Politique


Dany Cohn-Bendit

Cohn-Bendit, seul écolo de France

Avant le sommet de Copenhague, Daniel Cohn-Bendit a squatté les médias. Et il a un avis sur tout !

Daniel Cohn-Bendit au Grand Journal de Canal Plus lundi 30 novembre, sur France Inter le jeudi, Cohn-Bendit en une du Monde Magazine, Dany rédacteur en chef du Nouvel Obs… A l’approche du sommet de Copenhague, impossible de rater le leader d’Europe Ecologie : il est partout. A croire qu’il n’y a qu’un seul écolo en France, Daniel Cohn-Bendit.

 

Dany a évidemment profité de ces tribunes pour aborder de tout autres sujets que ceux du climat ou de la pollution. L’extrême complaisance des journalistes à son égard - c’est vrai que se mettre à dos le seul écolo de France à la veille de Copenhague, ce ne serait pas très malin - lui a facilité la tâche.

 

Et il en a dit, des conneries, Cohn-Bendit

 

Sur le hapenning de Greenpeace à l’Assemblée nationale mercredi dernier : "Les actions de Greenpeace ont marqué le coup […] Je suis admiratif devant l'imagination et le sens de l'agenda de Greenpeace". Ou encore sur le débat sur l’identité nationale, à propos duquel il a employé le mot "fascisme" (si, si).

 

Il parle de tout, Dany

 

Même de foot. Ainsi, pour lui, il est inutile de faire rejouer le match France-Irlande car le geste de Thierry Henry n'était "pas de la tricherie", et qu' "il faut arrêter de faire des grands débats d'identité nationale pour une main".

 

Une votation comme celle des minarets restera une tache noire sur la réputation de la Confédération

Faire rejouer un match de foot, c’est une chose trop grave, pour Daniel Cohn-Bendit. En revanche, faire revoter des citoyens parce que leur vote n’est pas approprié - comme disent les Américains -, ça ne le gêne absolument pas. Ainsi, le seul écolo de France a-t-il déclaré au journal suisse Le Temps que "une votation comme celle des minarets, qui cible une communauté en particulier, restera une tache noire sur la réputation de la Confédération. Pour l'effacer, les Suisses n'ont qu'une solution: se mobiliser et revoter". "Mais le peuple suisse s’est exprimé… " lui a objecté le journaliste. Réponse de Cohn-Bendit : "Et alors ? Les Suisses ont voté comme le feraient sans doute une bonne partie des Européens : avec l'angoisse vis-à-vis de l'islam rivée au corps, avec en tête les images des attentats-suicides au Pakistan et en Afghanistan." Attention Dany le rouge est de retour, pas de liberté pour les ennemis de la liberté !

 

Mais dans ce cas, il faut aussi refaire voter les Français pour le scrutin européen, car ils ont voté Europe Ecologie avec l’angoisse vis-à-vis de la pollution rivée au corps, avec en tête les images terribles du film de Yann Arthus-Bertrand…

auteur: Bénédicte Charles
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sur contre-feux.com

de Longjohn le 12/12/2009 à 12h54
De l'addiction aux feux de la rampe

Daniel Cohn-Bendit rappelle un peu, par son comportement, ces managers de la Silicon Valley qui déambulent en short et en chemisette affichant fièrement un air détendu et dégagé de post-ado mais qui se révèlent de redoutables et impitoyables hommes d'affaires. Pour Daniel Cohn-Bendit, ce ne sont pas les affaires mais la politique (à l'échelle européenne). Il profite d'une image et d'une réputation de rebelle au système obtenue il y a 41 ans pour s'imposer comme leader d'un mouvement grandissant susceptible d'apporter une réponse au capitalisme financier et à ses prévisibles dérives.
Or, il est aisé de constater qu'il ne s'oppose pas au système. Il prétend par "real politik" qu'il faut dialoguer avec des individus liés plus ou moins à des groupes financiers ou des groupes industriels pour trouver des solutions aux problèmes socio-environnementaux. Ces groupes puissants sont le produit et à la fois la cause (paradoxe !) d'un système reposant sur la prédation des richesses, de toutes les richesses. Comment Daniel Cohn-Bendit compte-t-il "négocier" avec ces prédateurs. Un dicton africain dit que le lion ne négocie jamais avec la gazelle...
Ce qui motive Monsieur Cohn-Bendit paraît plus être une dépendance à l'existence médiatique doublée d'un opportunisme de l'opposition. Il aime s'opposer. Il n'existe que dans l'opposition. Mais l'on voit bien que discours, convictions et actes concrets ne s'accordent pas vraiment.
Si son image peut avoir son utilité pour asseoir Europe-Ecologie, Daniel Cohn-Bendit peut aussi devenir le fossoyeur de cette dynamique en se l'accaparant, en la personnalisant comme un président de la République en fonction actuellement.
Comme toujours, un mouvement porte en lui sa propre destruction.

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