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Barack Obama est-il en danger ?
La question de la protection du candidat métis est devenue en quelques jours l’un des principaux thèmes du feuilleton des Primaires démocrates. On le sait, son profil est atypique : il pourrait être le premier président des Etats-Unis non blanc, il a passé plusieurs années en Indonésie, pays musulman, son discours déchaîne parfois les passions... Dans un pays aux précédents célèbres, sa sécurité est-elle réellement menacée ?
Mis à part de vilains jeux de mots sur l’avenir politique des différents candidats, une telle interrogation pourrait sembler incongrue. Et pourtant, la question de la protection du candidat métis est devenue en quelques jours l’un des principaux thèmes de l’interminable feuilleton des Primaires démocrates. Tout a commencé avec des propos d’Hillary Clinton, justifiant son maintien dans la course à l’investiture par le précédent Robert Kennedy en 1968. Une petite phrase interprétée par des analystes politiques comme "je ne me retirerai pas avant l’assassinat de Barack Obama" ! Il n’en fallait pas plus pour relancer la polémique sur la sécurité entourant le sénateur de l’Illinois. Et de s’interroger à nouveau : le sénateur métis est-il réellement en danger ? Et si oui, pourquoi ?
Une campagne sous haute surveillance
Jamais aucun candidat à l’élection présidentielle américaine n’a été à ce point placé sous haute protection. Avant même de se faire connaître du grand public, et alors que l’investiture lui paraissait presque inaccessible, Obama bénéficiait déjà d’une importante protection, qui n’a fait que se renforcer au fur et à mesure que ses chances augmentaient. Et pour cause ! Le candidat démocrate a reçu de nombreuses lettres de menaces qui, par leur contenu et compte-tenu de ses origines, sont prises très au sérieux. On se souvient aussi que Michelle, l’épouse d’Obama, s’est longtemps opposée à la candidature de son mari, craignant des risques d’attentat. Obama lui-même ne s’en est jamais caché, conscient que sa candidature ne contente pas tout le monde, et que ses proches sont également exposés. Sans tomber dans les excès, et plus que les autres candidats à la présidentielle américaine, le sénateur métis est effectivement en danger.
Un profil atypique qui déchaine les passions
Mais pourquoi Barack Obama est-il en danger ? D’abord, son profil est atypique. Candidat métis (bien que souvent qualifié de candidat noir) qui pourrait être le premier président des Etats-Unis non blanc, il a également vécu plusieurs années en Indonésie, pays musulman. Un détail que n’ont pas manqué de rappeler ses détracteurs, s’interrogeant même sur sa foi cachée en l’Islam... Les Républicains se sont ainsi emparés de ce profil atypique, et ne sont pas en manque d’allusions douteuses concernant les risques d’attentat contre leur adversaire. Interrogée sur Fox News, et confondant (par erreur ?) le nom du sénateur candidat et celui de l’ennemi public numéro un de Washington, la journaliste Liz Trotta déclara notamment "Obama... Osama... ils pourraient tous les deux se faire tuer". Quelques jours plus tôt, lors de la convention annuelle de la National Riffle Association, c’était Mike Huckabee, l’ancien candidat aux Primaires républicaines et pasteur, qui faisait de l’humour sur l’assassinat d’Obama, que l’assistance pourtant très conservatrice n’apprécia que très modérément. Des boutades inhabituelles en campagne électorale, et qui révèlent les passions que suscite la candidature d’Obama, devenu en quelques mois l’ennemi numéro un des groupes conservateurs les plus radicaux.
Un discours générant des soutiens, mais aussi des rejets
C’est également le discours d’Obama qui déchaîne les passions, et en particulier ses engagements en faveur d’une Amérique libérée de ses contraintes identitaires. Au cœur des risques sécuritaire, la question raciale, que le sénateur de l’Illinois avait un temps cherché à éviter afin de ne pas limiter son électorat, fit son retour dans la campagne mi-mars, avec des interventions polémiques de l’entourage d’Hillary Clinton. Plutôt que de rester sourd à des attaques répétées, Obama a choisi d’y faire front, avec courage et clairvoyance, mais au risque de s’alliéner le soutien de mouvements conservateurs qui l’avaient jusqu’alors "épargné". Loin de se présenter comme le candidat d’un groupe ou d’une minorité, Obama se veut rassembleur, et cela déplait à certains groupes.
Les précédents Robert Kennedy et Martin Luther King
Le 6 juin 1968, le frère de JFK était assassiné en Californie alors qu’il était en campagne pour l’investiture démocrate. Il y a juste quarante ans. Mais on vient de célébrer un autre triste anniversaire. La même année, le 4 avril, le pasteur noir Martin Luther King était lui-aussi assassiné à Memphis. Des parallèles qui, ajoutés aux menaces dont Obama est l’objet, et compte-tenu des multiples comparaisons faites entre le candidat métis et ces deux figures historiques, suffisent à semer la panique dans son camp. Dans une campagne riche en symboles, et dans laquelle les promesses d’avenir rejoignent l’histoire (une campagne qualifiée d’historique), ces précédents sont des références pour Obama, autant que des raisons de s’inquiéter. Pour autant, il serait exagéré de faire de ces parallèles le centre d’attention d’une campagne qui tarde à entrer dans sa seconde phase, et dont les enjeux sont multiples. Ainsi, si la sécurité d’Obama doit être prise au sérieux, elle ne constitue pas le caractère essentiel de sa candidature. Obama l’a compris, et s’efforce d’ignorer les remarques concernant sa sécurité, comme pour mieux rappeler aux électeurs que cet aspect doit rester anecdotique.
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auteur: Barthélémy Courmont en savoir plus sur l'auteur |
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Obamania : nouvel opium du peuple?
Obama court un réel danger, car il risque d'attirer la folie meurtrière de plusieurs communautés. Pourquoi sont-ce toujours les meilleurs (King, Kennedy, Lennon) qui se font assassiner alors que les Bush et concert coulent des jours heureux? Au-delà de cette plaisanterie, il me semble tout de même étonnant que la question se pose a priori. L'obamisme : nouvel opium du peuple? | |||
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