux alliés ne se trouvaient pas, sur certains sujets, totalement opposés aux intérêts de Washington, ce qui a pour effet de créer des tensions. Dans la ligne de mire de Moscou et Pékin notamment, le projet de défense antimissile en Europe centrale et orientale. Ce projet "empêche le renforcement de la confiance entre les Etats et la stabilité régionale et nous exprimons notre inquiétude à ce sujet", indique une déclaration conjointe russo-chinoise, ajoutant que "La création d’un système global de défense anti-missile (...) dans certaines régions du monde, ou le développement de coopération en ce sens, ne contribuent pas au maintien de l’équilibre stratégique et de la stabilité, empêche les efforts internationaux pour le contrôle des armements et de la non-prolifération".
Des problèmes persistants mais un partenariat qui a de l'avenir
Le début de la visite de Medvedev a été marqué par la signature d’un contrat nucléaire d’un milliard de dollars. Cet accord porte sur l’extension d’une usine d’enrichissement d’uranium en Chine et la fourniture de combustible. La coopération sino-russe dans le domaine nucléaire et la convergence de vues sur les questions stratégiques masquent toutefois des relations parfois tendues entre les deux rives de l’Amour, qui se sont longtemps disputées la suprématie en Asie centrale et la domination du monde communiste. Après la crise profonde qui a donné lieu à quelques conflits armés mineurs dans les années 1960, c’est paradoxalement la dislocation de l’empire soviétique qui a permis aux deux puissances de rétablir des relations de bon voisinage. Pour preuve, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint le chiffre record de 48,16 milliards de dollars en 2007 (+44,3% par rapport à l’année précédente). Selon des estimations d’experts ils pourraient encore augmenter, s’élevant à plus de 60 milliards de dollars cette année. Le partenariat entre les deux pays a décidément, qu’on s’en réjouisse ou non, de beaux jours devant lui.
|
auteur: Barthélémy Courmont en savoir plus sur l'auteur |
Créez votre profil
pour noter, réagir
et écrire
sur contre-feux.com






