Obama peut-il dialoguer avec le Hamas ?

En sortant de son silence sur le conflit israélo-palestinien, Barack Obama rompt ainsi avec la vacuité du pouvoir qui semblait s’imposer aux Etats-Unis.
Comment un sujet encombrant devient une priorité pour le nouveau président
Une chose est certaine, Barack Obama ne souhaitait pas faire du conflit israélo-palestinien l’une des priorités du début de son mandat. Parallèlement au plan de relance de l’économie, le nouveau président avait défini un agenda de politique étrangère marqué par la redéfinition de la présence militaire en Irak et en Afghanistan. Il avait également promis de faire son premier déplacement officiel en Indonésie, où il a passé une partie de son enfance, avant d’assister en avril au sommet du G20 de Londres puis à celui de l’OTAN à Strasbourg. Dans le même temps, il ne semblait pas pressé de rependre en main le dossier israélo-palestinien, sur lequel il est moins à l’aise, et s’est peu exprimé. La situation actuelle le force à revoir son agenda, et à faire d’un dossier encombrant sa priorité en matière de politique étrangère. Ou comment la réalité impose au chef de l’Exécutif américain de s’adapter aux exigences de l’actualité internationale.
Une stratégie aux antipodes de George W. Bush
Après avoir refusé de s’exprimer, et justifiant son silence par le souhait de ne pas interférer dans la politique de l’administration sortante, Barack Obama a finalement proposé un dialogue avec le Hamas, afin de régler la crise sanitaire qui accompagne les affrontements militaires. Une annonce qui augurerait d’un changement majeur dans l’approche américaine de ce dossier depuis que le Hamas s’est installé à Gaza. Mais pas une surprise pour autant. Pendant la campagne électorale, Obama avait annoncé à plusieurs reprises son souhait de dialoguer avec les alliés, mais également les ennemis de Washington. Ce positionnement n’est donc pas surprennant, mais est-il réalisable pour autant ?
Le conflit israélo-palestinien vu des Etats-Unis : un élément clef
Reste la marge de manoeuvre dont le président américain dispose sur la scène politique intérieure. Et sur ce point, rien n’est acquis. La plupart des responsables politiques américains, républicains autant que démocrates, se montrent hostiles à l’idée de dialoguer avec un mouvement défini comme terroriste. Si de nombreux élus démocrates sont par ailleurs favorables au projet de dialoguer avec les régimes hostiles à Washington, ils distinguent nettement les Etats voyous du Hamas, qu’ils estiment indésirable. La future Secrétaire d’Etat Hillary Clinton est pour sa part résolument hostile au Hamas. Avant de se tourner vers ses interlocuteurs Israéliens et Palestiniens, Barack Obama devra donc convaincre les membres de sa propres administration. Sans doute la tâche a plus difficile.
Barthélémy Courmont vient de publier Les défis d’Obama. Vers un nouveau leadership américain ?, (éditions Le félin).
A quelques jours de sa prise de fonction, Barack Obama a annoncé son souhait de dialoguer avec le Hamas. Une position qui traduit un désir de changement, voire de rupture, avec l’administration sortante, mais qui sera difficile à mettre en place.
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