Politique


Croix de la légion d'honneur

Jacques Bouveresse : pourquoi je refuse la Légion d'honneur

La Légion d'honneur, on la demande, ou d'autre la demandent pour vous. Et parfois, c'est une (très) mauvaise surprise. Exemple avec le philosophe Jacques Bouveresse, qui a refusé la rosette que voulait lui épingler Valérie Pécresse. Il n'est pas le seul à refuser argent, honneurs, etc. Les savants ont le verbe haut et la dent dure...

Notre Président ex-bling bling reconverti en bang-bang, et sa blonde ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à force de se prendre des vestes devraient savoir que tout le monde n’est pas prêt à retourner la sienne pour se laisser épingler une rosette sur le revers… Même s’ils ne sont pas légion, il y a encore des types bien qui refusent l’argent et les honneurs pour mettre leurs actes en conformité avec leurs convictions.  Des hommes d’exception, Valérie Pécresse en a rencontré plusieurs en travers de sa route depuis le début de sa mission "dans le plus beau ministère de la République", ainsi qu'elle appelle son "portefeuille".

 

La science est avant tout un travail d'équipe

Il y a eu d’abord le physicien Didier Chatenay et le généticien moléculaire François Bonhomme, deux têtes du troupeau des chercheurs qui n’ont pas accepté la prime - renouvelable- de 15.000 Euros pour "excellence scientifique" de leur bergère, parce qu’ils n’avaient pas envie que le métier d’enseignant chercheur se transforme en course à l’échalote comme le voudrait le gouvernement Sarkozy.  Dans leur sillage, une quarantaine de salariés du CNRS avaient renoncé à des gratifications sonnantes et trébuchantes pour bien faire comprendre que la science est avant tout un travail d’équipe…

 

Bouveresse a donc envoyé promener la blonde de l’UMP qui n’a toujours rien compris

Il y a maintenant Jacques Bouveresse, un professeur du Collège de France qui appartient à une espèce en voie d’extinction de philosophes méprisant les distinctions en tous genres : pour cet ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, premier à l’agrég de philo en 1965, elles n’ont pas plus de prix que des médailles en chocolat si ceux qui les décernent piétinent les vraies valeurs, l’Education nationale en particulier, les services publics en général et tout le reste. Bouveresse a donc envoyé promener la blonde de l’UMP qui n’a toujours rien compris et voulait le décorer de la légion d’honneur. Le titulaire de la chaire de "philosophie du langage et de la connaissance" n’a pas mâché ses mots en donnant les raisons pour lesquelles il ne peut être question en aucun cas pour lui "d’accepter l’honneur supposé" qui lui est fait. Du positivisme logique dans le texte. Où l’apprend que la dichotomie entre les faits et ses valeurs, heurte son empirisme.

 

 

Lire la lettre de refus de Jacques Bouveresse

 

auteur: Anna Alter
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de Julie de Pardailhan le 05/08/2010 à 22h01
Ceux de la Légion qui n'en veulent pas

Qu'ils écoutent François Mauriac : «La Légion d’honneur, ça ne se demande pas, ça ne se refuse pas, ça ne se porte pas.»

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de Monfeuillard le 11/08/2010 à 20h08

Il est curieux que l'auteur de cet article qui est une femme -je me refuse à écrire "auteure"- éprouve le besoin de rappeler la blondeur de la ministre de l'enseignement et de la recherche. La portée polémique n'y gagne rien, bien au contraire. Je ne crois pas non plus que jacques Bouveresse accepterait volontiers le titre de "savant" (même s'il le mérite), terme peu compatible avec le fond de scepticisme qui accompagne toute vocation philosophique.

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de Tatanka le 15/08/2010 à 07h55
Rosette

Bien vu Bouveresse...ils ont l'air malin avec leur rondelle de sauciflard à la boutonnière!

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de Belofficier le 12/09/2010 à 13h19
De la valeur des petits rubants de couleurs

Etant un ancien combattant, possédant quelques rubants, je ne peut supporter que soit piétiné l'engagement et le sacrifice de camarades par les "j'en foutre" du gouvernement actuel.

Dans ces conditions, les récipiendaires qui refusent une décoration (ou une gratification)font un acte de résistance des plus symboliques. Je salut leur démarche qui démontre qu'en France il y a toujours un noyau de résistants qui refuse de s'avilir.

Il est notoire, dans notre société en décomposition, qu'il est du meilleur effet de brocarder les distinctions en rapport avec l'honneur et la méritocratie. Chacun y allant de son bon mot si possible avec des références phylosophique ou littéraire ça fait plus "genre".

Le gouvernement actuellement en place, adorateur du veau d'or et vendu au monde à la finance, s'auto distribue les distinctions comme des bonbons sucrés...

Napoléon, en créant la légion d'honneur avait interdit aux financiers d'y pouvoir prétendre. On mesure la dérive actuelle...

Pour ma part la légèreté avec laquelle on distribue les petits rubans de couleur me dérange profondément!

Heureusement la résistance d'hommes et de femmes, qui par leurs refus d'être associé à la dérive actuelle, rappellent à notre société le sens du devoir, me ravie.

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